POUR RELAYER CES DÉBATS ET NOTRE MOUVEMENT NATIONALEMENT ET INTERNATIONALEMENT/ TO SUPPORT OUR MOBILIZATION (TRANSLATION IN ENGLISH/CASTELLANO/DEUTSCH/ PORTUGUÊS /ITALIANO)

Ci-dessous la liste des revues mobilisées en amont et depuis l’ assemblée générale le 17 janvier 2020, suivie de leurs motions respectives

  1. 20&21. REVUE D’HISTOIRE
  2. ACTES DE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES
  3. AD HOC
  4. ALTER-EUROPEAN JOURNAL OF DISABILITY RESEARCH
  5. AMBIANCES
  6. ANNALES. HISTOIRE, SCIENCES SOCIALES
  7. ANNALES DE GEOGRAPHIE
  8. ANNALES HISTORIQUES DE LA REVOLUTION FRANCAISE (AHRF)
  9. ANTHROPOLOGIE ET DEVELOPPEMENT
  10. ANTHROPOLOGIE & SANTE
  11. ARCHIVES DE SCIENCES SOCIALES DES RELIGIONS
  12. ASYLON(S). DIGITALES
  13. BIENS SYMBOLIQUES
  14. BRESIL(S). SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES
  15. BULLETIN DE LA SOCIETE PREHISTORIQUE FRANCAISE
  16. BULLETIN DE METHODOLOGIE SOCIOLOGIQUE BMS
  17. BULLETINS ET MEMOIRES DE LA SOCIETE D’ANTHROPOLOGIE DE PARIS
  18. CAHIERS D’ETUDES AFRICAINES
  19. LES CAHIERS DE LA LCD
  20. LES CAHIERS DE LA RECHERCHE SUR L’EDUCATION ET LES SAVOIRS
  21. CAHIERS DE FRAMESPA
  22. CAHIERS DE LITTERATURE ORALE
  23. CAHIERS DES AMERIQUES LATINES
  24. CAHIERS D’ETUDE SUR LE MONDE ARABE ET LA MEDITERRANEE
  25. CAHIERS D’HISTOIRE. REVUE D’HISTOIRE CRITIQUE
  26. LES CAHIERS D’OUTRE MER
  27. CAHIERS DU GENRE
  28. CAHIERS FRANCOIS VIETE
  29. CARNETS DE GEOGRAPHES
  30. CHAMP PENAL
  31. CLIO. FEMMES, GENRE, HISTOIRE
  32. CLIOPSY
  33. COMMUNICATION & LANGAGES
  34. COMMUNICATIONS
  35. CONDITION HUMAINE CONDITION POLITIQUE
  36. CRITIQUE INTERNATIONALE
  37. CULTURES ET CONFLITS
  38. CYBERGEO
  39. DEVELOPPEMENT DURABLE ET TERRITOIRES
  40. DIASPORAS – CIRCULATIONS, MIGRATIONS, HISTOIRE
  41. DIX-HUITIEME SIECLE
  42. DIX-SEPTIEME SIECLE
  43. DROIT ET SOCIETE
  44. E-MIGRINTER
  45. ESCLAVAGES ET POST~ESCLAVAGES
  46. L’ESPACE GEOGRAPHIQUE
  47. ESPACES ET SOCIETES
  48. ESPRIT CRITIQUE
  49. ETHNOLOGIE FRANCAISE
  50. ETHNOGRAPHIQUES.ORG
  51. ETUDES DE COMMUNICATION
  52. ETUDES LINGUISTIQUES ET TEXTUELLES
  53. EUROPEAN JOURNAL OF TURKISH STUDIES
  54. FEUILLES DE GEOGRAPHIE
  55. FILIGRANE
  56. FLUX- CAHIERS SCIENTIFIQUES INTERNATIONAUX RESEAUX ET TERRITOIRES
  57. FORMATION EMPLOI
  58. GENESES. SCIENCES SOCIALES ET HISTOIRE
  59. GENRE ET HISTOIRE
  60. GENRE, SEXUALITE ET SOCIETE
  61. GEOCARREFOUR
  62. GÉOGRAPHIE, ECONOMIE ET SOCIÉTÉ
  63. GEOGRAPHIE ET CULTURES
  64. GLAD
  65. GOUVERNEMENT ET ACTION PUBLIQUE
  66. HISTOIRE, MEDECINE ET SANTE
  67. HISTOIRE DE L’EDUCATION
  68. L’HOMME
  69. L’HOMME ET LA SOCIETE
  70. IMAGES RE-VUES
  71. ¿INTERROGATIONS?
  72. JOURNAL DE LA SOCIETE DES AMERICANISTES
  73. LE JOURNAL DES AFRICANISTES
  74. JOURNAL DES ANTHROPOLOGUES
  75. JUSTICE SPATIALE – SPATIAL JUSTICE
  76. LABORATOIRE ITALIEN. POLITIQUE ET SOCIETE
  77. LANGAGE ET SOCIETE
  78. LECTURES
  79. LECTURES ANTHROPOLOGIQUES
  80. LIEN SOCIAL ET POLITIQUES
  81. LUSOTOPIE
  82. METIS. ANTHROPOLOGIE DES MONDES GRECS ANCIENS
  83. METROPOLES
  84. MIGRATIONS SOCIETE
  85. MONDE COMMUN : DES ANTHROPOLOGUES DANS LA CITE
  86. LES MONDES DU TRAVAIL
  87. MAPPEMONDE
  88. MOTS. LES LANGAGES DU POLITIQUE
  89. MOUSSONS
  90. LE MOUVEMENT SOCIAL
  91. MOUVEMENTS DES IDEES ET DES LUTTES
  92. NATURE SCIENCES SOCIETE
  93. NETCOM
  94. NOROIS. ENVIRONNEMENT, AMENAGEMENT, SOCIETE
  95. NOUVELLE REVUE DU TRAVAIL
  96. NOUVELLES DE L’ARCHEOLOGIE
  97. NUEVO MUNDO
  98. PARCOURS ANTHROPOLOGIQUES
  99. PARTICIPATIONS
  100. POLI- Politiques des Cultural Studies
  101. POLITIQUE AFRICAINE
  102. POLITIQUES DE COMMUNICATION
  103. POLITIX
  104. POPULATION
  105. PROJETS DE PAYSAGE
  106. RAISONS POLITIQUES
  107. RECHERCHES EN DANSE
  108. RECHERCHE EN DIDACTIQUE DES LANGUES ET DES CULTURES
  109. REGARDS SOCIOLOGIQUES
  110. REPÈRES
  111. RESET
  112. REVUE DE GEOGRAPHIE ALPINE
  113. REVUE DE L’HISTOIRE DES RELIGIONS
  114. REVUE DES DROITS DE L’HOMME
  115. REVUE DES SCIENCES SOCIALES
  116. REVUE D’HISTOIRE DES SCIENCES HUMAINES
  117. REVUE D’HISTOIRE DU XIXe SIECLE
  118. REVUE D’HISTOIRE LITTERAIRE D ELA FRANCE
  119. REVUE D’HISTOIRE MODERNE ET CONTEMPORAINE
  120. REVUE EUROPEENNE DES MIGRATIONS INTERNATIONALES
  121. REVUE FRANCAISE DE CIVILISATION BRITANNIQUE
  122. REVUE FRANCAISE DE SOCIO-ECONOMIE
  123. REVUE FRANCAISE DES METHODES VISUELLES
  124. REVUE FRANCOPHONE SUR LA SANTE ET LES TERRITOIRES
  125. REVUE INTERDISCIPLINAIRE DE TRAVAUX SUR LES AMERIQUES
  126. REVUE JURIDIQUE DE L’ENVIRONNEMENT
  127. REVUE POUR L’ORGANISATION RESPONSABLE
  128. REVUE VOLTAIRE
  129. SAMAJ
  130. SAVOIR/AGIR
  131. SCIENCES DE LA SOCIETE
  132. SCIENCES SOCIALES ET SPORT
  133. SEMEN
  134. SOCIETES CONTEMPORAINES
  135. SOCIOLOGIE
  136. SOCIOLOGIE DU TRAVAIL
  137. SOCIOLOGIES PRATIQUES
  138. SOCIO-LOGOS
  139. STAPS
  140. STRENAE
  141. TECHNIQUES & CULTURE
  142. TEMPORALITES
  143. TEMPS DES MEDIAS. REVUE D’HISTOIRE
  144. TERRAIN. ANTHROPOLOGIE ET SCIENCES HUMAINES
  145. TIERCE. Carnets de recherches en Histoire, Histoire de l’Art et Musicologie.
  146. TRACES
  147. TRAITS-D’UNION
  148. TransFormations
  149. TRANSPOSITION. MUSIQUE ET SCIENCES SOCIALES
  150. TRAVAIL, GENRE ET SOCIETES
  151. TRAVAILLER
  152. TREMA
  153. TV/Series
  154. URBANITES
  155. LA VIE DES IDEES
  156. VOLUME ! LA REVUE DES MUSIQUES POPULAIRES
  157. ZILSEL

20&21. REVUE D’HISTOIRE

Le comité de rédaction de 20&21. Revue d’histoire a décidé de suspendre ses activités éditoriales et rejoint le mouvement de grève des revues scientifiques pour manifester son opposition à la Loi pluriannuelle de programmation de la recherche telle qu’elle se dessine. Nous entendons dénoncer la précarisation accrue des personnels de l’ESR, la mise en concurrence des établissements d’enseignement et de recherche entre eux, ainsi que l’atteinte à la liberté académique qu’elles entraînent.

ACTES DE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES

Le comité de rédaction des Actes de la Recherche en Sciences Sociales s’oppose à la réforme des retraites et participe donc au mouvement social qui la conteste fermement. Il s’associe à la mobilisation des universités, laboratoires et revues en lutte contre la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Afin de permettre à chacune et chacun de s’engager dans cette mobilisation, la revue suspend ses activités d’évaluation d’articles et de propositions de dossier – la publication prochaine du numéro 230 “Au service des riches”, dont la fabrication s’est achevée avant le début du mouvement, ne relève plus depuis plusieurs semaines de son activité.

A compter d’aujourd’hui, 8 janvier 2020, la revue se met donc au service de la grève. Le comité de rédaction de la revue encourage ses lecteurs, lectrices, contributrices et contributeurs à se mobiliser pour un système de protection sociale basé sur la solidarité et qui ne soit pas mis « au service des riches », et leur donne rendez-vous dans la rue, dans les assemblées générales – et les caisses de grève.

http://www.arss.fr/

AD HOC

Opposé à la réforme des retraites et à la loi française de programmation pluriannuelle de la recherche par solidarité avec tou.te.s les travailleur.se.s en lutte, AD HOC rejoint la mobilisation en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche, ainsi que l’appel des travailleuses et travailleurs du numérique.

ALTER-EUROPEAN JOURNAL OF DISABILITY RESEARCH

La société savante Alter – European Society for Disability Research et la revue Alter – European Journal of Disability Research, revue internationale spécialisée dans l’analyse des situations de handicap, s’associent pleinement au mouvement de contestation relatif au projet de loi sur les retraites et aux réformes annoncées pour l’Enseignement supérieur et la recherche en France, et expriment leur soutien aux personnels hospitaliers en grève. Ces mouvements, bien que français, font écho à d’autres mouvements dans divers pays du monde, dénonçant la fragilisation de systèmes de protection sociale et de statuts professionnels. 

Nous nous inquiétons des inégalités produites par le déclin de la protection sociale et du système de soins. Nous rappelons que les personnes en situation de handicap et leurs aidants, totalement absents du projet de loi et du débat public actuel, connaissent des situations particulières qui doivent être prises en compte et sont particulièrement concernés par la pénibilité du travail et ses conséquences. 

Nous nous inquiétons enfin des conditions de plus en plus précaires des travailleurs de l’Enseignement supérieur et de la recherche et de la remise en cause de l’autonomie des savoirs académiques, dont les différentes lois relatives à l’Enseignement Supérieur et la Recherche sont responsables depuis une quinzaine d’années en France. Nous rappelons combien la recherche dans le champ du handicap a permis depuis plusieurs décennies de penser et d’accompagner l’émancipation des personnes en situation de handicap et la transformation de la société dans une perspective d’inclusion. Nous nous associons aux initiatives prises par les revues scientifiques pour développer les connaissances sur les effets délétères de ces politiques et accroître leur diffusion auprès du public. Nous appelons à nous adresser dès à présent des articles, des points de vue, des témoignages, qui pourraient être publiés dans les prochains numéros de la revue.

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The learned society Alter – European Society for Disability Research and Alter – European Journal of Disability Research, an international journal specializing in the analysis of disability situations, are fully supporting  the social movement of opposition to the pension reform system bill as well as the projects of reform announced targeting higher education and research in France. They also express their support for hospital staff on strike. These movements, although centered on the current situation in France, echo other similar movements in various countries around the world, denouncing the weakening of social welfare systems and professional statuses. 

We are concerned about the inequities brought about by the decline in the social welfare protection and health care systems. We point out to the fact that people with disabilities and their carers, who are totally absent from the draft bill and not consulted in the ongoing public debate, face specific situations that must be given specific consideration and are particularly concerned by situations of arduous labor and their consequences on their overall health. 

Finally, we are alarmed by the increasingly precarious working conditions in Higher Education and Research and the challenging of the freedom of academic knowledge production resulting from the introduction in the last fifteen years in France of multiple laws regulating Higher Education and Research. We remind our readers how much disability research has made possible for several decades to conceptualise and support the emancipation of people with disabilities and the transformation of society with the scope to promote inclusion. We join other initiatives taken by various scientific journals to advance knowledge on the adverse effects of these policies and promote its wide dissemination to the readership. We call for scientific articles, position papers, commentaries and personal statements for publication in future issues of the journal.

AMBIANCES

Le comité de rédaction de la revue Ambiances, réuni le 12 février, a décidé de rejoindre le mouvement des revues en lutte pour afficher sa solidarité avec les mobilisations actuelles : celles qui dénoncent les critères qui président à l’élaboration de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), celles contre les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche, celles aussi s’alarmant des politiques du Ministère de la Culture et de la réforme des Ecoles Nationales Supérieures d’Architecture.
Nous annonçons la mise au ralenti de nos activités au sein de la revue en poursuivant toutefois, pour ne pas pénaliser nos contributeurs, la production des dossiers déjà engagés.

ANNALES. HISTOIRE, SCIENCES SOCIALES

Le contexte actuel de financement du fonctionnement de la recherche, les menaces sur la stabilité de l’emploi public, les évolutions des conditions d’évaluation, ainsi que les perspectives envisageables au regard des politiques gouvernementales et des rapports préparatoires à la LPPR amènent le comité de rédaction des Annales. Histoire, Sciences sociales à décider majoritairement de s’associer aux discussions sur l’avenir de la recherche dans l’espace public, sur la place de l’édition scientifique et sur un état des lieux du travail éditorial. Le comité réaffirme son attachement à un service public de la recherche et souligne la nécessité du soutien de l’État à la production et à la diffusion des publications scientifiques. Plusieurs membres du comité de rédaction participent activement à titre personnel à la mobilisation en cours. La revue Annales enverra des représentants aux futures AG des revues et envisage de publier un article sur la question du travail des revues en sciences sociales et sur les politiques publiques de la recherche.

ANNALES HISTORIQUES DE LA REVOLUTION FRANCAISE (AHRF)

17 janvier 2020

Fondamentalement attachées aux valeurs de solidarité et de justice sociales, les Annales Historiques de la Révolution française, éditées par la Société des études robespierristes (SER), s’opposent au projet de réforme des retraites qui remet en cause les mécanismes de solidarité et qui aggravera les inégalités. Elles dénoncent également la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), qui fait peser de graves menaces sur le service (encore) public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le comité de rédaction se déclare donc pleinement solidaire avec les mobilisations actuelles et rejoint le mouvement de protestation engagé par plusieurs revues.

Les AHRF invitent ses auteur.e.s, ses lectrices et ses lecteurs à soutenir la mobilisation interprofessionnelle selon divers moyens : participer aux grèves, aux actions et manifestations organisées sur leurs lieux de travail ou ailleurs, soutenir financièrement les grévistes (liste des caisses de grève sur https://caissesdegreve.github.io/), signer la pétition contre le projet de loi sur les retraites (https://lapetitionretraite.fr/)…

Le comité de rédaction des AHRF

Le CA de la SER s’associe à cette déclaration

ANNALES DE GEOGRAPHIE

Les membres du comité de rédaction et rédacteurs en chef des Annales de géographie s’associent au collectif des revues en lutte et tiennent à afficher leur solidarité avec les mobilisations actuelles. Ils dénoncent les objectifs du projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) qui, en promouvant l’individualisation et la mise en concurrence des individus, collectifs et instances, font peser de graves menaces sur la recherche et l’enseignement supérieur. 

Revue fondée en 1891, les Annales de Géographie rappellent que la publication de travaux – comme tout travail de recherche – ne saurait s’inscrire dans la seule temporalité induite par des appels à projets courts, et alors que la précarité touche toujours davantage les jeunes scientifiques.  Pour ne pas pénaliser ses contributeurs, la revue poursuivra ses travaux, tout en laissant chacun libre de participer par ailleurs à toute forme de contribution au mouvement social en cours pour défendre la recherche et l’enseignement supérieur. 

ANTHROPOLOGIE ET DEVELOPPEMENT

Motion du Bureau de l’APAD et du Comité éditorial de la revue Anthropologie & développement

Association internationale rassemblant des chercheurs du « Nord » et des « Suds », l’association pour l’anthropologie du changement social et du développement (APAD) est particulièrement préoccupée par les premières orientations esquissées pour la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LLPR).

Les recherches menées par les membres de l’APAD sur l’action publique dans les pays soumis à l’ajustement structurel et aux réformes néolibérales attestent des effets désastreux de la course aux financements,de la précarisation systématique des contrats et de la compétition généralisée. Ces effets pèsent en particulier sur la qualité de l’enseignement et de la recherche menée dans les institutions du Sud.

En France, alors que l’enseignement supérieur et la recherche sont confrontés depuis de nombreuses années déjà à des restrictions budgétaires affectant leurs personnels et leurs conditions de travail, certaines dispositions de la LPPR poussent plus loin la logique inégalitaire et managériale qui sape déjà les principes d’une recherche libre et indépendante et d’une Université ouverte à toutes et tous.

Nous dénonçons ainsi collectivement les principes de base de la réforme en préparation, en solidarité avec nos collègues français, et nous appelons à une réforme de fond, renforçant une recherche publique indépendante et de qualité, respectueuse du travail de tous.

Vous trouverez ici des informations sur la LPPR et les raisons de la mobilisation de nombreuses revues scientifiques ; Et , la liste des revues mobilisées (128 à ce jour) et les motions.

ANTHROPOLOGIE & SANTE

Motion du comité de rédaction  contre deux projets législatifs en France : projet de loi réformant les retraites,

Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche (LPPR)      

Retraites – Le comité de rédaction d’Anthropologie & Santé se joint au mouvement social actuel exigeant le retrait du projet loi dit de « retraite à points » en France.  Ce projet de loi, s’il était appliqué, aurait un impact grave sur de nombreuses catégories de personnes, et notamment celles dont les carrières ont connu des interruptions (maladie, chômage, congé parental, etc.).

Avenir de la recherche – Comme l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) dans leur ensemble, notre revue fonctionne grâce au travail conjoint de chercheur.e.s, d’ITA et de BIATSS, de statutaires et de précaires, de français et d’étrangers. Elle est donc elle aussi traversée par l’inquiétude face aux baisses de recrutement, à la contractualisation, à la diminution des financements récurrents, à la pression croissante de l’évaluation quantitative, etc. Le projet de LPPR accentue encore ces tendances délétères et met les métiers de l’ESR en danger. Nous nous y opposons.

Recensement des mobilisations – Nous encourageons les collègues à signaler dans ce document partagé (https://mensuel.framapad.org/p/Motions_par_structure) les mobilisations de structures (départements universitaires, revues, etc.), et dans ce document (https://mensuel.framapad.org/p/Motions_par_disciplines) les mobilisations par discipline.

Enfin, parmi les nombreuses initiatives existantes, nous attirons particulièrement l’attention sur :

-le communiqué de l’AFEA (Association Française d’Ethnologie et d’Anthropologie) https://afea.hypotheses.org/4505 ;

-la motion du Cermes3, une des UMR qui nous soutiennent http://www.cermes3.cnrs.fr/fr/;

-la motion des personnels d’OpenEdition, la plateforme publique hébergeant notre revue https://academia.hypotheses.org/7104.

La revue se joint aux appels diffusés par plusieurs revues invitant à soutenir les actions engagées localement.

Le CR d’Anthropologie & Santé, le 21 janvier 2020

ARCHIVES DE SCIENCES SOCIALES DES RELIGIONS

La revue Archives de sciences sociales des religions, réunie en comité de rédaction le 4 février 2020, après consultation des membres du comité absents lors de cette réunion, exprime sa solidarité avec les mobilisations en cours contre la réforme des retraites et les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous appelons à soutenir ces mobilisations et à y participer.

La revue apporte son soutien à la motion publiée le 17 janvier par la CPCN du CNRS « sur les dispositions attendues de la LPPR » et relaie cette motion sur son site web.

Le comité de rédaction soutient la mobilisation des salarié-e-s de la plateforme OpenEdition, sur laquelle est également diffusée notre revue. Ce soutien est partagé par les éditeurs-trices de la revue coopérant avec le personnel du service « Revue » d’Open Edition afin de rendre les résultats de la recherche scientifique accessibles à tous.

Afin de permettre à toutes les sensibilités présentes au sein du comité de rédaction de s’exprimer, la revue accueillera sur son site web les contributions et analyses que lui feront parvenir les membres de son comité de rédaction et de son conseil scientifique. Le comité de rédaction est bien sûr ouvert aux échanges avec les autres revues mobilisées.

ASYLON(S). DIGITALES

Texte à venir.

BIENS SYMBOLIQUES

La revue Biens symboliques/Symbolic Goods rejoint la mobilisation et, à la suite d’autres revues scientifiques, se déclare en grève.

Le comité de rédaction de BS/SG, solidaire de la mobilisation interprofessionnelle en cours contre le projet de réforme des retraites et contre les transformations annoncées de l’Enseignement supérieur et la recherche, suspend ses activités éditoriales et scientifiques.

Alors que la réforme de l’assurance chômage a déjà fortement dégradé la situation des plus précaires d’entre nous, et alors que, de la discrimination du dispositif fort mal nommé « Bienvenue en France » jusqu’à Parcoursup et son objectif de sélection sociale à peine dissimulé à l’entrée de l’université, nos étudiant.e.s subissent de plein fouet la violence des réformes portées par ce gouvernement, nous proclamons notre attachement à un service public de l’enseignement et de la recherche en France, à une université ouverte et à une recherche libre, diverse, fondée sur la « désexcellence » et prenant le temps de la réflexion.

Or, avec l’allongement annoncé du temps d’enseignement des universitaires, la précarisation toujours plus importante des statuts d’emploi, la réduction du nombre de postes et la concentration des moyens sur des projets clinquants et conçus sur le court-terme, les réformes annoncées vont mettre en péril notre capacité individuelle et collective à produire et diffuser des savoirs autonomes, informés et pertinents.

En outre, parce que nous nous inquiétons de la restriction des droits à la retraite, de la répression croissante du mouvement social ainsi que de la dévalorisation et de l’appauvrissement de la fonction publique (éducation, justice, santé, etc.), le comité de rédaction de BS/SG encourage les collègues de l’ESR, les départements, les UFR, les conseils de laboratoire, etc. à se mettre en grève, à soutenir les grévistes de la SNCF et de la RATP via les caisses de grève (https://paris.demosphere.net/post/63), et à participer aux manifestations et aux actions des 14, 15 et 16 janvier prochains (rejoignez la liste mail Mobilisation ESR pour être au courant de l’état de la mobilisation et des actions prévues : https://framalistes.org/sympa/info/mobilisationemploiesr)

Le comité de rédaction de BS/SG remercie les collègues ayant initié cette mobilisation inédite des revues et participera avec enthousiasme à des réflexions, des actions et des interventions communes.

BRESIL(S). SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES

BULLETIN DE LA SOCIETE PREHISTORIQUE FRANCAISE

La Société Préhistorique Française partage les vives inquiétudes de la communauté scientifique française sur la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et promeut les valeurs de coopération et d’indépendance qui font la richesse de la recherche publique.

Une motion adoptée par le CA de la SPF sera bientôt disponible.

BULLETIN DE MÉTHODOLOGIE SOCIOLOGIQUE /BULLETIN OF SOCIOLOGICAL METHODOLOGY BMS

Mobilisons-nous !

(Extrait de l’éditorial du n°146 du Bulletin de méthodologie sociologique / Bulletin of Sociological Methodology – BMS)

Nous bouclons le numéro 146 du BMS dans un contexte politique agité. Nombre de comités de rédaction de revues françaises de sciences sociales ont d’ailleurs décidé, en janvier 2020, de suspendre leur activité de publication habituelle pour se mettre au service du mouvement social contre la réforme des retraites d’une part, et d’autre part, pour peser sur la préparation de la future Loi de programmation pluriannuelle pour la recherche. Le BMS est une revue internationale, il aurait été difficile d’expliquer la mise en suspens de nos activités à des lectrices et des lecteurs qui n’ont pas entendu parler du mouvement social français. Nous avons donc décidé de produire quand même ce numéro, mais de profiter de son éditorial pour contribuer à notre façon au mouvement. La protestation ne touche d’ailleurs pas que les universités françaises. Au Royaume-Uni, les universitaires se sont mis en grève au mois de novembre et décembre et beaucoup poursuivent aujourd’hui leur action à travers une sorte de grève du zèle (ASOC, action short of strike, littéralement, une action sans grève). Leurs motifs sont très similaires : résister à l’amputation de leurs retraites, mais aussi, exiger de leur gouvernement qu’il s’engage enfin à réduire la précarité et la surcharge de travail des universitaires.

