Voici la liste des labos mobilisés recensés. Les motions votées présentées sur les sites des labos sont accessibles en cliquant sur leur acronyme ou en bas de page.

TOUTES ET TOUS ENSEMBLE POUR ARRÊTER LA RECHERCHE ET L’UNIVERSITE LE 5 MARS

Si vous souhaitez ajouter un labo à cette liste (ou une motion en lien), vous pouvez écrire à labosmobilises@protonmail.com

  1. Acteurs, ressources et territoires dans le développement (ART-Dev)
  2. AG des Laboratoires de l’Université Toulouse II-Jean Jaurès
  3. AGORA
  4. Analyse comparée des pouvoirs (ACP)
  5. Anglophonie : Communautés, Ecritures (ACE)
  6. Anthropologie et histoire des mondes antiques (ANHIMA)
  7. Archéologie des Amériques (ArchAm)
  8. Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés (ARTEHIS)
  9. Archéozoologie, Archéobotanique, Sociétés, Pratiques, Environnements (AASPE)
  10. Archimède (Archimède)
  11. ARENES (ARENES)
  12. Archéologies et Sciences de l’Antiquité (ARSCAN)
  13. BABEL
  14. Centre Amiénois de Recherche en Education et Formation (CAREF)
  15. Centre André Chastel (CAC)
  16. Centre Atlantique de Philosophie (CAPHI)
  17. Centre Camille Julian (CCJ)
  18. Centre d’Analyse et de Recherche Interdisciplinaires sur les Médias (CARISM)
  19. Centre d’anthropologie culturelle (CANTHEL)
  20. Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation (CESCO)
  21. Centre d’Économie de l’Université Paris-Nord (CEPN)
  22. Centre d’Économie et de sociologie appliquées à l’Agriculture et aux Espaces ruraux (CESAER)
  23. Centre d’étude de la langue et des littératures françaises (CELLF)
  24. Centre d’Étude des Arts Contemporains (CEAC)
  25. Centre d’Étude des Mouvements Sociaux (CEMS)
  26. Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CEIAS)
  27. Centre d’études des langues et littératures anciennes et modernes (CELLAM)
  28. Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC)
  29. Centre d’études des Relations des contacts linguistiques et littéraires (CERCLL)
  30. Centre d’Études en Civilisations Langues et Lettres Étrangères (CECILLE)
  31. Centre d’études en sciences sociales du religieux (CESOR)
  32. Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA)
  33. Centre d’études et de recherche en informatique et communication (CEDRIC)
  34. Centre d’Études et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales (CERAPS)
  35. Centre d’études et de recherches comparées sur la création (CERCC)
  36. Centre d’études et de recherches de science administrative (CERSA)
  37. Centre d’études européennes et de politique comparée (CEE)
  38. Centre d’études himalayennes (CEH)
  39. Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine (CECMC)
  40. Centre d’Étude sur les Littératures Étrangères et Comparées (CELEC)
  41. Centre d’étude des discours, images, textes, écrits, communication (CEDITEC)
  42. Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET)
  43. Centre d’Etudes Politiques de l’Europe Latine (CEPEL)
  44. Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation (CEMTI)
  45. Centre d’Études Turques, Ottomanes, Balkaniques et Centrasiatiques (CETOBaC)
  46. Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CHS)
  47. Centre de Linguistique en Sorbonne (CELISO)
  48. Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CReAAH)
  49. Centre de recherche en économie & management (CREM)
  50. Centre de Recherche en Géographie et Aménagement (CRGA-EVS)
  51. Centre de recherche en histoire européenne comparée (CRHEC)
  52. Centre de Recherche et d’Études Histoire et Sociétés (CREHS)
  53. Centre de Recherche et de Documentation des Amériques (CREDA)
  54. Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie (CREDO)
  55. Centre de recherche interdisciplinaire en histoire, histoire de l’art et musicologie (Criham)
  56. Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3)
  57. Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP)
  58. Centre de recherche sur les identités nationales et l’interculturalité (CRINI)
  59. Centre de recherche sur l’industrie, les institutions et les systèmes économiques d’Amiens (CRIISEA)
  60. Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS)
  61. Centre de recherche sur les médiations (CREM)
  62. Centre de recherche sur les sociétés et environnements en Méditerranée (CRESEM)
  63. Centre de Recherches Anglophones (CREA)
  64. Centre de Recherches en Paléontologie (CR2P)
  65. Centre de Recherches Historiques (CRH)
  66. Centre de Recherches « Individus, Épreuves, Sociétés » (CERIES)
  67. Centre de recherches internationales (CERI)
  68. Centre de Recherches Sémiotiques (CERES)
  69. Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA)
  70. Centre de Sociologie des Organisations (CSO)
  71. Centre Émile Durkheim (CED)
  72. Centre Européen de Sociologie et Sciences Politiques (CESSP)
  73. Centre François Viète (CFV)
  74. Centre Georges Chevrier (CGC)
  75. Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherches sur l’Expression Contemporaine (CIEREC)
  76. Centre Interdisciplinaire de Recherche Culture Éducation Formation Travail – Éducation et scolarisation (CIRCEFT-ESCOL)
  77. CEntre Lasers Intenses et Applications (CELIA)
  78. Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques (Clersé)
  79. Centre Maurice Halbwachs (CMH)
  80. Centre Max Weber (CMW)
  81. Centre Michel de Boüard-Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales (CRAHAM)
  82. Centre Nantais de Sociologie (CENS)
  83. Centre Norbert Elias (CNE)
  84. Centre Pierre Naville (CPN)
  85. Centre Population et Développement (CEPED)
  86. Centre Tourangeau d’Histoire et d’études des Sources (CETHIS)
  87. Centre Universitaire de Recherches Administratives et Politiques de Picardie (CURAPP-ESS)
  88. CItés, TERritoires, Environnement et Sociétés (CITERES)
  89. Clinique de l’Acte et PsychoSexualité (CAPS)
  90. COACTIS (COACTIS)
  91. Cognitions humaine et artificielle (CHArt)
  92. Conflits, représentations et dialogues dans l’univers anglo-saxon (CORPUS)
  93. Confluences (SFR Confluences)
  94. Croyance, Histoire, Espace, Régulation Politique et Administrative (CHERPA)
  95. Cultures et Environnements Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM)
  96. De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie (PACEA)
  97. Dynamiques et Écologie des Paysages Agriforestiers (DYNAFOR)
  98. Dynamiques et enjeux de la diversité linguistique et culturelle (DYNADIV)
  99. Dynamiques Européennes (DynamE)
  100. Eco-anthropologie (EA)
  101. École, Mutations, Apprentissages (EMA)
  102. Edition, Littératures, Langages, Informatique, Arts, Didactique, Discours (ELLIADD)
  103. Éducation et Diversité en espaces Francophones (FRED)
  104. Éducation, Cultures, Politiques (ECP)
  105. Entrepôts, Représentation et Ingénierie des Connaissances (ERIC)
  106. Équipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Îles Britanniques, l’Irlande et l’Amérique du Nord (ERIBIA)
  107. Équipe de Recherche sur les Mutations de l’Europe et de ses Sociétés (ERMES)
  108. Espaces et Sociétés (ESO)
  109. Esthétiques, sciences et technologies du cinéma et de l’audiovisuel (ESTCA)
  110. Études Montpelliéraines du Monde Anglophone (EMMA)
  111. Études Romanes (ER)
  112. Fédération Île-de-France de Recherche sur l’Environnement (21 labos) (FIRE)
  113. France, Amériques, Espagne – Sociétés, pouvoirs, acteurs (FRAMESPA)
  114. Géographie-Cités (Géographie-Cités)
  115. Groupe d’Étude des Méthodes de l’Analyse Sociologique de la Sorbonne (GEMASS)
  116. Groupe d’Études et de Recherche Interdisciplinaire en Information et Communication (GERIICO)
  117. Groupe de recherche sur le handicap, l’accessibilité, les pratiques éducatives et scolaires (GRHAPES)
  118. Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication (GRIPIC)
  119. Groupe de REcherches Sociologiques sur les sociétés Contemporaines (GRESCO)
  120. Habiter le monde (Habiter le monde)
  121. Hellénisation et romanisation dans le monde antique (HERMA)
  122. Histoire, archéologie, littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux (CIHAM)
  123. Histoire-Territoire-Mémoire (HisTeMé)
  124. HydroSciences Montpellier (HSM)
  125. Identité et différenciation de l’espace, de l’environnement et des sociétés (IDEES)
  126. Identité et Subjectivité (IS)
  127. Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (IDEMEC)
  128. Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités (IHRIM)
  129. Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST)
  130. Institut d’histoire moderne et contemporaine (IHMC)
  131. Institut de biologie Paris-Seine (IBPS)
  132. Institut de Géographie et d’Aménagement (IGARUN)
  133. Institut de Mathématiques de Marseille (I2M)
  134. Institut de Mathématiques de Toulouse (IMT)
  135. Institut de recherche en Musicologie (IREMUS)
  136. Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales (IRISSO)
  137. Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS)
  138. Institut de recherche mathématique de Rennes (IRMAR)
  139. Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel (IRCAV)
  140. Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (ISYEB)
  141. Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie (ILCEA4)
  142. Institut des mondes africains (IMAF)
  143. Institut des Neurosciences Paris-Saclay (Neuro-PSI)
  144. Institut des Sciences sociales du Politique (ISP)
  145. Institut Français de Géopolitique (IFG Lab)
  146. Institut Français de Recherche sur l’Asie de l’Est (IFRAE)
  147. Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain (IIAC)
  148. Institut Jean le Rond d’Alembert
  149. Institutions et Dynamiques Historiques de l’Économie et de la Société (IDHES)
  150. Interaction, Transferts, Ruptures artistiques et culturelles (INTRU)
  151. Justice sociale (Pacte)
  152. Justice, Espace, Discriminations, Inégalités (JEDI)
  153. L’Antique, le Moderne (LAMo)
  154. Lab’Urba (Lab’Urba)
  155. Laboratoire Amiénois de Mathématique Fondamentale et Appliquée (LAMFA)
  156. Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement (LAVUE)
  157. Laboratoire Charles Fabry (LCF)
  158. Laboratoire Chine, Corée, Japon (CCJ)
  159. Laboratoire d’Acoustique de l’Université du Mans (LAUM)
  160. Laboratoire d’analyse et de mathématiques appliquées (LAMA)
  161. Laboratoire d’Anthropologie et de Psychologie Cliniques, Cognitives et Sociale (LAPCOS)
  162. Laboratoire d’Anthropologie Sociale (LAS)
  163. Laboratoire d’Ecologie alpine de Grenoble (LECA)
  164. Laboratoire d’économie de Dauphine (LEDA)
  165. Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail (LEST)
  166. Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC)
  167. Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS)
  168. Laboratoire d’études et de recherche en sociologie (LABERS)
  169. Laboratoire d’Études en Sciences des Arts (LESA)
  170. Laboratoire d’Etudes Romanes (LER)
  171. Laboratoire d’Études Sociologiques sur la Construction et la Reproduction Sociales (LESCORES)
  172. Laboratoire d’Informatique de Paris-Nord (LIPN)
  173. Laboratoire d’Informatique et Systèmes (LIS)
  174. Laboratoire d’Informatique Fondamentale et Appliquée de Tours (LIFAT)
  175. Laboratoire d’Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN)
  176. Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP)
  177. Laboratoire de Géographie Physique (LGP)
  178. Laboratoire de L’Éducation (LLE)
  179. Laboratoire de Linguistique et Didactique des Langues Étrangères et Maternelles (LIDILEM)
  180. Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (LAMOP)
  181. Laboratoire de Phonétique et Phonologie (LPP)
  182. Laboratoire de Physique des Lasers (LPL)
  183. Laboratoire de Physique des Lasers, Atomes et Molécules (PHLAM)
  184. Laboratoire de Physique Nucléaire et des Hautes Énergies (LPNHE)
  185. Laboratoire de Physique Théorique et de la Matière Condensée (LPTMC)
  186. Laboratoire de Psychologie Sociale (LPS)
  187. Laboratoire de psychologie sociale : Contextes et régulation (LPS)
  188. Laboratoire de recherche en informatique de Sorbonne Université (LIP6)
  189. Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes (LARHA)
  190. Laboratoire de Recherche sur les Cultures Anglophones (LARCA)
  191. Laboratoire de sociologie, philosophie et anthropologie politiques (SOPHIAPOL)
  192. Laboratoire des Dynamiques Sociales (DySoLab)
  193. Laboratoire des sciences de l’environnement marin (LEMAR)
  194. Laboratoire des Sciences Sociales du Politique (LaSSP)
  195. Laboratoire Dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS)
  196. Laboratoire Ethologie Cognition Développement (LECD)
  197. Laboratoire Image, Ville, Environnement (LIVE)
  198. Laboratoire Interdisciplinaire d’Etudes du Politique Hannah Arendt de Paris Est (LIPHA)
  199. Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités – Fonds Yan Thomas (LIER-FYT)
  200. Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (LIRTES)
  201. Laboratoire interdisciplinaire en physique (DYSCO)
  202. Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE)
  203. Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires (LISST)
  204. Laboratoire Jean Perrin (LJP)
  205. Laboratoire junior Contraception&Genre (Contraception&Genre)
  206. Laboratoire Langages, Littératures, Sociétés, Etudes Transfrontalières et Internationales (LLESTI)
  207. Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales (2L2S)
  208. Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques (LMPQ)
  209. Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES)
  210. Laboratoire Ondes et Milieux complexes (LOMC)
  211. Laboratoire Population, Environnement, Développement (LPED)
  212. Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS)
  213. Laboratoire Ville, Mobilité, Transport (LVMT)
  214. Laboratoires SHS Poitiers
  215. Langues et civilisations à tradition orale (LACITO)
  216. Les Afriques dans le Monde (LAM)
  217. Lettres et Civilisations Etrangères (LCE)
  218. Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH)
  219. Matériaux et Phénomènes Physiques (MPQ)
  220. Médialab (Médialab)
  221. Migrations Internationales, Espaces et Sociétés (MIGRINTER)
  222. Milieux environnementaux, transferts et interactions dans les hydrosystèmes et les sols (METIS)
  223. Mondes Américains (Mondes Américains)
  224. MSH Mondes (MSH Mondes)
  225. MUSIDANCE (MUSIDANCE)
  226. Observatoire sociologique du changement (OSC)
  227. Pacte, Laboratoire de sciences sociales (PACTE)
  228. PASSAGES
  229. PLEIADE (PLEIADE)
  230. Pôle de Recherche pour l’Organisation et la Diffusion de l’Information Géographique (PRODIG)
  231. POUCHET
  232. Professions, institutions, temporalités (PRINTEMPS)
  233. Recherches en Psychopathologie et Psychanalyse (RPpsy)
  234. Sciences – Philosophie – Histoire (SPHERE)
  235. Science, philosophie, humanités (SPH)
  236. Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE)
  237. Temps, Espaces, Langages, Europe Méridionale – Méditerranée (TELEMMe)
  238. Textes et documents de la Méditerranée antique et médiévale (TDMAM)
  239. Trajectoires. De la sédentarisation à l’État (TRAJECTOIRES)
  240. Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)
  241. Textes, Représentations, Archéologie, autorité et Mémoire de l’antiquité à la renaissance (TRAME)
  242. Transversalités critiques et Savoirs Minoritaires (TRANSMIS)
  243. Travaux et Recherches Archéologiques sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés (TRACES)
  244. Triangle. Action, discours, pensée politique et économique (TRIANGLE)
  245. Unité de Recherche Migrations et Société (URMIS)
  246. Vision, Action, Cognition, Institut de Psychologie (VAC)

Liste de motions de labos (qui n’apparaissent pas sur les sites des labos)

Acteurs, ressources et territoires dans le développement (ART-Dev)

Motion votée le 27 janvier 2020 par les membres de l’UMR ART-Dev réuni.e.s en Assemblée Générale extraordinaire. Nous, membres de l’UMR ART-Dev réuni.e.s en AG extraordinaire le 27 janvier 2020, affirmons notre opposition au programme concerté de destruction de nos conditions d’emploi, de travail et de vie, en particulier au projet de réforme des retraites et à la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Prolongeant de multiples réformes ayant touché le monde du travail en général, et l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) en particulier, ces lois vont encore approfondir la dégradation des conditions de travail et nos missions de service public. Nous lançons un appel à la mobilisation et à la lutte pour dénoncer le projet de loi sur les retraites et le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). La précarité structurelle et la dégradation des conditions de travail affectent d’ores et déjà l’ensemble du monde universitaire. Titulaires en surcharge de travail permanente, précaires assurant une part croissante de l’enseignement et du travail administratif, jeunes chercheur.se.s alternant entre contrats ponctuels et périodes de chômage pour produire des recherches, étudiant.e.s en voie de paupérisation. Le recours aux vacations se fait parfois hors de tout cadre légal. Les structures de démocratie universitaire comme le Conseil National des Universités et le Comité national du CNRS sont progressivement dépouillées de leurs prérogatives. Loin de proposer un plan massif de recrutement et la pérennisation des crédits de recherche, les rapports préparatoires à la LPPR prévoient ainsi pour les enseignant.e.s et chercheur.se.s et les personnels BIATSS et ITA :

  • l’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR (tenure tracks, CDI de projets, etc.) ;
  • le renforcement de la logique managériale dans l’ESR : multiplication des primes variables, primat de la logique d’appels à projets comme mode de financement de la recherche, augmentation de la concurrence entre unités de recherche avec des dotations aux laboratoires en fonction de l’évaluation HCERES ;
  • la remise en cause du statut des Enseignant.e.s-Chercheur.e.s et des Chercheur.e.s avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD ;
  • le non-paiement des heures complémentaires ;
  • l’instauration d’un système de régulation collectif des charges d’enseignement au niveau de la composante (UFR, faculté, département) en y intégrant les laboratoires (les « excellents » en recherche ayant moins de charges d’enseignement au détriment des « moins excellents ») ;
  • la remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs (ces fonctions seraient alors assurées par les universités, ce qui ouvrirait la voie à des logiques localistes).
    Cette réforme généralise la précarisation, asservit toute pensée à la logique managériale, anéantit la liberté d’étude et de recherche. Les propos du Président Directeur Général du CNRS, qui appelle à une loi « inégalitaire » et « darwinienne », ou du Président de la République, hiérarchisant les chercheur.e.s entre les « mauvais » et les « plus performants », nous paraît dangereuse et contraire à l’esprit même du service public de la recherche.
    Au-delà de la LPPR, la logique qui préside à ces politiques est non seulement la même que celle de la contreréforme des retraites ou encore celle de l’assurance chômage, mais leurs effets délétères se conjuguent. Ces décisions politiques remettent en cause les logiques de solidarité nationale, et accentuent le démantèlement des services publics. À titre d’exemples :
  • Dans un secteur où l’entrée en poste se fait entre 30 et 35 ans au minimum, avec des carrières en pointillés avant cette tranche d’âge, la réforme des retraites va directement nous affecter en nous faisant perdre a minima plusieurs centaines d’euros par mois à l’âge de la retraite, et reculer l’âge de départ à la retraite à 64 ans, et même 67 ans pour nos jeunes collègues.
  • Dans un secteur où de nombreux précaires pâtissent de carrières hachées, la réforme de l’assurance-chômage va rendre encore plus difficiles les conditions de vie de nombreux.ses travailleurs et travailleuses de l’ESR.
    Enfin, ces transformations de l’ESR vont de pair avec les pratiques accrues de sélection des étudiant.e.s via Parcoursup ou via les frais d’inscriptions (étudiant.e.s étrangers) qui portent atteinte à l’accès de tou.te.s à des études gratuites de qualité. Aussi, nous affirmons notre soutien plein et entier aux mouvements étudiants qui s’organisent contre les conditions de vie précaires qu’elles et ils subissent et appelons à ne pas sanctionner celles et ceux qui se mobilisent.
    Dans ces conditions, il est impensable de faire comme si de rien n’était en participant au fonctionnement habituel de l’université et des institutions de recherche. L’UMR ART-Dev lance un appel à toutes les autres unités de recherche pour engager une réflexion et une mobilisation collectives à l’échelle locale (dès la semaine du 3 février) pour définir des propositions alternatives pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche. Il s’agira à cette occasion de penser des modalités d’action collective pour faire valoir nos revendications.

