5 milliards : des effets d’annonce mais toujours pas de moyens pour la recherche !

Les effets d’annonce d’Emmanuel Macron en pleine crise du coronavirus renforcent notre colère et notre détermination : nous voulons des moyens et des postes pour produire une recherche de qualité maintenant ! Nous exigeons, pour arriver à l’objectif minimal de 1% du PIB dédié à la recherche publique, 10 milliards, immédiatement et dans les trois années à venir, sous forme de titularisations de chercheur·ses précaires, de créations de postes et d’augmentation des crédits aux laboratoires publics.

Coronavirus : la science ne marche pas dans l’urgence !

Dans mon équipe, nous avons participé à des réseaux collaboratifs européens, ce qui nous a conduits à trouver des résultats dès 2004. Mais, en recherche virale, en Europe comme en France, la tendance est plutôt à mettre le paquet en cas d’épidémie et, ensuite, on oublie. Dès 2006, l’intérêt des politiques pour le SARS-CoV avait disparu ; on ignorait s’il allait revenir. L’Europe s’est désengagée de ces grands projets d’anticipation au nom de la satisfaction du contribuable. Désormais, quand un virus émerge, on demande aux chercheur·ses de se mobiliser en urgence et de trouver une solution pour le lendemain.

Les analyses sont formelles : il faut agir vite et fort !

Ces derniers jours, de nouveaux textes précisent les intentions de Frédérique Vidal (ou plutôt de Bercy) et les modalités de l'approfondissement, souhaité par le gouvernement, de la logique de néolibéralisation de l'université et de la recherche. Une fois ces analyses prises en compte, un conclusion s'impose : nous avons agir maintenant pour sauver l'université et la recherche publiques !

Interpellée par les facs et labos en lutte, Vidal précise les orientations de la LPPR et c’est brutal !

Dans le cadre des journées sciences humaines et sociales (SHS) organisées par l'Agence nationale de la recherche les 25 et 26 février, des chercheur·ses et enseignant·ses-chercheur·ses en lutte sont intervenu·es pour interpeller la ministre sur la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), le financement de la recherche et la politique de l'emploi scientifique. Cet échange a eu le mérite de faire tomber les masques.

Tout est déjà en place pour détruire l’université et la recherche publiques

Voici quelques citations extraites du rapport Le pilotage et la maîtrise de la masse salariale des universités, rendu par l'inspection générale des finances et l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche, en avril 2019. Elles ont été choisies et commentées par Pierre Ouzoulias, Sénateur des Hauts-de-Seine.

Pour Denis Merklen, la gratuité de l’accès à l’université est fondamentale

"Nous devons défendre la gratuité de l'université pour pouvoir continuer à bénéficier d'un espace de vie collective, au sein de la société, [...] de construction du savoir, de production de la recherche, de la connaissance [...] et cet espace, cette condition de la vie sociale et politique d'une démocratie [...] ne peut pas être soumis aux conditions de l'argent."

[Médiapart] Mais pourquoi diable augmenter les frais d’inscription des étudiants extra-européens?

"S’il s’avère nécessaire d’exempter les doctorants étrangers de la hausse des frais d’inscription, c’est bien que celle-ci aura un effet répulsif, et non attractif. Et puisque les universités pourront exonérer tous les autres étudiants extra-européens (en licence et en master), quelle peut bien être la rationalité économique de la hausse des frais d’inscription qui leur serait réservée?

Les frais d’inscription serviront à compenser le désengagement de l’État

Si la motivation officielle du plan "Bienvenue en France" est l’amélioration de l’accueil des étudiant·es étranger·es, il s’agit surtout de compenser des subventions publiques insuffisantes par un financement privé : Emmanuel Macron lui-même l’a expliqué lors du Grand Débat National, le 4 février 2019. Les étudiant·es étranger·es financeront le désengagement de l’État, en s’endettant s’il le … Lire la suite de Les frais d’inscription serviront à compenser le désengagement de l’État