Car la situation est en effet très similaire dans ces deux pays, notamment : la science semble ne plus être considérée autrement que comme une arme au service de la compétition économique internationale. Les pouvoirs publics la pilotent de façon de plus en plus étroite, soi-disant pour la mettre au service de la société, mais de fait, pour en tirer une rentabilité maximale à court terme. Les personnels des universités sont, à juste titre, traités comme les autres : la relative autonomie dont ils ont pu jouir dans le passé du fait du prestige alors attaché à leurs fonctions apparaît comme un archaïsme. Aussi leurs revendications portent-elles aujourd’hui sur des questions qui touchent tous les salariés : précarité, stress et paupérisation. Il reste que l’activité scientifique (là aussi sans doute comme les autres métiers dont on attaque les soi-disant privilèges) ne peut se passer d’autonomie : c’est la condition indispensable à l’innovation et l’inventivité. La rédaction du BMS entend rester mobilisée dans la durée pour faire entendre raison à celles et ceux qui nous gouvernent : la valorisation à tout prix, la précarité et la compétition de tou.tes contre tou.tes est en train de détruire les systèmes publics de recherche. Or nous en avons besoin pour réparer les erreurs qui pèsent aujourd’hui sur le futur de l’humanité et préparer la vie des générations à venir.

Sophie Duchesne and Viviane Le Hay

Pour le comité éditorial du BMS : Philip Balsiger, Marc-André Bodet, Mathieu Brugidou, Damien Cartron, Margot Delon, Jérémy Dodeigne, Claire Dupuy, Olivier Fillieule, Florent Gougou, Camille Hamidi, Karl van Meter

Stand up!

(Extracted from the editorial of the issue 146 of Bulletin of Sociological Methodology / Bulletin de méthodologie sociologique – BMS)

This issue of the BMS is being finalised in a highly charged political context. Many editorial committees of French social sciences journals have decided to halt ordinary publication activities in January 2020 to join the cause of the social movement against retirement reform on one hand, and to influence the preparation of the future law on multi-annual programming for research currently in preparation. As the BMS is an international journal, it would have been difficult to explain such a hiatus to our readers who are not familiar with the protest movement underway in France. We therefore decided to go ahead with the publication of this issue, but to used its editorial to contribute to the movement in our own way. Indeed, this wave of protest is not purely restricted to France. In the United Kingdom, academics went on strike in November and December, and many continue their protest through ongoing action short of a strike (ASOC). Their demands are similar: refusal to accept cuts to retirement pension, and demands on the government to reduce precarious working conditions and excessive workloads in the university sector.

The situation is in fact very similar on either side of the Channel. Science now seems to be exclusively considered as a weapon for international economic competitiveness. It is driven by public policy that is increasingly restrictive, supposedly to make sure it is serving society but in fact focused on making it as profitable as possible in the short term. University staff are treated in the same way as other workers (and rightly so!) – any relative autonomy they may have had in the past because of the prestige associated with their profession is now considered archaic and their demands are those of workers in all sectors – uncertain and insecure working conditions, stress, and increasing poverty. And yet scientific activity in itself requires autonomy; it is the essential condition for innovation and creativity. And this autonomy is criticised as being a kind of privilege. The BMS editorial team intends to remain mobilized in the long term to make those who govern us see reason. Profit-seeking at any cost and compulsory cut-throat competition between colleagues is destroying public research systems.  Yet we need that research system more than ever today to repair the errors of the past that threaten humanity’s future, and to begin to prepare for the situations future generations will face.

BULLETINS ET MEMOIRES DE LA SOCIETE D’ANTHROPOLOGIE DE PARIS

Motion de la Société d’Anthropologie de Paris

Informés des rapports de préparation à la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR), des propos provocateurs répétés à ce sujet par M. A. Petit, PDG du CNRS, et des déclarations de Mme la Ministre F. Vidal, les membres de la Société d’Anthropologie de Paris expriment leur plus vive inquiétude et appellent  à la vigilance vis-à-vis de nombreux points exposés dans les trois rapports (« financement de la recherche », « attractivité des emplois et des carrières », « recherche partenariale et innovation ») remis à la ministre de l’ESRI en vue du projet de la LPPR. Ils se déclarent notamment opposés à :

– toute mesure mettant en cause le statut des chercheur.e.s et enseignant.e.s chercheur.e.s et augmentant encore une précarisation des personnels de l’ESR déjà bien trop importante

– la limitation de la liberté de recherche publique par une proportion encore accrue de financements sur projet aux orientations déterminées et aux objectifs à court terme

– les systèmes de primes soumises à l’évaluation de la performance des personnels mettant en concurrence les individus au détriment d’une revalorisation salariale de l’ensemble des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur

– l’affaiblissement des instances nationales de recrutement et de suivi de carrières (notamment CoNRS et CNU)

– la mise en place d’une compétition artificielle et le creusement des inégalités entre acteurs et institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche

Les membres de la Société d’Anthropologie de Paris réaffirment leur attachement au modèle français d’enseignement supérieur et de recherche et leur adhésion aux conclusion de la consultation réalisée en 2019 par les sociétés savantes (https://societes-savantes.fr/communique-de-presse-recommandations-des-societes-savantes-concernant-la-loi-de-programmation-pluriannuelle-pour-la-recherche/) et aux propositions élaborées au printemps 2019 par le Comité national de la Recherche Scientifique (https://www.c3n-cn.fr/mobESR). Ils s’opposent à une politique menant à une compétition accrue entre les acteurs de la recherche française au détriment des financements récurrents des laboratoires et au mépris d’une recherche collective et ne défendront une loi pour la recherche que si elle se base réellement sur les réflexions proposées par notre communauté

La Société d’Anthropologie de Paris invite notamment tou.te.s celles et ceux de ses membres qui le souhaitent :

– A soutenir les propositions du Comité National de la Recherche Scientifique (https://www.c3n-cn.fr/soutien) et à diffuser le lien pour ce soutien aussi largement que possible

– A participer à la grève et aux actions de mobilisations et de manifestations contre la LPPR

– A signer les pétitions, lettres ouvertes ou tribunes dénonçant les risques nombreux et graves perçus dans le cadre de la préparation de la LPPR

– A relayer la mobilisation et les informations concernant la préparation de la LPPR le plus largement possible

– A se déclarer mobilisé.es dans leurs signatures électroniques et  réponses automatiques d’absence selon la suggestion suivante : « J’accuse réception de votre message. Étant mobilisé(e) contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche, j’ai réduit mes activités et ne suis pas en mesure de répondre favorablement à votre demande si elle concerne des tâches (administratives et autres) non obligatoires relevant de mes fonctions »

Motion votée par scrutin électronique : 116 oui, 2 non, 1 « je ne me prononce pas»

https://bmsap.revuesonline.com/

CAHIERS D’ETUDES AFRICAINES

Opposé à la réforme des retraites et à la loi française de programmation pluriannuelle de la recherche par solidarité avec tou.te.s les travailleur.se.s en lutte, Cahiers d’études africaines rejoint la mobilisation en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche, ainsi que l’appel des travailleuses et travailleurs du numérique.

LES CAHIERS DE LA LCD

LES CAHIERS DE LA LCD PARTICIPENT A LA GREVE DES REVUES

Le vendredi 31 Janvier, le comité scientifique de la revue « Les cahiers de la LCD – Lutte Contre les Discriminations » s’est réuni. Depuis de nombreuses semaines, une mobilisation sans précédent rassemble un nombre toujours plus important de revues scientifiques contre les projets de réforme de la retraite mais aussi contre la loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Les effets de ces réformes touchent au fonctionnement même de la recherche. Précarisation accrue des chargé.e.s de cours ou des chargé.e.s de recherche ; mise en demeure de l’autonomie des chercheuses et des chercheurs : c’est l’ensemble du l’université qui est atteint. A la paupérisation programmée s’ajoute le mépris avec lequel sont traitées les revendications des universitaires, comme du reste de la population d’ailleurs.

Les cahiers de la LCD ne sont pas épargnés. D’une part car, comme beaucoup de revues, la publication de celle-ci repose sur un travail bénévole et conséquent de l’ensemble des directeurs/trices et des membres des comités. Or, en affaiblissant les conditions de travail de chaque chercheuse, de chaque chercheur -les plus précaires en particulier, ce sont toutes les dynamiques et tous les projets collectifs qui en pâtissent lourdement. D’autre part, car en matière de discriminations -et d’inégalités, les réformes actuelles interpellent directement l’ensemble des membres du comité scientifique des Cahiers de la Lutte Contre les Discriminations.

Pour toutes ces raisons, la revue Les Cahiers de la LCD s’engage elle aussi dans la grève des revues. Mais qu’est-ce que « faire grève » pour une revue comme la nôtre ? Certaines revues ont décidé d’arrêter leurs évaluations, leurs publications. Si cette stratégie est un symbole fort avec laquelle nous sommes solidaires, les cahiers de la LCD ne peuvent se permettre de mettre entre parenthèses leur activité. Nous employons à intervalles réguliers un graphiste et une correctrice que nous ne pouvons pas plus précariser. De plus, les numéros de la revue sont utilisés par les personnes visées par cette réforme : les personnes directement discriminées ou celles œuvrant contre les discriminations, les reléguées et/ou les précaires. Qu’elle serve d’outil de formation, d’information ou de communication sur ces questions, chaque numéro permet une interface entre le politique-la recherche et les personnes concernées.

Alors, comment respecter nos engagements et participer nous aussi à ce mouvement de grève ? Sur proposition des membres du comité scientifique des cahiers de la LCD, la revue propose de publier un numéro « spécial grèves » afin d’alimenter les réflexions sur les réformes en cours, en prenant en considération ce qui fait la spécificité thématique de la revue : les discriminations.

Cet appel à articles, par sa forme spontanée, n’épouse pas les codes habituels de la revue, en termes de nombre de signes comme de temporalité. Il s’agit de nous faire parvenir avant le 31 mars vos textes, réflexions, entretiens, avis sur ces réformes, de la taille et de la forme que vous désirez à l’adresse suivante : cahiers.lcd@gmail.com

Nous avons voulu, par cette démarche, faire au mieux et nous engager dans ces contestations légitimes.

Les Cahiers de la LCD

LES CAHIERS DE LA RECHERCHE SUR L’EDUCATION ET LES SAVOIRS

Les Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs s’opposent à la réforme des retraites et à la loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR). Ils s’associent au mouvement social en cours dans les universités, laboratoires et revues en lutte contre la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

CAHIERS DE FRAMESPA

Le comité de rédaction des Cahiers de Framespa se déclare engagé dans la lutte contre la réforme des retraites et contre la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, ce pourquoi nous annonçons la mise au ralenti de nos activités au sein de la revue à compter de ce jour. Comme d’autres revues , nous appelons en outre à soutenir les initiatives locales et nationales susceptibles de faire reculer le gouvernement, ainsi qu’à contribuer aux caisses de grève solidaires.    

CAHIERS DE LITTERATURE ORALE

« Le comité de rédaction des CLO (Cahiers de littérature orale) rejoint le mouvement des revues en lutte, pour exprimer son opposition à la Loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR).

La LLPR telle qu’elle est envisagée, poursuivant le démantèlement de l’enseignement supérieur public entamé depuis la LRU, ne fera qu’accentuer les inégalités au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche et la précarisation de ses métiers. En tant que chercheurs et enseignants-chercheurs du domaine des SHS, nous ne pouvons accepter que nos activités soient soumises à la loi d’un marché qui privilégie le court terme et le prêt à penser. Nous nous opposons à la politique managériale qui s’impose peu à peu au monde de la recherche française et souhaitons poursuivre notre mission de publication et de diffusion de la recherche engagée depuis 1976, en toute indépendance, au service de la science et non de l’évaluation bibliométrique. »  

CAHIERS DES AMERIQUES LATINES

Le comité de rédaction de la revue Cahiers des Amériques latines (CAL) décide de suspendre ses activités en protestation contre les projets gouvernementaux de réforme des retraites et de réforme universitaire proposée dans ladite Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Ces deux projets s’inscrivent en continuité de la destruction de l’État social et du service public que nous défendons comme garanties d’une société intégrée et démocratique. Ces deux initiatives ne feront qu’augmenter la précarité déjà vécue à l’université comme ailleurs. Espace des spécialistes de l’Amérique latine en langue française depuis plusieurs décennies, les CAL sont bien placés pour connaître les effets des réformes d’inspiration néolibérale sur l’université et sur les systèmes de protection sociale. La contractualisation, l’individualisation, la destruction des régulations collectives, l’affaiblissement des financements publics au profit de la mise en concurrence généralisée des uns contre les autres, planifiée dans la LPPR sous l’esprit d’une loi « inégalitaire » et « darwinienne » selon les mots du PDG du CNRS n’ont produit d’effet bénéfique dans aucun pays de l’Amérique latine où pourtant ces politiques sont menées depuis au moins quatre décennies. Les politiques actuelles partagent l’inspiration de celles qu’avaient expérimenté les gouvernements de Pinochet au Chili, Menem en Argentine… sous l’instigation de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher, des Chicago boys et des politiques d’ajustement structurel, sous l’égide du FMI, dans les années1980-1990… et nous en connaissons les conséquences. Critiquer ces politiques en Amérique latine et en France ne nous empêche pas de reconnaître que la stabilité macroéconomique est un bien public. Les CAL se rendent ainsi solidaires de toutes les mobilisations qui, depuis plusieurs semaines et mois, se sont érigées contre une vision managériale et concurrentielle de la recherche et en défense d’un modèle de société plus juste, solidaire et démocratique. Nous demandons le retrait du projet de réforme du système des retraites, nous demandons l’arrêt du projet LPPR et une réflexion sur l’enseignement supérieur et la recherche considérés comme un service public dont l’accès doit être gratuit, universel et financé par l’Etat. Les membres du comité de rédaction de la revue, en lien avec la revue Nuevo Mundo Mundos Nuevos, encouragent ses lecteurs, lectrices, contributrices et contributeurs à se mobiliser dans la rue, les assemblées générales, et dans les caisses de grève(https://www.lepotsolidaire.fr/pot/solidarite-financiere).Ils appellent à la rédaction d’un numéro spécial consacré aux formes de mobilisation sociale en Amérique latine, afin de proposer une réflexion, vue d’Amérique latine, qui puisse d’une certaine manière éclairer et faire écho aux enjeux et aux débats à la source du conflit social en France.-

 – – – -El Consejo de Redacción de los Cuadernos de América Latina (CAL) decide suspender sus actividades como protesta contra los proyectos del gobierno de reforma del sistema de pensiones y de reforma universitaria a través de la llamada Ley de programación plurianual de la investigación (LPPR). Estos dos proyectos apuntan a desarmar el Estadosocial y los servicios públicos que defendemos como garantías de una sociedad integradora y democrática. Estas dos iniciativas no harán sino aumentar la precariedad y el sufrimiento que se viven ya tanto en la universidad como en tantos otros sectores de la vida social. Espacio de los especialistas de América Latina en francés desde hace varias décadas, los CAL nos han permitido conocer perfectamente los efectos de las reformas liberales sobre la universidad y sobre los sistemas de protección social. La contractualización, la individualización, la destrucción de las regulaciones colectivas, el debilitamiento del financiamiento público a cambio de una puesta en competencia generalizada de unos contra otros, planificada por la LPPR bajo el espíritu de una ley “inicua” y “darwinista” tal como la llama el director ejecutivo del Centro nacional de la investigación científica(CNRS), uno de sus inspiradores, no han tenido efecto benéfico en ningún país de América latina donde sin embargo estas políticas son implementadas desde hace no menos de cuarenta años. Tenemos la impresión de asistir con gran atraso en Francia a la implementación de lo que experimentaron los gobiernos de Pinochet y sus consortes, inspirados por Ronald Reagan y Margaret Thatcher, los Chicago boys, las políticas de ajustes estructurales demandadas por el FMI en los años 80 y 90… y conocemos sus consecuencias. Criticar estas políticas en América Latina y en Francia no impide reconocer que la estabilidad macroeconómica es un bien público.

Los CAL se solidarizan así con todas las movilizaciones que, desde hace semanas y meses, se han levantado en defensa de un modelo de sociedad más justa, solidaria y democrática. Exigimos el retiro del proyecto de reforma del sistema de pensiones del proyecto de ley de reforma universitaria. Solicitamos una reflexión sobre la enseñanza superior y la investigación considerados como un servicio público de acceso libre y gratuito, universal y financiado por el Estado .Los miembros del comité editorial de la revista, junto con la revista Nuevo Mundo Mundos Nuevos, invitan a sus lectores y colaboradores a movilizarse en las calles, en las asambleas generales y en los fondos de huelga (https://www.lepotsolidaire.fr/pot/solidarite-financiere).Llaman a la publicación de un número especial dedicado a las formas de movilización social en América Latina, con el fin de proponer una reflexión, desde una perspectiva latinoamericana, que pueda de alguna manera arrojar luz y hacerse eco de los temas y debates que están en el origen del conflicto social en Francia.

– – – – -O Conselho Editorial da Cuadernos de América Latina (CAL) decidiu suspender suas atividades em protesto contra os planos do governo para reformar o sistema previdenciário e a reforma universitária a través da chamada Lei de Programação de Pesquisa Plurianual (LPPR). Estes dois projectos visam desarmar o Estado social e os serviços públicos que defendemos como garantias de uma sociedade inclusiva e democrática. Estas duas iniciativas só irão aumentar a precariedade e o sofrimento já vividos tanto na universidade como em tantos outros sectores da vida social. Espaço para especialistas francófonos na América Latina há várias décadas, os CAL nos deram uma perfeita compreensão dos efeitos das reformas liberais sobre a universidadee sobre os sistemas de proteção social. A contratualização, a individualização, adestruição da regulamentação colectiva, o enfraquecimento do financiamento público emtroca de uma competição generalizada entre um grupo e outro, planeada pela LPPR no espírito de uma lei « iníqua » e « darwiniana » como é chamada pelo Director Executivo do Centro Nacional de Investigação Científica (CNRS), um dos seus inspiradores, nãotiveram um efeito benéfico em nenhum país da América Latina onde estas políticas foram implementadas durante nada menos do que quarenta anos. Temos a impressão de que em França assistimos com grande atraso à implementação do que os governos Pinochete seus consortes, inspirados por Ronald Reagan e Margaret Thatcher, os rapazes Chicago, experimentaram, das políticas de ajustamento estrutural exigidas pelo FMI nosanos 80 e 90… e conhecemos as suas consequências. A crítica a estas políticas na América Latina e em França não impede o reconhecimento de que a estabilidade macroeconómica é um bem público.Os CAL são assim solidários com todas as mobilizações que se realizam há semanas e meses em defesa de um modelo de sociedade mais justo, unido e democrático. Exigimos a retirada do projeto de reforma do sistema de pensões do projeto de reforma dauniversidade. Pedimos uma reflexão sobre o ensino superior e a investigação considerada como um serviço público de livre acesso, universal e financiado pelo Estado. Os membros do comité editorial da revista, juntamente com a revista Nuevo MundoMundos Nuevos, convidam os seus leitores e colaboradores a mobilizarem-se nas ruas,nas assembleias gerais e nos fundos de greve (https://www.lepotsolidaire.fr/pot/solidarite-financiere).Pedem a publicação de um número especial dedicado às formas de mobilização social na América Latina, a fim de propor uma reflexão, a partir de uma perspectiva latino-americana, que possa de alguma forma lançar luz e fazer eco das questões e dos debates que estão na origem do conflito social em França.

CAHIERS D’HISTOIRE. REVUE D’HISTOIRE CRITIQUE

Motion à venir.

LES CAHIERS D’OUTRE MER

Le comité de rédaction de la revue Les Cahiers d’Outre-Mer dénonce les objectifs des trois rapports officiellement commandés par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation afin de préparer la future de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Ces rapports visent à renforcer la concurrence/rivalité entre structures de recherche, à accroitre la précarité de tous les personnels, à réduire l’indépendance de la recherche avec notamment la remise en cause du statut d’enseignant-chercheur, le renforcement du pilotage de la recherche, la concentration du pouvoir et des moyens distribués sur appels à projets. Ces rapports justifient l’orientation assumée par le PDG du CNRS qui prône une loi « inégalitaire » et « darwinienne ».
Nous revendiquons pour tou·te·s les chercheur·se·s actuel·le·s et à venir des conditions de productions de connaissances libres, l’arrêt de la dégradation des conditions de travail et la promotion de recherches collaboratives indépendantes des injonctions politiques. Le comité de rédaction soutient donc les contestations en cours et appelle à la mobilisation de la communauté scientifique. Pour continuer à faire valoir un esprit critique, pour ne pas pénaliser les auteur·rice·s, en particulier les plus précaires, nous décidons de poursuivre nos travaux de comité de rédaction (évaluation, suivi des numéros…) sachant que chaque membre du comité reste libre de participer par ailleurs à la grève des évaluations et à tout autre mode de contribution au mouvement social.

CAHIERS DU GENRE

Le comité de rédaction des Cahiers du Genre se met en grève à compter du 17 janvier et rejoint les luttes en cours contre la réforme des retraites et contre le projet préfigurant la prochaine loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR).
À partir de maintenant et jusqu’à nouvel ordre, le comité n’examinera aucune nouvelle proposition d’articles ni de dossiers. En effet, la réforme des retraites, la LPPR, ainsi que de nombreuses réformes en cours participent à la destruction d’une université et d’une recherche publiques et ouvertes, fragilisent les missions des revues scientifiques et accentuent les inégalités, en particulier celles de genre, déjà fortes au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Nous appelons celles et ceux qui le peuvent à rejoindre le mouvement et à participer aux caisses de grève.
Voté à l’unanimité des présent⋅es et représent⋅ées.

CAHIERS FRANCOIS VIETE

Le comité de rédaction Cahiers François Viète soutient le mouvement social en cours pour la défense des services publics et contre le projet de loi pluriannuelle de programmation de la recherche. Il rejoint le mouvement de lutte initié par plusieurs revues.

Par cette motion, et à l’instar de nombreuses autres revues, nous nous positionnons contre la précarisation grandissante des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et la mise en concurrence généralisée des individus et des établissements de l’ESR. Nous tenons au contraire à une recherche fondée sur la collaboration, le collectif et le temps long, nécessaire à toute production scientifique de qualité.

Nous pensons que les revues sont particulièrement touchées par les orientations prônées dans le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Les Cahiers François Viète promeuvent des publications scientifiques de qualité, libres et indépendantes. Comme beaucoup d’autres revues scientifiques, les Cahiers fonctionnent majoritairement grâce au travail bénévole des membres du comité de rédaction, des auteur·e·s et des rapporteur·e·s. Les membres du comité de rédaction sont des collègues ayant des postes permanents dans l’ESR ou dans l’enseignement secondaire. Autrement dit, une augmentation de la précarisation des personnels de l’ESR en général (personnels BIATSS, enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs) représente donc une menace extrêmement importante pour les publications scientifiques.

Le comité de rédaction des Cahiers François Viète a décidé de maintenir ses activité éditoriales concernant les volumes et articles déjà soumis afin de ne pas pénaliser les auteur·e·s qui s’y sont investi·e·s. Nous encourageons par contre les membres des comités des Cahiers François Viète et les auteur·e·s à soutenir le mouvement social en cours et à soumettre des articles de recherche ou des tribunes proposant des réflexions et analyses sur les réformes en cours et s’appuyant sur l’épistémologie et l’histoire des sciences et des techniques aux Cahiers François Viète ou à toute autre revue de sciences humaines et sociales en lutte.

CARNETS DE GEOGRAPHES 

« Les comités de direction et de rédaction des Carnets de géographes s’opposent à la réforme des retraites et participent donc au mouvement social qui la conteste fermement. Ils s’associent à la mobilisation des universités, laboratoires et revues en lutte contre la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Afin de soutenir cette mobilisation, la revue suspend ses activités d’évaluation d’articles et de propositions de dossier. Le numéro varia annuel qui devait s’ouvrir en ce début d’année est ainsi reporté sine die.

La revue encouragent ses lecteurs, lectrices, contributrices et contributeurs à soutenir et participer à toutes les actions locales et manifestations nationales, à participer aux assemblées générales interprofessionnelles et celles du mouvement des « Facs et labos en lutte », à contribuer aux caisses de grève, pour intensifier et élargir la mobilisation, à travailler avec les camarades des autres revues en vue d’interventions communes. »

CHAMP PENAL

Champ pénal / Penal Field (https://journals.openedition.org/champpenal/)

Champ Pénal tient à exprimer sa solidarité au mouvement de grève engagé par les revues françaises, en soutien à la mobilisation interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites et contre les transformations annoncées du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

En tant que revue bilingue et internationale de par la composition de son bureau exécutif et de son conseil scientifique, nous souhaitons par cette prise de position collective appuyer la défense de droits dont la remise en cause est loin de se limiter à la France. Il en va notamment des conditions de travail et d’autonomie scientifique dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Dans ce cadre, la revue modifie le cours habituel de ses activités pour contribuer au mouvement sous différentes formes, et en particulier par le recueil et la publication prochaine de témoignages d’universitaires (précaires et statutaires) de différents pays sur les évolutions en cours dans le monde académique, reflets de changements structurels de plus grande ampleur. Nous allons également prendre part à l’élaboration de réflexions et d’actions communes avec nos collègues des autres revues mobilisées.