AG des Laboratoires de l’Université Toulouse II-Jean Jaurès

L’AG inter-laboratoires réunissant plus de 200 membres des laboratoires de l’Université Toulouse II-Jean
Jaurès, le 30 janvier 2020 (Chercheur.e.s, Enseignant.e.s-chercheur.e.s, Personnels d’appui BIATSS et ITA,
Doctorant.e.s), informée des rapports de préparation à la LPPR et des déclarations de Mme la ministre F. Vidal :

  • Exprime son rejet catégorique de toute mesure tendant à mettre en cause le statut des chercheur.e.s et des enseignant.e.s chercheur.e.s et à précariser davantage encore l’emploi universitaire comme celui des différents EPST (Tenure track, « CDI sur projet »).
  • Et son rejet de toute politique tendant à vider les laboratoires de toute substance en les privant de financements récurrents au profit des seuls financements sur projet.
  • Exige le maintien des structures paritaires d’évaluation, avec prise en compte de toutes les activités.
  • Affirme son soutien aux logiques de coopération scientifique contre la mise en concurrence systématique et son attachement au pluralisme et à la liberté de la recherche. Nous réaffirmons notre attachement au modèle d’enseignement supérieur et de recherche français et notre adhésion aux conclusions de la consultation réalisée en 2019 par les sociétés savantes et aux propositions élaborées au printemps 2019 par le Comité national de la Recherche Scientifique et notamment :
  • L’augmentation du budget de la recherche publique à au moins 1 % du PIB
  • Le renforcement de l’emploi permanent et statutaire, pour lutter contre la précarité croissante des docteurs et des personnels de l’ESR
  • La garantie et l’augmentation significative des budgets récurrents des laboratoires afin de permettre à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs d’avoir les moyens de mener leurs missions sans avoir nécessairement à recourir à des appels à projets chronophages et stérilisants
  • Le retour à un équilibre entre enseignement et recherche selon les meilleures normes internationales, avec des sabbatiques réguliers, l’allégement des charges administratives et le refus de l’augmentation du service d’enseignement
    Nous apportons notre soutien aux revendications des chargé.e.s de cours et autres enseignant.e.s et chercheur.e.s précaires de notre établissement, actuellement mobilisés, et dont le présent semble avoir été choisi par le gouvernement pour dessiner l’avenir de l’ESR :
  • La contractualisation et le paiement mensuel immédiat et un plan de titularisation ambitieux
  • La revalorisation des salaires : le salaire des vacataires est à 17 centimes en-dessous du SMIC, pour le même travail que les titulaires ! Oui, depuis le 1er janvier 2019, les vacataires sont payé-es en dessous du SMIC !
  • Pas d’économies sur le volume d’heures, et le paiement de toutes nos heures de travail et pas uniquement de cours (séances de cours et temps de préparation correspondant, suivi des étudiant-es, réunions pédagogiques, surveillances d’examen, corrections etc.)
    En réponse à ces prises de position : nous demandons aux responsables des laboratoires, aux directeurs.trices de composantes de s’associer à la grève administrative et éventuellement au mouvement de démissions qui se préparent.
    Nous mandatons la présidente de l’UT2J pour faire part à la CPU de notre refus de la LLPR telle qu’elle semble se profiler aux regards des déclarations de la Ministre de l’ESR et des rapports de préparation. Nous mandatons une délégation à la coordination nationale des « facs et labos en lutte » à la bourse du travail de Saint-Denis les 1er et 2 février. Nous réaffirmons notre opposition au projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement et dont les modalités actuelles aboutiront à une brutale diminution des pensions, en particulier pour les femmes. Enfin, nous appelons donc à participer massivement à la manifestation interprofessionnelle de jeudi 6 février à 10h à Saint Cyprien, appelons tous les membres de notre établissement et de nos laboratoires à faire grève ce 6 février et à se réunir à nouveau en AG jeudi prochain à 14h.

AGORA

Motion du Conseil de Laboratoire d’AGORA (EA 7392) – CY Cergy Paris Université
Le projet de la future Loi de Programmation Pluri-annuelle de la Recherche (LPPR) est présentée dans un contexte de lutte et de rejet massif de la réforme des retraites ainsi que des décrets d’application de la loi de transformation de la Fonction Publique. Ceci nous amène à prendre position contre le démantèlement de nos statuts d’enseignements-chercheurs.
Rappelons que les principaux éléments annoncés par les groupes de travail préparatoire à la LPPR sont les suivants:

  • Suppression de la clause d’accord des intéressés pour la modulation des services, suppression de la référence aux 192 heures (équivalent TD) d’enseignement et, comme conséquence, de la rémunération des heures complémentaires ce qui est déjà pratiquée dans certaines universités. Les charges d’enseignement pourraient être calculées selon un système complexe (en ECTS et non plus en heures), et fixées au cas par cas dans les universités, voire les UFR ou les départements, en fonction des nécessités de service
  • Généralisation de contrats de travail d’exception
  • Extinction progressive du corps de maîtres de conférences, « recrutement conditionnel ou titularisation conditionnelle » des professeurs afin de réduire le nombre de titulaires et de remplacer peu à peu les maîtres de conférence par des contractuels
  • Renforcement de la gestion managériale et de la recherche sur projets au détriment de la recherche fondamentale, promouvant un système où l’on ne trouve que ce que l’on a annoncé chercher, et concentration du pouvoir décisionnaire en matière de grandes orientations de la recherche dans les plus hautes instances de l’État, d’un HCERES qui serait transformé en organe de contrôle, voire suppression des structures collégiales (CNU, Comité national du CNRS)
  • Mise en concurrence généralisée, et accroissement de l’écart salarial entre personnels de même catégorie
    Si ces éléments obtiennent force de loi, nous nous trouvons face à une remise en cause des missions de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Cette loi aboutirait à mettre tout le monde en concurrence : les établissements d’enseignement supérieurs entre eux (avec un système à double vitesse entre établissements d’élite et collèges universitaires) ; les enseignants-chercheurs entre eux (avec des chercheurs d’un côté et des enseignants de l’autre) et les sections CNU entre elles (avec l’abandon de l’enseignement et de la recherche dans certaines disciplines jugées non « stratégiques »).
    Cette course à la concurrence pour les financements par projets transforme le rôle initial des enseignant-chercheurs et porte atteinte à leur liberté de recherche et à leurs statuts. Il transforme également le fonctionnement collégial de l’organisation de la recherche en une organisation pyramidale qui détruit notre université en imaginant que la notion pseudodarwinienne de « survie du plus apte » est la seule solution pour sortir de la crise de l’ESR.
    Les conséquences que pourrait avoir cette loi sur un laboratoire de recherche comme AGORA sont évidentes. Dès lors, les chercheurs et doctorants du laboratoire appellent l’ensemble des collègues à la vigilance et à la mobilisation pour s’opposer à toute tentative de déstabilisation du cadre des activités d’enseignement et de recherche à l’université.

BABEL

Nous, membres du Conseil de laboratoire BABEL EA 2649 (langues, littératures, civilisations & sociétés), réunis ce lundi 3 février 2020, nous déclarons mobilisé·e·s contre le projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), dont les orientations figurent dans trois rapports récemment remis à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. La lecture de ces rapports est alarmante :

  • le projet de loi envisagé remet en cause de manière fondamentale le statut des enseignant·e·s-chercheur·e·s (suppression de la clause d’accord des intéressé·e·s pour la modulation du service, fin de la référence aux 192 heures TD et donc du paiement des heures complémentaires) ;
  • il menace d’accroître la précarisation de tous les personnels avec généralisation des CDD, multiplication des recrutements sur missions ponctuelles et mise en place d’un système de titularisation conditionnelle (tenure track) ;
  • il ouvre la voie au localisme et aux inégalités de traitement en réduisant le rôle des instances nationales de qualification, de recrutement et de suivi des carrières ;
  • il tente d’imposer à l’université « le déploiement d’une […] culture du management et de l’évaluation » qui lui est profondément étrangère et une logique délétère de concurrence généralisée (évaluation sur des critères étroits de productivité inadaptés à la recherche comme à l’enseignement).
    De telles dispositions ne répondent en rien à la crise aiguë que traverse l’université (postes gelés, conditions de travail dégradées, personnels sous pression, précarité des étudiant·e·s et des personnels contractuels) et laissent au contraire présager son aggravation.
    Parce qu’il poursuit le même objectif politique, nous nous opposons également au projet de réforme des retraites, déjà contesté dans la rue depuis le 5 décembre 2019.
    Pour toutes et tous, cette réforme signifie une baisse du niveau des pensions, l’allongement de la durée des carrières et un affaiblissement du système par répartition – fondé sur la solidarité entre générations – au bénéfice d’un système par capitalisation. L’adoption d’un régime par points prétendument universel n’est rien
    d’autre qu’un nivellement des retraites par le bas qui nuira à l’attractivité de la fonction publique et donc à la qualité des services publics, celui de l’éducation notamment.
    Comme d’autres laboratoires de recherche, nous nous joignons au mouvement social. Nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire, personnels et étudiant·e·s, à lutter collectivement contre ces deux projets de loi en participant aux actions et assemblées générales locales et aux journées de mobilisation nationale à venir
    Motion votée à l’unanimité le 3 février 2020.

Centre d’Analyse et de Recherche Interdisciplinaires sur les Médias (CARISM)

Les membres de l’Institut français de presse/ Carism réunis le 23 janvier 2020 expriment leurs vives inquiétudes sur l’avenir de l’enseignement et de la recherche en France. En soutien à la mobilisation en cours, les séminaires de recherche du laboratoire sont annulés jusqu’à nouvel ordre.
La réforme des retraites fragilise les fonctionnaires dans leur ensemble, l’enseignement supérieur et la recherche n’est pas un secteur épargné. De plus, les trois rapports préparatoires à la loi de programmation pluriannuelle de la recherche laissent présager une détérioration de ce qui est au coeur de notre métier, une mission de service public d’éducation et de recherche. Si nous sommes d’accord avec le constat du manque de financements, de la faiblesse des salaires des universitaires, largement inférieurs à la moyenne européenne et décroissants depuis des années, et du manque de personnels, nous n’approuvons pas les orientations proposées qui reposent sur une vision néo-libérale et managériale de la production scientifique.
Trois points fédèrent plus particulièrement nos inquiétudes :
• Les risques d’atteintes à la liberté académique par l’établissement de contrats d’objectifs, de moyens et de performance, conclus entre les universités, les organismes de recherche et le MESRI.
• La précarisation, déjà largement en cours, qui serait accentuée par la remise en cause du statut d’enseignant-chercheur avec la mise en place des tenure tracks et la modulation des services obligatoires. Nous craignons aussi les pressions à la performance sur les doctorantes et doctorants et la dégradation du statut des BIATOSS par la généralisation des “CDI de projet”.
• Le poids encore accru de l’évaluation et de la mise en compétition dans la recherche qui ne peut que détériorer l’atmosphère de travail entre collègues au lieu de créer des synergies.
En attendant les propositions définitives de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, les enseignantes chercheuses, enseignants chercheurs, doctorantes et doctorants de l’IFP/Carism de l’université Panthéon-Assas réunis le 23 janvier 2020, appellent ainsi à la vigilance.

Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation (CESCO)

Motion des membres de l’unité mixte de recherche CESCO (Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation), Muséum national d’histoire naturelle, Centre national de la recherche scientifique, Sorbonne Université, réunis en Assemblée générale extraordinaire le 28 janvier 2020.
Constatant que les préconisations des rapports des trois groupes de travail missionnés par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR) vont généralement à l’encontre des recommandations issues des personnels de l’ESR, ce qui laisse craindre un manque d’écoute et de démocratie dans l’élaboration du projet de loi,
Consciente que les défis environnementaux et sociaux auxquels doit répondre la recherche demandent un travail collaboratif, interdisciplinaire et de long terme,
l’Assemblée générale (AG) du CESCO déclare le laboratoire mobilisé contre le projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Cette mobilisation s’inscrit dans le contexte de la mobilisation contre la réforme des retraites, qui menace l’attractivité des carrières dans l’Enseignement supérieur et la recherche (ESR), et de la défense du service public.
Nous manifestons notre opposition résolue aux orientations qui s’expriment dans les trois rapports remis à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche en vue du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (« Financement de la recherche », « Attractivité des emplois et des carrières », « Recherche partenariale et innovation »). Nous nous opposons en particulier aux propositions suivantes :

  • Amplification de la contractualisation et de la précarisation des jeunes chercheur.euses et des personnels BIATS et ITA
  • Place disproportionnée de la compétition utilisant des critères subjectifs et discutables, à tous les niveaux, comme moteur d’amélioration de la recherche, alors que des approches scientifiques démontrent l’inefficacité de cette compétition
  • Limitation de la liberté de la recherche par la généralisation d’un financement de la recherche sur projet, la marginalisation de la recherche fondamentale au profit d’orientations déterminées et d’objectifs et performances à court terme.
  • Revalorisation des rémunérations par des primes (et non par augmentation de l’indice) soumises à l’évaluation de la performance du chercheur.euse
  • Remise en cause radicale du statut d’enseignant.e-chercheur.euse (disparition de la clause d’accord pour la modulation du service, du référentiel d’heures d’enseignement à l’année et donc du paiement des heures complémentaires ; recours massif à des nonstatutaires/ précaires)
  • Hiérarchisation des fonctions de recherche et d’enseignement, avec un enseignement présenté comme une « punition »

Centre d’études des langues et littératures anciennes et modernes (CELLAM)

Nous, membres (doctorants et docteurs, ATER, PRAG/PRCE, PAST, enseignants et enseignants-chercheurs vacataires, contractuels et titulaires, personnels BIATSS, membres émérites et associés) de l’unité d’accueil du CELLAM, Centre d’Étude des Langues et Littératures Anciennes et Modernes de l’Université Rennes 2, réunis en assemblée générale le 13 février 2020, manifestons notre solidarité avec le mouvement social contre la destruction du système actuel des retraites et exprimons notre vive opposition au projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) envisagée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Tout comme la réforme du CAPES, elle va dans le sens d’une dévalorisation et d’une précarisation accrues des métiers de l’enseignement et de la recherche. Nous soutenons le mouvement de grève engagé par de nombreux laboratoires, institutions universitaires et de recherche et revues scientifiques et nous nous y associons.
Les rapports des trois groupes de travail, rendus à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation le 23 septembre 2019, font état d’une situation alarmante dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche en France, et nous ne pouvons que partager ce constat :

  • Dégradation dans le secteur public français depuis 30 ans
  • Décrochage du taux d’encadrement des étudiants par des personnels titulaires (enseignants-chercheurs et personnels administratifs) et érosion des effectifs de chercheurs
  • Manque d’attractivité des salaires
  • Recours massif à des contractuels pour pallier l’insuffisance des titulaires, précarisation généralisée des jeunes chercheurs

Nous avons lu attentivement les propositions contenues dans les trois rapports remis à Madame la Ministre et elles suscitent notre colère et notre indignation. Bien loin de répondre à l’urgence constatée, elles semblent conduire inévitablement à aggraver encore la situation. Dès lors, nous portons plusieurs revendications :

