Le savoir n’est pas une marchandise !

Les facs et les labos ne sont pas des entreprises !

Derrière l’évaluation de Macron : la marchandisation !

Aujourd’hui, facs et labos en lutte était à l’HCERES pour rendre ses rapports au Haut Conseil. L’évaluation de la production scientifique soit être faite par les scientifiques dans un but de validation et d’amélioration des connaissances. Nous ne voulons pas d’un haut conseil qui quantifie la production scientifique pour mettre les chercheurs et les chercheuses en concurrence.

Mesdames, Messieurs et les autres !

Vous en avez assez de cette bande d’évaluateurs/trices ? Et bien on va vous en débarrasser ! Ah, bien évidemment ce ne sont pas les mots de notre président actuel. Bien au contraire, ce que nous promet ce gouvernement c’est évaluer plus pour gagner moins ! Commenter, critiquer, évaluer, on est d’accord, c’est le propre du travail des universitaires, c’est le quotidien dans l’université et la recherche.

Mais quand le principal conseiller de Macron se présente pour prendre la tête de l’agence d’évaluation et que les quatre autres candidats se retirent…on doit s’inquiéter ! Si Thierry Coulhon, le conseiller enseignement supérieur – recherche de l’Élysée, est candidat à la présidence de l’agence d’évaluation, l’HCERES, c’est pour y réinstaurer les notes (abandonnées en 2014) et « reconstruire, le lien entre l’évaluation et l’allocation des moyens »[1]. C’est le cœur de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, la LPPR, la loi « inégalitaire et Darwinienne » voulue par le PDG du CNRS : financer les labos non pas suivant leurs besoins, pour mener des recherches autonomes dans des conditions décentes et sans précarité, mais en fonction de leurs résultats évalués à l’aune des critères néolibéraux.

C’est une évaluation quantitative, qui donne une note, et non un avis ou une critique, parce qu’il ne s’agit pas d’améliorer le travail mais de lui donner un équivalent monétaire : il s’agit de transformer établissement, labo,et chercheur·ses en entreprise ! Une fois qu’on a des points, c’est comme pour les retraites, le gouvernement fixe la valeur du point et paye mécaniquement les labos proportionnellement à leur note. Et tout ce qui n’est pas un article (un livre), ou tout ce qui est mal côté (un article dans une autre langue que l’anglais), ne rapporte aucun point.

Mais rassurez-vous, chères start-upeuses et entrepreneurs de vous-même que vous êtes, le gouvernement planche déjà sur une superbe et ergonomique application smartphone intelligente pour faciliter toutes ces évaluations : il nous suffira d’envoyer des étoiles et des cœurs à nos collègues pour décider du financement de leurs recherches, préparez donc vos meilleurs selfies !

Plus sérieusement, Nous savons ce qui se passe en Angleterre où la recherche est financée par une agence d’évaluation quantitative : les labos ferment, à commencer par les sciences humaines et sociales, et des milliers d’enseignant·es-chercheur·ses sont « rétrogradé·es » en enseignant·es avec beaucoup plus d’heures de cours au même salaire (quand ielles ne sont purement pas licencié·es).

L’évaluation de Macron et Coulhon, c’est une reproduction du fonctionnement marchand, avec toutes ses implications en termes de précarité des personnels et de management à la performance.

L’évaluation de Macron et Coulhon, c’est aussi une recherche aux ordres. Qui osera travailler sur le risque nucléaire, les OGM ou sur les émissions des multinationales françaises s’il faut obtenir une validation par le gouvernement une fois les recherches produites, et si le transfert de la recherche vers l’innovation, c’est-à-dire les intérêts privés, est le principal critère d’évaluation ?

Face à ce projet de marchandisation par l’évaluation, 5000 universitaires se sont porté·es collectivement candidat·es pour une présidence collégiale de l’HCERES qui remette l’évaluation à sa place et lui rende sa fonction dans la production collective des savoirs.

49 facs, 121 labos, 6 ESPE, 8 collectifs de précaires, 93 revues, 13 sociétés savantes, 42 séminaires, 10 sections CNU (recensement du 30 janvier, voir ici), sont mobilisés contre la précarité, contre cette la loi de programmation pluriannuelle de la recherche et contre la casse des retraites.

Face aux systèmes par points de la LPPR et de la réforme des retraites et à leur logique productiviste, nous voulons une université ouverte et une société solidaire, financées suivant les besoins !

En attendant, balance ton rapport !


[1] Thierry Coulhon, septembre 2020, colloque sur l’avenir de l’HCERES.

Un commentaire sur « Les facs et labos en lutte rendent à l’HCERES ses rapports ! »

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