CLIO. FEMMES, GENRE, HISTOIRE

Appel du comité de rédaction de Clio, Femmes, Genre, Histoire, le 14 janvier 2020

Le 14 janvier 2020, des travailleurs et travailleuses de nombreux secteurs entament leur 41e jour de grève.   Ce mouvement ne concerne pas la seule préservation des régimes spéciaux ou de privilèges corporatifs   spécifiques. Il s’agit de défendre un système de protection sociale mais aussi des valeurs telles que la solidarité, le service public, la justice sociale. Le comité de la revue Clio FGH entend lui aussi, comme les comités de revues scientifiques qui ont ouvert la voie et nous ont fourni les mots, dénoncer la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), « loi darwinienne et inégalitaire de la recherche » comme l’appelait de ses voeux le président du CNRS. Les documents préparatoires à cette loi prouvent qu’elle va encore fragiliser les conditions de production des savoirs et de transmission des connaissances, en dépit de constats clairs sur les besoins (emplois pérennes, accroissement des financements fondamentaux, faiblesse des salaires, etc.).

Le comité de rédaction de Clio FGH juge indignes les situations d’emplois précaires dans lesquels se trouvent de nombreux-ses et talentueux-ses jeunes collègues, en raison de la réduction drastique des emplois pérennes à l’Université et dans les établissements de recherche. Il est également très inquiet devant la précarisation des emplois du personnel de l’administration de la recherche – dédié à des fonctions d’édition par exemple – emplois très qualifiés et indispensables au fonctionnement et à la diffusion de nos disciplines. Il s’élève contre les logiques managériales de performance qui menacent nos métiers et qui assignent aux revues un rôle pernicieux d’évaluation des carrières et non plus de l’intérêt proprement scientifique des résultats de recherche.

Le comité de la revue Clio FGH s’élève contre la destruction de l’ensemble des services publics dont celui de recherche et d’enseignement supérieur, sur lequel les annonces contenues dans les rapports préparatoires à la LPPR font peser des risques graves. Il souhaite affirmer la nécessité du temps long dans l’élaboration du travail scientifique, notamment dans le domaine des sciences humaines et sociales, et le rôle du collectif dans la production et la circulation des idées. Il souhaite affirmer la nécessité d’une université et d’une recherche publique et ouverte.

Pour toute cela et parce que les femmes seront particulièrement touchées par la réforme des retraites et la précarisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, le comité de la revue Clio FGH invite ses lectrices, lecteurs, autrices et auteurs à s’informer et participer aux actions collectives initiées ou relayées sur les sites de SLU, http://www.sauvonsluniversite.com/ , ou de RogueESR, http://rogueesr.fr/   Il appelle également à participer à la solidarité financière via les caisses de grève, par exemple auprès de : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/solidarite-financiere

CLIOPSY

La revue Cliopsy (Clinique d’orientation psychanalytique dans le champ de l’éducation et de la formation) est solidaire des mouvements contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et le projet de réforme des retraites. La couverture de notre revue (www.revuecliopsy.fr) mentionne notre opposition à ces projets, avec liens vers la tribune « Les revues scientifiques fragilisées par les projets de loi », le site Université ouverte et la motion adoptée par la 70e section du CNU. Un message annonçant notre position a été envoyé à l’ensemble de nos contacts. Une mention similaire est présente sur le site de l’association Cliopsy, organisatrice de rencontres et manifestations scientifiques.

COMMUNICATION & LANGAGES

Le comité de rédaction de la revue Communication & langages (PUF) se mobilise contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) et s’associe au mouvement de protestation porté par de nombreuses revues, laboratoires et institutions.

Notre comité est profondément attaché à une recherche indépendante, financée par des fonds publics et portée par un projet scientifique républicain au service de la société. Ce projet de loi, imposé sans concertation avec la communauté scientifique, va à l’encontre de ces principes. Afin de ne pas pénaliser nos collègues, en particulier les plus précaires, nous décidons de poursuivre notre activité éditoriale de production et de diffusion des savoirs scientifiques les plus exigeants. Cette activité est indissociable de nos engagements de chercheurs et de citoyens. C’est pourquoi nous intégrerons dorénavant dans notre revue des espaces spécifiques dédiés à l’analyse et aux débats à propos des conditions d’exercice de la recherche en France et dans le monde.

COMMUNICATIONS

Le comité de rédaction de la revue Communications se joint au mouvement de protestation sociale contre la réforme des retraites et contre le projet de loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Attaché aux valeurs de solidarité, de justice sociale et de partage des connaissances, il s’oppose aux progressives destructions du service public et marchandisation des savoirs. Défendant une recherche indépendante, fondamentale et de qualité, il rejette la fragmentation et la précarisation que le projet de LPPR induit pour les chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, post-doctorants et personnels d’appui à la recherche (ITA et BIATSS). Il rappelle le rôle essentiel de postes statutaires, tant de chercheurs que d’ITA et BIATSS, pour une recherche ouverte et de qualité, ainsi que de financements pérennes, absolument indispensables à l’édition d’une revue de sciences sociales. Il dénonce la volonté d’ assujetissement de l’élaboration des savoirs et de leur transmission à des logiques instrumentales, voire industrielles et l’imposition de logiques managériales, fondées sur la compétition, sans prise en compte des modes de fonctionnement spécifiques de la recherche fondamentale. Il s’insurge contre la précarisation des jeunes chercheurs et des personnels d’appui à la recherche et le sacrifice d’une génération qui, malgré l’originalité et la qualité de son travail, est durablement voire perpétuellement condamnée à l’incertitude des lendemains en raison de la réduction drastique du nombre de postes.

Le comité de rédaction appelle à soutenir et à participer au mouvement social en cours.

CONDITION HUMAINE CONDITION POLITIQUE

Condition Humaine Condition Politique. Revue Internationale d’Anthropologie Politique.

CRITIQUE INTERNATIONALE

Critique internationale soutient la mobilisation interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites et contre les réformes prévues pour l’Enseignement supérieur et la recherche. Comme nos collègues de différentes revues et de la plateforme revues.org, nous nous joignons à ce mouvement de protestation. La précarisation des carrières des producteurs et productrices de savoir et des jeunes chercheurs qui ira en s’accélérant avec les nouvelles réformes prévues pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche, met en danger les conditions d’exercice de la recherche et de sa valorisation.

Le comité de rédaction de la revue Critique internationale est partie prenante de la mobilisation et se joint à la proposition de Politix  de travailler avec d’autres revues  en vue d’interventions communes.

Le comité de rédaction de Critique internationale

CULTURES ET CONFLITS

La revue Cultures & Conflits tient à son tour à se joindre au mouvement de grève des revues en soutien à la mobilisation interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites et contre les transformations annoncées de l’Enseignement supérieur et la recherche. Elle s’inquiète également du recours récurrent à la répression administrative, policière ou judiciaire pour étouffer les contestations dans la rue, les universités et ailleurs, qui constitue l’autre face de ces réformes.

Le comité de rédaction de Cultures & Conflits est donc tout disposé à travailler avec les collègues d’autres revues afin d’élaborer des réflexions, des actions et des interventions communes.

Le comité de rédaction de Cultures & Conflits

CYBERGEO

Motion du comité de rédaction de Cybergeo sur la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

Cybergeo – Revue européenne de géographie s’associe à la mobilisation contre la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Ce projet de réforme participe d’un processus d’individualisation et de mise en concurrence, et remet en cause le service public de la recherche sans lequel les revues scientifiques ne pourraient pas jouer leur rôle dans l’évaluation et la diffusion des connaissances. Le comité de rédaction réaffirme son attachement aux solidarités intergénérationnelles, ainsi qu’à l’autonomie, à la pluralité et à la dimension collective de la recherche publique. Nous revendiquons pour toutes les actrices et pour tous les acteurs de la recherche publique, aujourd’hui et demain, des conditions dignes leur permettant de produire librement des savoirs. Comme la Conférence des présidents du Comité national (CPCN) du CNRS, nous appelons donc à l’ouverture d’un véritable dialogue sur le projet de réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La revue continuera son travail éditorial pour ne pas pénaliser les auteur-es qui lui font confiance en lui envoyant leurs manuscrits, parmi lesquels les collègues précaires et les collègues basés hors de France, sachant que chaque membre des comités reste libre de participer à la grève des évaluations. Le comité de rédaction encourage ses lecteurs, lectrices, contributrices et contributeurs à se mobiliser pour défendre le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche en France. Il s’associe aux diverses formes de mobilisation actuelles, qu’elles prennent place au sein des universités, des unités de recherche ou des revues. Il rappelle enfin que la rubrique « Débats » de la revue, tout comme le carnet Cybergeo Conversation, restent ouverts à celles et ceux qui voudraient exprimer un point de vue, lancer un débat ou proposer des analyses critiques sur les différents projets de réforme actuels.

Motion adoptée par le comité de rédaction suite à un vote électronique qui s’est tenu entre le 30 janvier et le 4 février 2020 (16 favorables, 1 abstention)

Disponible en ligne à l’adresse suivante : https://cybergeo.hypotheses.org/545

DEVELOPPEMENT DURABLE ET TERRITOIRES

La revue Développement durable & territoires rejoint le mouvement des revues en lutte contre la LPPR

La revue Développement durable & territoires et les membres de son comité de rédaction s’associent au collectif des revues en lutte et tiennent à afficher leur solidarité avec les mobilisations actuelles dans les universités et laboratoires. Ils dénoncent les objectifs du projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) qui, en promouvant l’individualisation et la mise en concurrence des personnes, collectifs et instances, font peser de graves menaces sur l’autonomie de la recherche et l’enseignement supérieur en France, ainsi que sur les conditions d’un financement de cette recherche.

Les objectifs de la LPPR remettent notamment en question le rapport au temps, dimension fondamentale pour les questions qui fédèrent les contributeurs.trices et lecteurs.trices de la revue Développement durable & territoires. En effet, les transitions écologiques, sociales et territoriales, si elles s’avèrent de plus en plus urgentes, ne peuvent être appréhendées dans leur complexité et de manière dynamique et réflexive que dans une recherche assurée d’un horizon long. C’est cette possibilité de réfléchir sur la durée que menace aujourd’hui la LPPR à travers ses modes de financement de la recherche et de recrutement des collègues. La mise en concurrence fragilise aussi les approches pluridisciplinaires et interdisciplinaires en renforçant la segmentation de la recherche.

Pour ne pas pénaliser ses contributeurs.trices, notamment les jeunes doctorants, la revue poursuivra ses publications, tout en laissant chacun.e libre de participer par ailleurs à toute forme de contribution au mouvement social en cours pour défendre la recherche et l’enseignement supérieur.

DIASPORAS – CIRCULATIONS, MIGRATIONS, HISTOIRE

DIX-HUITIEME SIECLE

Dix-Huitième Siècle, revue pluridisciplinaire consacrée à l’étude de ce siècle dans toutes ses dimensions, se déclare unanimement en lutte contre les projets actuels qui portent atteinte, via la LPPR, au statut des chercheurs, chercheuses, enseignants-chercheurs et enseignantes-chercheuses, à leurs conditions de travail, qui met en péril l’avenir de la recherche et de l’université publiques par la précarisation et l’exacerbation de la compétition. Elle demande qu’aucune réforme ne se fasse sans concertation avec les parties concernées. Elle s’engagera dans la lutte collective avec ses moyens, dans la continuité de la position d’opposition du Conseil d’Administration de la Société Française d’Études du 18e Siècle, et appelle les dix-huitiémistes à prendre position dans le mouvement actuel.

DIX-SEPTIEME SIECLE

Motion du comité de rédaction de la revue XVIIe siècle – 12 février 2020

Avec l’appui du CA de la Société d’Étude du XVIIe siècle.

Foncièrement attaché à ses missions d’animation de la recherche et de publication des acquis de cette dernière, le comité de rédaction de la revue interdisciplinaire XVIIe siècle exprime sa vive inquiétude à l’égard des projets gouvernementaux en cours.

Ces derniers (LPPR, réforme du Master MEEF, réforme des retraites) menacent fondamentalement l’existence d’une vie intellectuelle autonome, innovante et pluraliste.

Le comité de rédaction s’associe aux mouvements et actions contestant ces projets qui stérilisent à court terme et en profondeur la création, la diffusion et la transmission des savoirs.

Il considère qu’en fragilisant notamment le statut et les conditions de travail des personnels qui assument ces missions, les réformes en cours entrent en contradiction avec toute ambition scientifique réelle.

Sur ces questions, le comité de rédaction appelle enfin les responsables politiques à prendre la mesure de l’urgence d’un réel dialogue avec la communauté des actrices et acteurs directs de la recherche en France.

DROIT ET SOCIETE

La revue se déclare « en lutte » et un Edito explicitant son engagement est disponible sur son site : https://ds.hypotheses.org/7175

Texte de l’Edito :

Le mois de janvier 2020 s’est ouvert par une montée en puissance des réflexions et inquiétudes relatives à l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur en France, de nos activités et des conditions dans lesquelles nous allons être amenés à les exercer, notamment dans le sillage du projet de loi de programmation pluriannuelle de recherche, en préparation depuis 2019. Trois groupes de travail ont remis leurs rapports, en septembre dernier à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR). Ils portent respectivement sur le financement de la recherche, l’attractivité des emplois et des carrières scientifiques et la recherche partenariale et l’innovation. Les propositions avancées consacrent le mouvement déjà amorcé depuis plus de 10 ans dans l’ESR. En dépit des discours lénifiants et, disons-le, tellement biaisés qu’ils en sont devenus clairement mensongers, le constat s’impose d’une baisse de l’investissement public, du développement d’une recherche financée par contrat, de la multiplication des évaluations quantitatives, d’une précarisation de l’emploi par le recours croissant aux contractuel.les. Mieux encore, s’est mis en place dans l’enseignement supérieur et la recherche en France un système à deux vitesses qui ne dit pas son nom, que les gouvernements successifs accompagnent à bas bruit mais que chacun peut observer et que la réforme à venir rendra parfaitement évident – de sorte qu’il n’y aura plus qu’à en tirer les conséquences : quelques établissements prestigieux, parfois déjà financés à part plus ou moins égales par le public et le privé, seront reconnus comme dignes de faire de la recherche à côté de quelques enseignements quand d’autres seront faute de moyens, réduits à ne faire que de l’enseignement. En sorte qu’il deviendra impossible de parler de « la » communauté des enseignants-chercheurs… Mais certains discours sont plus décomplexés : ainsi de l’actuel Président du CNRS également coprésident d’un des groupes de travail qui a préparé le projet de loi LPPR lequel a récemment indiqué qu’« il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale » (Les Échos, 26 novembre 2019). On ne saurait être plus clair !

Ainsi, parmi les propositions figurent:  l’accentuation de la mise en compétition des laboratoires et des universités pour l’obtention de crédits de recherche ; le renforcement d’une recherche financée par projets reposant notamment sur des liens entre recherche et industrie, aux dépends d’une recherche plus fondamentale ; la fin de la référence aux 192 HETD pour les enseignant.es-chercheur.es ; la fin de la qualification ; la modulation des services sans consentement de l’intéressé.e ; la modulation du salaire en fonction des performances, etc. Nos lecteurs trouveront une analyse détaillée et recontextualisée de ces différentes propositions, réalisée par le collectif Sauvons l’Université !

Dans ce contexte, de nombreuses mobilisations fleurissent dans les universités, les laboratoires mais aussi, et de façon inédite, les revues scientifiques. Nombre d’entre elles se sont mobilisées, les unes se sont déclarées « en grève », les autres « en lutte ». Plusieurs, ont évoqué l’idée de suspendre la publication d’un ou plusieurs numéros. En ce qui concerne Droit et Société, nous n’y sommes pas favorables en raison des effets provoqués sur toute la chaîne éditoriale, au-delà du seul Comité éditorial.

Après consultation des membres de son Comité éditorial et avec leur soutien, l’équipe de la Rédaction en chef – qui comprend les deux co-rédacteurs/trices en chef ainsi que la secrétaire de rédaction et la responsable du site web a décidé d’entreprendre un certain nombre d’actions qu’elle souhaite expliciter ici.

La première consiste à déclarer la revue Droit et société « en lutte » contre les réformes en cours qui contribuent à la dégradation de la recherche, et de le manifester par l’ajout d’un bandeau sur notre site web. Sur le blog Droit et société, mais aussi via nos comptes Twitter et Facebook, nous relayerons les informations et opérations déjà menées par d’autres revues, afin de leur donner plus d’écho encore. Ainsi du dossier spécial, passionnant, sur « La recherche est un bien commun » proposé par La vie des idées (à partir de textes publiés en en 2008 et 2009 et toujours pertinents).

Outre la publication de cet Édito qui sera également intégré dans le prochain numéro papier de la revue, nous allons solliciter pour le blog mais aussi pour la revue des billets et articles de collègues spécialistes des politiques de la recherche afin de contribuer à animer la réflexion sur les réformes en cours. Vous pouvez d’ores et déjà trouver ici en accès libre l’article d’Annie Vinokur et Corine Eyraud, “Le ‘Higher Education and Research Act 2017’ : acte de décès du service public de l’enseignement supérieur en Angleterre ?” paru dans le n°98 de Droit et Société et qui permet de comprendre ce qui se joue de l’autre côté de la Manche.

Pour le dire d’un mot ou d’une formule, ce projet de réforme et la revue Droit et Société n’ont pas les mêmes valeurs. Là où dominent les idées de mise en concurrence, de rétribution de l’excellence, d’amélioration des performances des individus afin d’accroître celle du groupe – autant de médailles dont il est à peine nécessaire de souligner le revers comme leurs effets pervers –, la revue persiste à défendre la vertu des échanges intellectuels et scientifiques à travers une communauté à la fois savante et humaine, l’interdisciplinarité dans le respect des différences (laquelle suppose temps et confiance) et à penser que l’enrichissement des connaissances et de l’esprit critique nécessitent de créer des collectivités fondées sur le partage et la liberté individuelle. Sans doute ces valeurs seraient-elles également revendiquées par les promoteurs du projet actuel. Mais ce serait manquer de tout esprit critique que de laisser penser que les structures institutionnelles qui s’annoncent permettront de faire rayonner de telles valeurs avec la même force, la même énergie et le même enthousiasme dans tous les lieux qui se vivent encore aujourd’hui comme membre d’une même communauté de recherche.

La Rédaction en chef

E-MIGRINTER

Le comité de rédaction de la revue e-migrinter déclare sa solidarité avec les mobilisations en cours contre le projet gouvernemental de réforme des retraites et celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous nous opposons à la destruction de nos services publics et de notre système de protection sociale. Nous dénonçons nos conditions de recherche et de travail, la précarisation accrue et la mise en concurrence généralisée des enseignant·es chercheur·es, aggravées par la LPPR. Nous décidons ainsi de ralentir nos activités éditoriales et encourageons chacun.e à participer aux diverses actions en cours au niveau local et national (université ouvertes, Assemblées Générales, manifestations, etc.).

ESCLAVAGES ET POST~ESCLAVAGES

Texte à venir

L’ESPACE GEOGRAPHIQUE

Le comité de rédaction de l’Espace géographique a décidé le 17 janvier 2020 de rejoindre les revues en lutte tout à la fois contre la réforme des retraites et contre les transformations de l’enseignement supérieur et de la recherche telles qu’augurées par une série de rapports remis en septembre 2019, et dont les effets devraient se faire sentir dans la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).

Nous vivons une période marquée depuis plus d’un an et demi par un ensemble de mobilisations sociales qui tout à la fois trouvent un objectif commun dans la contestation de la réforme des retraites et y articulent en même temps diverses sortes d’agendas. Ces derniers peuvent sembler disparates et assez singuliers mais ils reflètent un malaise croissant de l’ensemble de la société française devant un faisceau de politiques publiques d’inspiration en partie au moins néo-libérale (RGPP entre autres), et visant à réduire l’intervention, notamment financière, de l’État. Elles ont déjà eu d’importantes conséquences socio-économiques et désorganisé nombre de secteurs cruciaux de la vie sociale (médecine publique, justice, éducation, monde artistique, etc.). Les géographes que nous sommes sont en particulier sensibles à la façon dont elles ont contribué à accroître les importantes disparités d’équipement et de dotation qui marquent l’espace français, entraînant parfois l’émergence de nouvelles formes de protestation, ou alors une forme d’aboulie et un profond sentiment de délaissement social et territorial.

Concernant la LPPR à venir — sur laquelle comme sur d’autres réformes l’exécutif joue sur le flou et la méconnaissance —, l’Espace géographique rejoint l’ensemble des revues mobilisées dans la dénonciation de la revendication affichée de « darwinisme », de la soumission à une orthodoxie venue de classements biaisés (tel celui dit « de Shanghai ») et de modèles de « réussite » scientifique porteurs de résultats illusoires. Il rejette l’ensemble des préconisations des rapports préliminaires à la LPPR, dont il ne voit pas la pertinence au regard des diagnostics qui les précèdent, qui pointent au contraire le manque d’attractivité de la recherche française faute de financements suffisants et du fait d’évaluations chronophages trop fréquentes et d’une précarité trop grande. Contre une vision et un traitement individualisés de l’activité de chercheur ou d’universitaire, la revue croit au contraire au rôle du collectif dans les progrès de la science, comme elle croit en la coopération, l’altruisme et la confiance. Plus globalement, elle ne se reconnaît pas dans les politiques de la recherche et de l’enseignement supérieur menées depuis 2004. Elle voit dans l’inégalité organisée une prime offerte aux mieux dotés, aux stratèges, voire aux plagieurs en quête de toujours plus de publications, et un facteur de marginalisation de la recherche fondamentale et des segments les moins visibles du travail de recherche. Comme le montrent nombre de pays européens, ces logiques présentées comme compétitives aboutissent à un affaissement de la qualité des articles, afin de gonfler son volume de publications en tirant le maximum d’articles d’un même travail de recherche. Au lieu de vouloir assujettir la recherche à des impératifs conjoncturels ou à des agendas externes (comme récemment avec la « déradicalisation »), la politique publique aurait à s’enorgueillir de soutenir précisément tout ce qui est à la fois fécond et en dehors d’une exacerbation médiatique ou politique productrice d’autres revenus et d’autres soutiens. Enfin, elle rejette les logiques de précarisation accrue par lesquelles nos dirigeants entendent faire des économies sur le dos du plus grand nombre, sans parler de l’allongement des annuités de service et de l’accroissement du fossé entre des établissements soi-disant d’élite et les autres universités.

L’Espace géographique invite tous les géographes et autres collègues intéressés à soumettre des articles pour un numéro spécial sur les inégalités spatiales du territoire français faisant le point sur les évolutions de ces trente dernières années, notamment sur l’épineuse question du rôle du désengagement de l’État. Elle n’estime pas en revanche devoir organiser une grève des publications qui pénaliserait la diffusion de connaissances géographiques, notamment sur les inégalités spatiales, et les jeunes auteurs précaires qui sont soumis aux règles absurdes de la bibliométrie. Elle préfère organiser un soutien intellectuel, dont ce numéro serait l’une des manifestations.

ESPACES ET SOCIETES

Le comité de rédaction de la revue Espaces et sociétés affirme son rejet du modèle de société comme du modèle d’enseignement supérieur et recherche tels qu’ils sont exprimés par le gouvernement français dans les projets actuels de réforme du système de retraite et dans la préparation de Loi pluriannelle de programmation de la recherche. Ces projets ont en commun de promouvoir le darwinisme social, la compétition de tous contre tous et la loi du plus fort; ils favorisent la précarité et, dans le cas de l’enseignement supérieur et de la recherche, ils découragent la coopération, la solidarité et la prise de risque scientifique. Le comité de rédaction soutient donc les contestations en cours et contribue à des caisses de grèves. Pour faire vivre une arène de dialogue critique et ne pas pénaliser les auteurs, il décide de poursuivre la production des numéros déjà engagés et d’orienter la programmation de la revue pour participer à sa manière à l’éclairage et à la compréhension du mouvement social, dans le monde entier et pas seulement en France, comme il l’a fait dans le passé. Chaque membre du comité de rédaction reste libre de participer par ailleurs à la grève des évaluations et à tout autre mode de contribution au mouvement social. 

ESPRIT CRITIQUE

Esprit critique solidaire et en grève

Esprit critique, revue électronique internationale de sociologie et sciences sociales (ISSN 1705-1045), soutient la mobilisation interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites et contre les réformes prévues pour l’Enseignement supérieur et la recherche.

Tous concernés… et conscients des menaces que portent ces projets, Esprit critique est signataire de la motion de soutien à Open Edition, rejoint Revues-en-lutte et se déclare solidaire et mobilisé pour toute action à venir visant à défendre la recherche et notre autonomie.

ETHNOLOGIE FRANCAISE

Prise de position officielle, motion à venir

ETHNOGRAPHIQUES.ORG

Ethnographiques.org en lutte, disparition d’un numéro

La revue internationale Ethnographiques.org — entièrement animée par des chercheurs et enseignants-chercheurs bénévoles — se mobilise contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

Le comité de direction a décidé de faire paraître sa 38 e livraison (consacrée à l’ Approche anthropologique des changements climatiques et météorologiques , le sommaire est ici ) et de la rendre immédiatement indisponible . Ce geste éditorial, consistant à révéler l’existence de nouvelles connaissances tout en les rendant inaccessibles, symbolise les menaces qui pèsent sur la recherche en sciences humaines et sociales .

Nous encourageons nos lecteurs à se mobiliser pour l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur en France et renvoyons, entre autres, à la tribune signée par plus de 5.000 universitaires et chercheurs (« Nous voulons défendre l’autonomie de la recherche », Le Monde , 21 janvier 2020, p. 31 ; texte intégralement accessible sur rogueesr.fr ), et au texte de François-Xavier Fauvelle, professeur au Collège de France, paru dans Le Monde (24 décembre 2019) et repris sur academia.hypotheses.org .