  • Nous revendiquons une augmentation des moyens sans contrepartie pour rattraper le retard constaté par les rapporteurs au sein de la recherche française. Nous exigeons notamment une augmentation des recrutements de titulaires et nous nous opposons fermement à la fin du fonctionnariat par la généralisation de la contractualisation, déjà à l’oeuvre à l’Université.
  • Nous signalons les conditions alarmantes de travail des salariés précaires de l’Université, dont les salaires sont indigents et contreviennent au droit à l’avancement des fonctionnaires. Les vacataires de l’enseignement, dont le travail correspond à 13 000 temps plein de postes de Maîtres de conférences, sont régulièrement confrontés à la pauvreté. L’invisibilisation et la déconsidération de leur travail, la difficulté croissante à obtenir un poste de titulaire, entraînent chez ces salariés précaires des souffrances psychiques graves, exprimées dans des tribunes vibrantes ces derniers mois, ainsi que des réorientations navrantes au vu du niveau de qualification atteint. Or la LPPR vise à multiplier ces emplois précaires et à entériner le non-remplacement endémique des enseignants-chercheurs titulaires, qui nuit de façon manifeste à la qualité et à la mise en oeuvre concrète des travaux de recherche.
  • De la même manière, nous attirons fortement l’attention sur la surcharge de travail à laquelle doivent faire face les personnels titulaires, corollaire de la précarité et du manque criant de recrutements pérennes. Nous nous inquiétons vivement de la situation d’épuisement des personnels, due notamment à la multiplication des tâches administratives peu ou pas prises en compte qui empiètent sur nos missions de recherche et d’enseignement.
  • Nous nous alarmons face à la démoralisation et au découragement généralisé de nos étudiants liés au manque de perspectives d’avenir (réforme du CAPES notamment). Nos étudiants subissent de plein fouet de graves pressions économiques (l’Université Rennes 2 compte près de 40% d’étudiants boursiers, et une grande majorité d’étudiants travaille pour financer ses études) : nous nous inquiétons de la précarisation croissante de leur situation, à laquelle nous ne pouvons répondre que trop partiellement à cause du décrochage du taux d’encadrement précédemment signalé.
  • Nous signalons que la logique d’évaluation permanente, déjà en oeuvre à l’université, occupe un temps important du collectif. Entrer davantage dans une logique de « gestion managériale des emplois et des compétences » (dont on peine à saisir la nécessité et même le sens pour les missions qui sont les nôtres à l’université) ne pourra être que délétère. Nous attirons l’attention sur le climat psycho-social extrêmement dégradé de l’université, touchant les étudiants comme le personnel.
  • Nous manifestons notre inquiétude face à la recherche à deux voire trois vitesses que promettent les différents contrats (de projet, jeunes chercheurs et d’excellence) : sous couvert de « flexibilité », c’est l’ensemble du système déjà fragilisé par les différentes lois précédentes qui est menacé.
  • Nous demandons à sortir de la logique dite « de l’excellence », qui n’a qu’un lointain rapport avec l’évaluation paritaire de la qualité de la recherche et des missions accomplies par chacun des membres de la communauté universitaire, qui conduit à une mise en concurrence de tous avec tous, à une pression constante au résultat, à une inégalité de traitement selon les secteurs disciplinaires et qui nuit à la liberté de la recherche, nécessaire à son autonomie et à l’émergence de savoirs nouveaux.
  • Nous nous prononçons contre la généralisation de la recherche par projet et les moyens financiers qu’elle suppose, qui masque mal le désengagement continu de l’État à tous les niveaux, qui contribue à la charge de travail inutile des chercheurs et enseignants-chercheurs (pour rappel, taux d’échec ANR : 91 à 92%), et canalise la recherche dans des secteurs préétablis et court-termistes. Nous exigeons également une meilleure prise en compte des spécificités de la recherche en LLSHS, qui n’est pas représentée parmi les rapporteurs choisis.
  • Nous exigeons le maintien du statut de Maître de conférences ainsi que le maintien de la procédure de qualification et nous réaffirmons l’importance du rôle du CNU, seul organe national qui garantisse une évaluation par les pairs spécialistes de la discipline, non soumise à des dynamiques locales (qualifications, HDR et promotions). Nous nous associons à la motion votée le 7 janvier par la CP-CNU.
  • Nous nous opposons fermement à la fin dudit « verrou » des 192hTD et à la modulation des services sans accord de l’intéressé. La répartition des heures selon les besoins collectifs, et sans tenir compte des charges individuelles, ne peut conduire qu’à une dégradation des contenus des enseignements et de la recherche et, à terme, à la suppression du statut même d’enseignant-chercheur.
  • Nous refusons la « revalorisation » aléatoire des rémunérations sur la base de primes d’excellence individuelles et collectives ne pouvant que créer et renforcer des inégalités. Nous manifestons également notre opposition au projet de réforme des retraites en cours, qui conduirait à une baisse drastique de nos pensions de retraite, très inégalement et insuffisamment compensée par ces primes individualisées ou soumises à condition. Nous exigeons le dégel du point d’indice pour toute la fonction publique et des revalorisations salariales généralisées.

Motion adoptée à l’unanimité des votants (49 votants)
Nous décidons collectivement de :

  • Ne pas faire remonter les rapports d’auto-évaluation pour l’HCERES, attendus pour septembre 2020, si nos revendications ne sont pas prises en compte, à confirmer par un nouveau vote lors d’une Assemblée Générale en septembre 2020.
  • Démissionner de nos charges administratives si nos revendications ne sont pas prises en compte.
  • Nous associer à l’arrêt des activités le 5 mars (« L’université et la recherche s’arrêtent »).
  • Favoriser les actions permettant de donner de la visibilité à notre travail et notre mouvement, sur le modèle du « colloque sauvage » organisé par des personnels des universités Rennes 2 et Rennes 1.
  • Nous engager à rendre visible, lors des événements scientifiques auxquels nous participons ou que nous organisons et par tous les moyens que nous jugeons pertinents, la situation dégradée de l’université française et nos revendications.
  • Mandater un ou plusieurs membre(s) du CELLAM en délégation lors de la 2e Coordination des Facs et Labos en lutte (6-7 mars Paris).

Actions adoptées à l’unanimité des votants (49 votants)

Centre d’études des Relations des contacts linguistiques et littéraires (CERCLL)

Ayant pris connaissance des trois rapports de préparation à la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et des déclarations de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, les membres de l’Unité de recherche UPJV 4283 CERCLL de l’Université de Picardie – Jules Verne, réunis en assemblée générale le vendredi 31 janvier 2020, prennent acte des différentes menaces qui pèsent sur l’enseignement supérieur et la recherche et tiennent à faire savoir leur vive opposition :

  • Aux orientations définies dans les dits rapports remis à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche en vue du projet de la LPPR (« Financement de la recherche », « Attractivité des emplois et des carrières », « Recherche partenariale et innovation »).
  • À toute mesure tendant à mettre en cause le statut des enseignants-chercheurs (suppression du référentiel des 192 h, imposition de la modulation des services, suppression des heures complémentaires),
  • À toute mesure institutionnalisant la précarité des emplois dans l’enseignement supérieur et la recherche par la normalisation des contrats à durée déterminée (Cf. « CDI de projet » ou de « chantier », tenure- tracks, augmentation des vacations déjà fort nombreuses, etc.),
  • À toute diminution ou privation de dotations pérennes susceptibles de financer les recherches fondamentales sur lesquelles s’adosse la réalisation de projets de recherche et à l’exclusivité des financements par projets,
  • À une mise en concurrence encore accrue des laboratoires et des chercheur.e.s et à la limitation de la liberté de la recherche.
  • À l’institutionnalisation d’une université française à plusieurs vitesses, contraire au principe républicain de l’égalité des chances sur tout le territoire.

    Les membres du CERCLL tiennent à rappeler leur profond attachement :
  • À la mission publique d’enseignement et de recherche, indissociables l’un de l’autre, ouverte à tou.te.s les citoyen.ne.s,
  • À la mission de recherche publique, critique, libre et indépendante de tout pouvoir, ce pour garantir le fonctionnement démocratique de notre société,
  • Aux structures paritaires d’évaluation.
    Les membres du CERCLL partagent les vives inquiétudes exprimées par nombre de laboratoires, sociétés savantes, organisations scientifiques (CPCN, CP-CNU, etc.), revues, universités, grands établissements et organismes de recherche concernant la LPPR. Ils tiennent par ailleurs à manifester leur solidarité aux mouvements sociaux actuels et s’opposent fermement aux projets du gouvernement suivants :
  • la réforme du lycée et du baccalauréat,
  • la réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire (MEEF, CAPES),
  • la loi de Transformation de la Fonction publique, Adossés au projet de réforme des retraites ces lois et projets sont autant d’atteintes graves au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche déjà mis à mal depuis plus de dix ans. Afin que soit sauvegardé le modèle d’excellence de l’enseignement supérieur et de recherche français, les membres du CERCLL :
  • appellent la Présidence de l’Université de Picardie à faire part à la CPU de leur refus de la LPPR telle qu’elle se profile.
  • ont mandaté une délégation à la coordination nationale des « facs et labos en lutte » à la bourse du travail de Saint-Denis les 1er et 2 février,
  • s’associent à tous les mouvements en cours et invitent tous les membres de leur unité à faire entendre leur voix afin d’obtenir de la future loi qu’elle garantisse les moyens nécessaires aux missions essentielles d’enseignement et de recherche qui sont les leurs.

Centre d’études en sciences sociales du religieux (CESOR)

Les membres du Césor, réunis en assemblée générale extraordinaire le 30 janvier 2020, ont voté à l’unanimité le soutien de notre UMR à la motion de la CPCN et du CS sur les dispositions attendues de la LPPR.
Vous trouverez ci-joint : le lien pour consulter les propositions du CN ; le lien vers la motion ; ainsi que le lien qui permet à tous ceux qui le souhaitent de soutenir cette motion.

Les propositions du comité national sont disponibles à l’adresse
https://www.c3n-cn.fr/mobESR

Les motions sur les dispositions attendues de la LPPR de la CPCN et du CS sont ici
https://www.c3n-cn.fr/attendusLPPR Et toutes les informations sur le questionnaire de soutien sont et seront postées ici
https://www.c3n-cn.fr/soutien

Centre d’Études et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales (CERAPS)

L’UMR CERAPS, réunie en Conseil de laboratoire, appelle à la mobilisation et à la grève
de la recherche pour dénoncer le projet de loi sur les retraites et le projet de loi de
programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).
En conséquence, le Conseil de laboratoire appelle dès à présent les collègues à :

  • se déclarer mobilisé.es dans leurs signatures électroniques et réponses automatiques d’absence (selon la suggestion ci-après) : « J’accuse réception de votre message. Étant mobilisé.e contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche et contre le projet de réforme des retraites, j’ai strictement réduit mes activités de recherche et ne suis pas en mesure de vous répondre dans l’immédiat »
  • pratiquer la grève de la recherche : suspendre les activités scientifiques (reporter les colloques et journées d’étude, suspendre le travail d’expertise et d’évaluation, refuser de siéger dans les différentes instances de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, etc.),
  • relayer à l’échelle des départements pédagogiques la mobilisation sous la forme de différentes actions (demande de report des examens, réunion d’information auprès des étudiants, grève des enseignements, rétention des notes, etc.)
    Par ailleurs, les enseignant.es-chercheur.es, personnels administratif et technique et chercheur.es CNRS en lutte de l’UMR CERAPS vont mettre en place dans les prochains jours un espace de mobilisation à l’université de Lille, en vue de la création d’une université populaire de lutte.
    Contre la réforme des retraites, contre la LPPR, vive le service public de la recherche, vive l’université ouverte !

Centre d’études et de recherches de science administrative (CERSA)

Les membres du CERSA s’associent aux inquiétudes suscitées par la réforme annoncée de l’enseignement supérieur et de la recherche sous la forme d’une loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Même si le détail de cette loi n’est pas encore connu, il nous semble que la procédure suivie comme les orientations ou propositions actuellement évoquées pourraient conduire à fragiliser encore un peu plus un milieu académique affecté depuis plusieurs années par une baisse des postes et des moyens, par une précarisation des carrières concernant les chercheurs et enseignants-chercheurs, les doctorants comme les personnels administratifs et par la transformation des modalités de financement de la recherche.
Sur la procédure engagée, la réforme annoncée nous paraît en effet caractérisée par une absence de concertation préalable qui en questionne la légitimité. La publication de trois rapports préparatoires ne saurait suffire à produire des diagnostics et à satisfaire aux propositions qui sont portées depuis longtemps par les organisations représentatives et les collectifs mobilisés au sein de la communauté académique. Il nous semble donc nécessaire de nous associer, comme nous l’avons déjà fait, aux initiatives qui visent à demander à Madame la ministre un moratoire sur la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche et l’organisation d’Etats généraux de la Recherche.
Cela nous paraît d’autant plus urgent que certaines des propositions avancées dans les rapports pourraient contribuer encore une fois à aggraver plus qu’à résoudre les problèmes que connaissent les personnels et institutions d’enseignement et de recherche. Qu’il s’agisse des moyens donnés aux organismes de recherche et aux universités, des statuts de ceux qui y travaillent, du poids accru des procédures et tâches administratives ou de la diminution continue des recrutements, aucun de ces éléments ne semblent pouvoir être corrigés par les propositions souvent volontairement floues qui circulent. Au contraire, la contractualisation accrue des modes de recrutement, la fragilisation des statuts et des carrières, l’accent mis sur des institutions dites « d’excellence » comme l’invocation vague à un recours accru aux financements privés de chaires universitaires et de programmes de recherche nous semblent aller à l’encontre de la préservation souhaitable d’un service public de la recherche pérenne dans toutes les disciplines (en particulier dans les sciences sociales) et d’un enseignement supérieur de qualité et ouvert à tous. Appliquées dans d’autres pays, plusieurs des réformes envisagées ont d’ailleurs eu des effets délétères durables sur les institutions et sur les personnels en accentuant les disparités territoriales et disciplinaires, tout en aggravant les inégalités entre étudiants, personnels et institutions.
Dans l’attente des propositions définitives, les membres du CERSA appellent par conséquent à la vigilance et à la mobilisation des expertises et des personnels pour encourager à l’adoption d’autres propositions de réforme adaptées aux enjeux et aux fragilités depuis longtemps identifiés.

Centre d’Étude sur les Littératures Étrangères et Comparées (CELEC)

Suite à un temps d’informations et d’échanges sur les rapports préparatoires à la LPPR (loi de programmation pluriannuelle de la recherche), nous, enseignant-e-s, chercheur-e-s et enseignant-e-schercheur-
e-s du CIEREC et du CELEC de l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne, réunis le 3 février 2020, avons voté la motion suivante :
nous nous associons à la mobilisation en cours depuis plusieurs mois dans les universités françaises contre la future Loi de Programmation Pluri-annuelle de la Recherche (LPPR). Les orientations contenues dans les trois rapports préparatoires à cette loi (« Financement de la recherche », « Attractivité des emplois et des carrières », « recherche partenariale et innovation ») témoignent d’une méconnaissance de l’université et de son fonctionnement et d’une vision entrepreneuriale qui menacent gravement nos conditions de travail et de vie, mais aussi la qualité de la recherche et celle de la formation des étudiant-e-s. L’Université est confrontée depuis plusieurs années à des problèmes récurrents dont nous sommes les témoins au quotidien. Nous déplorons notamment :

  • le manque de personnel,
  • le sous-encadrement des étudiant-e-s,
  • le recours croissant aux contractuel-le-s et aux vacataires,
  • la précarisation des personnels enseignants et de recherche,
  • la surcharge de tâches administratives,
  • la baisse des dotations pérennes au profit des financements sur projet.
    Loin de résoudre ces difficultés, le projet de Loi de Programmation Pluri-annuelle de la Recherche les aggrave en poursuivant la dégradation des conditions de travail avec :
  • la modulation des services sans accord de l’enseignant-e-chercheur-e et la suppression du référentiel des 192h,
  • la mise en concurrence des chercheur-e-s uniquement via les financements sur appels à projet,
  • la limitation, voire la disparition des financements pérennes,
  • la remise en cause de la liberté statutaire des chercheur-e-s,
  • la précarisation de tous les personnels de l’ESR et notamment des jeunes chercheur-e-s déjà affectée-s par la réforme en cours sur les retraites
  • la disparition annoncée du corps des maîtres de conférences via la mise en place de CDI de projet et de tenure tracks de 5 à 7 ans
  • la fragilisation des statuts de doctorant-e et de postdoctorant-e.
    Aux préconisations inscrites dans le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche s’ajoutent par ailleurs d’autres projets de réformes qui en intensifieront encore les effets dévastateurs sur le plan de la qualité de nos formations, de la recherche, et de la condition de vie des personnels au sein de l’université, comme celui de la réforme du CAPES : disparition des contenus disciplinaires, baisse du niveau de la formation et précarisation des étudiant-e-s stagiaires.
    Face à ces mesures que nous jugeons inacceptables, nous sommes très inquiet-e-s concernant l’avenir de nos étudiant-e-s et des formations des départements Arts, Lettres et Langues. Ce projet de réforme contribue ainsi à réduire l’attractivité des métiers de l’enseignement et de la recherche publics et à dégrader son apport sociétal.
    Aussi, nous exigeons le retrait des projets de la LPPR, de la réforme du CAPES, ainsi que de la réforme des retraites qui oeuvrent à la profonde dégradation du service public de l’enseignement et de la recherche.
    Suite au vote de cette motion, nous encourageons l’ensemble des collègues à la grève des responsabilités administratives.

Centre d’Etudes Politiques de l’Europe Latine (CEPEL)

Motion adoptée par membres du CEPEL (après consultation extraordinaire, par 37 voix contre 1). Les membres du CEPEL se déclarent très préoccupés par les réformes en cours, c’est à dire, d’une part, la réforme des retraites
qui porte atteinte au principe de solidarité entre les générations, et qui dégradera à terme les conditions de vie des plus jeunes d’entre nous ; et d’autre part, la LPPR, qui, si elle n’en est à ce jour qu’à l’état de projet, devrait reposer sur des rapports qui préconisent une nouvelle précarisation des statuts et une dégradation déjà amorcée depuis plus de 15 ans des conditions de travail dans les services publics d’enseignement supérieurs et de recherche (modulation des services d’enseignement, recours massif à l’emploi précaire). Ils se déclarent favorables à l’amélioration des conditions d’accueil des étudiants et des doctorants, à l’emploi statutaire, au maintien d’un référentiel national des charges et des contrats de travail, et à une ambitieuse politique de recherche qui s’appuierait sur autre chose que la précarité organisée, la domination d’un utilitarisme scientifique de court terme, la rupture d’égalité entre sites et équipes au nom d’une compétition inéquitable et faussée. Ils soutiennent les mobilisations en cours, auxquelles ils entendent participer dans un cadre interprofessionnel, pour garantir un service public de qualité. En ce sens, ils s’inscrivent en droite ligne dans les veux exprimés par la Conférence des Présidents du Comité National qui tiennent en trois points:
1) Que la LPPR réponde aux attentes très largement partagées au sein de la communauté scientifique en matière notamment : de financement de la recherche publique,pour atteindre 1% du PIB au rythme de 1 milliard d’euros
supplémentaires par an a minima ; de redéveloppement important de l’emploi scientifique statutaire, à hauteur de plusieurs milliers d’emplois de recherche et d’appui à la recherche par an au cours des prochaines années, en plus du remplacement de l’ensemble des départs permanents ; d’augmentation forte des crédits de base pour les laboratoires;

2) Que tous les moyens soient réunis pour que cette demande soit entendue par le gouvernement ;

3) Que la plus grande vigilance soit de mise quant aux dispositions du projet de loi en matière d’évaluation : critères, modalités, implications sur le financement du système national de recherche.

Centre de recherche en éducation de Nantes (CREN)

Motion du conseil du CREN (EA 2661, Université de Nantes), 23 janvier 2020 Le conseil du Centre de recherche en éducation de Nantes (CREN) s’associe aux unités de recherche qui ont déjà dénoncé les dangers du projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).
A l’instar d’autres équipes, le conseil du CREN dénonce :

  • la suppression des procédures qui garantissent l’équité de traitement des personnes,en particulier la qualification, les modalités de recrutement, la définition du service et l’attribution des promotions et des primes.
  • le recours important à des recrutements d’enseignant.e.s non chercheur.e.s ou à des recrutements sur la base de nouveaux contrats de travail qui dérogent aux dispositions statutaires, mesures qui renforceraient les clivages entre personnes recrutées selon différents statuts.
  • la suppression de la référence aux 192 heures équivalent TD pour définir le service d’enseignement et la prise en compte des heures complémentaires, ainsi que de la clause d’accord des intéressé.e.s pour la modulation des services.
  • l’accroissement du travail invisible, et donc non rémunéré, des enseignant.e.schercheur.e.s, notamment celui de tâches administratives improductives qu’ils.elles réalisent au détriment de leur mission prioritaire d’enseignement et de recherche.
  • la charge de travail non satisfaisante des personnels BIATSS et l’aggravation de la précarité des personnels.
    Le conseil du CREN considère que les dispositions contenues dans le projet de LPPR remettent gravement en cause le statut d’enseignant.e-chercheur.e., et plus généralement la recherche et l’enseignement universitaires. Il se joint à la mobilisation des unités de recherche qui luttent pour défendre un service public d’enseignement et de recherche de qualité.

Centre de recherche en histoire européenne comparée (CRHEC)

Nous, enseignants-chercheurs du département d’histoire de l’Université Paris-Est Créteil, membres du Centre de recherche en histoire européenne comparée (CRHEC), réunis le 5 février 2020, exprimons notre opposition aux réformes et projets de réformes en cours qui affectent le service public d’enseignement et de recherche.
Nous dénonçons la méthode choisie : une consultation sans concertation, le fossé entre les constats des acteurs et les préconisations technocratiques imposées par le haut, ainsi que le flou des procédures et du calendrier.
Nous nous opposons à tout projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui s’appuierait sur les préconisations publiées. Ces dernières privilégient excessivement les « crédits compétitifs » et les financements sur projets, au risque d’affaiblir les financements pérennes. Elles conduiraient, dans une logique concurrentielle nuisible et inefficace, à accentuer la concentration des financements au seul bénéfice de quelques établissements et équipes. Un tel projet de loi provoquera, par ailleurs, la détérioriation des conditions de travail de l’ensemble des personnels de l’ESR – enseignants-chercheurs,chercheurs, personnels BIATTS – : amplification de la contractualisation, entrée de plus en plus tardive dans une carrière stable, modulation des services des enseignants-chercheurs (déjà massivement rejetée en 2009), abandon possible de la référence aux heures de travail dans la définition statutaire des services.
Nous nous opposons à cette mise en concurrence généralisée des individus et des institutions, et aux cascades d’évaluations de type managerial qui lui sont liées. L’application de ces méthodes dans plusieurs pays européens a montré ses effets pervers, y compris sur la qualité de la recherche. Nous dénonçons les menaces pesant sur le Conseil national des universités (CNU) et sur les missions de qualification qui lui sont dévolues.
Nous demandons :

  • La prise en compte des propositions des acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur
  • un renforcement de l’emploi permanent et statutaire
  • une revalorisation salariale des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche
  • la hausse des budgets récurrents des équipes de recherche.
    Par ailleurs, nous exprimons notre opposition à la réforme des masters MEEF et des concours auxquels ces masters préparent. Elle conduira à la dégradation générale de la formation des enseignants.
    L’ensemble de ces réformes s’inscrit dans un processus plus général de grave mise en cause du service public et de la protection sociale, également à l’oeuvre dans la réforme des retraites.
    Au nom de l’attachement à un service public de qualité pour tous, nous appelons à une mobilisation déterminée contre les projets évoqués précédemment. Nous invitons nos collègues :
  • à soutenir les formes de « visibilisation » des mouvements de protestation en cours dans le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche
  • à favoriser les échanges entre enseignants-chercheurs, étudiants et personnels BIATTS sur les réformes en cours et les revendications communes.
    Motion adoptée à l’unanimité des présents et représentés, moins une abstention.

Centre de Recherche et d’Études Histoire et Sociétés (CREHS)

Les membres du CREHS, réunis en Assemblée Générale, ont voté à l’unanimité, le 11 février 2020,
la motion suivante :
Les membres du CREHS, attachés à un service public d’enseignement et de recherche de qualité, expriment leur inquiétude face aux orientations de la future LPPR » qui ne semble pas répondre aux problèmes posés par l’alourdissement de la charge de travail – déjà très importante – des personnels enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs et administratifs, et par la part croissante des financements sur appel à projets.
Ils s’inquiètent des menaces de démantèlement du statut national des enseignants-chercheurs et restent attachés au référentiel de 192h ETD, qui leur garantit de pouvoir mener, conjointement, enseignement et recherche et d’offrir ainsi aux étudiants des enseignements et un accompagnement de qualité.
Ils s’inquiètent également du devenir des jeunes chercheurs en situation de précarité à laquelle l’instauration d’un « contrat à durée indéterminée de mission scientifique » ne saurait répondre.
Ils rejettent fermement la logique de compétition et de concurrence entre chercheurs, disciplines, laboratoires et universités qu’impliquerait la loi telle qu’elle est préfigurée dans les rapports préparatoires.
Ils expriment leur profond attachement à la liberté et à la responsabilité des enseignants chercheurs dans la définition individuelle et collective des parcours, des formes et des objets de la recherche, ainsi qu’à la dimension nationale des évaluations, des recrutements et des carrières.
Ils resteront vigilants à l’égard de la considération qui sera accordée par la future LPPR aux Sciences Humaines et Sociales.

Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie (CREDO)

MOTION DU CREDO (UMR 7308) CONTRE LE PROJET DE LA LOI DE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE LA RECHERCHE (LPPR)
Dans le contexte des mobilisations actuelles contre la réforme des retraites et l’élaboration de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), le Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie (CREDO, UMR 7308) s’associe au mouvement de protestation des laboratoires de recherches, départements d’université, revues académiques et Conférence des présidents des sections du Comité National (CPCN). Les orientations de la LPPR précarisent la recherche publique française et risquent d’empêcher les personnels scientifiques – chercheur·e·s, enseignant·e·s-chercheur·e·s, ingénieur·e·s et technicien·ne·s –, d’exercer leur profession et de remplir leur mission de service public.
En tant qu’Océanistes, nous avons constaté au cours de ces 20 dernières années les effets délétères de la politique de recherche sur projets et de la mise en concurrence dans les universités australiennes. De cet avenir nous ne voulons pas, ni pour les personnels statutaires d’aujourd’hui ni, et encore moins, pour les générations à venir. Si le fonctionnement des universités et des instituts de recherche est à réinventer sur la base du constat très inquiétant que nous partageons tous, ceci ne peut se faire qu’à partir de propositions mûrement réfléchies par notre communauté.

Centre de recherche sur les identités nationales et l’interculturalité (CRINI)

Les membres du laboratoire CRINI EA 1162 réunis en assemblée générale le 24 janvier 2020 ont émis leurs plus vives inquiétudes concernant le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui doit être discuté au Parlement en février 2020. Trois rapports récemment remis à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche en précisent d’ores et déjà les orientations. Le projet de loi tel qu’il sera présenté est fortement contesté par l’ensemble de la communauté universitaire et de la recherche françaises. En effet, ce qui est annoncé va profondément transformer et dégrader l’enseignement supérieur et la recherche publique française. Le projet prévoit notamment la modulation de service sans l’accord de l’intéressé et sans paiement des heures complémentaires, sur fond de suppression de la référence aux 192h équivalent TD annuelles. Il s’agirait là de la destruction de notre statut, prévue dans la loi LRU, mais que la mobilisation massive de la communauté universitaire en 2009 avait empêchée alors. D’autres aspects du projet sont tout aussi inquiétants car ils visent au renforcement d’une compétition accrue – entre universités, laboratoires, disciplines et chercheurs – entre activités de recherche et d’enseignement – entre secteurs public et privé Le projet de loi renforcera également la précarité de l’emploi en multipliant des recrutements sur missions ponctuelles en généralisant les CDD. Il assujettit la recherche scientifique à une logique comptable du fait d’un financement de la recherche majoritairement par projets. Une logique de soumission de la recherche à des logiques politiques et économiques de court- terme nous semble être contraire aux principes qui fondent la communauté des chercheurs. En outre, le projet de loi LPPR ouvre la voie au localisme et aux inégalités de traitement en réduisant le rôle des instances nationales de qualification, de recrutement et de suivi des carrières. Diverses sections du CNU, ainsi que des sociétés savantes se sont érigées contre la mise en place de telles pratiques qui constitueraient une grave régression sur le plan de la déontologie, contraires au code de l’intégrité professionnelle. Pour ces raisons, nous nous déclarons favorables à un moratoire sur la préparation de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Nous attendons du ministère qu’il s’engage dans un véritable processus d’élaboration démocratique, en organisant notamment des Etats généraux de la recherche et de l’enseignement supérieur avec les acteurs concernés afin de débattre de l’esprit et des orientations de la future loi afin de répondre à la crise aiguë que traverse l’université (postes gelés, conditions de travail dégradées, personnels sous pression, précarité des étudiant·e·s et des personnels contractuels).

Centre de recherche sur l’industrie, les institutions et les systèmes économiques d’Amiens (CRIISEA)

« L’Assemblée générale du CRIISEA réunie le 21 janvier 2020 déclare entrer en lutte contre le projet LPPR qui met gravement en péril le service public de l’enseignement et de la recherche.
Elle appelle les collègues des différentes composantes (UFR d’économie et de gestion, IAE, IUT) à se réunir en assemblées générales pour déterminer les actions les plus efficaces à mener en ce qui concerne l’administration et l’enseignement.
Le CRIISEA suspend immédiatement ses activités scientifiques. La salle de recherche et la plage horaire du séminaire central seront consacrées à élaborer des documents d’analyse des projets de réforme ainsi qu’à organiser, diffuser et renforcer les différentes initiatives.
Conformément à ce qui a été proposé, nous avons donc convoqué une AG de l’UFR d’économie-gestion mardi 28 janvier afin de « discuter collectivement des modalités d’actions et de mobilisations que nous pourrions mettre en oeuvre contre la LPPR et les réformes en cours ».

Centre de recherche sur les sociétés et environnements en Méditerranée (CRESEM)

Les enseignants-chercheurs du CRESEM, équipe d’accueil de l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD), réunis en Conseil plénier le mardi 11 février 2020, prennent position contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et s’inscrivent aussi dans le mouvement social en cours contre la réforme des retraites. Ils dénoncent la dégradation continue de leurs conditions d’enseignement et de recherche : sous-effectif structurel, augmentation perpétuelle des tâches administratives, sous-financement de la recherche à laquelle ils et elles ont de moins en moins de temps à consacrer.
Si elle suit les recommandations des rapports issus des groupes de travail, la future LPPR ne fera qu’amplifier une situation déjà critique : suppression de la procédure de qualification, de la clause d’accord des intéressés pour la modulation des services, de la référence aux 192 heures (équivalent TD) d’enseignement et donc de la rémunération des heures complémentaires, et création de nouveaux contrats de travail d’exception aux dispositions statutaires. La disparition du référentiel de 192 h conduira inévitablement à une augmentation des services des enseignants sans compensation financière et à un éloignement de la recherche. Ces mesures se feront au détriment des petites universités, comme l’UPVD, structurellement sous-dotées et éloignées des centres de décisions et incapables de concurrencer les pôles d’excellence qui bénéficieront, eux, de hausse des dotations. La proposition d’adosser le décompte des heures d’enseignement aux ECTS des cours est un pur non-sens puisque les ECTS sont censés refléter le volume de travail demandé aux étudiants, pas celui des enseignants-chercheurs.
La remise en cause des statuts suggérée par les rapports des groupes de travail accentuera la précarisation massive des jeunes chercheurs et aggravera ainsi un contexte déjà tendu depuis des années, révélant une réalité structurelle loin de l’annonce du gouvernement d’une « revalorisation des salaires» pour les jeunes chercheurs. Couplée à la réforme des retraites qui entraînerait mécaniquement une baisse de plusieurs centaines d’euros de nos pensions, cette précarisation est en contradiction certaine avec « le souci d’attractivité du métier » qui est pourtant mis en avant par les rapports.
Nos étudiants, dont une grande partie bénéficie de bourses octroyées sur des critères sociaux (40 % à l’UPVD), ne pourront qu’être au final pénalisés de cette mise en concurrence des universités qui leur sera défavorable, de la dégradation de la qualité de l’enseignement et du suivi qui découleront immanquablement de cette pression accrue sur les personnels. Enfin, la remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs ouvrira la porte aux dérives localistes pourtant dénoncées dans les rapports.
Les enseignants-chercheurs du CRESEM dénoncent ainsi fermement ces évolutions et revendiquent de travailler dans le cadre d’un véritable service public de l’enseignement et de la recherche de qualité, ce pourquoi ils sont entrés dans le métier. Ils et elles s’associent ainsi aux motions qui ont déjà été votées dans d’autres structures de l’enseignement supérieur et de la recherche et se joignent aux luttes contre les réformes actuelles qui visent à démanteler l’État social. Nous appelons à une amplification du mouvement afin de contraindre le ministère de la nécessité à un moratoire sur la préparation de cette loi.
Le Conseil du CRESEM demande que les enseignants-chercheurs de l’université soient étroitement associés à l’élaboration de tout projet relatif à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche. Pour préserver l’avenir de l’Université et de la recherche, sur des modèles respectant les spécificités de chaque discipline, nous restons mobilisés.
Adoptée à l’unanimité par le Conseil du CRESEM en formation plénière ce mardi 11 février 2020.

Centre de Recherches « Individus, Épreuves, Sociétés » (CERIES)

Les personnels du département SDS et du laboratoire CERIES réunis en assemblée générale le 10 Février 2020 s’opposent au projet de loi sur les retraites actuellement discuté au parlement et aux orientations de la Loi de Programmation Pluriannuelle pour la Recherche (LPPR) émanant des rapports de groupes de travail transmis au ministre de l’ESRI. Ils affirment leur soutien aux motions du Conseil National des Universités, spécifiquement celle de la CP-CNU et celle de la 19ème section (en pièce jointe).
Ils appellent à une mobilisation générale des enseignants-chercheurs de l’université de Lille prenant, entre autres, la forme d’une démission de toutes les fonctions et mandats de responsabilités administratives et ils incitent tous les collègues à signer d’ores et déjà la lettre (https://framaforms.org/demission-collective-de-nos-responsabilites-administratives-esr-1580898353/) qui sera prochainement rendue publique dans la presse (également en pièce jointe).
Ils soutiennent la demande du département SID d’une assemblée générale de l’UFR DECCID ouverte aux étudiants.
Ils réclament que les conseils centraux (CAC, CA) de notre Université prennent acte de la mobilisation de toutes ses composantes et que le Président en fasse part à la Conférence des Présidents d’Université.