ETUDES DE COMMUNICATION

Partageant les nombreuses inquiétudes exprimées par la communauté universitaire et scientifique française, le comité de rédaction de la revue Études de communication exprime son opposition au projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche présentée par le gouvernement. Persuadé de la nécessité d’une recherche publique stable, indépendante et de qualité, le comité s’oppose à la perspective d’une destruction du statut des enseignants-chercheurs, à la généralisation de contrats précaires, au renforcement de la concurrence entre laboratoires et établissements d’enseignement supérieur et/ou de recherche, à la suppression des instances collégiales de régulation et, plus généralement, à la mise sous tutelle de l’ensemble de notre communauté aux intérêts financiers et politiques.

ETUDES LINGUISTIQUES ET TEXTUELLES

Le comité éditorial d’Études linguistiques et textuelles se déclare
pleinement mobilisé dans le cadre des mouvements actuels contre la
réforme des retraites et contre le projet de loi de programmation
pluriannuelle de la recherche (LPPR), dont les dispositions rendues
publiques (cf. préconisations des groupes de travail) remettraient
gravement en cause la conception que nous nous faisons de l’Université
et de la recherche. Il s’inquiète tout particulièrement des tendances
que cette loi promet d’aggraver dans un avenir très proche :
précarisation accrue des personnels, dépossession des instances de
décision et d’orientation, mise en concurrence déraisonnée des équipes
et des individus, appuyée sur des modes d’évaluation simplificateurs.
Nous refusons la destruction de nos services publics et de notre système
de protection sociale.
Cette motion est adoptée à la majorité.

EUROPEAN JOURNAL OF TURKISH STUDIES

Suite à son comité de rédaction tenu ce jour, 6 février, l’EJTS (European Journal of Turkish Studies) déclare s’opposer aux projets du gouvernement français relatifs à l’enseignement supérieur et à la recherche ainsi qu’à la réforme des retraites. Il rejoint la mobilisation en cours et soutient les travailleurs et travailleuses du numérique engagées dans le mouvement. Le numéro 29 (2019) sera un numéro blanc avec éditorial commun. Le numéro 30 (2020) sera un « numéro en lutte » où nous publierons, en étroite collaboration et en copublication avec d’autres revues du collectif, des entretiens, témoignages et traductions consacrés aux formes de régulation et aux modes de vie des scientifiques « internationalisé-e-s », en particulier sur les terrains des area studies.

FEUILLES DE GEOGRAPHIE

Le comité de rédaction de la revue Feuilles de Géographie déclare son opposition au projet gouvernemental de réforme des retraites et à celui de l’enseignement supérieur et de la recherche via la Loi Pluriannelle de Programmation de la Recherche (LPPR). Il s’associe ainsi à la mobilisation des revues, universités, laboratoires et autres collectifs de l’ESR contre ces projets de réforme gouvernementaux. Nous appelons à soutenir les mobilisations, à y participer, à soutenir les caisses de grève. Le comité décide de mettre en place des activités éditoriales alternatives permettant la mise à disposition de contenu réflexif pédagogique en lien avec les mouvements sociaux actuels et souhaite participer à des actions communes avec les autres revues scientifiques mobilisées.

L’équipe éditoriale des Feuilles de Géographie.

FILIGRANE

La revue Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société (https://revues.mshparisnord.fr/filigrane), à la suite de plusieurs autres revues françaises, s’oppose à la réforme des retraites et à la LPPR (loi de programmation pluriannuelle de la recherche) et participe au mouvement social qui les conteste fermement, en s’associant à la mobilisation des universités, laboratoires et revues en lutte contre la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Afin de soutenir cette mobilisation, la revue suspend ses activités d’évaluation d’articles et de propositions de numéros. Elle encourage ses lecteurs, lectrices, contributrices et contributeurs à soutenir et participer à toutes les actions locales et manifestations nationales, à participer aux assemblées générales interprofessionnelles et celles du mouvement des « Facs et labos en lutte », à contribuer aux caisses de grève, pour intensifier et élargir la mobilisation, à travailler avec les camarades des autres revues en vue d’interventions communes.

FLUX- CAHIERS SCIENTIFIQUES INTERNATIONAUX RESEAUX ET TERRITOIRES

À l’instar de nombreuses revues consoeurs, le comité de rédaction de la revue Flux dénonce les objectifs du projet de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Cette réforme, comme celle des retraites, participent d’un même processus d’individualisation et de mise en concurrence des individus, collectifs et instances, et sapent toujours davantage le service public de la recherche grâce auquel les revues académiques peuvent pleinement jouer leur rôle de diffusion et de valorisation des connaissance scientifiques. 
La LPPR, qui vise notamment au renforcement de la concurrence entre structures de recherche et à l’accroissement de la précarité de tous les personnels, met en péril les conditions d’exercice déjà dégradées d’une recherche indépendante et de qualité. Nous revendiquons pour tou.te.s les chercheur.se.s actuel.le.s et à venir des conditions dignes de productions libres de connaissances et sommes solidaires des revendications visant la préservation d’une retraite par répartition, un des piliers du modèle social français. 
Pour ne pas pénaliser les auteur.rice.s, en particulier les plus précaires, nous décidons de poursuivre nos travaux de comité de rédaction (évaluation, suivi des numéros, …) sachant que chaque membre du comité reste libre de participer par ailleurs à la grève des évaluations et à tout autre mode de contribution au mouvement social. Nous souhaitons donc participer à rendre visible l’excellente production scientifique de ces chercheur.se.s, pour lesquel.le.s nous espérons un avenir qui ne soit pas celui de la précarité.   
Comme de nombreuses autres revues scientifiques, ainsi qu’OpenEdition, et de nombreuses structures de recherche et d’enseignement, la revue Flux se déclare donc en lutte.

FORMATION EMPLOI

Communiqué du comité de rédaction de la revue Formation Emploi

Suite à l’initiative prise par Genèses. Histoire et sciences sociales, puis d’autres revues, le comité de rédaction de Formation Emploi, revue de sciences sociales a décidé à la majorité d’interrompre ses activités éditoriales d’expertise d’articles et de préparation de numéros. Nous entendons par là participer à la lutte contre le projet de loi de réforme des retraites qui, comme celle du chômage, va toucher de plein fouet le monde universitaire, en particulier les plus précaires.

Nous entendons aussi et surtout dénoncer la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), dont les conditions d’élaboration restent opaques, et dont les documents préparatoires prouvent qu’elle va encore fragiliser les conditions de production des savoirs et de transmission des connaissances, en dépit de constats clairs sur les besoins.

Notre comité de rédaction, attentif aux conditions de travail des sciences humaines et sociales juge insupportables les situations de sous-emploi ou d’emplois précaires dans lesquels se trouvent de nombreux-ses jeunes collègues, en raison de la réduction drastique des emplois pérennes à l’Université et dans les établissements de recherche.

En soutien et en participation aux luttes en cours, le comité de rédaction de Formation Emploi invite à débattre de ces réformes en cours et à participer aux diverses mobilisations proposées. Lorsqu’il reprendra ses activités, il étudiera la possibilité de publier un numéro spécial ou des articles consacrés à ces thématiques.

Marseille, le 28 janvier 2020

GENESES. SCIENCES SOCIALES ET HISTOIRE

Genèses est en grève

 Le 6 janvier 2020, le mouvement social en France entame son 33e jour de grève. Contrairement à ce que veut faire croire le gouvernement, ce mouvement ne concerne pas la seule conservation de régimes spéciaux ou de privilèges corporatistes spécifiques. Il s’agit de défendre non seulement un système de protection sociale, mais aussi des valeurs telles que la solidarité, l’idée de service public, l’indépendance de la recherche (et, au-delà, la possibilité de décrire rationnellement le monde), face à la lente destruction des conditions de production du savoir et à sa marchandisation qui menace l’accès de tou.tes aux connaissances.

En soutien et en participation aux luttes en cours, le comité de rédaction de Genèses a décidé de se mettre en grève : à partir de maintenant et jusqu’à nouvel ordre, le comité n’examinera aucun article et aucune proposition de dossier. Le numéro prévu pour le début de l’année est ainsi reporté sine die et sera remplacé par un numéro spécial « En grève ».

Les membres du comité s’engagent à contribuer aux caisses de grève indiquées ci-après (parmi d’autres) et appellent les lectrices et lecteurs à en faire autant.

https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere

https://www.lepotsolidaire.fr/pot/shwk4fae

Solidairement

Le comité de rédaction de Genèses

GENRE ET HISTOIRE

« Le comité de rédaction de la revue Genre & Histoire a décidé de se mettre en grève à compter du 15 janvier 2020 pour exprimer son soutien au mouvement contre la réforme des retraites, particulièrement préjudiciable aux femmes, mais également aux enseignant.es de tous les niveaux,  aux chercheur·es, à tous les agents de la fonction publique et à tous les jeunes que les enseignant·es-chercheur·es forment à la vie professionnelle. 

Ce comité souhaite également manifester son opposition à la loi pluriannuelle de programmation de la recherche, dont les documents préparatoires font craindre qu’elle ne précarise encore plus les jeunes chercheur·es et rende plus difficiles les différentes formes de valorisation de la recherche auxquelles les revues électroniques participent. 

Les membres du comité cessent donc leurs activités éditoriales jusqu’à nouvel ordre et se joignent aux autres revues en grève pour organiser des actions collectives contre la destruction programmée de nos services publics et de notre système de protection sociale. Elles et ils invitent auteur·rices et lecteur·rices à se joindre au mouvement. »

Pour le comité de rédaction de Genre&histoire

Marianne Thivend et Dominique Picco

GENRE, SEXUALITE ET SOCIETE

À la suite d’autres revues, le comité de rédaction de Genre, sexualité & société a décidé de se mettre en grève à compter du 9 janvier afin de soutenir les luttes en cours contre la réforme des retraites et la loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR). À partir de maintenant et jusqu’à nouvel ordre, le comité n’examinera aucun article et aucune proposition de dossier.

Cette décision permettra aux membres du comité de rédaction, ainsi qu’aux différentes personnes collaborant avec la revue, de participer pleinement à ce mouvement. En effet, que ce soit la réforme des retraites, ou la LPPR, ainsi que de nombreuses réformes prévues ou réalisées, ces projets participent à la destruction d’une université et d’une recherche publique et ouverte, et accentuent les inégalités déjà fortes au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Nous appelons celles et ceux qui le peuvent à rejoindre le mouvement et à participer aux caisses de grève.

Solidairement
Le comité de rédaction de GSS.

GEOCARREFOUR

Le comité de rédaction de la revue Géocarrefour dénonce les objectifs du projet de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) et s’associe à la contestation visant la réforme des retraites engagée par le gouvernement. Les deux reformes participent d’un même processus d’individualisation et de mise en concurrence des individus, collectifs et instances. 

La LPPR qui vise notamment au renforcement de la concurrence entre structures de recherche et à l’accroissement de la précarité de tous les personnels, met en péril les conditions d’exercice déjà dégradées d’une recherche indépendante et de qualité. Nous revendiquons pour tou.te.s les chercheur.se.s actuel.le.s et à venir des conditions dignes de productions libres de connaissances et sommes solidaires des revendications visant la préservation d’une retraite par répartition, un des piliers du modèle social français. 

Pour ne pas pénaliser les auteur.rice.s, en particulier les plus précaires, nous décidons de poursuivre nos travaux de comité de rédaction (évaluation, suivi des numéros, …) sachant que chaque membre du comité reste libre de participer par ailleurs à la grève des évaluations et à tout autre mode de contribution au mouvement social. Comme de nombreuses autres revues scientifiques et OpenEdition, de structures de recherche et d’enseignement, la revue Géocarrefour se déclare donc en lutte.

GEOGRAPHIE ET CULTURES

GÉOGRAPHIE, ECONOMIE ET SOCIÉTÉ

Le comité de rédaction de Géographie, Economie et Société dénonce les dispositions annoncées de la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui font peser de graves menaces sur le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Les membres du comité de rédaction se déclarent pleinement solidaires avec les mobilisations actuelles et décident de rejoindre le mouvement de protestation engagé par plusieurs revues.

Le comité de rédaction encourage ses lecteurs, lectrices, contributrices et contributeurs à se mobiliser pour défendre le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il s’associe à toutes les formes de mobilisation actuelles, qu’elles prennent place au sein des universités, des unités de recherche, des équipes d’accueil, des laboratoires ou dans la rue.

GLAD

GLAD! REVUE SUR LE LANGAGE, LE GENRE, LES SEXUALITÉS

DÉBRAYE À SON TOUR, ET ENTRE DANS LE MOUVEMENT DE GRÈVE DES REVUES.

Partie prenante de la mobilisation historique en cours et solidaires de nos camarades des divers secteurs en lutte contre la réforme des retraites en France, nous sommes en grève et cessons nos activités en lien avec la production universitaire jusqu’au retrait de cette réforme. Nous nous opposons à la destruction de nos services publics et de notre système de protection sociale. Nous dénonçons nos conditions de recherche et de travail, la précarisation accrue et la mise en concurrence généralisée des enseignant·es chercheur·es, aggravées par la LPPR. 

Nous invitons les auteurices, les différent·es contributeurices et lecteurices de la revue à participer à la mobilisation en cours, notamment en se mettant en grève, en se rendant aux AG et aux manifestations, en contribuant aux caisses de grève, et en s’engageant dans les diverses actions contre les réformes en cours. 

Une revue en grève dégage du temps pour ses différent·es participant·es : la suspension des activités de recherche est un excellent outil pour permettre aux travailleureuses de l’ESR de libérer du temps pour s’engager et militer contre le sabotage des retraites ou contre la LPPR sur leurs lieux de travail et en allant soutenir les autres secteurs en lutte. Faire grève des activités de recherche, c’est en premier lieu suspendre la lecture productive, l’évaluation, l’écriture d’articles mais aussi l’animation de la recherche (suspension des séminaires, fermeture d’openedition, report des publications, etc.).

Une revue en grève permet d’enrayer la publication, un des systèmes de production central de l’université et l’outil principal d’évaluation des carrières, base de l’attribution et de la répartition des salaires et des moyens ; cesser la publication est donc un levier de lutte pour enrayer la production.

Une revue en grève nous permet de nous poser la question de notre rapport au travail, de réfléchir à nos formes de luttes et à l’impact de nos mobilisations dans un contexte où la frontière entre le travail et le non-travail peut être estompée et où l’université tourne en partie grâce à du travail gratuit réalisé par des personnels précaires et mis en concurrence. 

Nous appelons à une réflexion collective pour inventer des stratégies de publication dans le cadre de la mobilisation qui permettent de (re)penser la question de la production scientifique et du travail éditorial (par exemple, par une stratégie d’anonymisation des publications qui permette d’enrayer l’individualisation et la valeur marchande de nos savoirs). 

Pour réfléchir collectivement à tout cela, et construire ensemble nos outils de lutte, nous viendrons à l’AG des revues organisée vendredi 17 janvier, 13h, à l’EHESS et nous gardons notre boite mail ouverte pour des échanges autour du mouvement et des stratégies de lutte depuis l’édition scientifique (revue.glad@gmail.com).

Vive la grève, vive la lutte et que s’amplifie la mobilisation dans l’enseignement supérieur et la recherche et au-delà ! 

Le comité de rédaction

GOUVERNEMENT ET ACTION PUBLIQUE

La revue Gouvernement et Action Publique s’oppose au projet de réforme des retraites et aux réformes annoncées pour l’Enseignement supérieur et la recherche. Allongement du temps d’enseignement des universitaires, précarisation des statuts d’emploi, restriction des droits à retraite, suppression d’observatoires et d’instituts : ces réformes mettent en péril notre capacité individuelle et collective à produire et diffuser des savoirs autonomes, informés et pertinents. Revue centrée sur les transformations de l’État et l’action publique, GAP rejoint le mouvement des revues mobilisées, et entend contribuer à l’analyse critique et plurielle sur ces réformes.

Le comité de rédaction de Gouvernement et action publique

HISTOIRE, MÉDECINE ET SANTE

Texte à venir

HISTOIRE DE L’EDUCATION

Le comité de rédaction de la revue Histoire de l’éducation dénonce les orientations de la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Il exprime sa solidarité avec les personnels d’OpenEdition, et considère comme légitime l’usage de leur outil de travail numérique dans l’exercice de leur droit de grève. Il tient enfin à rappeler les éléments suivants :

–         L’exacerbation de la mise en concurrence des chercheurs à temps plein et enseignants-chercheurs détériore le climat de travail, au détriment du bien-être des individus, de la qualité des recherches et de l’investissement parallèle dans l’enseignement.

–        La multiplication des contrats précaires en début de carrière interdit aux jeunes chercheurs de s’engager dans des projets ambitieux sur la durée et déstabilise leur vie personnelle. Des créations d’emplois pérennes seraient plus adaptées aux besoins de la recherche comme à ceux d’un enseignement supérieur en expansion.

–        La priorité donnée aux critères quantitatifs dans l’évaluation de la production scientifique a de nombreux effets pervers. Elle accroît la place des non-spécialistes des domaines d’étude concernés dans les procédures d’évaluation. Elle entraîne les chercheurs dans une course aux publications qui démultiplie les tâches d’expertise et d’édition, et appauvrit, dans le même temps, la qualité et la densité des travaux publiés.

–  Seule une évaluation par les pairs, et par des instances ayant une connaissance fine des différents champs de recherche concernés, permet de porter des jugements sur l’intérêt et l’importance des diverses productions et contributions.

–        Le développement de la gestion de la recherche par projet, sans accompagnement adéquat, alourdit considérablement le poids des tâches administratives (recherche de financement, reddition de comptes) qui détournent le chercheur du cœur de son activité : la production et la transmission des savoirs.

Pour ne pas pénaliser les auteurs, la revue poursuivra ses travaux pendant la mobilisation.
Cette motion a été adoptée par le comité de rédaction de la revue Histoire de l’éducation le 2 mars 2020.

L’HOMME

Disponible ci-dessous : « À soumettre dans une nouvelle version », éditorial de la revue L’Homme (233, janvier-mars 2020)

L’HOMME ET LA SOCIÉTÉ

La revue L’homme et la Société se joint au mouvement de  protestation en cours contre le projet de réforme des retraites et contre les réformes prévues pour l’Enseignement supérieur et la recherche. La revue dénonce la remise en cause de notre système de protection sociale, la destruction de l’ensemble de nos services publics, la marchandisation de la connaissance et la précarisation des producteurs et productrices de savoir. Nous nous engageons et appelons à soutenir toutes les actions locales et manifestations nationales, à participer aux assemblées générales interprofessionnelles et  à celles du mouvement des « Facs et labos en lutte », à contribuer aux caisses de grève, pour intensifier et élargir la mobilisation, à travailler avec les camarades des autres revues (GenèsesSociétés contemporainesActes de la recherche en sciences sociales, Journal des Anthropologues, etc.)  en vue d’interventions communes.

IMAGES RE-VUES

Images re-vues est une revue électronique coordonnée par des bénévoles, chercheuses et chercheurs précaires et en poste, étudiantes et étudian ts contractuels, luttant contre la précarité. Son activité scientifique n’est possible que grâce au soutien des laboratoires de recherche et de l’enseignement supérieur.

La loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) met en péril la recherche et l’enseignement supérieur tels qu’ils sont pratiqués en France, et est susceptible de précariser encore davantage la recherche en sciences humaines, suscitant la concurrence plutôt que la coopération scientifique qui est le cœur de notre mission. Nous nous opposons aux logiques managériales de performance qui menacent nos métiers.

Dans la continuité des mobilisations liées à la réforme des retraites, la mobilisation actuelle est une occasion d’unir les combats des différentes revues scientifiques et de donner une visibilité à la fragilité de la situation du personnel de la recherche, BIATSS, ITA, enseignant·es-chercheu·ses·rs. Nous sommes solidaires des salarié·es d’OpenEdition dont notre revue bénéficie du travail et du savoir-faire. Afin que le mouvement se poursuive et s’intensifie dans les jours à venir, nous nous unissons au mouvement des revues en lutte, nous appelons à participer aux assemblées générales, à soutenir et à s’engager dans les actions et manifestations locales et nationales ainsi qu’à contribuer aux caisses de grèves.

La rédaction d’ Images Re-vues.

¿INTERROGATIONS?

La revue ¿Interrogations ? soutient les contestations en cours et la mobilisation de la communauté scientifique face à la LPRR. Pour maintenir un espace ouvert de débat intellectuel et scientifique et valoriser le travail des chercheurs, notamment les précaires, le comité de rédaction poursuit son travail éditorial.

JOURNAL DE LA SOCIETE DES AMERICANISTES

Opposé à la réforme des retraites et à la loi française de programmation pluriannuelle de la recherche par solidarité avec tou.te.s les travailleur.se.s en lutte, Journal de la société des américanistes rejoint la mobilisation en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche, ainsi que l’appel des travailleuses et travailleurs du numérique.

LE JOURNAL DES AFRICANISTES

Le comité de rédaction du Journal des africanistes manifeste son profond désaccord avec la réforme des retraites et le projet de loi de programmation pluri-annuelle de la recherche (LPPR) qui témoigne d’une méconnaissance évidente des enjeux de la recherche publique.

Aussi, le comité soutient avec ferveur les différentes protestations des collègues, laboratoires, revues, institutions, etc, et s’y associe. http://africanistes.org/societe-africanistes/journal-africanistes-desaccord-loi-de-programmation-pluri-annuelle-de-recherche-reforme-retraites

JOURNAL DES ANTHROPOLOGUES

Le Journal des anthropologues se joint au mouvement de  protestation en cours contre le projet de réforme des retraites et contre les réformes prévues pour l’Enseignement supérieur et la recherche. Le journal dénonce la remise en cause de notre système de protection sociale, la destruction de l’ensemble de nos services publics, la marchandisation de la connaissance et la précarisation des producteurs et productrices de savoir. Nous nous engageons et appelons à soutenir toutes les actions locales et manifestations nationales, à participer aux assemblées générales interprofessionnelles et  à celles du mouvement des « Facs et labos en lutte », à débattre de la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche, à contribuer aux caisses de grève, pour intensifier et élargir la mobilisation, à travailler avec les camarades des autres revues (GenèsesSociétés contemporainesActes de la recherche en sciences sociales, Nouvelle revue du travail… etc.)  en vue d’interventions communes.

JUSTICE SPATIALE – SPATIAL JUSTICE

La revue JSSJ se déclare « en grève ». Pour en comprendre les raisons, nous invitons nos lectrices et lecteurs à lire et à soutenir les travailleuses et travailleurs qui contribuent à la faire vivre quotidiennement.

JSSJ is on strike. To understand why, we invite our readers to acknowledge and support the protests of the workers who daily make it thrive. You have to wait a bit for the translation though… we’re struggling!

LABORATOIRE ITALIEN. POLITIQUE ET SOCIETE

Appel du comité de rédaction de Laboratoire italien en lutte

Le comité de rédaction de la revue Laboratoire italien. Politique et société s’oppose aux « réformes » actuelles qui concourent à détruire l’ensemble du système de protection sociale et des services publics en France. Outre la « réforme » des retraites, il dénonce en particulier les logiques à l’oeuvre dans le projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) tel qu’elles apparaissent dans les trois rapports préparatoires rendus publics en novembre dernier. Rappelons que le président du CNRS a revendiqué le caractère « darwinien et inégalitaire » de ce projet de loi. 

Le comité de rédaction juge également indignes les situations d’emplois précaires dans lesquelles se trouvent de nombreux collègues, en raison de la réduction drastique des emplois pérennes dans l’enseignement supérieur et la recherche, aussi bien s’agissant des fonctions d’enseignement et de recherche que des fonctions d’administration et d’accompagnement, notamment dans le domaine de l’édition et des revues scientifiques. Il s’élève contre les logiques managériales qui, au nom de l’évaluation des carrières, dénaturent la fonction des revues scientifiques – qui est de produire et diffuser une recherche de qualité fondée sur la coopération, l’échange et la mise en commun des résultats de la recherche.

Le comité de rédaction de la revue Laboratoire italien s’associe donc à la mobilisation des universités, laboratoires et revues en lutte contre la destruction du régime général des retraites et du service public de l’enseignement et de la recherche. Il invite ses lecteurs et ses auteurs à s’informer et à participer aux actions collectives initiées ou relayées sur les sites de SLU (http://www.sauvonsluniversite.com/)  ou de RogueESR (http://rogueesr.fr/).  Il appelle également à participer à la solidarité financière grâce aux caisses de grève, par exemple sur le site https://www.lepotsolidaire.fr/pot/solidarite-financiere

LANGAGE ET SOCIETE

La revue Langage et Société se met à partir d’aujourd’hui en grève. Elle se déclare solidaire du mouvement social qui se bat contre la réforme des retraites, la LPPR (Loi de programmation pluriannuelle de la recherche) et qui vise à détruire les acquis sociaux et un modèle de société issu du modèle imaginé par le Conseil National de la Résistance.

Nous nous opposons fermement à la destruction de notre système de protection sociale, à une vision néolibérale de la société et des savoirs, et à l’augmentation du nombre de personnes précarisées que de telles réformes inévitablement engendreront. 

Dans ce cadre, nous vous invitons à participer massivement aux manifestations, à prendre part aux AG interprofessionnelles, à rejoindre les piquets de grève et à alimenter les caisses de solidarité financière pour intensifier et élargir la mobilisation :

https://www.revolutionpermanente.fr/Vous-soutenez-massivement-la-greve-versez-aux-caisses-de-greve-pour-nous-faire-gagner-toutes-et?fbclid=IwAR09LPXD6cLBlwoizDoGAD0hRSX4al0w0HiHDtmLK9rG3kt_qmz69eCZg

Les membres du comité rejoignent le mouvement social en cours et se joignent aux autres revues en grève pour organiser des actions de résistance collectives. 