Centre de recherches internationales (CERI)

Motion de l’Assemblée générale du CERI du 7 février 2020 sur les mobilisations en cours

Ces deux projets de réforme s’inscrivent dans une logique convergente de démantèlement des mécanismes étatiques de solidarité, de détérioration du service public et d’aggravation des inégalités sociales, de genre et de statut.

Dans son état actuel, le projet de réforme des retraites s’accompagnera inévitablement d’un allongement du temps de travail et d’une baisse généralisée des pensions – en particulier pour le secteur public, où le droit à une retraite calculée sur les six derniers mois de salaire permet en partie de compenser la faiblesse des rémunérations. Ses conséquences seront particulièrement prononcées pour les précaires et les travailleurs et travailleuses aux carrières discontinues, comme c’est le cas dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), ainsi que pour les personnels d’appui à la recherche, dont les rémunérations de début de carrière sont particulièrement faibles.

Les rapports préalables au projet de LPPR préconisent un ensemble de mesures qui menacent l’existence même d’un service public de la recherche et de l’enseignement supérieur. Ces mesures conduiront en effet à une intensification de la compétition entre universités, laboratoires et individus, compétition contraire à l’esprit de mutualisation et de coopération qui est au fondement de la recherche scientifique. L’individualisation des carrières et l’aggravation d’une tendance déjà existante à la précarisation ne feront qu’accroître les inégalités. Les étudiants et étudiantes subiront, eux aussi, les effets de ces réformes.

Nous nous inquiétons particulièrement des dispositifs de tenure tracks et de la multiplication des « CDI de chantiers », qui risquent de remplacer la création des postes statutaires.

Nous considérons également que le financement de la recherche publique ne peut reposer exclusivement, ni même principalement, sur le financement de projets et l’accroissement du budget de l’ANR. Nous dénonçons les dispositifs inefficaces et prédateurs qui grèvent l’investissement public dans la recherche – tel le Crédit Impôt Recherche – et sont porteurs de conflits d’intérêt.

Nous nous opposons au renforcement du rôle de l’HCERES au détriment d’autres instances d’évaluation collégiales, telles que les sections du CNU et du comité national du CNRS. Nous nous inquiétons collectivement du renforcement d’un pilotage centralisé de la recherche fondé sur des priorités politiques, stratégiques ou économiques déconnectées des dynamiques scientifiques. L’évaluation par les pair·es est un mécanisme central dans la production scientifique. En revanche, la ventilation du financement de la recherche à partir de l’évaluation de la performance supposée des laboratoires et des universités nous semble fallacieuse et dangereuse pour l’autonomie de l’activité scientifique. Elle représente en outre un surcoût financier et un renforcement de la bureaucratisation de nos métiers.

Dans la perspective d’un renforcement du service public de la recherche et de l’enseignement supérieur, les membres du CERI s’associent aux revendications déjà formulées par la Conférence des présidents de sections du Comité national (CPCN) et par 20 sections du CNU à ce jour, dont la section 04, et demandent :

  • Le retrait du projet de réforme des retraites et la mise en place de véritables négociations avec les représentant·es des enseignant·es et des chercheur·es.
  • Une véritable consultation nationale autour de l’avenir de l’ESR.
  • La création massive de postes permanents d’enseignant·es et/ou chercheur·es, techniciens et techniciennes/ingénieur·es et gestionnaires de la recherche, contre la précarisation de l’ESR.
  • La revalorisation de nos métiers et carrières (notamment par le dégel du point d’indice).
  • La réaffectation des six milliards annuels du Crédit Impôt Recherche à la recherche publique.
  • L’augmentation significative des dotations annuelles des unités de recherche par des financements pérennes pour la production et la diffusion des recherches.

 

Information complémentaire :

En matière de diffusion de la recherche, Critique internationale, revue abritée par le CERI, s’est déclarée en luttes, comme plus de 90 revues à ce jour. Signataire de la Tribune « Les revues scientifiques fragilisées par les projets de loi » parue dans Le Monde du 29 janvier 2020, elle propose sur son site des éclairages sur des mobilisations d’« ailleurs », participe à l’opération « Carnets blancs », et fournira prochainement une livraison spéciale sur le démantèlement de l’État social.

Centre de Recherches Sémiotiques (CERES)

Les membres du laboratoire CeReS, réunis en Assemblée Générale le jeudi 13 février 2020, prennent acte de la gravité des menaces que représente le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche et entendent réaffirmer leurs convictions sur les points suivants :
– Le lien nécessaire entre enseignement et recherche ;
– L’augmentation sensible des emplois statutaires au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche afin de répondre aux besoins de formation et de permettre une intégration rapide et optimale des jeunes docteur.e.s ;
– Le principe du financement public et pérenne des équipes scientifiques, garantie de liberté académique, de qualité et d’ouverture de la recherche ;
– Le principe d’une évaluation par les pairs sur la base d’une appréciation qualitative et non quantitative des travaux ;
– L’attachement au principe collectif et coopératif de la recherche, ainsi qu’au principe de démocratie universitaire ;
– La revalorisation générale des carrières par une augmentation du point d’indice.
Par voie de conséquence, ils s’opposent à :
– La remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs ;
– L’amplification de la contractualisation et de la précarisation des enseignant.e.s-chercheur.e.s, chercheurs, personnels BIATSS et ITA dans l’enseignement supérieur et la recherche ;
– La remise en cause du statut des enseignant.e.s-chercheur.e.s et des chercheur.e.s avec la disparition de la référence aux 192 heures éq. TD et la « modulation des services ».
Ils appellent à :
– encourager la convergence des actions entre laboratoires ;
– pratiquer la grève de la recherche dans ses aspects administratifs, en suspendant l’activité d’évaluation.

Centre Interdisciplinaire de Recherche Culture Éducation Formation Travail – Éducation et scolarisation (CIRCEFT-ESCOL)

Par cette motion, les enseignants-chercheurs de l’équipe CIRCEFT-ESCOL de l’Université Paris 8 et de l’UPEC-Inspé de Créteil s’inscrivent dans le mouvement social actuel contre les réformes en cours.
Nous nous opposons aux projets actuels de réformes qui prolongent et amplifient les attaques contre les acquis sociaux, contre les mécanismes de solidarité, et aggravent les inégalités. Deux réformes d’inspiration néolibérale sont particulièrement nocives.
1) La Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)
Alors que la LRU avait déjà étranglé financièrement les universités, le dispositif Parcoursup et le PIA 3 (Écoles universitaires de Recherche et Nouveaux Cursus universitaires) ont contribué à mettre les formations en concurrence. Quant à la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, sans doute annonciatrice de celle des étudiants français, elle complique la prolongation d’études pour les jeunes issus de pays et de familles pauvres.
Avec son projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), le gouvernement accélère /franchit une nouvelle étape décisive dans la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR).
Conséquences pour les étudiants, si la réforme était appliquée :

  • mise en place d’un système universitaire à deux vitesses : quelques universités dites d’excellence seront encore mieux financées, auront des statuts dérogatoires pour attirer les étudiants les plus favorisés ; tandis que la majorité des étudiants, en particulier celles et ceux qui ont peu de moyens financiers, n’auront accès qu’à un système universitaire déclassé, limité au niveau licence pour l’essentiel, avec des personnels toujours plus précaires et de statut et qualification inégaux, ne préparant pas tous à la poursuite d’études en master et au-delà ;
  • la menace est d’autant plus grande à Paris 8 (dont le public n’est pas celui des beaux quartiers) université implantée en banlieue, avec le risque que les licences ne préparent pas au Master.
  • les frais d’inscription risquent d’augmenter drastiquement pour l’ensemble des étudiants.
    Conséquences pour les personnels de l’ESR, si la réforme était appliquée :
  • des personnels enseignants-chercheurs et BIATS contractuels et précaires (raréfaction des titularisations, contrats sur projets, etc.) ;
  • regroupement des formations à l’échelle des régions, compliquant les modalités pédagogiques et augmentant le travail des personnels administratifs ;
  • disparition du référentiel commun aux enseignants des 192HETD, et modulation obligatoire des services (non-paiement des heures complémentaires) ;
  • raréfaction des financements pérennes, remplacés par les financements par projets, la concentration des ressources dans certains pôles et la multiplication de CDD, d’où une pression accrue sur les personnels administratifs et techniques ;
  • accroissement du temps passé en évaluation plutôt qu’au travail d’enseignement et de recherche, multiplication des primes variables et par tête ;
  • remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs, ce qui risque d’accentuer des différences de traitement et d’entraîner une concurrence accrue entre collègues, ainsi que des dérives localistes et les tentations autoritaristes des Présidents d’université ;
  • remise en cause du statut des enseignants-chercheurs et de son caractère national, ainsi que de la liberté scientifique et pédagogique ; menace de l’indépendance de la recherche face à la quête de financements privés que la réforme appelle de ses voeux :
  • risque de subordination des activités et des résultats de la recherche aux intérêts immédiats du monde économique ;
  • risque de suppression des diplômes les moins corrélés aux prétendus besoins des entreprises et limitation des choix d’orientation.
    2) Le projet de réforme des retraites La retraite par points c’est :
  • de la retraite en moins, avec la baisse des pensions, en particulier pour les enseignants que visent à devenir nombre d’étudiants de notre département des sciences de l’éducation de Paris 8 ou de l’Inspé de Créteil ;
  • de la retraite en moins, dans la durée, avec l’allongement des durées des carrières ;
  • l’obligation d’enrichir les financiers par le recours aux fonds de pension des assurances privées ;
  • la remise en cause la logique de solidarité intergénérationnelle et des droits et protections statutaires au profil d’une individualisation accrue des droits et des carrières.
    Nous participerons aux prochaines Assemblées générales prévues la semaine prochaine à Paris 8, dans notre UFR et à l’Inspé de Créteil pour décider des modalités d’action afin de faire entendre notre refus de ces réformes, et notre volonté de relance d’un service public de qualité quel que soit le territoire d’implantation.
    Motion adoptée par 15 voix sur 16 votants.

CEntre Lasers Intenses et Applications (CELIA)

Les personnels du CEntre Lasers Intenses et Applications (CELIA) réunis en Assemblée Générale tiennent à exprimer leur profond désaccord avec les constats et les propositions exprimés dans les rapports préliminaires à la LPPR. 
Ces rapports font état d’une recherche française ayant peu d’attractivité et en déclin sur la scène internationale. Le grand nombre de candidat.e.s de haut niveau – dont beaucoup d’étranger.ère.s –  postulant à des postes de maître.sse de conférences, d’ingénieur.e, technicien.ne ou administratif, ou de chargé.e de recherche au CNRS démontre au contraire l’attractivité de la recherche académique française. Quant au déclin relatif établi sur la base d’éléments bibliométriques, il faut le mettre en parallèle avec les efforts considérables de soutien à la recherche dans certains grands pays industrialisés, sans équivalent en France. Nous pensons qu’il y a en France une ample communauté de chercheur.e.s enthousiastes, passionné.e.s et performant.e.s dont la synergie assure au pays une recherche de très grande qualité, reconnue au niveau international par le biais de nombreuses et récentes distinctions de hauts niveaux.
Nous entendons la synergie de la communauté scientifique comme la somme de compétences individuelles à toute échelle, seule à-même de permettre à chacun.e d’atteindre et de résoudre un niveau de complexité élevé, bénéficiant à tout.e.s. En ce sens, nous contestons la mise en concurrence de personnes comme moteur de l’excellence scientifique, telle que prônée par les rapporteurs du projet de loi. Aussi, considérant que le progrès scientifique est basé sur la libre circulation et le libre échange des informations et des idées, nous rejetons tout système reposant sur la mise en concurrence des laboratoires, instituts, universités…
Ces mêmes rapporteurs soulignent la faiblesse du financement de la R&D française, notamment en comparaison avec les autres grands pays industrialisés. Ils soulignent aussi le besoin d’augmenter significativement les crédits récurrents des laboratoires de recherche. Nous reconnaissons là une analyse objective et raisonnée des besoins de la communauté. Cependant les propositions mises en avant dans les rapports ne visent qu’à renforcer le financement de la recherche au travers d’appels à projets discriminants par nature et vont par conséquent aggraver la situation actuelle, processus déjà engagé comme constaté par les instances. Il est de plus proposé d’accompagner la discrimination thématique d’inégalités salariales et promotionnelles. Telle est la route que semble vouloir emprunter la future LPPR et qui est opposée à la direction que nous estimons juste. 
Une politique de recherche essentiellement basée sur des appels à projets est nécessairement chronophage, quand bien même les taux de succès futurs augmenteraient. Il est clairement dommageable de demander aux chercheur.e.s, et particulièrement aux plus jeunes, de consacrer une partie importante de leur temps à rédiger des demandes de financement : cela impute directement leur temps de travail effectif. De plus, la lecture des rapports préliminaires montre qu’une telle politique s’accompagne inévitablement d’un renforcement de l’évaluation des chercheur.e.s, tant en amont qu’en aval desdits projets. Les procédures d’évaluation et de contrôle sont déjà nombreuses, coûteuses, chronophages, bien souvent redondantes, et leur impact sur la qualité de la recherche menée par les agents reste à démontrer. Aussi, nous ne soutenons aucunement la mise en place de nouvelles évaluations qui résulteraient en une diminution du temps disponible pour la recherche.
Concernant le renouvellement périodique du vivier de chercheur.e.s par de jeunes recrues, nous sommes fermement opposés à la proposition de création de contrats à durée explicitement déterminée (tenure track, CDI de mission scientifique, …). Un tel dispositif contribuerait à accroître la précarisation, déjà existante, de tous les personnels, ainsi qu’une accentuation des inégalités entre hommes et femmes face à ce type de contrats. Concernant plus particulièrement le cas de  jeunes chercheur.e.s jugé.e.s inaptes à poursuivre leur parcours dans la fonction publique à la fin de leur contrat, ce dispositif ne serait en aucune façon de bon augure pour leur avenir ; il est bien connu que l’expérience doctorale et post-doctorale est généralement mal reconnue en France où les recruteurs du secteur privé préfèrent les élèves-ingénieur.e.s. 
Par ailleurs, nous nous accordons à reconnaître les compétences, la créativité et l’adéquation à notre système des chercheur.e.s actuellement embauchés selon les dispositions statutaires en vigueur. Cependant, dans un contexte de pénurie de postes, les instances de recrutement portent déjà un intérêt démesuré à l’ambition et aux compétences des candidat.e.s à décrocher des financements compétitifs. Cette logique de sélection conduit à l’émergence de pratiques concurrentielles entre les jeunes chercheur.e.s au détriment d’une culture collaborative qui, selon nous, constitue le moteur d’une recherche de qualité. Dans le but d’assurer un recrutement servant les intérêts de la recherche, nous préconisons donc la pérennisation des statuts de tous les personnels de l’ESR, la multiplication de leurs postes permanents et le retour aux financements récurrents des laboratoires.
Au sein de la communauté des enseignant.e.s-chercheur.e.s, les rapporteurs proposent aussi de remplacer certaines procédures nationales, telle que la qualification, par des évaluations locales pilotées par des comités ad hoc. Le lien entre décentralisation et flexibilité de l’accès aux fonctions d’enseignant.e-chercheur.e n’est pas justifié – nous pouvons même craindre qu’une telle  décentralisation n’entraîne des dérives. Dans le même sens, la dérégulation du service forfaitaire, laissée aux mains d’un comité local jugeant de l’excellence des personnes, nous semble contraire à l’éthique égalitaire que nous défendons au sein de la communauté. 
Motion votée à l’unanimité des 36 personnes présentes à l’assemblée générale du CELIA qui s’est tenue le 18 Février 2020 au sein du laboratoire. 

Centre Max Weber (CMW)

Motion de l’Assemblée générale du Centre Max Weber, réunie à la Maison des Sciences de l’Homme, Lyon, le 06 janvier 2020
Contre la destruction du service public de l’enseignement et de la recherche : Mobilisation de tous les personnels !
Nous, membres du Centre Max Weber, réuni·es en Assemblée générale le 06 janvier 2020 à la MSH de Lyon, dénonçons un programme concerté de destruction de nos conditions d’emploi, de travail et de vie par de nombreuses contre-réformes en préparation. C’est pourquoi nous appelons à la grève reconductible jusqu’au retrait du projet de loi sur les retraites. Nous affirmons également notre soutien aux mouvements étudiants qui s’organisent contre les conditions de vie précaires qu’ils et elles subissent, revendiquons l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage et appelons à ne pas sanctionner celles et ceux qui se mobilisent.
Nous nous opposons également aux propositions des rapports préparatoires à la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) de 2020, dernier coup de boutoir de la politique de l’Enseignement supérieur et la recherche depuis 15 ans. En effet, nos laboratoires et universités font face au plus grand plan social de leur histoire avec un effondrement des postes de titulaires de l’enseignement, de la recherche et de l’administration. Loin de proposer un plan massif de recrutement et la pérennisation des crédits de recherche, ces rapports et les premières annonces d’Emmanuel Macron à l’occasion des 80 ans du CNRS annoncent au contraire plus de mandarinat, plus de précarité, plus d’inégalités entre les établissements et les personnels ainsi que des conditions moins favorables à la réalisation de nos recherches : multiplication et création de nouveaux contrats précaires (dont des « CDI-chantier », pour le temps limité d’un projet), possibilité de recruter sans la qualification par le CNU, suppression de la référence aux 192 h TD pour les enseignant·es-chercheu·ses, modulation de services obligatoire en fonction des besoins de chaque UFR, fin du paiement des heures complémentaires, renforcement de la logique d’appels à projets comme mode unique de financement de la recherche et augmentation de la concurrence entre unités de recherche, etc.
Ces transformations de l’enseignement supérieur et de la recherche, conjuguées à la sélection des étudiant·es que permet Parcoursup, à la réforme des lycées et du baccalauréat, aux réformes de la formation des enseignant·es et à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es, vont avoir des conséquences dramatiques pour les enseignant·es et chercheu·ses mais aussi pour les étudiant·es et remettraient gravement en cause l’accès de tou·tes à des études gratuites de qualité. La précarité structurelle et la dégradation des conditions de travail affectent d’ores et déjà l’ensemble du monde universitaire. Non seulement les personnels titulaires sont en surcharge de travail permanente, mais une part importante de l’enseignement et du travail administratif est effectué par des personnels non titulaires. Nombreu·ses sont les doctorant·es et jeunes docteur·es qui alternent contrats ponctuels et périodes de chômage pour produire des recherches. Le recours aux vacations se fait la plupart du temps hors de tout cadre légal (pas de contrat de travail, notamment). Les discriminations sous toutes leurs formes, notamment de genre ou ethno-raciales, sont monnaie courante. Les éléments de démocratie universitaire comme le Conseil National des Universités et le Comité national du CNRS sont progressivement dépouillés de leurs prérogatives. Nous devons mettre un coup d’arrêt à cette logique mortifère et inverser la tendance en gagnant enfin la titularisation des milliers de personnels précaires. Dans cette perspective, nous appelons à participer aux manifestations des semaines à venir contre la réforme des retraites en constituant des cortèges de l’Enseignement supérieur et de la recherche en lutte.
Pour un service public de l’enseignement et de la recherche de qualité, nous sommes :

  • Pour une université gratuite et accessible à toutes et tous et une recherche scientifique publique au service de toutes et tous.
  • Pour la titularisation des précaires qui remplissent des fonctions pérennes et pour un plan de recrutement massif de titulaires à la hauteur de l’augmentation du nombre d’étudiant·es et des besoins publics de recherche.
  • Pour la mensualisation des paiements des vacations et le respect de la législation en vigueur.
    Pour une revalorisation des vacations au moins au SMIC.
  • Pour la création massive de postes pérennes à la hauteur de la mission de service public que nous assurons. Contre la casse du statut de fonctionnaire (refus des CDI-chantier, des tenure track qui ouvrent la voie à la remise en cause des statuts de MCF et de CR) ; contre la dérégulation des carrières ; pour la revalorisation du point d’indice ; contre la modulation des services des enseignant·es chercheu·ses, pour la réduction du temps de travail de l’ensemble des personnels de l’ESR ;
  • Contre l’imposition du modèle de l’entreprise privée à l’ESR (et la concurrence généralisée et déloyale qui creuse les inégalités existantes et la précarisation de tous les personnels) ;
  • Pour la mise en place de moyens effectifs de lutte contre toutes les discriminations ;
  • Pour une véritable démocratie universitaire, contre l’augmentation du pouvoir gestionnaire des directions des universités et des établissements de recherche (refus du contournement des instances nationales d’évaluation par les pairs – CNU, Comité national du CNRS) ;
  • Pour des mesures efficaces de lutte contre la précarité étudiante (revalorisation des bourses, création de logements étudiants salubres et à faible loyer, amélioration de l’accès à la médecine universitaire).
    Texte adopté par l’AG du Centre Max Weber à l’unanimité.

Centre Pierre Naville (CPN)

Les membres du Centre Pierre Naville (enseignant.es-chercheur.es, doctorant.es, BIATTS) réunis en Assemblée générale le 17 janvier 2020 s’élèvent avec force :

  • contre la réforme des retraites dont l’application impliquerait un allongement de la vie au travail et une réduction notable du montant des pensions ;
  • contre les orientations de la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) actuellement dans les tuyaux qui, au contraire des déclarations ministérielles qui accompagnent le projet, menacent de détériorer encore plus les qualités de l’enseignement supérieur et de la recherche et les conditions de travail de celles et ceux qui la font vivre.
    D’ores et déjà, 20 000 postes de professeur.es et de maîtres de conférences non remplacés sont « gelés » et ont de fait disparu au cours de la décennie. C’est plus de 20% des 91 000 postes dont le manque alimente le recours de plus en plus intense à des vacataires. Parallèlement, le développement de la concurrence entre les universités et les laboratoires de recherche exacerbé au nom de « l’excellence » conduit au renforcement des inégalités entre établissements et entre équipes au détriment des étudiant.es des classes populaires majoritairement inscrit.es dans les universités et écoles périphériques. Ces évolutions atteignent particulièrement les sciences humaines et sociales sans pour autant épargner les autres disciplines.
    L’Assemblée générale du Centre Pierre Naville, le laboratoire de sociologie de l’Université d’Évry, décide d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour s’opposer à la mise en oeuvre de ces deux réformes contraires aux intérêts immédiats et à long terme des enseignant.es, des chercheur.es et des étudiant.es et pour demander la création des postes manquants de façon à revenir à des taux d’encadrement permettant à tou.tes de travailler dans de bonnes conditions et pour revenir sur la précarisation de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Nous appelons les autres unités de recherche de l’université d’Évry et de l’université Paris Saclay à s’engager elles aussi dans cette voie.

Cognitions humaine et artificielle (CHArt)

Les membres du laboratoire CHArt-Université Paris 8, réunis le mercredi 5 février 2020 tiennent à exprimer leurs inquiétudes concernant la future Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche telle qu’elle se profile.
Ils s’associent pleinement à la motion du collège doctoral de l’Université Paris 8.
Motion votée à l’unanimité des membres du laboratoire CHArt de l’Université Paris 8, le mercredi 5 février 2020.
Pour mémoire, la motion du collège doctoral de l’Université Paris 8 :
Le Collège doctoral de l’Université Paris 8, réuni le jeudi 23 janvier 2020, après avoir discuté du mouvement social en cours et des différents rapports préparatoires à la LPPR, tient à rendre public son rejet tant de la réforme des retraites que de la future Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche telle qu’elle se profile.
En ce qui concerne les doctorants, qui sont la première préoccupation du Collège, les conséquences de la réforme des retraites leur seraient complètement néfastes. Devant effectuer de longues études, confrontés de surcroît à la pénurie des postes de titulaires dans l’université et dans les instituts de recherche publics, ils entrent tardivement dans l’emploi et, de ce fait, se trouvent déjà affectés par l’allongement de la durée de cotisation (et par la décote éventuelle).
La réforme des retraites qu’envisage le gouvernement aggraverait cette situation : en substituant à la logique du salaire calculé sur la base des six derniers mois celle d’une épargne proportionnelle à l’ensemble des rémunérations perçues au cours d’une carrière commencée tard et avec un indice relativement faible, la retraite à points condamnerait tous les futurs chercheurs et enseignants chercheurs – plus encore que ceux déjà en activité – à une diminution très importante de leurs revenus.
La réforme des retraites prévue ne peut, dans cette perspective, que contribuer à réduire encore, s’il était possible, l’attractivité des métiers de l’enseignement et de la recherche qui s’exercent déjà dans des conditions extrêmement dégradées. En outre, l’éventuelle LPPR contribuera à renforcer les formes de précarité dans l’ESR, notamment du fait de l’extension de la contractualisation, de la multiplication des transformations d’emplois publics en CDD, et de l’usage massif des CDI « de projet » et « de chantier ».
Les modes de recrutement et les statuts des enseignants chercheurs dans l’université du futur – telle que les dessinent les rapports préliminaires – seront bouleversés par la « fusion » des corps de Maîtres de conférences et de Professeurs, fusion qui débouchera non pas sur un corps unique égalitaire des enseignants-chercheurs mais au contraire sur une diminution du nombre de postes de fonctionnaires stables et sur une distribution inégalitaire des moyens entre établissements. Enfin, la fin de toute condition à la mise en place de la modulation de services, et le remplacement de l’évaluation des services en heures par une évaluation en unités de crédit (ECTS) permettront la suppression des 192h équivalent TD annuelles, ce qui constituerait une attaque sans précédent contre le statut des enseignants-chercheurs.
Il faut ajouter à ce panorama l’affaiblissement programmé du CNU et du comité national du CNRS, qui constitue une atteinte claire au paritarisme, va dans le sens – comme dans toutes les instances de gouvernement des universités – d’une suprématie des nommé.e.s sur les élu.e.s, et imposera à terme une dérégulation des procédures de recrutement.
De plus, le refus de remettre en question les formes d’attribution et le montant du crédit impôt recherches (plus de 6 milliards par an) rend peu crédible toute annonce d’un effort budgétaire substantiel au bénéfice de l’ensemble de l’ESR (et non à celui de certaines universités privilégiées et d’une toute petite fraction des enseignants-chercheurs). Finalement seront ainsi renforcées la compétition, la concurrence, l’inégalité croissante entre les pôles universitaires et la recherche à court terme sur des appels à projet aux thématiques trop souvent imposées par des instances déconnectées des travaux en cours.
La situation très préoccupante de l’université française et la dégradation constante des conditions d’exercice et de recrutement fait l’objet d’un constat partagé unanimement – jusque dans les trois rapports préparatoires à la LPPR. Les membres du Collège doctoral demandent que ce constat inspire une autre réforme, qui rende un avenir aux doctorants, et dans ce but renforce le statut des chercheurs et des enseignants-chercheurs, les libertés académiques, le fonctionnement démocratique et paritaire des instances de tous les établissements d’enseignement supérieur, l’égalité entre les territoires, le financement pérenne des laboratoires et des universités et la sauvegarde d’une recherche fondamentale détachée du mirage de l’ »innovation » et de l’obsession des classements internationaux.
Motion votée à l’unanimité des membres du Collège doctoral de Paris 8 le vendredi 31 janvier 2020

Croyance, Histoire, Espace, Régulation Politique et Administrative (CHERPA)

Nous, membres du CHERPA et enseignants-chercheurs de l’IEP d’Aix, réunis le 22 janvier 2020, soutenons les mobilisations interprofessionnelles contre le projet de réforme des retraites et dénonçons les politiques de démantèlement des services publics (hôpitaux, justice, éducation, transports, énergie…).
Notre secteur n’est pas épargné par ces politiques délétères qui conduisent à une institutionnalisation croissante de la précarité: accès tardif à des positions stabilisées qui se raréfient (baisse des recrutements au CNRS et à l’Université), faible niveau de rémunération à diplômes et niveaux de responsabilités équivalents, multiplication des primes individualisées dont l’octroi et le montants sont laissés à la discrétion des présidences d’établissement. Face à cette casse de l’Université publique, nous défendons l’amélioration des conditions de vie et de travail des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche que ne permettent absolument pas les actuels projets de réforme, bien au contraire.
Nous défendons une recherche publique indépendante des pouvoirs publics et des intérêts économiques, inscrite dans la durée et non dans des délais serrés imposés par des appels d’offre extérieurs. Le temps long de la réflexion est en effet, indispensable à la qualité de notre production. Or, la loi de programmation pluriannuelle de la recherche érige en norme générale la contractualisation de la recherche et dénature ainsi notre mission qu’est la production de savoirs pour tous. Cette loi saborde également un peu plus les conditions d’exercice et le sens de notre métier de chercheur et d’enseignant-chercheur. Elle ne fait qu’accentuer la précarité des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, notamment des doctorants et des docteurs sans poste, déjà durement touchés par la réforme de l’assurance chômage.
Nous défendons enfin un service public de la recherche et de l’enseignement ouvert à tous car nous croyons dans les bienfaits de l’égalité de l’accès aux savoirs. Or, les réformes récentes du lycée comme de l’université tendent à transformer ces lieux du savoir en un marché économique soumis aux lois de la concurrence – ce qui a pour conséquence d’accentuer les coûts d’entrée dans l’enseignement supérieur pour la majorité des bacheliers, de creuser les inégalités entre étudiants, et de hiérarchiser les écoles, formations et universitaires en “bons” ou “mauvais” élèves de l’éducation.
Pour toutes ces raisons, nous appelons nos collègues de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche :
• à investir les espaces pédagogiques et scientifiques institués pour débattre et sensibiliser les étudiants et l’ensemble des personnels aux mobilisation et aux réformes en cours.
• à participer aux journées de mobilisation nationale ainsi qu’aux actions de soutien des grévistes (piquets, caisses de grève…)
• à participer aux AG de coordination locale et nationale

Cultures et Environnements Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM)

La Motion magique
CEPAM UMR 7264 LABO EN LUTTE CONTRE LA LOI DE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE LA RECHERCHE (LPPR)
28/01/2020
Nous, les membres du laboratoire d’Archéologie, de Préhistoire, d’Histoire et d’Histoire de l’art du CEPAM Cultures et environnements – Préhistoire, Antiquité, Moyen-âge, UMR 7264 CNRS – Université Côte d’Azur, déclarons notre opposition au projet de réforme des retraites et au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), annoncée comme « darwinienne et inégalitaire » par le PDG du CNRS.
Nous avons pris connaissance des éléments contenus dans les rapports préalables au futur projet de loi visant 1/ une réduction drastique des postes permanents (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens) et donc une précarisation toujours plus forte des personnels de la recherche (CDI de projet, tenure-track), 2/ un recours encore plus important au financement de la recherche sur projets (via l’ANR) et un financement récurrent des laboratoires restreint et aléatoire, 3/ une mise en concurrence toujours plus élevée des laboratoires et des chercheurs.
Nous appelons à la mobilisation contre ces projets de lois.

De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie (PACEA)

Motion des membres de l’unité mixte de recherche PACEA (de la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie – UMR 5199), Université de Bordeaux, Centre national de la recherche scientifique, Ministère de la Culture.
Les membres de l’UMR 5199 PACEA réunis en AG exceptionnelle le 5 février 2020, expriment leur opposition résolue à la plus grande partie des propositions formulées au sein des trois rapports commandés par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en vue de l’élaboration de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) et à l’idéologie qu’elle sous-tend.
https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid145221/restitution-des-travaux-desgroupes-
de-travail-pour-un-projet-de-loi-de-programmation-pluriannuelle-de-larecherche.
html.
Nous souhaitons par ailleurs rappeler que les préconisations de ces trois rapports vont à l’encontre des propositions collectives exprimées par les UMR et le Comité National du CNRS (https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02289205/document). Nous exprimons notre plus grande inquiétude concernant la préparation du projet de LPPR s’il devait s’appuyer sur ces rapports.
Cette motion s’inscrit dans la dynamique déjà initiée par de nombreux laboratoires, instituts, comités ou groupements de recherche et, notamment, dans la droite ligne des positionnements déjà exprimés par nos collègues des UMR AASPE, ISYEB, de la MSH Monde, de la CPCN, du GDR BioArcheoDat ainsi que des laboratoires de l’Université de Toulouse II-Jean Jaurès.
Nous revendiquons notre attachement au modèle français de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et d’une recherche publique indépendante. Des mesures doivent être prises pour traiter les causes du « décrochage » de la recherche publique et pas uniquement ses symptômes. Notamment, la question de l’attractivité de ce modèle, soulevée par l’un des groupes de travail composés pour animer la réflexion préalable au projet de loi (« Attractivité des emplois et des carrières scientifiques ») nous semble, telle qu’elle est posée, profondément biaisée. Si problème d’attractivité il y a, il repose avant tout sur la pénurie d’emplois statutaires pérennes d’ingénieurs, de techniciens, de chercheurs et d’enseignants-chercheurs. Le statut de chercheur tel qu’il existe aujourd’hui, au CNRS notamment, attire de très nombreux jeunes chercheurs (français ou étrangers, CDD ou sans contrat) qui viennent, chaque année, se porter candidat, exprimant par-là un choix fort : au-delà de salaires moins élevés, c’est, pour eux, une manière de fuir un système précarisant (modèles allemand et américain par exemple) et la garantie de mener une recherche dans un cadre dynamique, collaboratif, indépendant et serein, mais non moins excellent.
Motion adoptée à la majorité des votants (49 pour, 2 contre, 2 nuls)
Le 5 février 2020.

Edition, Littératures, Langages, Informatique, Arts, Didactique, Discours (ELLIADD)

Nous, enseignant.es-chercheur.es, personnel administratif et doctorant.es du laboratoire ELLIADD (Edition, Littératures, Langages, Informatique, Arts, Didactiques, Discours) EA 4661 de l’Université Bourgogne-Franche-Comté, exprimons notre très grande inquiétude face au futur projet de loi « Programmation Pluriannuelle de la Recherche » (LPPR) qui sera discuté au Parlement à partir de ce mois de février.
Alors même que la communauté universitaire est appelée à subir de plein fouet les conséquences de la réforme des retraites ou la disparition du statut actuel des Équipes d’accueil, le projet LPPR annonce :
• La remise en cause du statut des enseignant.es-chercheur.es avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD (modulation des services) ;
• L’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR (tenure tracks, contrats précaires à durée déterminée, susceptibles de remplacer le statut de Maître de conférences) ;
• La remise en cause des fonctions du CNU dans l’évaluation des carrières par les pairs et plus généralement de la collégialité au sein de notre communauté, ce qui fait accroître le risque de localisme dans les recrutements et l’inégalité dans le déroulement des carrières et des promotions.
Ce projet systématise la mise en concurrence des universités, des laboratoires, des personnels, enseignant.es-chercheur.es, BIATSS et ITA au lieu de prôner la coopération. Il précarise l’entrée de nos doctorants dans le métier d’enseignant.e-chercheur.e. contre le développement de l’emploi pérenne.
Ce projet vise à promouvoir un modèle différent de la recherche, financé quasi exclusivement par projet, tourné vers le profit et la rentabilité, celui des pôles d’« excellence », des brevets qui rapportent. Ce projet vise à détruire la liberté de la recherche et met en cause la pérennité et la qualité de la recherche fondamentale, il asservit toute pensée à la logique managériale et entre en opposition avec la liberté d’étude et de recherche qui constitue le socle même des missions du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Nous refusons vigoureusement ces orientations contraires à nos engagements scientifiques et éthiques. C’est pourquoi le laboratoire ELLIADD manifeste son opposition au projet de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).
Le laboratoire ELLIADD appelle à engager une réflexion et une mobilisation collectives à l’échelle locale pour définir des propositions alternatives pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche.
Motion votée le 16 février 2020.
74 votes exprimés: 69 votes favorables et 5 abstentions.