Le comité de rédaction de Langage et Société

LECTURES

La revue Lectures (https://journals.openedition.org/lectures/) est  en grève.

La revue Lectures, comme de nombreuses autres revues scientifiques, s’associe aux mouvements actuels de lutte contre la réforme des retraites et contre les réformes annoncées pour l’enseignement supérieur et la recherche. La revue Lectures s’oppose notamment à toute tentative d’alourdir les charges pesant déjà sur les chercheurs·ses et enseignant·e·s-chercheurs·ses, à toute politique visant à restreindre le système d’évaluation par les pairs pour lui substituer un pilotage non-scientifique et managérial, à toute mesure visant à précariser davantage les enseignant·e·s et chercheurs·ses non titulaires, à tout développement des systèmes de vacations, à tout renforcement de la logique de la conduite de la recherche par des systèmes d’appel à projets, à toute accentuation des formes de compétitions (entre candidat·e·s, entre laboratoires, entre universités, entre disciplines), à toute dégradation de travail des personnels de gestion et d’administration, à toute intervention d’opérateurs privés dans la politique scientifique et la politique de formation des services publics de l’enseignement supérieur et de la recherche. 

La revue Lectures réaffirme avec la plus grande force son attachement au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, à la défense d’un système d’enseignement supérieur public et ouvert à tou·te·s, et appelle fermement de ses vœux un réel investissement financier public dans la recherche. 

Nous affirmons également notre soutien aux mouvements demandant le retrait du projet de réforme des retraites et aux diverses mobilisations contre les politiques de dégradations des services publics (hôpital, justice, enseignement, transport…). Et nous nous inquiétons de la dégradation des formes de vie démocratique et du développement d’une politique du maintien de l’ordre de plus en plus répressive.

Pour toutes ces raisons, et après concertation nous avons décidé, à partir de ce jour, de ne plus publier de nouveaux comptes rendus sur le site de Lectures. Nous continuerons de mettre en ligne les publications reçues, de répondre aux propositions de comptes rendus et de réviser ceux qui nous seront soumis. Mais nous en suspendons la publication dans la revue jusqu’à nouvel ordre, et nous appelons nos lectrices et nos lecteurs à s’opposer par tous les moyens qu’ils pensent justes et appropriés, au projet de réforme des retraites et au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche. 

Les membres du comité de rédaction et les membres de l’équipe de rédaction de Lectures

Lyon, le lundi 3 février 2020.

LECTURES ANTHROPOLOGIQUES

Lectures Anthropologiques en lutte !

 Lectures Anthropologiques s’associe aux revues académiques en lutte. Nous partageons les protestations contre les réformes prévues pour l’Enseignement supérieur et la recherche, qui instaurent le « darwinisme social » comme modèle, contre les injonctions à la « compétitivité » scientifique, synonymes de réduction des budgets, de marchandisation du savoir, de destruction des moyens de production de ce même savoir, de mise en danger de l’indépendance de la recherche, et in fine de détérioration des conditions d’apprentissage des étudiants. Plus généralement, nous dénonçons le projet de réforme des retraites, le système de précarisation et de destruction des services publics et des droits sociaux, et nous appelons à rejoindre, soutenir et amplifier les mouvements interprofessionnels de mobilisation sociale en cours.

LIEN SOCIAL ET POLITIQUES

La revue Lien social et Politiques rejoint les revues mobilisées contre la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, la réforme des retraites et la casse des services publics (dont le service public d’enseignement supérieur et de recherche).

Elle se déclare en lutte et solidaire des mobilisations initiées par le collectif Revues en lutte.

LUSOTOPIE

La revue Lusotopie s’engage aux côtés des autres revues de sciences humaines et sociales pour une contestation massive et unilatérale des projets de loi sur la réforme des retraites et de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Une recherche publique, égalitaire, pérenne, ouverte et sans inféodation, en France comme à l’étranger, constitue le socle indiscutable et nécessaire à l’avancée de nos sciences et de leur place dans les sociétés démocratiques.  

Le conseil de redaction

METIS. ANTHROPOLOGIE DES MONDES GRECS ANCIENS

Le comité de Mètis juge indignes les situations d’emplois précaires des jeunes collègues, résultat de la réduction drastique des emplois pérennes à l’Université et dans les établissements de recherche. Il est très inquiet devant la précarisation des emplois du personnel de l’administration de la recherche indispensables au fonctionnement et à la diffusion de nos disciplines. Il manifeste son opposition face aux réformes du secondaire qui auront pour effet de détruire un enseignement de qualité pour tous. Il s’élève contre les logiques managériales de performance qui menacent nos métiers et qui assignent aux revues un rôle pernicieux d’évaluation des carrières, au dépens de l’intérêt d’une diffusion scientifique des résultats de la recherche.

Solidaire du mouvement de protestation général émanant des revues, le comité de Mètis s’élève contre la destruction de l’ensemble des services publics dont celui de recherche et d’enseignement supérieur, sur lequel les annonces contenues dans les rapports préparatoires à la LPPR font peser des risques graves. Il souhaite affirmer la nécessité du temps long dans l’élaboration du travail scientifique, notamment dans le domaine des sciences humaines et sociales, et le rôle du collectif dans la production et la circulation des idées. Il affirme la nécessité d’une université et d’une recherche publiques et ouvertes.

Le comité de rédaction de la collection Mètis se déclare également solidaire de l’action des personnels d’OpenEdition du 17 décembre 2019 et de l’ensemble des revues mobilisées.

METROPOLES

« La revue Métropolesse joint à la grève contre la réforme des retraites et la LPPR.

Une nouvelle fois depuis l’installation du gouvernement il y a bientôt trois ans, le pays exprime la plus grande inquiétude quant à l’organisation de notre solidarité nationale, et son refus d’un système produisant des inégalités croissantes. L’an passé déjà le mouvement des gilets jaunes, qui se poursuit, avait affirmé l’exigence d’une plus grande justice sociale et environnementale, et d’un renouvellement de la démocratie. Au-delà de cet attachement à la solidarité nationale, le mouvement en cours contre la réforme des retraites exprime aussi une volonté de la population de participation à la vie politique du pays, à la défense de son système de protection sociale qui en fournit le socle. La rédaction de la revue Métropoles, revue d’études urbaines dédiée à une lecture critique des phénomènes sociaux et des politiques publiques liées aux territoires, rejoint les mobilisations pour le retrait de la contre-réforme des retraites. Elle rejoint aussi les mobilisations en cours contre les contre-réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche (LPPR). Elle dénonce la répression policière du mouvement social. Aux côtés de nombreuses autres revues, d’OpenEdition, de collectifs de recherche de plus en plus nombreux, la revue Métropolesse déclare en grève. » 

Modalités de grève : suspension de l’examen des nouveaux articles et propositions de dossier ; suspension de l’AAC contester la Métropole ; suspension des réunions du comité de rédaction 

MONDE COMMUN : DES ANTHROPOLOGUES DANS LA CITE

« Défendre la société, reconstruire le commun ! » (Monde commun)

Motion de l’Assemblée générale annuelle du Conseil de rédaction de la revue Monde commun : des anthropologues dans la cité https://mondecommun.hypotheses.org/

L’AG du Conseil de rédaction de la revue Monde commun : des anthropologues dans la cité  réunie le 22 janvier 2020 a décidé de rejoindre la lutte contre la réforme des retraites et contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). 

En rejoignant la quarantaine de revues de Sciences sociales déjà mobilisées, nous nous déclarons pour une retraite par répartition au nom du principe de solidarité, sociale et intergénérationnelle, contre le modèle individualiste imposé par les réformes néolibérales successives du gouvernement, et notamment celle de la retraite par points qui ouvre la porte à la retraite par capitalisation.

La loi sur la retraite comme la LPPR accélèrent un mouvement plus ancien de destruction des principes fondamentaux de notre système de protection sociale, du service public et de l’État social. Elles complètent et radicalisent les réformes précédentes sur l’université (LRU, loi Fioraso, loi ORE, Parcoursup), la Loi de transformation de la fonction publique (2019), et la réforme de l’assurance chômage avec pour but de réduire le « coût » du travail au nom de la compétitivité. Ces politiques augmentent les inégalités, la précarisation générale des jeunes, dont les jeunes chercheur-es. Elles détruisent le bien commun, la solidarité et l’idée même d’un Etat au service du public. L’abandon programmé d’une politique de recrutements pérennes entraîne de facto une fragilisation importante des carrières des personnels de la recherche, nuisible non seulement à leurs conditions d’existence mais aussi à la construction des compétences et à la production scientifique.

La recherche publique et indépendante est en danger et, au-delà, « la possibilité de décrire rationnellement le monde, face à la lente destruction des conditions de production du savoir et à sa marchandisation », comme l’ont écrit les membres de la revue Genèses, qui a initié ce mouvement des revues.

Le Conseil de rédaction de Monde commun, dans sa composition (doctorants, jeunes docteurs sans poste, post-docs précaires, enseignants-chercheurs statutaires) et dans son initiative elle-même, associative, se veut un moyen de résistance contre le démantèlement des collectifs de recherche et de leur capacité à faire dialoguer la recherche avec un large public. Dans ce sens, Monde commun soutient la mobilisation des personnels BIATSS (Ingénieurs, Administratifs, Techniques, Sanitaires et Sociaux, et des Bibliothèques) d’Open Edition. Nous, Conseil de rédaction de Monde commun, nous opposons aux perspectives dessinées dans les rapports établis en vue de l’élaboration de la LPPR, rédigés en dépit des consultations antérieures de la communauté universitaire et scientifique. Nous exigeons une loi qui nous redonne les moyens d’une recherche et d’un enseignement stables, indépendants et de qualité. Nous nous mobilisons donc en faveur d’un autre projet, qui mette un terme aux logiques de concentration et réduction des moyens, de précarisation et de compétition qui sapent depuis trop d’années nos professions.

LES MONDES DU TRAVAIL

14 janvier 2020 

Le Collectif Editorial de la revue Les Mondes du Travail a pris la décision de s’engager dans le vaste mouvement social contre le démantèlement du « modèle social français », dont la réforme des retraites fait partie au même titre que l’ouverture à la concurrence de services publics, la réforme du lycée ou la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). 

Les Mondes du Travail s’associe aux revues qui ont décidé de se mettre en grève ainsi qu’aux actions des laboratoires de recherche et des équipes pédagogiques qui s’engagent dans la mobilisation. Notre engagement prendra la forme de la grève active. Ce mode d’action appartient au même répertoire que les contre-cours au lycée ou à l’université, la tenue de séminaires d’université populaire, les coupures de courant d’électricité ou encore le redémarrage de la production sous contrôle ouvrier. Nous avons opté pour ce mode d’action car notre activité, qui a toujours été bénévole, a tout intérêt à se poursuivre en se situant désormais explicitement du côté du mouvement social. Les sciences sociales sont d’abord des sciences dialogiques et ne peuvent réellement exister qu’en ouvrant des champs de réflexion en lien avec les questions qui agitent la société. Les mobilisations et les grèves de l’hiver 2019-2020 nous offrent l’occasion de démontrer qu’un engagement peut se pratiquer sans renoncer à l’indépendance d’esprit ni à l’ambition scientifique. Nous allons publier début février un numéro spécial hors–série (en ligne et format papier) et nous invitons les chercheurs ainsi que les acteurs des mobilisations à y contribuer. De manière non exhaustive, nous exprimons notre intérêt pour :

  • les comptes rendus à propos événements peu médiatisés tels que les assemblées générales, les piquets de grève et autres actions non conventionnelles ; 
  • des éléments d’analyse à propos des difficultés de l’organisation d’actions de grève dans le secteur privé ou parmi les catégories fortement exposés à la précarité et la « flexploitation » ;
  • des informations sur l’ampleur de la répression policière ou les sanctions  dans le cadre professionnel ; 
  • une analyse des dynamiques de solidarité interprofessionnelle qui transcende grévistes et non-grévistes ;
  • une information de synthèse sectorielle des mobilisations (RATPS, SNCF, hôpitaux, éducation nationale, raffineries, etc) avec des témoignages d’acteurs en lutte ; 
  • des réflexions à propos du lexique de la réforme et de la communication gouvernementale ;
  • une analyse de la « gouvernance de la réforme », du dialogue social et des enjeux démocratiques et sociaux qui sous-tendent la réforme des retraites;
  • une radioscopie de la retraite à points ;
  • une analyse des réorganisations en cours ou prévues dans le cadre des services publics (ouverture à la concurrence, statut du personnel, etc.)
  • des réflexions sur les forces et faiblesses du syndicalisme en France;
  • des comparaisons internationales au niveau européen ou au-delà ;
  • des propositions alternatives de réformes du système de protection sociale. 

Nous privilégions des articles courts 10 à 20 mille signes et proposons comme échéance pour la livraison des textes le vendredi 24 janvier, à transmettre sur le mél de info@lesmondesdutravail.net  

MAPPEMONDE

Le comité de rédaction de la revue Mappemonde a décidé de réduire ses activités pour exprimer son soutien et participer à la mobilisation contre le projet de réforme des retraites et contre les transformations annoncées de l’Enseignement Supérieur et la Recherche (entrée en vigueur prévue en 2021 de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, LPPR). Cette décision participe au mouvement d’opposition aux réformes successives qui dégradent et détruisent progressivement les services publics, dont celui de l’ESR, et qui maintiennent voire accentuent les inégalités dans notre société.

Motion votée à la majorité des membres du comité.

MIGRATIONS SOCIETE

Communiqué du conseil scientifique de la revue Migrations Société, Paris, 11 février 2020

La revue Migrations Société, publiée par le Centre d’information et d’études sur les migrations internationales (CIEMI), entend exprimer son soutien total à la mobilisation des revues scientifiques contre le projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Bien que Migrations Société soit éditée par une association loi 1901, son activité éditoriale et son rayonnement scientifique doivent beaucoup à son partenariat privilégié avec les acteurs du champ universitaire et scientifique. 

D’abord, la revue comporte un comité scientifique composé majoritairement d’enseignants-chercheurs appartenant à l’Université, au CNRS, à l’IRD ou à d’autres organismes de recherche publique. Cette instance impulse directement la ligne éditoriale de la revue et contribue à son crédit dans le champ académique en France et à l’échelle internationale : si Migrations Société est aujourd’hui reconnue comme une publication de référence sur les questions migratoires, c’est grâce à la présence au sein de ses instances d’enseignants-chercheurs.

Ensuite, la majorité des éditoriaux, articles et notes de lecture publiés dans les numéros de la revue sont rédigés par des enseignants-chercheurs confirmés, mais aussi par des doctorants et des jeunes chercheurs précaires qui, à travers les dossiers thématiques et les varias, contribuent à la vitalité du débat scientifique sur les questions migratoires et permettent aussi aux jeunes chercheurs d’accomplir leurs premiers galops d’essai dans le champ éditorial. 

Enfin, la revue a longtemps bénéficié de subventions publiques qui, même modestes, ont permis son développement éditorial. Les membres du conseil scientifique et les personnels de Migrations Société savent ce qu’ils doivent à la recherche publique, mais sont aussi conscients des dégâts irréversibles qu’entraînerait l’adoption d’une loi qui, à terme, favoriserait l’hégémonie d’une conception managériale du champ éditorial, faisant primer les critères de compétitivité, de productivité et de rentabilité sur la qualité des travaux. Parce qu’une revue scientifique ne peut être assimilée à une simple marchandise, parce que nous restons attachés à l’existence de revues savantes indépendantes du milieu des affaires, parce que nous croyons à la coopération entre les acteurs associatifs et les acteurs de la recherche universitaire, nous tenons à exprimer notre solidarité avec le mouvement des revues contre les projets législatifs qui semblent découler d’une véritable politique de démantèlement de la recherche publique et des publications au service des professionnels et des citoyens.

MOTS. LES LANGAGES DU POLITIQUE

La revue Mots. Les langages du politique se joint à la mobilisation contre toutes les réformes remettant en question les missions de service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et notamment la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

MOUSSONS

La revue Moussons. Recherche en sciences humaines sur l’Asie du Sud-Est rejoint le groupe des revues en lutte mobilisées contre le projet de réforme des retraites, de loi de programmation pluriannuelle de la recherche et plus généralement contre la destruction du service public. Elle rejoint également l’appel des travailleur-se-s du numérique.

LE MOUVEMENT SOCIAL

Le comité de rédaction de la revue Le Mouvement social, réuni le 23 janvier 2019, appelle à la mobilisation pour s’opposer au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui contribue à la destruction du service public de la recherche et accroît encore la marchandisation de la connaissance et la précarisation des personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR), titulaires ou non.

Nous dénonçons la parodie de concertation menée par le Ministère et la direction du CNRS.  Dans la logique « inégalitaire » et « darwinienne » revendiquée par le PDG du CNRS Antoine Petit, vivement contestée au sein de la communauté scientifique, le projet de LPPR prévoit :

 • le pilotage autoritaire et centralisé de la recherche et la mise en place d’une évaluation punitive conditionnant l’affectation des moyens à des indicateurs de performance des unités et des personnels ;

• la remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité ́ de l’évaluation par les pairs ;

• la remise en cause du statut des enseignant·es-chercheur·ses et des chercheur·ses avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD, l’introduction de modulations de service contraintes et des tenure tracks ;

• l’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR avec le CDI de projets, etc. qui affecteraient en premier lieu les BIATSS et ITA, mais aussi les chercheur·ses et enseignant·eschercheur·ses, titulaires comme précaires ;

• le renforcement du financement par projet et la concurrence généralisée entre unités et entre personnels, notamment par l’amplification d’une logique de rémunérations individualisées (primes) ; Cette réforme généralise la précarité, renforce la logique managériale et anéantit la liberté d’étude et de recherche. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de destruction de l’ensemble de nos services publics, notamment de l’éducation, et de notre système de protection sociale (assurance chômage, retraites). 

A ce titre, notre mobilisation est pleinement solidaire du mouvement social en cours contre la réforme des retraites. En conséquence, le comité de rédaction du Mouvement social appelle dès à présent toutes et tous les collègues de l’ESR à se mobiliser. Pour contribuer à la réflexion et à la mobilisation, le Mouvement social décide de mettre à disposition sur son site de manière visible et organisée les articles relatifs aux mobilisations, à la grève, aux retraites, en les mettant en perspective grâce à des contenus réactualisés qui seront rédigés dans les prochains jours.

MOUVEMENTS DES IDEES ET DES LUTTES

Mouvements des idées et des luttes se déclare solidaire et engagée dans le mouvement social historique qui vise à faire échouer le projet gouvernemental de réforme des retraites et à promouvoir des solutions alternatives à l’allocation de revenus décents et égalitaires pour tou·tes. La réforme que le gouvernement s’entête à imposer de force se traduirait par une réduction des pensions pour toutes et tous, notamment pour les femmes et les salarié·e·s aux parcours précaires, un allongement de la durée de vie au travail, une accentuation des inégalités sociales quant à l’espérance de vie en bonne santé, un recul des principes de solidarité au bénéfice des principes néolibéraux et individualistes. Face à la brutalité de la répression policière et idéologique, le mouvement social en cours poursuit sa réinvention dans le sillage des mobilisations des Gilets Jaunes, des quartiers populaires, des communes, des syndicalismes transnationaux, contre l’oppression sexiste, le pouvoir de la finance… Autant de luttes auxquelles Mouvements a contribué par ses dossiers récents. Dans la même logique, nous avons modifié notre planning pour publier, après deux dossiers déjà en édition (« Vive les communes ! » et « Algérie en révolution(s) »), un dossier consacré au renouvellement enthousiasmant des formes de la grève.

Nous invitons d’ailleurs chacun·e à alimenter au mieux de ses possibilités personnelles les caisses de solidarité financière aux grévistes et à rejoindre non seulement les manifestations mais aussi les piquets de grève et autres modes d’action.

La revue dispose d’un site indépendant de ses parutions trimestrielles (mouvements.info) où toutes les contributions, en particulier sur le mouvement social en cours, sont les bienvenues.

NATURE SCIENCES SOCIETE

En tant que comité d’une revue interdisciplinaire, le comité de rédaction de la revue Natures Sciences Sociétés dénonce l’esprit du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Celui-ci met l’accent sur la compétition et la concurrence, alors même que la production de connaissances passe par le partage des savoirs et des compétences et par une reconnaissance du pluralisme et de l’autonomie propres au travail des chercheurs. Le service public, qui garantit une recherche de qualité et permet, par la confiance et l’engagement de ses membres, sa valorisation éditoriale, est confronté à une fragilisation toujours plus grande et renforcée par ce projet de loi.

Soucieux des valeurs publiques de la recherche, le comité demande également que la LPPR s’inscrive dans une véritable politique d’ouverture de la recherche aux citoyens et à la société civile.

NSS se déclare donc en lutte aux côtés des autres revues qui ont initié ce mouvement, et s’associe aux différentes motions : celles des revues en grève ou en lutte ; celle des directions de laboratoires pour un moratoire sur la LPPR et pour la tenue d’États généraux de la recherche et de l’enseignement supérieur ; celle de la Conférence des présidents du Comité national du CNRS pour une réorientation radicale des dispositions avancées dans la version du 9 janvier 2020.

NETCOM

La revue de Géographie et Aménagement NETCOM se joint à la mobilisation contre la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) et le projet de réforme des retraites. La revue place très haut les valeurs de solidarités intergénérationnelles, d’autonomie dans la production et la diffusion des savoirs, et de créativité et d’innovation scientifique en provenance de jeunes chercheurs dont le statut est menacé d’une précarisation supplémentaire. A ce titre, la revue se joint à la demande de la CPCN (CNRS) d’ouverture d’un vrai dialogue sur ce projet. La revue, diffusée en open access (DOAJ) continuera cependant son travail éditorial pour ne pas pénaliser tous ceux qui, y compris à l’international, nous font confiance en nous proposant leur travaux.

NOROIS. ENVIRONNEMENT. AMENAGEMENT. SOCIETE

Texte à venir.

NOUVELLES DE L’ARCHEOLOGIE

La revue « Les Nouvelles de l’archéologie » a décidé lors de son comité de rédaction du 3 février 2020 de rejoindre le collectif des Revues en Lutte, contre les orientations contenues dans les trois rapports pour la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche, commandés par la ministre de l’ESRI.

La dynamique est d’une ampleur inédite, à la hauteur des dangers que font peser sur l’avenir de la Recherche les principales propositions de ces trois rapports. Face à un constat pourtant partagé d’appauvrissement, de fragilisation et de précarisation de la Recherche et de l’Université, les seules réponses apportées par ce rapport sont : mise en concurrence, orientation des financements sur des procédures de « performance » jamais expliquées, et précarité des emplois par des CDD de projets ou des « tenure-tracks ». Cette LPPR, qui ne fera qu’aggraver les inégalités et augmenter la précarité, nous la refusons.

En tant que revue scientifique, nous participons au partage et à la diffusion des connaissances, non seulement pour la communauté universitaire et de la recherche, mais au-delà pour l’ensemble des citoyens. Nous en garantissons le sérieux et la qualité, là où la quantité (via la bibliométrie), s’est trop souvent imposée ces dernières années comme le principal, voir seul, facteur d’évaluation, et le serait plus encore dans la loi à venir.

En tant que revue dédiée à l’archéologie, nous avons pleinement conscience des méfaits de la précarité et de la concurrence, imposée depuis trop d’années à ce secteur, où la récente réforme de l’assurance-chômage n’a fait qu’aggraver la situation des personnels de ce secteur.

Parce que nous refusons un modèle de compétition et de « performance » guidée par un principe de « darwinisme social » qui n’a pas sa place dans l’univers scientifique, parce que nous rejetons un modèle de précarité imposée au service public de la Recherche, de l’Université, de l’archéologie, de l’édition, parce nous défendons une recherche libre, créative, et sereine, disposant des pleins moyens pour être menée, parce que nous voulons une Université ouverte, stable, pérenne, nous rejoignons et participons aux actions du collectif Revues en Lutte.

Présentation

Fondée en 1979, la revue se veut à la fois un lieu de débat et le reflet des évolutions de la discipline. Quatre fois par an, elle présente aujourd’hui des problématiques scientifiques de pointe, sous forme de dossiers et dans une perspective internationale. Les articles peuvent être sollicités par la revue ou émaner de propositions spontanées. Ils sont soumis au comité de lecture qui peut demander des modifications. L’abondance d’information peut conduire à différer la publication d’un article de six mois.

NOUVELLE REVUE DU TRAVAIL

La Nouvelle Revue du Travail se joint au mouvement social en cours !

Enseignants-chercheurs et chercheurs membres de la rédaction de la Nouvelle Revue du Travail (NRT), impliqués dans l’analyse critique des transformations du monde du travail, nous nous déclarons à la fois solidaires et engagés dans l’important mouvement social en cours. Nous nous opposons fermement au projet gouvernemental de réforme des retraites : il se traduirait par une réduction de leur niveau pour toutes et tous, notamment pour les femmes et les salarié.es aux parcours précaires, un allongement de la durée de vie au travail, une accentuation des inégalités sociales en termes d’espérance de vie en bonne santé, un recul des principes de solidarité au bénéfice des principes néo-libéraux et individualistes[1]. Nous refusons également l’accélération du démantèlement du service public d’éducation supérieure et de recherche et la généralisation des principes concurrentiels et élitistes ainsi que de la précarité professionnelle en son sein[2]. Nous soutenons les propositions alternatives d’amélioration du système de retraites et de rénovation de l’enseignement supérieur et de la recherche portées par le mouvement syndical.

Par ailleurs, la NRT est solidaire des personnels d’OpenEdition qui s’opposent à la réforme des retraites et qui ne peuvent s’exprimer sur la plateforme qui les emploie. Les membres du comité de rédaction agissent aussi pour élargir le mouvement à d’autres revues académiques sensibles aux dangers de la réforme des retraites et de la poursuite de la politique actuelle dans l’enseignement supérieur et dans la recherche scientifique.

Dans l’immédiat nous mettons à disposition de tous les acteurs engagés dans la lutte, une sélection des articles que nous avons publiés depuis la création de la NRT, en 2012, notamment autour des thèmes suivants :  retraites, pénibilité du travail, services publics, et syndicalisme. Et nous invitons à alimenter au mieux de vos possibilités personnelles les caisses de solidarité financière aux grévistes (liste ci-dessous).

Cinq articles publiés par la NRT sur « mobilisation et mouvement social »

Les textes ci-dessous présentent des éléments permettant de mieux comprendre les enjeux du présent mouvement social ; ils concernent différents secteurs d’activités, des transports à l’enseignement. Chacun à leur manière, ils permettent de réinscrire les mobilisations actuelles contre le projet de réforme des retraites dans un contexte social plus large.

NB : chaque titre d’article est hypertexté et doit donc permettre de se rendre facilement sur l’article en ligne. Les articles sont classés par ordre alphabétique des auteur.es.

NUEVO MUNDO

Nuevo Mundo en grève // Nuevo Mundo en huelga // Nuevo Mundo on strike // Nuevo Mundo em greve

Santiago de Chile, janvier 2020, crédits Jimena Obregon

Nuevo Mundo Mundos Nuevos se joint au mouvement de grève et de contestation de la contre-réforme des retraites initié le 5 décembre.

En tant que spécialistes de l’Amérique latine, qui a été l’un des champs d’expérimentation privilégié des politiques néolibérales de démantèlement systématique des services publics, nous sommes bien placés pour connaître les ravages de la politique que le gouvernement entend imposer. En dépit des dénégations formulées par les responsables de la communication gouvernementale, c’est bien un système par capitalisation que l’on cherche à substituer au régime actuel. Ce régime, issu de Conseil National de la Résistance, fondé sur la solidarité intergénerationnelle, fonctionne. Il assure l’une des meilleures retraites au monde, et l’une des plus justes contrairement aux arguments démagogiques consistant à pointer du doigts de soi-disant privilégiés chez les cheminots, les travailleurs du spectacle, les employés du métro, etc. Il est indépendant des impératifs de profit qui animent les intérêts des fonds de pension qui seraient les seuls bénéficiaires de cette contre-réforme, et dont tout le monde a pu constater la proximité avec Emmanuel Macron et son équipe.

Une fois encore, l’expérience de l’Amérique latine ne laisse aucun doute sur l’issue de ce basculement : le Chili est actuellement en ébullition depuis plus de trois mois pour rejeter les conséquences des contre-réformes néolibérales imposées, faut-il le rappeler, par la dictature sanglante du général Pinochet. Au Chili comme dans la plupart des autres pays de la région, la conséquence de cette soumission de la société aux fonds de pension a été un creusement sans précédent des inégalités et un allongement de fait du travail tout au long de la vie. Leurs retraites étant insuffisantes pour assurer les besoins de leur vie quotidienne, les retraités se voient dans l’obligation de travailler, s’ils n’ont pas pu cotiser pour une retraite complémentaire par capitalisation. Faut-il préciser que l’énorme majorité de la population salariée ne peut en aucun cas y souscrire ?

Nuevo Mundo Mundos Nuevos s’associe donc à l’ensemble des revues, universités et groupes de recherche, et plus particulièrement aux autres revues latino-américanistes entrées dans le mouvement et partageant la même analyse critique, notamment les Cahiers des Amériques latines.

Elle appelle au retrait immédiat du projet de loi porté par le gouvernement Philippe.

Elle dénonce vigoureusement l’usage disproportionné de la force utilisé dans toutes les manifestations, ainsi que la judiciarisation illégale des manifestants pour faits de grève. Elle invite ses lecteurs, dans la mesure de leurs moyens, à participer aux mouvements de grève et de manifestations et à contribuer aux caisses de grève ouvertes dans les multiples secteurs participant au mouvement en cours (caissesdegreve.github.io/).

Le comité de rédaction de Nuevo Mundo Mundos Nuevos

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Nuevo Mundo Mundos Nuevos se une al movimiento de huelga y protesta de la contra reforma de las pensiones.

Como especialistas de América latina, que fue uno de los campos de experimentación privilegiado de las políticas neoliberales de desmantelamiento sistemático de los servicios públicos, podemos evaluar muy bien los estragos causados por la política que el actual gobierno de Francia pretende imponer. A pesar de las denegaciones formuladas por los responsables de la comunicación oficialista, lo que se procura al sustituir al régimen actual de pensiones es instalar un sistema por capitalización.

El régimen vigente, creado por el Consejo Nacional de la Resistencia, fundado en el principio de la solidaridad intergeneracional, funciona perfectamente. Asegura una de las mejores jubilaciones en el mundo, una de las más justas, al contrario de lo que alegan los argumentos demagógicos según los cuales los privilegiados serían los trabajadores del ferrocarril, los del espectáculo, los empleados del metro etc. Es independiente de los imperativos de provecho y de rendimiento que animan los fondos de inversión, los únicos beneficiados por esta contra-reforma, cuya proximidad con el presidente Macron y su equipo ya quedó patente para todos.

Una vez más, la experiencia de América latina no deja lugar a dudas sobre los efectos del cambio radical propugnado por el gobierno francés. Sin ir más lejos, Chile está en ebullición desde hace más de tres meses para rechazar las consecuencias de las mismas contrarreformas neoliberales implementadas, por si hiciera falta recordarlo, por la cruenta dictadura del general Pinochet. En Chile como en la mayoría de los demás países de la región, la consecuencia mecánica de esta sumisión de la sociedad a los fondos de inversión fue el aumento sin precedente de las desigualdades, y la extensión del trabajo a lo largo de toda la vida. Al ser sus pensiones insuficientes para las necesidades cotidianas, los jubilados no tienen más remedio que volver a trabajar de una forma u otra, si es que no pudieron pagarse una pensión complementaria por capitalización. Ni hace falta recordar que la inmensa mayoría no puede suscribirse a ese tipo de producto financiero.

Nuevo Mundo Mundos Nuevos se asocia al conjunto de revistas, universidades y grupos de investigación que participen del movimiento actual y comparten el mismo análisis crítico, en particular los Cahiers des Amériques latines.

Exige la retirada inmediata del proyecto de ley del gobierno Philippe.

Denuncia con vehemencia el uso desproporcionado de la fuerza en todas las marchas, así como la judiciarización ilegal de los manifestantes por hecho de huelga.

Invita a sus lectores, en la medida de sus medios, a participar en los movimientos de huelga y manifestación y a contribuir a las cajas de huelga abiertas en los diferentes sectores que participan en el movimiento en curso (caissesdegreve.github.io/).

El comité de redacción de Nuevo Mundo Mundos Nuevos

PARCOURS ANTHROPOLOGIQUES

Motion à venir.

PARTICIPATIONS

Le comité de rédaction de Participations salue l’initiative prise par plusieurs revues (Genèses, des Actes de la recherche en sciences sociales,de Sociétés contemporaines, de la Nouvelle Revue du travail, de Genre, sexualité & société…) consistant à rejoindre le mouvement de grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites, qui entre dans sa sixième semaine. 

Contre la remise en cause de notre système de protection sociale, contre la destruction de l’ensemble de nos services publics dont celui de recherche et d’enseignement supérieur, sur lequel les annonces contenues dans les rapports préparatoires à la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) font peser des risques graves, le comité de rédaction se met au service de la grève. 

Nous suspendons la parution de nos numéros et reportons l’examen et l’évaluation des textes et dossiers qui nous sont proposés. Nous nous engageons à consacrer le temps ainsi libéré à participer à la mobilisation en cours : actions et manifestations, organisation sur nos lieux de travail, avec nos collègues et dans les cadres interprofessionnels, et contribution aux caisses de grève. Nous appelons nos collègues à nous rejoindre.

Solidairement, 

Le comité de rédaction de Participations

POLI – Politiques des Cultural Studies

Bonjour à tou.te.s,

En soutien à la mobilisation en cours contre la réforme des retraites et la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, la revue Poli – Politiques des Cultural Studies se déclare en grève et cesse temporairement ses activités, notamment pour permettre aux auteur.trices, relecteur.trices et aux membres du conseil de rédaction de se dégager du temps et de s’investir pleinement dans le mouvement en cours. 

L’ensemble du comité de rédaction dénonce le caractère profondément inégalitaire et précarisant de la LPPR et de la réforme des retraites et souhaite défendre le service public, la sécurité sociale, la solidarité intergénérationnelle et des conditions de vie et de travail dignes. Il invite l’ensemble des membres du corps académique à s’engager dans la mobilisation, notamment en donnant aux caisses de grève dont voici une liste non-exhaustive:

Solidairement,

Le comité de rédaction de la revue Poli – Politiques des Cultural Studies

POLITIQUE AFRICAINE

Communiqué du comité de rédaction de Politique africaine, 16/01/2020

Le comité de rédaction de Politique africaine s’oppose au projet de réforme des retraites et de l’assurance chômage, ainsi qu’à la loi de programmation pluriannuelle de la recherche portée par le gouvernement. Le comité affirme son engagement dans le mouvement social en cours et se joint au mouvement de grève des revues académiques de sciences humaines et sociales. Par cette décision, nous entendons également dénoncer la logique de mise en concurrence accrue des chercheur·e·s, des équipes, des unités de recherche, des universités. Nous refusons que notre travail collectif d’appréciation des écrits de nos pairs soit instrumentalisé pour nourrir une logique d’évaluation permanente. Nous refusons ce projet de société qui, fondé sur les principes du management libéral, crée du mal-être, de la précarité, mais aussi, dans notre domaine d’activité, les conditions de développement d’une mauvaise recherche. Nous affirmons aussi l’importance fondamentale des mouvements sociaux comme mode d’expression et de pratique de la démocratie, à l’encontre de gouvernements qui, depuis des années, s’attachent à mettre en cause leur légitimité.

POLITIQUES DE COMMUNICATION

Le comité de rédaction de la revue Politiques de communicationapporte son soutien inconditionné au mouvement de contestation contre la destruction de l’actuel système  des retraites ainsi qu’à tous les salariés engagés dans la défense d’une société plus solidaire.

Il souhaite réaffirmer la nécessité du travail scientifique, notamment dans le domaine des sciences humaines et sociales, afin de lutter contre l’asservissement de la connaissance à des intérêts privés et le renforcement des formes de domination qu’un savoir sous influence ne manquerait pas d’exercer.

La revue se joint aux appels déjà diffusés par les comités de rédaction de plusieurs revues qui invitent auteurs et lecteurs à soutenir toutes les actions engagées localement.

POLITIX

La revue Politix se joint au mouvement de  protestation en cours contre le projet de réforme des retraites et contre les réformes prévues pour l’Enseignement supérieur et la recherche. La revue dénonce la remise en cause de notre système de protection sociale, la destruction de l’ensemble de nos services publics, la marchandisation de la connaissance et la précarisation des producteurs et productrices de savoir. Nous nous engageons et appelons à soutenir toutes les actions locales et manifestations nationales, à participer aux assemblées générales interprofessionnelles et  à celles du mouvement des « Facs et labos en lutte », à contribuer aux caisses de grève, pour intensifier et élargir la mobilisation, à travailler avec les camarades des autres revues (Genèses, Sociétés contemporaines, Actes de la recherche en sciences sociales, etc.)  en vue d’interventions communes.

Le comité de rédaction de Politix. Revue des sciences sociales du politique

POPULATION

Texte à venir

PROJETS DE PAYSAGE

La revue Projets de paysage mobilisée !

Le comité de rédaction de la revue Projets de paysage, diffusée en accès libre sur OpenEdition, dénonce les objectifs du projet de la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et s’associe à la contestation citoyenne visant la réforme des retraites engagée par le gouvernement. Ces réformes participent d’un même processus d’individualisation et de mise en concurrence des individus, des collectifs, des formations et des établissements. Ce processus se traduit aujourd’hui par la suppression de plus de 30 postes de titulaires dans les Écoles nationales supérieures d’architecture et de paysage (ENSAP) qui sont sous la double tutelle du ministère de la Culture et ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. La LPPR telle qu’elle est engagée par le gouvernement vise notamment au renforcement de la concurrence entre structures de recherche et à l’accroissement de la précarité de tous les personnels. Elle met donc en péril les conditions d’exercice déjà dégradées d’une recherche indépendante et de qualité. Nous revendiquons pour tou-te-s les chercheur-re-s actuel-le-s et à venir des conditions dignes de productions libres de connaissances et sommes solidaires des revendications visant la préservation d’une retraite par répartition, un des piliers du modèle social français. Pour ne pas pénaliser les auteur-trice-s, en particulier les plus jeunes et les plus précaires, nous décidons de poursuivre nos travaux de comité de rédaction (réunions, évaluations, suivis et publications des numéros…) sachant que chaque membre du comité reste libre de participer par ailleurs à la grève des évaluations et à tout autre mode de contribution au mouvement social. Comme de nombreuses autres revues scientifiques et OpenEdition, structures de recherche et d’enseignement, la revue Projets de paysage se déclare donc en lutte. Nous publierons ce texte sur notre site web dans l’attente d’une réponse satisfaisante.

RAISONS POLITIQUES

a revue Raisons politiques a rejoint le mouvement des revues le 10 janvier dernier: 

Le comité de rédaction de Raisons politiques salue l’initiative de la revue Genèses et de celles qui se sont jointes au mouvement comme Actes de la Recherche en Sciences SocialesCritique internationaleCultures & ConflitsGenre, sexualité & société, Nouvelle Revue du Travail, ParticipationsPolitix, Sociologie du travailTracés, et d’autres encore. Il se déclare solidaire des mobilisations en cours contre la réforme des retraites, la précarisation de la recherche, de l’enseignement et du service public en général. 

RECHERCHES EN DANSE

REVUE EN GREVE, REVUE EN LUTTE, REVUE EN MOUVEMENT

Aux côtés des universités, départements, UFR, laboratoires, aux côtés des revues scientifiques et des personnels d’OpenEdition, mais aussi de toutes les personnes qui luttent depuis des semaines et des mois, la revue Recherches en Danse rejoint la mobilisation contre la réforme des retraites et la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

Dans le contexte d’une réforme des retraites qui va accroître les inégalités, de la LPPR qui poursuit le travail de démantèlement des statuts et institutionnalise la précarisation des conditions de travail dans l’enseignement supérieur et la recherche, le comité scientifique éditorial de la revue affirme sa volonté de lutter pour une recherche et une université ouvertes à tout·es, fondées sur la coopération, productrice d’émancipation collective et de justice sociale.

Mais la question de nos modalités de résistances et de lutte se pose avec une acuité croissante : vote de motions, publication de tribunes, grève, blocages ponctuels, élaboration d’un numéro « vide », manifestations, contribution à des caisses de grève… Les chercheuses et chercheurs en danse, les lectrices et les lecteurs, les contributrices et les contributrices de la revue peuvent y apporter des réponses. Continuons à nous mobiliser !

RECHERCHE EN DIDACTIQUE DES LANGUES ET DES CULTURES

RDLC est solidaire de la mobilisation contre la LPPR ainsi que de celle des personnels d’OpenEdition. La revue RDLC s’oppose notamment à la remise en question du statut d’enseignant-chercheur, à la précarisation des personnels de l’université et à la marginalisation des associations de recherche.

Les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche se mobilisent depuis quelques semaines contre les dispositions du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) actuellement en préparation. Ce projet, d’inspiration néolibérale, vise notamment à créer une forte disparité dans les statuts futurs des universités (et donc, dans le travail et les moyens de leurs personnels), entre un petit nombre d’établissements « d’excellence » et la plupart de « seconde zone ». Il vise aussi à renforcer et allonger les périodes de précarité pour les jeunes se destinant à la recherche, à valoriser de plus en plus la recherche ponctuelle « sur projet » au détriment de financements pérennes et à instaurer un système de recherche de plus en plus soumis à des objectifs utilitaristes et économicistes, destructeurs du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Ce projet met en danger le principe selon lequel sont élaborées, organisées et gérées les revues comme RDLC, à savoir de façon entièrement bénévole, dans un esprit de coopération et de collégialité, qui se trouve directement menacé par la mise en concurrence et l’individualisation induites par la LPPR. Près de 70 revues en sciences humaines et sociales (SHS), à ce jour, se sont déjà jointes à la mobilisation, avec des modalités variées : insertion de bandeaux sur leurs sites, appels à contribution aux actions en cours, publications de témoignages, de numéros thématiques, suspension de l’activité, voire de la disponibilité de la revue, etc. RDLC est partie prenante de cette mobilisation et son comité de rédaction participera à la réflexion pour mettre en œuvre des actions communes, progressives et graduées avec d’autres revues, dans la perspective de continuer à défendre et œuvrer à une recherche indépendante, de qualité, fondée sur/affirmant des valeurs véritablement humaines.

REGARDS SOCIOLOGIQUES

Regards Sociologiques tient à exprimer sa solidarité au mouvement de grève engagé par les revues françaises, en soutien à la mobilisation interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites, contre les transformations annoncées des services publics dans l’enseignement supérieur et de la recherche, contre la précarisation de la vie étudiante  et contre la paupérisation du service public hospitalier. Il s’agit de défendre le système de protection sociale, les valeurs de solidarité et de service public et, notamment,  de faire face à la marchandisation du savoir comme à la progressive perte d’autonomie scientifique, ainsi que de s’opposer plus généralement  à un accroissement des inégalités érigées en instrument revendiqué de régulation des services publics.

Par cette prise de position, son comité de rédaction souhaite, comme le proposent déjà d’autres revues, appuyer la défense de droits dont la remise en cause ne se limite pas à la France. Dans ce cadre, la revue modifie le cours habituel de ses activités pour contribuer au mouvement sous différentes formes, et en particulier par le recueil de témoignages d’universitaires (précaires et statutaires) de différents pays sur les évolutions en cours dans le monde académique. Nous allons également prendre part à l’élaboration de réflexions et d’actions communes avec nos collègues des autres revues mobilisées.

Strasbourg, le 16 janvier 2020

Le comité de rédaction de la revue Regards Sociologiques 

REPÈRES

Texte sur le site de la revue Repères. Recherches en didactiqus du français langue maternelle Fondamentalement attachée aux valeurs de l’enseignement public, de solidarité et de justice sociale, la revue Repères, entend marquer son soutien aux mouvements sociaux en cours et, en particulier, son inquiétude à l’égard des propositions ministérielles concernant la formation des enseignants et son opposition à l’actuel projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).

RESET – Recherche en Sciences Sociales sur Internet

Les membres du comité de RESET, réunis le 31 janvier 2020, se sont prononcés pour la grève de la revue. La revue suspend ses activités éditoriales tant que la mobilisation dans l’ESR sera en cours (publication des appels, évaluation et publication des articles, coordination des numéros en cours).  Les membres du comité soulignent en particulier leur inquiétude concernant les conditions de maintien d’une diversité de publications si le modèle de production de la recherche que préconise le projet de Loi de Programmation pluriannuelle de la recherche devait être acté. La revue réaffirme par ailleurs son soutien au personnel d’OpenEditions.

REVUE DE GEOGRAPHIE ALPINE

La France connait actuellement un mouvement social contre les orientations portées par les trois rapports préparatoires au projet de loi sur la programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), conçus sans prise en compte des avis pourtant clairement exprimés par la communauté scientifique.

La revue est concernée par ce mouvement du fait de ses liens étroits avec la France, par une partie de ses membres de comité de rédaction, son équipe de direction et une majorité de ses financements. Mais si cette actualité touche aujourd’hui le monde académique français, il fait écho à des mouvements passés et actuels touchant la communauté scientifique internationale. C’est ainsi aussi en tant que revue internationale plurilingue que la JAR/RGA, au travers de ses membres,signifie son inquiétude auprès de ses lectrices, lecteurs, contributrices et contributeurs sur cette évolution de la recherche internationale.

Ces orientations participent d’un processus en cours de marchandisation et « d’élitisation » de la recherche, avec la mise en concurrence des chercheur·es et des établissements universitaires.

Les membres du comité de rédaction de la JAR/RGA réaffirment leur attachement à l’autonomie, la pluralité et la dimension collective dans la recherche publique.

Ils expriment leur volonté de participer à la diffusion d’une recherche de qualité, ouverte et gratuite. Ces valeurs se reflètent dans le choix opéré depuis dix ans d’héberger la revue dans OpenEdition.

REVUE DES DROITS DE L’HOMME

motion en attente. #droitsdanslemur sur la mobilisation dans les facultés de droit et de science politique.

REVUE DES SCIENCES SOCIALES

La Revue des Sciences Sociales se joint au mouvement de protestation engagé par les revues et les laboratoires de recherche français contre le projet de réforme des retraites et contre les transformations annoncées du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Comme d’autres revues, RSS dénonce la remise en cause de notre système de protection sociale et du service public, la marchandisation de la connaissance, la précarisation des statuts d’emploi, la suppression d’observatoires et d’instituts, la logique managériale qui ne fait qu’aggraver nos conditions de travail et nous met constamment en porte-à-faux par rapport à nos missions de recherche et d’enseignement. Ces projets de réforme, et les orientations qui les sous-tendent, mettent en péril notre capacité, individuelle et collective, à produire et à diffuser des savoirs indépendants, fondés sur des recherches solides, en dialogue avec la société. La Revue des Sciences Sociales appelle à soutenir toutes les actions locales et nationales, à solidariser avec les grévistes par des contributions aux caisses de grèves et elle modifie le cours habituel du travail par le ralentissement ou la suspension de quelques-unes de ses activités.

REVUE D’HISTOIRE DES SCIENCES HUMAINES

Revue en lutte

En cet hiver 2019-2020, la France vit un mouvement social de grande ampleur. Le pouvoir exécutif promeut, sous prétexte d’une plus grande égalité, une réforme des retraites qui, selon toute vraisemblance, conduira à une paupérisation du plus grand nombre. Parallèlement, il prépare une loi de programmation pluriannuelle de la recherche qui aurait notamment vocation à compenser la perte de revenus liée à la réforme des retraites. Peu ou prou, elle s’inscrit dans une démarche accentuant le poids de l’évaluation individuelle et quantitative des recherches, la dévalorisation des engagements collectifs des chercheurs et soutenant le rôle « positif » de la concurrence de tous contre tous. Le Président Directeur Général du CNRS en a défini l’objectif d’une façon particulièrement éloquente : « Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale. » (Antoine Petit, PDG du CNRS, Les Échos, 26 novembre 2019).

Nos activités en tant que comité de rédaction nous démontrent tout au contraire que la coopération, l’échange, l’écoute, la discussion sont bien plus des vecteurs d’intelligence que la concurrence entre tous. La vie d’un comité de rédaction est celle d’une équipe qui fait primer l’intelligence collective sur la performance individuelle, les débats sur la lutte pour la survie, l’altruisme sur le carriérisme. Notre refus de la mise en concurrence repose aussi sur des valeurs de dialogue et d’accompagnement au bénéfice de nos auteurs et autrices. Il y a là une autre forme de coopération qui est un gain pour eux comme pour l’ensemble de leurs lecteurs.

Au-delà des principales pommes de discorde du moment, le mouvement social actuel a des racines plus anciennes, plus profondes. Depuis bientôt trente ans, les seules réponses imaginées par les décideurs politiques à une crise socio-économique qui n’en finit pas sont l’effritement progressif du « modèle social » français, le lent rognage de la fonction publique, l’affaiblissement des principes de régulation (relativement) égalitaire des disparités socio-économiques et géographiques, la généralisation d’un néo-managérialisme qui isole les individus tout en leur déléguant une autonomie illusoire et pesante, la dénonciation des « privilèges » gagnés dans les luttes sociales du xxe siècle, etc. Peut-on dès lors s’étonner que la société française soit affectée par un malaise et une colère grandissants ?

Dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, la loi sur l’autonomie des universités (LRU, 2007) a été la pierre angulaire d’un désengagement budgétaire de l’État et d’un renforcement progressif des formes de contrôle par le haut des unités de recherche. La politique menée depuis 2004 a multiplié les agences d’évaluation et de financement supposément indépendantes et amoindri les crédits propres des laboratoires au profit d’un pilotage relativement autoritaire et par trop sensible aux aléas conjoncturels (sinon aux modes) et aux hiérarchies et situations pré-établies. C’est peu de dire au reste que les « gouvernants » nourrissent une obsession morbide pour les classements internationaux, dont ils valident implicitement l’axiologie et les modèles soi-disant « gagnants », dans l’oubli de leurs conditions historiques et socio-économiques de production. Les chercheurs et universitaires français sont précaires de plus en plus longtemps et évalués quand statutaires avec des grilles étriquées, qui font la part belle aux entrepreneurs de carrière et autres stratèges. Fort étrangement, l’agenda politique actuel fait écho à l’idéologie régnante dans les années 1945-1981, qui considérait la précarité comme une condition nécessaire de la créativité de la recherche, et cela malgré tous les démentis qui lui ont été apportés par des contre-exemples historiques (les années 1980-1990) ou des travaux systématiques.

[…]

Il convient enfin d’ajouter que le comité de rédaction de la revue est aux premières loges pour constater la généralisation de l’expérience de la précarité, qui touche à la fois les « petites mains » des maisons d’édition publiques et des plate-formes comme OpenJournals, et une partie de ses membres, dont plusieurs ne sont pas statutaires, suite à l’érosion des postes stables et du fait de l’indifférence généralisée pour l’histoire des sciences humaines, qui ne concerne pas du reste que les comités institutionnels. Il soutient de ce fait toutes les initiatives visant à combattre les politiques qui promeuvent et les discours qui flattent à la fois l’état de fait et le développement de ces conditions précaires.