Éducation et Diversité en espaces Francophones

Nous avons voté en AG extraordinaire vendredi notre refus de participer à l’évaluation HCÉRES tant que le projet de LPPR était maintenu, ainsi que la motion suivante :
Les membres du laboratoire FrED, réunis en Assemblée générale extraordinaire le vendredi 7 février 2020, prennent acte de la gravité des menaces que représente le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche et entendent réaffirmer leurs convictions sur les points suivants :
– Le lien nécessaire entre enseignement et recherche ;
– L’augmentation sensible des emplois statutaires au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche afin de répondre aux besoins de formation et de permettre une intégration rapide et optimale des jeunes docteur.es ;
– Le principe du financement public et pérenne des équipes scientifiques, garantie de liberté académique, de qualité et d’ouverture de la recherche ;
– Le principe d’une évaluation par les pairs sur la base d’une appréciation qualitative et non quantitative des travaux ;
– L’attachement au principe collectif et coopératif de la recherche, ainsi qu’au principe de démocratie universitaire ;
– La revalorisation générale des carrières par une augmentation du point d’indice et non par le biais de primes.

Par voie de conséquence, ils s’opposent à :
La remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs ;
L’amplification de la contractualisation et de la précarisation des enseignant.e.s-chercheur.e.s, chercheurs, personnels BIATSS et ITA dans l’enseignement supérieur et la recherche ;
La remise en cause du statut des enseignant.e.s-chercheur.e.s et des chercheur.e.s avec la disparition de la référence aux 192 heures éq. TD et la « modulation des services ».
L’aggravation des charges administratives et de gestion (en particulier par la généralisation du financement sur appels à projets et la complexification des procédures administratives) qui détournent de l’activité de recherche ;
Plus généralement, l’affaiblissement de la logique de solidarité nationale ;

Équipe de Recherche sur les Mutations de l’Europe et de ses Sociétés (ERMES)

« Nous, membres du laboratoire ERMES réuni.e.s en Assemblée générale le 17 janvier 2020 à la Faculté de droit et science politique de l’Université Côte d’Azur, dénonçons le projet de loi sur les retraites, qui remet en cause notre système de protection sociale, ainsi que le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et nous déclarons participer aux mobilisations en cours.
Nous demandons :
• Un plan massif de recrutement afin de combattre la précarité structurelle à l’université.
• La fin du recours aux vacataires non titulaires, dont les conditions de travail sont inadmissibles
• La fin du financement de la recherche par projet
• Un financement pérenne et garanti de l’enseignement et de la recherche
• La fin d’une logique gestionnaire qui se traduit par une évaluation des chercheurs et labos visant principalement à réduire les financements de base et moduler les services. A l’inverse, nous soutenons une véritable démocratie universitaire qui respecte les instances d’évaluation par les pairs – CNU, Comité national du CNRS.
Nous appelons l’ensemble des structures de recherche et d’enseignement du campus Trotabas et des autres campus de l’université à se positionner sur la LPPR et la réforme des retraites, qui font partie d’une offensive généralisée contre les services publics et l’Etat social.
Une réunion de discussion et de mobilisation est prévue le 23 janvier à 14h la place du séminaire des Etudes politiques, afin de déterminer les modalités d’action à venir.

Groupe de recherche sur le handicap, l’accessibilité, les pratiques éducatives et scolaires (GRHAPES)

Les membres du laboratoire de recherche Grhapes (EA 7287), suite à la tenue de leur assemblée générale extraordinaire du 14 janvier 2020, prennent collectivement position contre le projet de LPPR qui entend enfermer l’enseignement et la recherche dans une logique de compétition, de gestion à court terme et de précarisation généralisée, annonçant ainsi :

  • la remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs ;
  • l’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR et des personnels BIATSS et ITA ;
  • la remise en cause du statut des enseignant.e.s-chercheur.e.s et des chercheur.e.s avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD et l’imposition de la modulation de service.
    Nous dénonçons vivement toute volonté d’adoption de ces mesures mortifères pour l’ESR public au moyen de « cavaliers législatifs », procédé utilisé afin de faire passer des dispositions législatives sans éveiller l’attention de ceux qui pourraient s’y opposer.
    Nous appelons l’ensemble des collègues, administratifs et enseignants, précaires ou titulaires, de l’ESR à s’exprimer publiquement et à se mobiliser selon les modalités qu’elles et ils choisiront, et à amplifier le mouvement.
    Nous demandons à la présidence de notre établissement, l’INSHEA, de faire remonter nos revendications. Notre action s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des instances de l’ESR, des sociétés savantes, des établissements de l’enseignement supérieur, des laboratoires de recherche, des revues et des portails scientifiques qui, partout en France, s’opposent aux contenus des rapports préparatoires à la LPPR.
    Voté à l’unanimité des 23 suffrages exprimés Suresnes, le 14 janvier 2020

Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication (GRIPIC)

Les membres du GRIPIC (EA 1498) réunis en AG prennent collectivement position contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Les enseignant.e.s chercheur.e.s titulaires, les doctorant.e.s et jeunes chercheur.e.s ont une vision partagée du danger que représente la réforme. Celle-ci prolonge et aggrave très fortement la dégradation des conditions d’exercice dans l’enseignement et de la recherche avec :
• Le développement de recherches sur projets fléchés en fonction de priorités définies selon des logiques managériales destinées à décider à la place et au nom de toutes et tous ce de quoi une société a besoin. Nous rappelons que l’histoire devrait nous inciter à la plus extrême prudence face aux prétentions à mettre la main sur le pilotage de la production des savoirs d’intérêt public notamment en SHS ;
• Le renforcement de la logique productiviste alors que celle-ci ne garantit absolument pas la qualité des recherches, et dont on sait par ailleurs qu’elle doit être profondément revue pour faire face aux enjeux climatiques et socio-écologiques majeurs et à la préservation des liens sociaux et des biens communs;
• La mise en concurrence des établissements, des disciplines, des équipes, des personnes, et des institutions entre pays, alors même que nous savons à quel point celle-ci est désastreuse, réduit le partage et la coopération, accroit considérablement les risques de fraudes, et ouvre la porte à des dérives éthiques graves ;
• L’accroissement de la pression exercée sur tou.te.s les travailleur.e.s de l’enseignement supérieur et de la recherche avec : l’alourdissement des charges administratives, l’incertitude d’être payé.e.s à l’heure, ou d’être payé.e.s tout court, l’alourdissement des charges d’enseignement, l’accroissement des inégalités entre collègues, les risques accrus de dépendance et de clientélisme, la négation du rôle des instances de régulation collégiales etc. ;
• La précarisation des enseignant.e.s chercheur.e.s et notamment des plus vulnérables d’entre elles et eux, doctorant.e.s et étudiant.e.s qui choisissent de se consacrer à des études longues et difficiles et qui prennent au sérieux la qualité de la recherche et la dimension émancipatrice des savoirs ; Le projet aggrave en effet les conditions de cette précarisation déjà durement ressentie : rareté des financements, réduction des temps de recherche, rareté des perspectives de postes eux-mêmes précarisés avec la proposition de CDI de projets ;
• La dégradation des conditions de travail des personnels administratifs et techniques, la négation des interdépendances indispensables à la vie de l’enseignement supérieur et de la recherche et à son ancrage dans l’ensemble d’une société qui compte sur la production des savoirs et leur partage ;
• La négation de tout le travail caché qui est essentiel dans les organisations de service public : bénévolat caché, dons multiples et continus de temps, de ressources, auto-financement, entraide, ouverture, travail gratuit, etc.
Les enseignant.e.s-chercheur.e.s titulaires dénoncent également la faute morale grave à l’égard des plus jeunes. Ils et elles souhaitent leur garantir la transmission des institutions de service public (éducation, enseignement supérieur et recherche, santé, justice) au lieu de condamner les étudiant.e.s et la jeunesse à la précarité, à une compétition stérilisante au service d’autres intérêts que le bien commun.
Ils et elles sont conscients que l’ESR fait face à de nombreux problèmes, mais rappellent que la France reste un espace de recherche international rayonnant et accueillant, auquel les sciences sociales contribuent très largement, et qui doit être soutenu au lieu d’être sans cesse altéré. Ils et elles défendent une mission d’accompagnement, d’enseignement, de formation des jeunes dans l’ensemble du système éducatif, qui ne limite pas le rôle de nos institutions à des enjeux d’employabilité.
Les enseignant.e.s et les chercheur.e.s ont fait et continuent de faire de très nombreuses propositions pour faire évoluer l’enseignement et la recherche. Ils et elles regrettent le fait que cette réforme s’appuie sur des rapports qui ne tiennent pas compte de cette production continue de réflexion et d’expérimentation ni de la valeur et de la qualité de l’enseignement supérieur public dans la formation et l’accompagnement des étudiant.e.s.
Le GRIPIC décide collectivement de soutenir les actions collectives et individuelles de ses membres mobilisés pour le retrait de ce projet de loi, en particulier les plus exposés et les plus concernés. Il rejoint également la mobilisation actuelle de très nombreux laboratoires, UFR, établissements, sociétés savantes, et revues scientifiques.
Il décide de :
• Déléguer des membres aux assemblées réunissant les collectifs en lutte ;
• Soutenir les actions visant à réorienter les activités de recherche vers la situation et le mouvement actuel ;
• Soutenir la grève, notamment celle des activités multiples non reconnues des doctorant.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s (évaluations, comités, etc.).
• Rendre visible la mobilisation dans les interventions publiques, dans les manifestations, et dans les signatures électroniques.

Hellénisation et romanisation dans le monde antique (HERMA)

Les membres du laboratoire HeRMA (hellénisation et romanisation dans le monde antique, EA 3811, université de Poitiers) ayant pris connaissance du contenu des rapports élaborés par les groupes de travail sur la LPPR (loi de programmation pluriannuelle de la recherche), expriment leur très vive inquiétude face à l’orientation que dessinent ces documents pour l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur.
Plus particulièrement, les transformations prévues du statut d’enseignant-chercheur, la différenciation des parcours professionnels et le recours croissant à des contrats précaires (tenure tracks, CDI de mission, suppression de la clause d’accord des intéressés pour la modulation des services, de la référence aux 192 heures équivalent TD d’enseignement et donc de la rémunération des heures complémentaires …) sont préjudiciables à toute notre communauté, et particulièrement aux jeunes chercheurs.
Les membres du laboratoire HeRMA sont également très attachés au maintien des cadres nationaux de qualification et d’évaluation, notamment du comité national du CNRS et du CNU, seuls garantie de la qualité et de l’équité du traitement entre les candidats et les collègues.
La réduction prévue des financements récurrents de la recherche et la concentration des efforts financiers sur des projets à court et moyen terme sont incompatibles avec les exigences d’une recherche rigoureuse et excellente, notamment en sciences humaines. Les lourdeurs bureaucratiques et les fléchages des thématiques de plus en plus contraintes sont un frein à l’innovation et à la liberté d’entreprendre des chercheurs.
Pour ces raisons, les membres du laboratoire HeRMA s’opposent à ces propositions préparant la LPPR et demandent
– un renforcement de l’emploi permanent et statutaire, pour lutter contre la précarité croissante des docteurs et des personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche;
– la garantie et l’augmentation significative des budgets récurrents des laboratoires afin de permettre à tous les enseignants-chercheurs d’avoir les moyens de mener leurs missions sans avoir nécessairement recours à des appels à projets chronophages et stérilisants.
A cette fin les membres du laboratoire HeRMA soutiennent toutes les actions en faveur des libertés académiques et du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. A titre d’exemple ils se réservent la possibilité de ne pas faire remonter le rapport d’évaluation auprès de l’HCERES (vague B).
Motion adoptée par 14 voix pour et un refus de se prononcer.

Histoire, archéologie, littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux (CIHAM)

Le Conseil de Laboratoire du CIHAM réuni le 3 février 2020 affirme être solidaire du mouvement social contre la réforme des retraites et exprime sa vive inquiétude face aux rapports préparatoires de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) envisagée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Ces rapports préfigurent l’accélération du démantèlement du service public et de l’enseignement supérieur et de la recherche et les orientations qu’ils soutiennent vont aggraver les inégalités de statut et de condition entre les personnels, sans donner de perspectives ambitieuses au rôle de la recherche dans notre société. Nous attirons notamment l’attention sur l’accroissement potentiel de la précarisation, que nous considérons très préoccupante, des personnels de soutien à la recherche, des jeunes chercheurs et chercheuses non titulaires (doctorant·e·s, jeunes docteur·e·s, post-doctorant·e·s, vacataires…), déjà fragilisé·e·s par d’autres réformes (loi assurance-chômage).
Nous nous engageons pour la défense du principe de solidarité et du service public, et de la gratuité de l’enseignement supérieur. Nous défendons la pluralité des acteurs de la recherche et des orientations disciplinaires en refusant toute logique de simplification et de hiérarchisation des savoirs et des financements à la recherche. Nous nous opposons à la politique de fragmentation, de précarisation et de contractualisation que la recherche sur
projet à court et moyen terme implique pour les personnels scientifiques et pour les personnels de soutien à la recherche. Nous rejetons la compétition entre disciplines, chercheurs et établissements et défendons la coopération scientifique comme une valeur fondamentale, y compris pour l’efficacité même de la recherche.
En solidarité avec de très nombreux laboratoires de recherche, et à la suite de l’ « Appel à signature des Directions de laboratoire de recherche pour un moratoire sur la LPPR et pour la tenue d’États généraux de la Recherche et de l’Enseignement supérieur », nous demandons au gouvernement d’organiser une véritable concertation, afin de définir collectivement les conditions d’une refondation ambitieuse et juste de l’enseignement supérieur et de la
recherche, tout en déterminant un calendrier et des moyens précis.
Nous appelons chacune et chacun à s’informer, participer aux séminaires et aux assemblées générales de mobilisation, à prendre part aux manifestations et à réfléchir à des actions collectives efficaces.
Motion votée à la majorité des présents.

HydroSciences Montpellier (HSM)

Le personnel de l’UMR HydroSciences Montpellier, réuni en assemblée générale, tient à manifester sa très vive inquiétude face au pré-projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche.
Le gouvernement reprend à son compte les constats de sous-financement de la recherche et de crise de l’emploi scientifique unanimement partagés par la communauté, mais il s’apprête à y répondre avec des solutions inacceptables, qui généralisent la compétition à tous les niveaux, renforcent la précarité de l’emploi, assortissent les financements aux évaluations des laboratoires et des équipes, et concentrent les moyens sur quelques domaines jugés prioritaires.
Si le projet de réforme de l’HCERES voit le jour, l’exercice de bilan et de prospective de l’UMR et les critiques constructives et bienveillantes que vous y apportez feront figure d’aimables fables enfantines.
De plus, ce pré-projet de loi, qui met la recherche au service de la compétition économique entre pays riches et émergents, ignore le Sud pauvre, une fois de plus.
Ce pré-projet est une atteinte à notre autonomie d’être et de penser.
Nous refusons de marcher sur les autres pour sortir la tête de l’eau.
Nous réaffirmons que la liberté académique et la sérénité que demande le monde de la recherche ne sont pas des luxes. Elles sont une condition indispensable à la créativité, à la production et à la transmission des savoirs.
Nous aussi nous voulons une loi de programmation, ambitieuse, équitable et coopérative.
Motion adoptée le 3 février 2020 par 42 voix pour, 1 abstention, 0 voix contre, 1 personne n’ayant pas pris part au vote
(*) cette motion a été lue lors de la réunion à huis-clos entre le comité HCERES et les chercheurs et enseignants chercheurs vendredi 31 janvier 2020, et reprise lors de la réunion avec les ITAs. Le premier paragraphe était alors formulé ainsi : « Nous, représentants et représentantes élues au conseil de laboratoire, portant ici la voix d’une grande partie des chercheurs et enseignants-chercheurs du laboratoire, tenons, à manifester notre très vive inquiétude face au pré-projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche». Pour des raisons de calendrier, elle n’a pu être validée en AG des personnels qu’après la visite HCERES.

Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST)

Motion soumise au vote électronique auprès des membres de l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (UMR 8590 CNRS/ Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Les membres de l’IHPST, consultés électroniquement après réunion du conseil de labo le 28/01/2018, adoptent la motion suivante, à une très large majorité, au sujet de la future la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

Les documents issus des groupes de travail montrent que ce projet de loi constitue une nouvelle attaque contre les statuts des enseignants chercheurs, des enseignants, et des chercheurs, contre le financement pérenne de la recherche, et qu’il ouvre la voie à une précarité et à une compétition encore accrues de nos métiers (CDI de mission, tenure tracks etc.), ainsi que les annonces successives du Président de la République Emmanuel Macron et du PDG du CNRS Antoine Petit l’ont publiquement fait savoir en décembre 2019.

L’IHPST demande l’abandon de ces projets de loi, et réaffirme son attachement au service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, à nos statuts, aux cadres nationaux de qualification, de recrutement et d’évaluation ; il s’oppose au développement de la contractualisation, à la modulation et a fortiori au déplafonnement des services.