Le comité de rédaction de la Revue d’histoire des sciences humaines

REVUE D’HISTOIRE DU XIXe SIECLE

Le comité de rédaction de la Revue d’histoire du XIXe siècle  est pleinement engagé dans le mouvement social.

La rédaction de la Revue d’histoire du xixe siècle, éditée par la Société d’histoire de la révolution de 1848, affirme son entière solidarité avec le mouvement en cours contre la réforme des retraites. Comme cela a été largement rappelé depuis le 5 décembre, cette réforme ne vise pas à plus d’égalité. Elle aura pour conséquence une baisse des pensions et un report de l’âge effectif de départ à la retraite. Elle créera une grande incertitude sur le niveau attendu des pensions. Elle accroîtra la place ouverte à l’épargne retraite et donc aux fonds de pension. Elle creusera les inégalités, déjà patentes, entre retraités, et maintiendra celles qui affectent les carrières des femmes au regard de celles des hommes. Elle pénalisera particulièrement ceux dont les emplois sont pénibles et l’espérance de vie plus réduite.

Cette réforme des retraites s’inscrit dans une offensive contre les acquis de la protection sociale et vise aussi les services publics (hôpitaux, santé, éducation…), y compris le service public d’enseignement supérieur. À cet égard, le désengagement de l’État dans le financement des universités et la future Loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR) sont dans la continuité d’un démantèlement en bonne et due forme.

Pleinement engagés dans le mouvement social en cours, les membres de la rédaction de la Revue d’histoire du xixe siècle participent aux actions locales et nationales, aux assemblées dans les villes et les établissements. Nous exprimons notre détermination à contribuer à faire échouer les projets funestes de ce gouvernement et nous publierons dans les prochains jours plusieurs textes sur l’histoire des luttes sociales et des premières caisses de retraite au xixe siècle.

11 janvier 2020

REVUE D’HISTOIRE LITTERAIRE DE LA FRANCE

La Revue d’Histoire littéraire de la France, attachée à la qualité scientifique de la recherche fondamentale, s’inquiète des dispositions prévues dans la LPPR comme la précarisation du statut des chercheurs et la généralisation des appels à projets conjoncturels qui vont à l’encontre d’un financement pérenne de la recherche. Elle s’oppose à toute réforme du CAPES qui irait dans le sens d’un affaiblissement des contenus disciplinaires délivrés au sein de l’université. Elle appelle les enseignants et les chercheurs à la vigilance devant la menace d’un nouveau recul du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche et celles qui pèsent sur les libertés académiques.

REVUE D’HISTOIRE MODERNE ET CONTEMPORAINE

La recherche publique en danger en France

Les milieux de l’université et de la recherche publique se mobilisent actuellement autour d’une profonde préoccupation : les documents préparatoires à la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche annoncent à l’évidence une grave détérioration des conditions de travail et d’emploi dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, accentuant encore des tendances à l’œuvre depuis longtemps déjà. En privilégiant la recherche sur projet, au détriment des crédits récurrents, on impose aux laboratoires une course permanente aux financements ; en multipliant les procédures d’évaluation redondantes, on fait le lit d’une bureaucratisation de la recherche et on établit peu à peu un modèle de compétition individuelle à rebours des valeurs de collégialité et d’échange qui font la force et l’efficacité de la recherche. Tout cela sur fond de précarisation généralisée du milieu scientifique.

Les revues scientifiques sont évidemment concernées par cette évolution. Elles sont en effet à la fois le reflet et le creuset de l’innovation et des avancées scientifiques ; elles sont des lieux irremplaçables de fabrication, d’expérimentation et de transmission des savoirs et des idées. Leurs comités de rédaction, tous bénévoles, contribuent au dialogue scientifique par leurs expertises et suggestions adressées aux chercheurs qui leur soumettent les résultats de leurs travaux. Les revues sont aussi une pièce du dispositif d’ensemble permettant aux doctorants et jeunes chercheurs de se former à l’écriture scientifique. Mais leur situation demeure précaire, notamment en raison de la réduction drastique des postes d’ingénieurs dédiés à des fonctions d’édition, et le soutien des pouvoirs publics est aujourd’hui chichement compté. Tout laisse craindre que leur fragile économie se trouve vite emportée par le mouvement général de précarisation et de bureaucratisation que la future LPPR va non seulement entériner, mais aussi accentuer, menaçant à la fois l’autonomie et la liberté d’invention du monde de la recherche.

Le comité de rédaction de la RHMC s’associe aux protestations des revues, chercheurs et des universitaires que reflètent les trois documents publiés ci-dessous, que nous reproduisons en signe d’appui au mouvement en cours.

Fait à Paris le 2 février 2020.

 Ce dossier comprend la « Lettre à M. Petit et Macron… » élaborée par de nombreuses sociétés savantes et proposée comme pétition qui, au 3 février 2019, avait recueilli 14 789 signatures ; la tribune de François-Xavier Fauvelle publiée dans Le Monde le 23 décembre 2019 ; la motion adoptée par la Conférence des présidents du comité national de la recherche scientifique (CPCN) le 17 janvier 2020.

REVUE EUROPEENNE DES MIGRATIONS INTERNATIONALES

Le comité de rédaction de la Revue Européenne des Migrations Internationales déclare sa solidarité avec les mobilisations en cours contre le projet gouvernemental de réforme des retraites et celui de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Nous suspendons jusqu’à nouvel ordre la publication de la revue. Nous appelons à soutenir les mobilisations, à y participer, à soutenir les caisses de grève. Nous remercions les collègues qui ont initié une mobilisation des revues de sciences sociales et sommes prêt·e·s à participer à des échanges en vue d’actions communes.

REVUE FRANCAISE DE CIVILISATION BRITANNIQUE

Après avoir procédé à un vote en ligne par les adhérents de l’association responsable de notre publication, la Revue française de civilisation britannique rejoint le mouvement « revues en lutte » et fera figurer sur son site web les déclarations et éditoriaux communs

REVUE FRANCAISE DE SOCIO-ECONOMIE

Le vendredi 31 janvier, le comité de rédaction de la RFSE affirme son soutien au mouvement actuel contre la réforme des retraites et la LPPR à venir.

Ces réformes sont partie prenante de la dynamique engagée de longue date d’attaque contre l’Etat social (casse des services publics, réformes de l’assurance chômage, du statut des cheminots, du droit du travail).

La réforme des retraites proposée par le gouvernement Philippe s’inscrit dans ce processus de réduction des droits sociaux. Elle concernera l’ensemble des travailleuses et des travailleurs par une baisse généralisée des pensions de retraites. Elle modifiera la logique de prestations garanties sur laquelle reposait notre système pour une logique de cotisations définies soumises à un impératif d’équilibre budgétaire (« règle d’or »). Elle soumet les travailleuses et les travailleurs à un allongement inexorable de la durée de travail requise pour bénéficier d’une retraite correcte dans un contexte où les trajectoires professionnelles sont de plus en plus marquées par la flexibilité.

La réforme annoncée de la LPPR concourt à la même dynamique de transformation des services publics : règles de performances contribuant à dégrader la qualité de service, répartition inégalitaire des moyens selon des critères conduisant à une mise en concurrence généralisée. Cette réforme accentuera des logiques à l’œuvre depuis la LRU : précarisation des enseignants-chercheurs, financement de la recherche par projets, remise en cause du lien entre enseignement et recherche par la modulation des services…

La RFSE rejoint ainsi le mouvement des revues de SHS et s’associe pleinement aux actions en cours. Son rythme habituel de travail éditorial s’en trouve de fait bouleversé. Elle contribuera à la lutte par la production d’un numéro hors-série mettant en perspective l’ensemble des réformes engagées ces dernières années, leurs outils et leurs effets.

Le comité de rédaction

REVUE FRANCAISE DES METHODES VISUELLES

Texte à venir.

REVUE FRANCOPHONE SUR LA SANTE ET LES TERRITOIRES

LA RFST FAIT PARTIE DES REVUES EN LUTTE DANS LE CADRE DES MOBILISATIONS CONTRE LA REFORME DES RETRAITES ET LA LPPR. à ce titre nous interrompons tout travail d’évaluation et publions ci-dessous la motion votée en assemblée générale le 17 janvier par le collectif revues en lutte.

« Nous, membres des comités de rédaction de 57 revues scientifiques réunies en assemblée générale le 17 janvier 2020, constatons la dégradation des conditions de production des revues scientifiques.
Les réformes qui se sont succédées, toutes dans la logique néolibérale du projet de loi sur les retraites, ont pour effet une diminution drastique des emplois des personnels invisibles de la chaîne éditoriale (éditeur.rices, secrétaires de rédaction et d’édition, traducteurs.rices, graphistes, développeur.ses, traducteur.rices, personnels des imprimeurs et des plateformes de publication numérique, etc.), la surcharge conséquente des charges de travail, une précarisation des conditions de travail et des statuts qui génère une incertitude permanente et un gaspillage des compétences.
Nous exigeons :
– l’arrêt des politiques absurdes de mutualisation des postes de soutien à la recherche,
– la création massive d’emplois statutaires à toutes les étapes de la chaîne éditoriale,
– la reconnaissance du travail, y compris en termes de rémunération et de carrière,
pour permettre à nos revues de réaliser leur mission de mise en discussion des résultats entre chercheur.ses et de mise à disposition des connaissances auprès du public. »

La revue francophone sur la santé et les territoires est un espace de publication interdisciplinaire ouvert aux travaux scientifiques portant sur la dimension spatiale de la santé et, inversement, sur la dimension “santé” des territoires. Les articles publiés sont soumis à un processus d’évaluation par des relecteurs anonymes et à un arbitrage du comité éditorial composé de scientifiques reconnus des sciences sociales de la santé. Les textes sont publiés en Français, accompagnés d’un résumé long (800 à 1000 mots) en anglais. La revue abrite des numéros thématiques (coordonnés par un ou plusieurs auteurs) et une rubrique “ateliers et séminaires” dans laquelle peuvent être publiés des comptes rendus de conférences ou de journées de rencontres avec un processus de validation avant publication assoupli (simple avis du comité éditorial).

L’objectif de cette revue est d’offrir un espace de publication à la communauté des chercheurs francophones qui travaille sur les enjeux spatiaux de la santé. Le fait d’exiger un résumé long en anglais correspond aussi à l’objectif d’offrir aux travaux francophones une visibilité internationale, mais aussi, pourquoi pas, d’inviter des anglophones à publier en français tout en pouvant valoriser leur publication auprès de leurs instances non-francophones. La RFST est également une chambre d’écho pour les travaux de la commission santé du comité national des géographes français

REVUE INTERDISCIPLINAIRE DE TRAVAUX SUR LES AMERIQUES

Le comité de rédaction de la Revue Interdisciplinaire de Travaux sur les Amériques (RITA) tient à souligner sa solidarité avec les mobilisations actuelles contre les réformes de l’État qui mènent vers une précarisation générale des retraites, de la recherche et de l’enseignement supérieur. Il exprime également sa préoccupation concernant le projet de loi de Programmation pluriannuelle de la recherche, qui sera prochainement discuté au parlement, et qui remet en cause le métier d’enseignant-chercheur et la qualité de l’enseignement universitaire.

Doctorant.e.s et jeunes chercheur.e.s sans poste pour la plupart, nous signifions comme de nombreuses autres revues scientifiques notre opposition au projet de réformes et à la volonté de libéralisation à outrance de la production de savoirs scientifiques et d’exercice de l’enseignement et de la recherche.

Actrices et acteurs des mobilisations récentes et sensibles – en tant qu’américanistes – aux questions de répressions étatiques et de formes politiques autoritaires, nous souhaitons également manifester notre indignation contre les techniques des forces de l’ordre mises en place pour dissuader la contestation et les formes d’expressions citoyennes au pays des droits humains.

En tant que jeune revue et en plein processus d’élaboration de notre prochain numéro annuel, le comité de rédaction de RITA a voté, à sa majorité, la poursuite de ses travaux éditoriaux, afin de ne pas pénaliser le travail en cours des auteur.rice.s et des lecteur.rice.s. Par ailleurs, il a été décidé de suspendre tous les évènements publics à venir et les activités de valorisation de la recherche sur les plateformes numériques de la revue (site internet, réseaux sociaux).

Nous appelons celles et ceux qui le peuvent à soutenir toutes les actions locales et manifestations nationales et à contribuer aux caisses de grève pour intensifier et élargir la mobilisation.

P-S : ce site regroupe les différentes caisses de grèves ouvertes : https://caissesdegreve.github.io/

Le comité de rédaction de RITA

REVUE JURIDIQUE DE L’ENVIRONNEMENT

« La SFDE, qui soutient depuis 46 ans les innovations juridiques dans le domaine de l’environnement en s’appuyant sur une recherche publique de qualité, partage le constat alarmant d’une précarisation croissante des moyens dévolus à l’enseignement supérieur et la recherche établi dans les rapports présentés pour une nouvelle loi de programmation de la recherche.

La SFDE s’inquiète des propositions qui viseraient à affaiblir nos capacités d’innovation scientifique à l’échelle nationale en augmentant mécaniquement la charge de travail (suppression des 192 h pour les enseignants-chercheurs) et en précarisant davantage les conditions de travail de ceux qui produisent et transmettent les connaissances. L’innovation, et la transmission impliquent de penser sur le temps long et de soutenir l’esprit de solidarité qui doit animer la communauté scientifique pour accomplir ses missions d’intérêt général.

La SFDE partage donc les préoccupations exprimées par d’autres sociétés savantes (cf. https://societes-savantes.fr/la-loi-de-programmation-de-la-recherche-doit-respecter-les-demandes-des-chercheurs-et-leur-donner-plus-de-place-dans-la-societe/). »

REVUE POUR L’ORGANISATION RESPONSABLE

Enseignant·es-chercheur·es et chercheur·es membres du comité éditorial de la Revue pour l’Organisation Responsable (la ROR), impliqué·es dans l’analyse critique des transformations du capitalisme, de la finance responsable et du monde du travail, nous déclarons à la fois solidaires et engagé·es dans l’important mouvement social en cours. Nous nous opposons fermement au projet gouvernemental de réforme des retraites : il se traduirait par une réduction de leur niveau pour toutes et tous. Nous sommes également très inquiet.es des annonces faites concernant le futur de la recherche et de la prochaine LPPR.

La ROR (qui est publiée par un autre éditeur) est solidaire des personnels d’OpenEdition qui s’opposent à la réforme des retraites et elle remercie les revues de sciences sociales qui ont pris l’initiative de cette mobilisation. Les membres du comité éditorial de la ROR ont pris la décision d’être solidaires de ce mouvement et de se mettre en grève. Toute activité éditoriale de la ROR est donc suspendue le temps de la mobilisation. Merci aux auteurs qui nous contactent de repousser leur demande le temps de la mobilisation.

REVUE VOLTAIRE

La Revue Voltaire s’associe naturellement au mouvement de protestation contre un projet qui fragilise ces missions de service public que sont l’enseignement et la recherche. Puisse la crise sanitaire inédite que nous vivons actuellement et qui est, pour partie, le résultat d’une même philosophie politique à courte vue, ramener nos dirigeants à la raison.

SAMAJ

Le Comité de rédaction de la revue SAMAJ (South Asia Multidisciplinary Academic Journal) s’oppose au projet gouvernemental de réforme des retraites et au projet concernant la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR), deux projets qui participent à la destruction du service public et des logiques de solidarité par la systématisation des logiques de marché et de mise en concurrence des individus. Afin de participer pleinement aux mobilisations en cours contre ces projets, nous nous déclarons en grève. Nous appelons nos collègues, et nos lectrices et lecteurs, à soutenir les mobilisations, à y participer, ainsi qu’à soutenir les caisses de grève.

Dans le cadre de cette grève, nous suspendons jusqu’à nouvel ordre notre travail éditorial pour nous consacrer pleinement au travail politique, par la participation à la mobilisation en France et aux initiatives collectives des revues en lutte, mais aussi par la participation à la réflexion autour des mobilisations en cours en Inde et à un effort de visibilisation dans le cadre de notre revue. En effet, en tant que revue française de sciences sociales sur l’Asie du Sud, nous souhaitons soutenir les manifestant·e·s mobilisé·e·s à travers l’Inde, dans les universités notamment, pour protester contre les politiques discriminatoires de l’État indien.

SAVOIR/AGIR

Répondre aux « chiens de garde »

Le collectif Savoir/Agir

Le contexte de parution du numéro 50 de Savoir/Agir nous rappelle opportunément la vocation-même de la revue : quel rôle les sciences sociales peuvent-elles jouer face à la « révolution » promise par Macron qui s’emploie à faire advenir un « nouveau monde » à l’image du XIXème siècle ? Comment soutenir les travailleurs en grève depuis le 5 décembre contre un projet de réforme des retraites qui poursuit, manu militari, le travail de destruction en cours de l’État social et des services publics ? Comment lutter efficacement contre l’individualisation rampante, la marchandisation, le « tout-au-privé » ? Comment défendre également l’autonomie de la recherche face aux réformes annoncées dans le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui prolonge la dégradation continue des métiers de l’enseignement et de la recherche ?

Les sciences sociales, avec les moyens qui sont les leurs, doivent répondre aux « chiens de garde » et à leurs maîtres : nous nous y emploierons. Pour l’heure, nous soutenons, bien sûr, la revendication de retrait du projet de réforme des retraites et les multiples mobilisations contre les politiques de dégradation des services publics (hôpital, transports, enseignement, justice, etc.).

SCIENCES DE LA SOCIETE

Le comité de rédaction de la revue Sciences de la Société, réuni à Toulouse en date du 9 mars, a décidé de rejoindre le mouvement des revues universitaires en lutte, et exprime par là sa solidarité avec les mobilisations actuelles : non seulement contre les arguments fallacieux d’une “loi de programmation pluriannuelle de la recherche”, qui préfigurerait la destruction de l’institution et l’esprit universitaires ; mais aussi contre la réforme des retraites, ou [quand la revue est née au sein d’un IUT] contre la réforme péremptoire et non concertée visant une refonte du diplôme de DUT en BUT (sic). A quoi s’ajouteront, fâcheusement toujours d’actualité, la dénonciation citoyenne de violences policières, et celle, au-delà, concernant la regrettable propension de nos gouvernants à toujours plus de verticalité et d’arbitraire. 

La revue annonce ainsi suspendre ses activités éditoriales et scientifiques pour le long terme ; et concernant les numéros déjà engagés, se mettre à l’extrême ralenti afin ne pas (trop lourdement) en pénaliser les auteurs

SEMEN

Semen, revue de Sémio-linguistique des textes et discours

Comme de nombreuses revues, Semen, publiée aux Annales Littéraires de l’Université de Franche Comté, se déclare en lutte et mobilisée contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Nous nous associons pleinement au mouvement de protestation en cours. Notre revue est profondément attachée aux principes de service public et de liberté de la recherche. Ce projet de loi porte atteinte à ces principes et à nos convictions.

Dans ce cadre, nous offrons la page de présentation de notre site (https://journals.openedition.org/semen/) comme espace de publication : nous vous invitons à nous envoyer des textes (entre 2000 et 6000 caractères espaces compris environ) portant sur l’actualité, la réforme, la mobilisation… Points de vue, analyses, lectures : votre participation est la bienvenue !

Contact : semen@univ-fcomte.fr

SOCIETES CONTEMPORAINES

Jeudi 9 janvier, la mobilisation interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites entrera dans sa sixième semaine. Comme nos collègues de la  plateforme revue.org/open edition et de la revue Genèses, nous nous joignons à ce mouvement de protestation. Contre la remise en cause de notre système de protection sociale, contre la destruction de l’ensemble de nos services publics, contre la marchandisation de la connaissance et la précarisation des producteurs et productrices de savoir [qui ira en s’accélérant avec les nouvelles réformes prévues pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche], le comité de rédaction de la revue Sociétés contemporaines est désormais en grève. Nous suspendons la parution de nos numéros et reportons l’examen des textes qui nous sont proposés.

Nous nous engageons et appelons à soutenir toutes les actions locales et manifestations nationales, à participer aux assemblées générales interprofessionnelles et celles du mouvement des « Facs et labos en lutte », à contribuer aux caisses de grève, pour intensifier et élargir la mobilisation, à travailler avec les camarades des autres revues en vue d’interventions communes.

Bien cordialement,
Le comité de rédaction de Sociétés contemporaines.

SOCIOLOGIE

La revue Sociologie, réunie en comité de rédaction le 5 février 2020, exprime sa solidarité avec les mobilisations en cours contre la réforme des retraites et les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous appelons à soutenir ces mobilisations et à y participer.

Nous remercions les collègues qui ont initié une mobilisation des revues de sciences sociales.

Nous publierons l’éditorial commun des revues en lutte dans le n°2-2020 et participerons à l’opération « Carnets blancs/affiches Science en danger »

Nous soutenons la mobilisation des salarié·es de la plateforme OpenEdition , sur laquelle est en partie éditée notre revue.

SOCIOLOGIE DU TRAVAIL

La revue Sociologie du travail mobilisée

Le comité de rédaction de la revue Sociologie du travail déclare sa solidarité avec les mobilisations en cours contre la réforme des retraites et les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous appelons à soutenir ces mobilisations et à y participer.

Nous remercions les collègues qui ont initié une mobilisation des revues de sciences sociales et nous sommes prêt·es à participer à des échanges en vue d’actions communes.

Nous soutenons en particulier les salarié·es de la plateforme OpenEdition, où est éditée notre revue, dans leur mobilisation.

Nous nous réunirons prochainement pour débattre des formes de notre mobilisation.

SOCIO-LOGOS

En solidarité avec les mouvements en cours et l’ensemble des personnels mobilisés notamment au sein de l’ESR, le comité exécutif de l’Association Française de Sociologie a décidé de se joindre à plusieurs des réseaux thématiques de l’association et de suspendre ses activités. La prochaine réunion du Comité exécutif de l’AFS (prévue le 17.01), ainsi que le rendu des dossiers de financement pour les journées inter-RT (prévu le 17.01) sont reportés. Le comité de rédaction de Socio-logos, la revue de l’association, suspend lui aussi son activité.

Le CE de l’AFS.

STAPS

Fondamentalement attachée aux valeurs de l’enseignement supérieur et de la recherche publique, la revue STAPS marque son opposition au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), dont les dispositions font peser de graves menaces sur le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les membres du comité de rédaction se déclarent solidaires avec la mobilisation actuelle du collectif des revues scientifiques, qui s’accompagne de celle de nombreux laboratoires, universités, etc. Ils encouragent les lectrices, lecteurs, contributrices et contributeurs à adopter une attitude de vigilance face à ce projet de loi. 

STRENAE

Le comité de rédaction de la revue Strenæ. Recherches sur les livres et objets culturels de l’enfance, en concordance avec l’association Afreloce dont elle émane, se déclare pleinement mobilisé contre la réforme des retraites et contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), dont les dispositions rendues publiques (cf. préconisations des groupes de travail) remettraient gravement en cause la conception que nous nous faisons de l’Université et de la recherche. Nous invitons les membres des comités, autrices, auteurs, lectrices et lecteurs de la revue qui se considèrent impliqué·e·s, à participer aux journées nationales de mobilisation et les engageons à discuter de la façon dont les chercheurs et chercheuses titulaires et précaires peuvent s’associer aux actions actuellement en cours. 

TECHNIQUES & CULTURE

Motion votée par le comité de rédaction de Techniques&Culture

La Rédaction de Techniques&Culture manifeste son opposition aux orientations inquiétantes de la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) contraires à l’esprit de coopération, de solidarité et de justice sociale et scientifique que la revue promeut depuis sa fondation en 1976 sous le patronage de Lucien Bernot, André Georges Haudricourt, André Leroi-Gourhan et Axel Steensberg.

Techniques&Culture tient son existence de la coopération entre les chercheurs-enseignants, les personnels d’appui à la recherche, les doctorants, les post-doctorants, les associations d’amateurs et plus largement les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche et des musées qui, tous ensemble, élaborent ses numéros. Techniques&Culture existe en toute indépendance intellectuelle à la faveur de financements pérennes provenant des institutions publiques de recherche et d’enseignement. Depuis plusieurs années déjà, la revue fait face à une baisse continue des effectifs, au sous-emploi dans le secteur de l’édition scientifique, à la précarisation accrue des personnels d’appui et des scientifiques hors statut, alors même que le nombre des articles parus et de ses lecteurs est en augmentation.

Convaincus de la nécessité de créer et de protéger un environnement de recherche et d’enseignement public stabilisé et libre, les membres du comité de rédaction de Techniques&Culture appellent à soutenir la mobilisation et à y prendre part. Nous remercions les collègues qui ont lancé une mobilisation des revues de sciences humaines et sociales et nous engageons à conduire ensemble une action collective.

Suivez-nous sur le Carnet de Techniques&Culture, Facebook et Twitter.

La Rédaction de Techniques&Culture

TEMPORALITES

La revue Temporalités est solidaire du mouvement des revues mobilisées contre la réforme des retraites. Si elle n’interrompt ni ses activités éditoriales (expertise, travail éditorial, réception des manuscrits, etc.), ni ses parutions, elle s’engage à se mettre aux côtés du mouvement social, en appelant par exemple à participer aux caisses de grève.

Elle s’emploie également à travailler à la publication d’un ou plusieurs numéros sur les temporalités des questions posées par les mobilisations actuelles : retraites, « grève », LPPR, etc.

Elle se déclare aussi pleinement solidaire de l’action des personnels d’OpenEdition du 17 décembre (cf. https://blogs.mediapart.fr/les-invisibles-de-lusr-2004/blog/100120/une-nouvelle-place-de-greve-retour-sur-un-blocage-numerique) de leur mode d’action et des objectifs poursuivis, notamment en termes d’interruption des flux.

Elle s’associe ainsi à son diffuseur/distributeur public, attaché à l’accès ouvert et public des connaissances, y compris s’il décidait d’interrompre l’accès à son fonds éditorial lors d’une prochaine journée de mobilisation ; et appelle toutes les revues mobilisées à faire de même et à remplacer leurs contenus par un texte de contestation qui devra être idéalement élaboré par toutes les revues, les carnets de recherche, les laboratoires et universités mobilisés.

À Paris, le 15 janvier 2020.

Le comité de rédaction de Temporalités, revue de sciences sociales et humaines

TEMPS DES MEDIAS. REVUE D’HISTOIRE

La revue d’histoire Le Temps des médias ne pourrait exister sans le travail des chercheurs et des enseignants-chercheurs qui participent à la fabrication de chaque numéro et s’investissent dans le souci de promouvoir et diffuser une recherche de qualité dans le domaine des études sur les médias.

Comme les autres revues scientifiques, l’économie de notre revue repose sur l’existence d’un service public de la recherche dont la liberté académique et l’indépendance financière doivent être garanties par l’État. Or, les orientations de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), telles qu’annoncées par le président-directeur général du CNRS Antoine Petit et les rapports des groupes de travail mandés par le gouvernement vont à l’encontre de ces principes : non seulement elles remettent en cause le fragile équilibre intellectuel, social et financier dans lequel la communauté scientifique œuvre à la production des connaissances, mais elles menacent également d’amplifier la crise que connaissent l’enseignement supérieur et la recherche.

Le comité de rédaction réaffirme son attachement aux principes suivants :

  • Encouragement de l’attractivité des métiers de la recherche par le refus d’une précarisation croissante et généralisée ;
  • Évaluation qualitative par les pairs ;
  • Soutien aux logiques de coopération scientifique contre la mise en concurrence systématique ;
  • Pluralisme et liberté de la recherche, menacés par un pilotage centralisé et le recul des financements récurrents ;
  • Retour à un équilibre entre enseignement et recherche selon les meilleures normes internationales, avec des sabbatiques réguliers, l’allègement des charges administratives et le refus de toute augmentation du service d’enseignement.

Pour ces raisons, dans l’attente de la présentation de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, les membres du comité de la revue Le Temps des médias, réunis le 28 janvier 2020, ont décidé de participer à la mobilisation en cours et de rejoindre le « Collectif des revues en lutte » en participant aux différentes actions envisagées (numéro conjoint, éditorial collectif, manifestations, etc.). Par ailleurs, pour faire entendre sa voix et sa spécificité, la revue, soucieuse de sa fonction sociale, bouscule son calendrier de travail afin de préparer un numéro thématique sur les enjeux de médiatisation des mouvements sociaux et leur mise en perspective historique.

TERRAIN – Anthropologie et sciences humaines

La loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), telle qu’elle a été préfigurée par les groupes de travail mandés par le gouvernement, vise à un renforcement de la mise en concurrence des chercheurs et des institutions, contraire à la coopération qui fonde tout travail de recherche. Ces orientations inquiétantes viennent s’ajouter à une baisse continue des effectifs et une situation de sous-emploi dénoncée depuis déjà plusieurs années, à la dégradation des conditions de travail et  la précarisation accrue de tous les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (BIATSS, ITA, enseignants-chercheurs, chercheurs, etc.), sans compter la dégradation des conditions de vie des étudiants.

La revue Terrain – Anthropologie et sciences humaines  s’associe à la mobilisation menée par d’autres revues et la communauté scientifique dans son ensemble, pour une LPPR à même de résorber, et non d’amplifier la crise dans laquelle sont plongés aujourd’hui l’enseignement supérieur et la recherche. Dans un esprit de défense des valeurs de coopération, de solidarité et de justice sociale, nous appelons à participer aux assemblées générales, à soutenir et à s’engager dans les actions et manifestations locales et nationales ainsi qu’à contribuer aux caisses de grèves, afin que le mouvement se poursuive et s’intensifie dans les jours à venir.

Le comité de rédaction de la revue Terrain Anthropologie et sciences humaines

TRACES

Tracés se joint à la grève contre la réforme des retraites et la LPPR !

Le 9 janvier 2020, des travailleurs et travailleuses de nombreux secteurs entament leur 36e jour de grève. Contrairement à ce que veut faire croire le gouvernement, ce mouvement ne concerne pas la seule préservation des régimes spéciaux ou de privilèges corporatifs spécifiques. Il s’agit de défendre un système de protection sociale mais aussi des valeurs telles que la solidarité, l’idée de service public, de justice sociale.

Notre comité de rédaction est particulièrement sensible, par sa composition et ses intérêts scientifiques, aux situations de précarité dans le monde universitaire, tant du côté de l’enseignement, que de la recherche et des fonctions support (Biatss,  ITA), ainsi que chez les étudiant.e.s

En suivant l’initiative prise par Genèses. Histoire et sciences sociales, nous nous mettons en grève et interrompons l’ensemble de nos activités éditoriales. Nous entendons par là participer  à la lutte contre la réforme des retraites qui, comme celle du chômage, va toucher de plein fouet le monde universitaire, en particulier les plus précaires. Nous entendons aussi  dénoncer la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), dont les conditions d’élaboration restent opaques, et dont les documents préparatoires prouvent qu’elle va encore fragiliser les conditions de production des savoirs et de transmission des connaissances, en dépit de constats clairs sur les besoins (emplois pérennes, accroissement des financements fondamentaux, faiblesse des salaires, etc.).

Notre comité de rédaction, attentif aux conditions de travail des sciences humaines et sociales (cycle Les sciences humaines et sociales au travail), juge insupportables les situations de sous-emploi ou d’emplois précaires dans lesquels se trouvent de nombreux-ses et talentueux-ses jeunes collègues, en raison de la réduction drastique des emplois pérennes à l’Université et dans les établissements de recherche .

Plus encore, nous sommes très inquiet-es devant la précarisation des emplois de BIATSS – dédiés à des fonctions d’édition par exemple – emplois très qualifiés et indispensables à la diffusion de nos disciplines. Or, l’actuelle structuration de l’emploi – carrières hachées, internationales, sous-payées –  va empêcher le personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche d’atteindre un niveau acceptable de retraite

En soutien et en participation aux luttes en cours, le comité de rédaction de Tracés. Revue de sciences humaines a décidé de se mettre en grève. Il appelle à participer aux journées de mobilisation des 9, 10 et 11 janvier 2019 et invite à réfléchir à toute forme d’action pour soutenir la lutte contre les retraites et une autre politique de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Les membres du comité s’engagent à contribuer aux caisses de grève indiquées ci-après (parmi d’autres) et appellent les lectrices et lecteurs à en faire autant.

    https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere
    https://bloquonsblanquer.fr/caisses-de-greve-2/
    https://www.lepotsolidaire.fr/pot/shwk4fae

Solidairement,
le comité de rédaction de Tracés.Revue de sciences humaines
Anaïs Albert, Annabelle Allouch, Thomas Angeletti, Amina Damerdji, Alice Doublier, Juliette Galonnier, Samuel Hayat, Igor Krtolica, Natalia La Valle, Stéphane Le Courant, Camille Paloque-Bergès, Anthony Pecqueux, Christelle Rabier, Federico Tarragoni

TRAITS-D’UNION

Le 31 janvier 2020, le comité de rédaction de la Revue Traits-d’Union (équipe du numéro 11) a voté la motion suivante (à majorité avec une abstention), prenant position contre la réforme des retraites et le projet de loi LPPR:

Motion de la revue Traits d’Union (Paris) :

La revue de doctorant.e.s et jeunes docteur.e.s Traits d’Union (Paris) rejoint la lutte contre la réforme des retraites et le projet de loi LPPR et suspend ses activités en soutien au mouvement de mobilisation. La Revue Traits-d’Union s’oppose au pré-projet LPPR (Loi de programmation pluriannuelle de la recherche), car ce dernier consacrerait la logique managériale à l’université avec le but de faire disparaître le statut de fonctionnaire, au moyen notamment des Contrats à Durée Déterminée de Chantier (rémunération des chercheur.se.s seulement sur des temps de “mission” sans garantie entre ces missions), et de la mise en concurrence entre chercheur.se.s et entre laboratoires pour poursuivre des recherches rentables économiquement.

Nous, jeunes chercheur.se.s de Traits-d’Union, nous opposons fermement à ce projet de réforme qui n’est qu’un exemple de la volonté généralisée du gouvernement d’affaiblir le service public, et de mettre à bas les principes de solidarité et d’égalité qui sont le socle du système éducatif français. Nous rejetons ce modèle universitaire qui renforcerait les inégalités entre universités et entre étudiant.e.s.

C’est pourquoi le comité de rédaction du numéro 11 a décidé de suspendre ses activités jusqu’à nouvel ordre. L’appel à communications pour le numéro 11 reste ouvert mais le calendrier de traitement est laissé en suspens.

Nous appelons les personnels et étudiant.e.s des universités à rejoindre le mouvement de mobilisation et à suspendre leurs activités pour participer activement à la grève.

Notre travail bénévole de doctorant.e.s et jeunes chercheur.se.s pour la revue nous amène tout particulièrement à appeler à la mise en place de mesures visant à réduire notre précarité :

  1. Pour renforcer le statut des jeunes chercheur.se.s doctorant.e.s :

> lutte contre la précarité doctorale par l’augmentation conséquente du nombre de contrats doctoraux et des contrats d’attaché.e.s temporaires de recherche (ATER)

  • Pour renforcer le statut des jeunes chercheur.se.s (jeunes docteur.e.s sans poste)

> L’augmentation du nombre de postes de maître.sse.s de conférence (MCF), en plus de l’augmentation des traitements des MCF, pour un meilleur encadrement des étudiant.e.s.

TransFormations

Les membres du comité de rédaction, directrice et rédactrice en chef de la revue TransFormations, revue de sciences de l’éducation et de la formation (CNU70) en libre accès https://transformations.univ-lille.fr/index.php/TF/index, s’associent au collectif des revues SHS en lutte et tiennent à afficher leur solidarité avec les mobilisations actuelles. Ils dénoncent les objectifs du projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) qui, en promouvant l’individualisation et la mise en concurrence des individus, collectifs et instances, font peser de graves menaces sur la recherche et l’enseignement supérieur. Nous rappelons que la valorisation de travaux scientifiques -comme toute démarche de recherche-  ne saurait s’inscrire dans de seules temporalités courtes induites par des appels à projets. Pour ne pas pénaliser ses contributeur.trice.s, la revue  poursuit ses travaux, tout en laissant chacun.e libre de participer par ailleurs à toute forme de contribution au mouvement social en cours pour défendre la recherche et l’enseignement supérieur.

TRANSPOSITION. MUSIQUE ET SCIENCES SOCIALES

Mobilisation : la revue Transposition. Musique et sciences sociales suspend son activité

Depuis la rentrée, des déclarations de mobilisation se multiplient dans les revues scientifiques, les laboratoires, les UFR, les séminaires, afin de lutter contre le projet de réforme des retraites mais aussi contre les transformations annoncées de l’Enseignement supérieur et la recherche (entrée en vigueur prévue en 2021 de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche). Le comité de rédaction de Transposition, solidaire de la mobilisation interprofessionnelle en cours, suspend temporairement ses activités éditoriales et scientifiques.

En tant que revue comprenant une part non négligeable de « précaires » de la recherche dans son comité comme dans ses auteur·e·s, c’est-à-dire des doctorant·e·s et des docteur·e·s non rémunéré·e·s de façon pérenne par les institutions d’enseignement supérieur et de recherche pour lesquelles ils·elles travaillent, nous tenions à souligner que les coûts d’une telle action, bien que difficiles à mesurer, ne sont pas les mêmes pour tou·te·s. Néanmoins, alors que les attaques contre une Université ouverte et réflexive se multiplient, en parallèle d’une forte répression des mouvements de contestation, il nous importait de joindre nos voix au concert des fanfares, chants engagés et protestataires, archets établis sur les places hier, aujourd’hui et demain : pour faire monter le son !

Since the beginning of the academic term, many journals, research groups, departments, and research seminars have announced their involvement in the mobilization not only against the planned reform of pensions in France but also against the upcoming transformations of higher education and research (a new law is expected to become effective in 2021). The board of Transposition, as a gesture of solidarity with this general mobilization, temporarily suspends its editorial andw scientific activities.

As a journal that includes a significant part of precarious researchers in its board as well as among its authors, i.e. PhD candidates and PhDs who do not receive a regular remuneration from the higher education or research institutions they work for, we want to emphasize that the costs of such an action, though difficult to measure, are not the same for all.

Nonetheless, at a time when an open university conceived as a site of free thought is increasingly under attack, and when protests are brutally repressed, it is important for us to join the concert of the marching bands, of the protest songs and anthems, of the strings and bows playing on yesterday’s, today’s and tomorrow’s squares: in sum, to pump up the volume!

Isabelle Mayaud, pour le Comité de rédaction de Transposition. Musique et sciences sociales

TRAVAIL GENRE ET SOCIETES

Travail, genre et sociétés s’engage contre les réformes en cours

La revue Travail, genre et sociétés tient à exprimer sa solidarité avec la mobilisation interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites et contre le projet de profondes transformations de l’enseignement supérieur et de la recherche (lppr – Loi de programmation pluriannuelle de la recherche). Elle rejoint le mouvement engagé par d’autres revues françaises de sciences humaines et sociales.

Spécialiste des questions de genre et travail, la revue Travail, genre et sociétés considère que les femmes seront les grandes perdantes du projet de réforme des retraites, en ne promouvant qu’une égalité par le bas. Su fait de la précarité, des carrières hachées, la plupart des retraité·e·s sous le seuil de pauvreté sont actuellement des femmes. La réforme accentuera encore cette profonde injustice.

En parallèle, les rapports préparatoires à la Loi de programmation préfigurent une accentuation des inégalités de genre déjà présentes dans l’Enseignement supérieur et la recherche. Des études ont déjà montré que la précarisation de l’emploi scientifique, la course à « l’excellent » et la managérialisation des universités et de laboratoires concourent à renforcer les inégalités de genre.

Le comité de rédaction décide donc de modifier le cours habituel de ses activités. La revue reporte jusqu’à nouvel ordre l’examen des propositions d’articles. Par ailleurs, elle bouscule son planning éditorial afin de programmer une nouvelle controverse sur Retraites, « toutes des gagnantes » ? Pour contribuer au débat social sur ces sujets, elle met à disposition sur son site web l’ensemble des articles déjà publiés sur le thème des femmes et des retraites, ainsi que sur le genre des carrières académiques.

Travail, genre et sociétés prendra part à l’élaboration de réflexions et d’actions communes avec les collègues des autres revues mobilisées.

Motion votée à l’unanimité des présent·e·s le 16 janvier 2020.

TRAVAILLER

TREMA

Fondamentalement attachée aux valeurs de l’enseignement public, de solidarité et de justice sociale, la revue Tréma, entend marquer son soutien aux mouvements sociaux en cours et, en particulier, son inquiétude à l’égard des propositions ministérielles concernant la formation des enseignants et son opposition à l’actuel projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

https://journals.openedition.org/trema/

TV/SERIES

La revue TV/Series (https://journals.openedition.org/tvseries/) se déclare en grève et s’inscrit dans le mouvement qui lutte pour protéger nos retraites et le service public d’enseignement supérieur et de recherche.

URBANITES

Depuis sept ans, la revue Urbanités a fait le choix de parler du fait urbain en publiant des textes libres d’accès sans jamais regarder les statuts des auteur·rice·s. Ses membres, bénévoles et venant de l’enseignement, de la recherche et de l’urbanisme, ont fait ce pari d’égalité, de fraternité et de sororité, qui permet de parler de la ville autrement et avec le plus grand nombre. Les projets de réforme en cours des retraites, de l’enseignement secondaire, de l’enseignement supérieur et la recherche nous semblent contrevenir radicalement à ces principes de solidarité et d’égalité. Nous avons fait le choix de soutenir les mouvements sociaux en cours sans suspendre l’accès au contenu de notre site, ni nos processus de relecture. Nous considérons qu’une interruption de notre site n’affecterait en rien ces réformes et serait contreproductive pour offrir des grilles de lecture de nos mondes urbains contemporains, d’autant que la revue Urbanités ne reçoit aucun soutien financier académique ou institutionnel. Nous invitons donc celles et ceux qui le peuvent à soutenir les mouvements sociaux en cours sous toutes les formes possibles (grève, participation à des caisses de grève, débats, happening urbain, expositions, etc.). 

LA VIE DES IDEES

Le Comité de rédaction affiche sa mobilisation contre le projet de réforme des retraites dont la forme actuelle entraîne une baisse très importante du niveau des pensions pour les enseignants et enseignants-chercheurs. Il se joint au mouvement de protestation contre le projet de loi, en préparation, portant sur la programmation pluriannuelle de la recherche. Ce projet de loi va dans le sens d’une précarisation croissante des emplois dans l’enseignement supérieur et la recherche qui fragilise en particulier l’avenir des sciences sociales.

ZILSEL

Alors que nous achevions la septième livraison de Zilsel à paraître fin février, la France connaît un mouvement de contestation d’une rare ampleur, provoqué par plusieurs réformes menées tambour battant par le gouvernement du président Macron. Ces réformes visent notamment le système d’assurance-chômage, le mode de financement des retraites, les structures éducatives et les programmes scolaires, le système des hôpitaux publics, ou encore le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR).

En tant que revue de sciences humaines et sociales (SHS), Zilsel est directement concernée par le projet de réforme de l’organisation de l’ESR que le gouvernement souhaite intensifier à travers une « Loi de programmation pluriannuelle de la recherche » (LPPR). Son équipe de rédaction s’inquiète tout particulièrement des tendances que cette loi promet d’aggraver dans un avenir très proche : précarisation accrue des personnels, dépossession des instances de décision et d’orientation, mise en concurrence déraisonnée des équipes et des individus, appuyée sur des modes d’évaluation primaires. Si ces orientations sont promues par la présidence du CNRS à travers une référence aussi inquiétante qu’erronée au « darwinisme », il est au contraire certain qu’elles visent à aligner l’ESR français sur les modalités déjà en place au pays de Darwin et dans la majorité des systèmes de recherche à l’échelon mondial.

Face à cette offensive, les chercheur·ses, enseignant·e·s et technicien·ne·s de l’ESR se sont massivement mobilisé·e·s et ont multiplié les formes d’action (lors des manifestations nationales, bien sûr, mais aussi en interrompant leurs activités d’enseignement et de recherche).

À l’instar de la revue Genèses, dont le comité éditorial s’est déclaré en grève le 6 janvier, de nombreuses revues de SHS ont nourri ce mouvement de contestation, en cessant leurs activités ou bien en déclarant consacrer l’essentiel de leurs ressources à la critique et à la lutte politiques. Les discussions menées au sein de l’équipe de rédaction de Zilsel ont rapidement permis d’acter sa participation à ce mouvement. L’organisation collective de la revue en prend acte à partir d’aujourd’hui, en conformité avec les orientations et principes décidés par son comité de rédaction, et ce pendant toute la durée de la lutte contre les projets actuels du gouvernement, tous secteurs confondus.

Si nous achevons le numéro 7 et poursuivons la préparation des prochains numéros en assumant un ralentissement et un report de leur publication, pour que chaque membre de la rédaction puisse se mobiliser, nous avons décidé de compléter cet engagement par une interruption de la commercialisation des numéros parus sur la plateforme Cairn.info. Ce n’est donc pas au niveau de l’édition scientifique que nous bloquons, mais à celui, stratégique, de la diffusion. Nous souhaitons ainsi prolonger l’action menée par les collègues d’OpenEdition, qui ont suspendu durant une journée l’accès aux contenus de la plateforme et continuent de se mobiliser pour faire valoir leurs droits. Cette action aura permis de souligner le travail injustement invisibilisé des travailleur·ses du numérique et de mettre l’accent sur le caractère non automatique du maintien de nos infrastructures éditoriales, qui sont aussi des espaces d’autonomie savante (enfin, qui peuvent l’être). En lieu et place des articles proposés par notre revue, nous plaçons ici ce texte court d’explication, auquel s’ajoute une sélection d’articles en accès libre, regroupés dans un numéro « en grève ». Ces textes nous paraissent utiles à la réflexion dans les circonstances que nous subissons, tant dans l’appréhension des menaces pesant sur l’autonomie de nos milieux, que dans la défense et l’illustration d’une autre façon de faire vivre les communautés scientifiques.

21 commentaires sur « Liste et motions des revues »

  1. Appel à articles exceptionnel et complémentaire
    Pour le Recherches Familiales n° 18
    A paraître en janvier 2021
    « Familles et luttes politiques et sociales »

    Suite à la présentation du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui donne lieu à un vaste mouvement de contestation dans les universités et les centres de recherche français, beaucoup de chercheuses et chercheurs annulent toute activité de recherche, comme les colloques et manifestations. Par ailleurs, un grand nombre des revues de sciences humaines et sociales participent à un mouvement de grève et cessent toute activité.
    Après discussion au sein de son comité de rédaction le vendredi 7 février 2020, la revue Recherches Familiales, étant internationale et de publication annuelle, a décidé de ne pas suspendre ses activités.
    En revanche, par solidarité et pour montrer leur engagement, les membres du comité ont décidé de compléter l’appel à articles pour le n° 18 intitulé : « Les états de la famille suite à la séparation du couple » (cf. appel à articles à : https://www.unaf.fr/spip.php?article25543 ), à paraître en janvier 2021, par un second appel sur le thème « Familles et luttes politiques et sociales » qui permettra de poser, en lien avec l’actualité, un nouveau questionnement sur la place de la famille dans les mobilisations politiques.
    La famille comme objet de lutte
    En quoi la famille peut-elle être objet de lutte ? Le principe de la famille comme bénéficiaire d’une attention politique singulière, une certaine représentation de la famille ou une défense de formes de familles, voire des situations familiales particulières, peuvent être au cœur de luttes politiques et sociales. Quels en sont les enjeux, les acteurs, les objectifs ? Comment se manifestent ou se traduisent ces luttes ? En quoi rendent-elles compte de la famille, des familles ou de certaines familles ? Quelles analyses peuvent être conduites à ce propos ?
    Les familles actrices de lutte
    Quelles sont les familles engagées dans des luttes ? Au nom de quels valeurs, idées, représentations, revendications, objectifs ? Quels membres de la famille se mobilisent ? Que représentent-ils ? Comment luttent-ils ? Sous quelles formes de mobilisation ?
    Les conséquences et impacts de la lutte dans la vie familiale
    Finalement, quelles sont les conséquences, sur le moment, des luttes politiques et sociales sur les dynamiques internes des familles, en termes de rôles, de rapports de pouvoir, d’organisation, bref de fonctionnement général ? A moyen-terme et long-terme, qu’est-ce qu’une lutte ou un type de lutte a eu comme conséquences durables sur cette vie familiale ?
    Plus largement, est-ce que la lutte est une forme de socialisation pour la famille, en tant qu’entité ? Est-ce qu’elle peut renforcer l’entité familiale, sous la forme par exemple d’un sentiment d’appartenance, ou l’affaiblir ?
    Indications techniques
    Les articles entièrement rédigés sont à proposer au Comité de lecture de Recherches Familiales avant le 1er mai 2020. La revue paraîtra en janvier 2021.
    Pour mieux connaître la revue : http://www.unaf.fr/spip.php?rubrique181
    Pour consulter le règlement intérieur : http://www.unaf.fr/spip.php?article16501
    Anonymat
    Il appartient aux auteur.e.s de rendre anonyme leur article. Lorsqu’ils.elles citent leur propre référence, ils.elles doivent indiquer « XXX » à la place de leur nom.
    En revanche, le message d’accompagnement doit indiquer l’ensemble des auteur.e.s, l’institution de rattachement et le texte originel qui paraîtra dans la version finale à la place des « XXX » sus-mentionnés, en cas de diffusion.
    Article
    40 000 caractères, notes de bas de page et espaces compris. L’article doit être accompagné d’un résumé de 700 à 900 caractères, espaces compris.
    Références
    Ne pas utiliser le système américain (nom de l’auteur(e) et page entre parenthèses), mais le système « français » de référence intégrale en note de bas de page. Pour le référencement, voir les articles de la revue déjà publiés.
    La revue Recherches Familiales est publiée en version papier et en version électronique sur les sites Portail Doc de l’Unaf et Cairn. La revue fait l’objet de plus de 15 000 téléchargements d’articles par mois.
    La revue Recherche Familiale fonctionne selon des principes stricts de lutte contre le plagiat, y compris d’autoplagiat. L’auteur.e doit s’engager sur l’honneur que l’article proposé est un travail original, fruit d’un travail personnel. Ce travail a été rédigé de manière autonome, sans recourir à d’autres sources ou outils que ceux que l’auteur.e a explicitement déclarés comme tels. Ce travail ne comporte pas de plagiat ni d’autoplagiat. Tous les développements repris d’une source extérieure sont cités entre guillemets avec un renvoi précis à la source dûment identifiée (y compris Internet). Le fait de ne pas citer une source, ou de ne pas la citer correctement, est constitutif de plagiat. Le plagiat est considéré comme une faute grave par le comité de rédaction de la revue Recherches Familiales, qui se réserve la possibilité de la dénoncer.
    Envoyez votre article (fichier en format Word ou Rtf) par courrier électronique à recherches.familiales@unaf.fr. Date limite d’envoi : 1er mai 2020. Un accusé de réception vous sera envoyé.
    A noter : Si l’article est susceptible d’être publié (décision du comité de rédaction), il sera demandé à l’auteur.e de signer deux documents : une autorisation de reproduction/cession de droits et une déclaration sur l’honneur assurant que l’article présenté ne comporte pas de plagiat.

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