Contre la création de postes d’exception réservé au supposées « stars » de la recherche – comme on dit en haut-lieu – et financés par une diminution de postes statutaires, nous insistons sur la nécessité bien plus pressante de créer des postes de fonctionnaires titulaires, enseignants-chercheurs et chercheurs, à la hauteur des besoins réels. Nous demandons en général le maintien des statuts dans le monde universitaire. Nous soulignons aussi la nécessité de revaloriser les traitements des personnels qui ont connu un net décrochage depuis plusieurs décennies (et non de développer la logique des primes).

Contre l’intensification des financements par projets annoncée dans la LPPR à venir, adossés à l’évaluation par des indices bibliométriques appliqués par des managers de la recherche, nous demandons une revalorisation substantielle de la dotation annuelle par laboratoire.

En ce sens l’IHPST soutient les mobilisations contre ces projets qui attaquent nos statuts et nos conditions de travail.

Institut de Mathématiques de Marseille (I2M)

L’assemblée générale de l’Institut de mathématiques de Marseille (I2M) réunie le 17 janvier appelle à l’unanimité (36 personnes) à la grève le vendredi 24 janvier, soutient (à l’unanimité) la motion des personnels de l’université et décide de poursuivre la rétention des notes. Elle appelle toute l’UFR science à une assemblée générale jeudi 23 janvier à 13 h, et à se joindre à toutes les actions de mobilisation de la semaine à venir contre les projets de réforme de retraites et de loi de programmation de la recherche.

Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (ISYEB)

Motion des membres de l’unité mixte de recherche ISYEB réunis en Assemblée générale extraordinaire le 22/01/2020
Adoptée à l’unanimité

L’Assemblée générale (AG) de l’UMR ISYEB déclare le laboratoire mobilisé contre la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui menace de détruire l’Enseignement supérieur et la recherche (ESR).

Nous manifestons notre opposition résolue aux orientations qui s’expriment dans les trois rapports remis à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche en vue du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (« Financement de la recherche », « Attractivité des emplois et des carrières », « Recherche partenariale et innovation »). Nous nous opposons en particulier aux propositions suivantes :

  • Amplification de la contractualisation et de la précarisation des jeunes chercheur.euses et des personnels BIATSS et ITA
  • Limitation radicale de la liberté de la recherche par la généralisation d’un financement de la recherche sur projet, la marginalisation de la recherche fondamentale au profit d’orientations déterminées et d’objectifs et performances à court terme.
  • Accentuation des inégalités et de la concurrence entre acteurs et institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche, sur le principe de la méritocratie
  • Revalorisation des rémunérations par des primes (et non par augmentation de l’indice) soumises à l’évaluation de la performance du chercheur.euse
  • Remise en cause radicale du statut d’enseignant.e-chercheur.euse (disparition de la clause d’accord pour la modulation du service, du référentiel d’heures d’enseignement à l’année et donc du paiement des heures complémentaires ; recours massif à des non-statutaires/précaires ; réforme des retraites)
  • Mise en place d’un tenure-track (« chaire d’excellence junior » de 5 à 7 ans, suivie d’une évaluation établie sur des « critères d’excellence internationaux ») qui s’accompagnera de la disparition du corps de Maître.esse de conférences,
  • Affaiblissement des instances nationales de qualification, de recrutement et de suivi de carrières des enseignants-chercheurs (disparition du CNU avec risque accru de recrutements arbitraires, inégalités dans les promotions, etc.) ;

Les membres de l’UMR ISYEB rappellent leur attachement à une recherche publique de qualité fondée notamment sur :

  • la dimension collective des recherches et le principe de coopération au sein d’une communauté de chercheur.euses entre acteur.ices de la recherche, entre laboratoires, entre institutions de l’ESR
  • la liberté des chercheur.euses dans le choix des thèmes de recherche
  • l’importance de la recherche fondamentale

De manière pratique, l’AG appelle les membres de l’UMR à :

  • participer à la grève et aux actions de mobilisations et de manifestations contre la LPPR et les autres menaces sur les carrières et les retraites
  • signer les pétitions, lettres ouvertes, tribunes dénonçant la LPPR (https://www.petitions.fr/recherche__non_a_une_loi_inegalitaire)
  • porter sur lui/elle, sur son lieu de travail, un signe distinctif de solidarité avec la mobilisation
  • relayer la mobilisation sous la forme de différentes actions
  • réduire leur activité et refuser toutes les tâches (administratives et autres) non obligatoires relevant de leurs fonctions et se déclarer mobilisé.es dans leurs signatures électroniques et réponses automatiques d’absence selon la suggestion ci-après : «J’accuse réception de votre message. Étant mobilisé(e) contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche, j’ai réduit mes activités et ne suis pas en mesure de répondre favorablement à votre demande si elle concerne des tâches (administratives et autres) non obligatoires relevant de mes fonctions»
  • enseignements : demander le report des examens, organiser des réunions d’information auprès des étudiants, grève des enseignements, rétention des notes, etc.
  • pratiquer la grève de la recherche : reporter les colloques et journées d’étude, suspendre le travail d’expertise et d’évaluation, refuser de siéger dans les différentes instances de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, etc.

Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie (ILCEA4)

L’ILCEA4 (Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie), réuni en Assemblée Générale le 14 février 2020, rejette les propositions évoquées dans les rapports préalables au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche : suppression de la procédure de qualification, de la clause d’accord des intéressés pour la modulation des services, de la référence aux 192 heures (équivalent TD) d’enseignement et donc de la rémunération des heures complémentaires, et rejette également la création de nouveaux contrats de travail d’exception aux dispositions statutaires (« CDI de mission »).
L’Assemblée Générale considère que les conditions nécessaires d’exercice des missions d’enseignement et de recherche passent notamment par :
. un renforcement de l’emploi permanent et statutaire, pour lutter contre la précarité croissante des docteurs et des personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche ;
. une juste rémunération des enseignants-chercheurs par une véritable revalorisation salariale ;
. la garantie et l’augmentation significative des budgets récurrents des laboratoires sur l’ensemble des établissements afin de permettre à tous les enseignants-chercheurs d’avoir les moyens de mener leurs missions ;
. une augmentation significative du nombre de CRCT (congés de recherche), conformément à ce qui était prévu dans les statuts de 1984 (avoir un congé recherche tous les 7 ans).
Motion adoptée à l’unanimité.

Institut des Neurosciences Paris-Saclay (Neuro-PSI)

Les personnels mobilisés de l’Institut des Neurosciences Paris Saclay (NeuroPSI, UMR9197 CNRS, Université Paris Saclay) et réunis en Assemblée Générale le 4 février 2020 dénoncent la planification actuelle de destruction du service public et de destruction du système de protection sociale. À ce titre, ils s’opposent aux réformes annoncées dans le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).
En particulier, nous manifestons notre opposition aux propositions et orientations suivantes du projet de loi :
·Amplification de la contractualisation et de la précarisation des jeunes chercheu.r.euse.s et des personnels BIATSS et ITA,
·Limitation de la liberté de la recherche, en particulier fondamentale, par la généralisation d’un financement de la recherche sur projet, au profit d’orientations déterminées et d’objectifs et performances à court terme,
·Accentuation des inégalités et de la concurrence entre acteurs et institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche, 
·Revalorisation des rémunérations par des primes (au lieu de l’augmentation de l’indice) liées à une évaluation de « performance » (reposant principalement sur la bibliométrie),
·Remise en cause radicale du statut d’enseignant-chercheur (disparition de la clause d’accord pour la modulation du service, du référentiel d’heures d’enseignement à l’année et donc du paiement des heures complémentaires ; recours massif à des non-statutaires/précaires),
·Mise en place d’un tenure-track (« chaire d’excellence junior » de 5 à 7 ans, suivie d’une évaluation établie sur des critères bibliométriques) résultant en la disparition du corps de Maître.esse de conférences,
·Affaiblissement des instances nationales de qualification, de recrutement et de suivi de carrières des enseignants-chercheurs (disparition du CNU avec risque accru de recrutements arbitraires, inégalités dans les promotions, etc.),
·Pression grandissante pour la mise en place de partenariat et de valorisation avec le monde entrepreneurial.  

Nous affirmons  notre attachement à une recherche publique de qualité fondée sur la pratique et la réflexion collective et sur le principe fondamental de coopération au sein des unités de recherche et entre unités de recherches. Nous nous prononçons pour une université gratuite et accessible à toutes et tous, sans condition de nationalité.

Dans cet esprit, nous proposons : 
– un plan massif de soutien à la recherche publique passant par la reconnaissance et la consolidation de tous les statuts de la recherche publique et de l’enseignement supérieur,
– un plan durable de recrutement de titulaires : chercheurs et personnels d’appui,
– le rétablissement de budgets ambitieux et pérennes pour les unités et équipes de recherche et une redistribution égalitaire des budgets de la recherche,
– une évaluation par les pairs privilégiant la qualité des productions et des parcours, ainsi que les prises de risque,
Nombre de personnes présentes ou représentées : 20 lors de l’AG, plus 33 personnes sur consultation en ligne
Votes :  Pour :50          Contre :1                   Blanc : 2

Institut Français de Recherche sur l’Asie de l’Est (IFRAE)

Les membres statutaires et les représentantes des doctorant(e)s de l’IFRAE (Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est – FRE 2025 – Inalco/Université de Paris/CNRS), réuni(e)s en Assemblée générale le 28 janvier 2020, déclarent leur inquiétude face au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) en préparation.
Nous manifestons notre opposition aux orientations et intentions exprimées dans les rapports (« Financement de la recherche », « Attractivité des emplois et des carrières », « Recherche partenariale et innovation »), relayées par diverses prises de position publiques, qui ne reflètent en rien les diagnostics, propositions et recommandations faits notamment par le Comité National de la Recherche Scientifique et le collectif des Sociétés savantes.
Nous nous opposerions en particulier :
– à l’amplification de la contractualisation et de la précarisation des jeunes chercheurs et des
personnels BIATS et ITA
– à la remise en cause du statut des enseignants chercheurs et des chercheurs, avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD annuelles
– au recours massifs aux enseignants contractuels/vacataires
– à l’accentuation des inégalités et de la concurrence entre acteurs et institutions de
l’enseignement supérieur et de la recherche.
– à la limitation radicale de la liberté de la recherche par la généralisation d’un financement de la recherche sur projet, la marginalisation de la recherche fondamentale au profit d’orientations déterminées et d’objectifs et performances à court terme
– à la mise en place d’un tenure-track (« chaire d’excellence junior » de 5 à 7 ans, suivie d’une évaluation établie sur des « critères d’excellence internationaux ») qui s’accompagnera de la disparition du corps de Maître.esse de conférences
– à la suppression de procédures qui garantissent l’équité de traitement des personnes : qualification, modalité de recrutement, définition du service et attribution des promotions.
Nous rappelons notre attachement à une recherche publique de qualité fondée notamment sur :
– la dimension collective des recherches et le principe de coopération au sein d’une communauté de chercheurs entre acteurs de la recherche, entre laboratoires, entre institutions de l’ESR
– la liberté des chercheurs dans le choix des thèmes de recherche
– l’importance de la recherche fondamentale, en particulier en sciences humaines et sociales
(SHS)
Nous demandons :
– l’augmentation nette et durable du nombre de titulaires recrutés, chercheurs comme personnels d’appui, afin de permettre au moins le maintien des effectifs et de fournir des débouchés aux nombreux jeunes réduits à la précarité
- la revalorisation des carrières de tous les personnels de l’enseignement supérieur et de la
recherche (chercheurs, enseignants chercheurs, ingénieurs, BIATTS, ITA), et en particulier des plus jeunes (sans que cela soit limité aux chercheurs et enseignants-chercheurs recrutés en 2021)
– l’augmentation du nombre des contrats doctoraux (particulièrement SHS) et leur revalorisation 
- l’augmentation des budgets et des dotations récurrentes des laboratoires, indispensable à la
sérendipité et à l’efficacité d’une recherche publique ambitieuse (particulièrement SHS), à la hauteur des défis contemporains de tous ordres
- l’ouverture d’une concertation sur l’allocation des dépenses de la recherche entre les
infrastructures lourdes et d’autres dépenses (particulièrement SHS) d’une part, d’autre part entre l’ANR et les dotations permanentes aux laboratoires
– le transfert des budgets du crédit impôt recherche à la recherche publique.
Nous mandatons la direction de notre unité à signer l’« Appel à signature des Directions de laboratoire de recherche pour un moratoire sur la LPPR et pour la tenue d’États généraux de la Recherche et de l’Enseignement supérieur » (https://framaforms.org/moratoire-lppr-1579126603).

Laboratoire Amiénois de Mathématique Fondamentale et Appliquée (LAMFA)

Les membres du LAMFA CNRS UMR 7352, réunis en assemblée générale le 10 février, manifestent leur opposition résolue aux principales orientations qui s’expriment dans les trois rapports remis à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche et qui risquent de se retrouver dans le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche en préparation. Ils dénoncent notamment :
• l’affaiblissement des instances nationales de qualification et de recrutement : disparition de la procédure de qualification nationale (garantie d’une évaluation collégiale des collègues par leurs pairs), avec risque accru de recrutements arbitraires, d’inégalités dans les promotions ;
• la remise en cause radicale du statut d’enseignant-chercheur (disparition de la clause d’accord pour la modulation du service, du référentiel d’heures d’enseignement à l’année – 192 h. éq. TD – et donc du paiement des heures complémentaires ; recours massif à des enseignants non chercheurs et/ou précaires) qui ne ferait qu’alimenter la précarisation des chercheurs et personnels de soutien à la recherche, qui croît depuis des années ;
• la mise en danger des recrutements permanents junior dans la fonction publique de l’ESR au bénéfice de tenure tracks (une carrière soumise à une évaluation encore plus prégnante et à des impératifs de productivité quantitative, peu favorables à une recherche sereine) ;
• la mise en concurrence des personnels au sein des unités de recherche et des départements (primes à la performance, inégalités de traitement, modulation des services d’enseignement selon une logique d’économies collectives à court terme et de concurrence individuelle) ;
• la limitation radicale de la liberté de la recherche : généralisation d’un financement de la recherche par projets ; marginalisation de la recherche fondamentale, au profit d’orientations déterminées au niveau ministériel ;
• une hypercentralisation politique du pilotage de la recherche, au détriment de la créativité individuelle des chercheurs et de l’autonomie des équipes de recherche, à travers notamment le monopole qui serait donné à l’ANR de tous les appels à projet nationaux en calquant ces appels sur les priorités de la recherche fixées par le gouvernement.
Loin de remédier à la dégradation des métiers de l’enseignement supérieur, pourtant constatée dans ces trois rapports, la mise en application de ces préconisations aggraverait à la fois nos conditions de travail (enseignement, administration, recherche) et celles, corrélées, de nos étudiants et étudiantes ainsi que des personnels administratifs et techniques.
A l’inverse, les membres du LAMFA CNRS UMR 7352 demandent qu’une plus grande proportion du budget total consacré à la recherche soit dévolu à des crédits récurrents pour les laboratoires et à des emplois statutaires.
Enfin, ils déclarent leur solidarité avec les mobilisations en cours contre le projet de réformes des retraites et des pensions, contre la mise en place des E3C et de la réforme du bac.

Laboratoire d’Acoustique de l’Université du Mans (LAUM)

Assemblée Générale extraordinaire le 7 février 2020
Constatant que les préconisations des rapports des trois groupes de travail missionnés par la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) vont généralement à l’encontre des recommandations issues des personnels de l’ESR, ce qui manifeste un manque d’écoute et de démocratie dans l’élaboration du projet de loi,
constatant que, à la suite de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) et de la Modernisation de l’Action Publique (MAP), ces préconisations tendent à mettre en œuvre des pratiques inspirées du nouveau management public (NMP) fragmentant les personnels tant horizontalement que verticalement,
consciente que les défis environnementaux et sociaux auxquels doit répondre la recherche demandent un travail collaboratif, interdisciplinaire et de long terme,
l’Assemblée Générale (AG) du LAUM déclare le laboratoire mobilisé contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR), contre la réforme des retraites, qui menace l’attractivité des carrières dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR), et opposé à l’application de la Loi de Transformation de la Fonction Publique (LTFP) qui attaque le principe même de tout service public, dont l’ESR, et vise in fine à son démantèlement progressif.
Nous, personnels du LAUM (doctorant.e.s, post-doctorant.e.s, personnels techniques et administratifs, enseignant.e.s-chercheur.e.s, chercheur.e.s) manifestons notre opposition résolue aux orientations qui s’expriment dans les trois rapports remis à la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en vue du projet de loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (« Financement de la recherche », « Attractivité des emplois et des carrières », « Recherche partenariale et innovation »).
Nous nous opposons en particulier aux propositions suivantes :
o l’amplification de la contractualisation et de la précarisation des jeunes chercheur.e.s et des personnels BIATSS et IT ;
o la place disproportionnée de la compétition utilisant des critères subjectifs et discutables, à tous les niveaux, comme moteur d’amélioration de la recherche, alors que des approches scientifiques démontrent l’inefficacité de cette compétition ;
o la limitation de la liberté de la recherche par la généralisation d’un financement de la recherche sur projet, la marginalisation de la recherche fondamentale au profit d’orientations déterminées et d’objectifs et performances à court terme ;
o la revalorisation des rémunérations par des primes (et non par augmentation de l’indice) soumises à l’évaluation de la performance des chercheur.e.s ;
o la remise en cause radicale du statut d’enseignant.e-chercheur.e (disparition de la clause d’accord pour la modulation du service, du référentiel d’heures d’enseignement à l’année et donc du paiement des heures complémentaires ; recours massif à des non statutaires précaires) et de chercheur.e (recours à des contractuels pour assurer leurs missions) ;
o la hiérarchisation des fonctions de recherche et d’enseignement, avec un enseignement présenté comme une « punition » ;
o la mise en place d’un tenure-track (« chaire d’excellence junior » de 5 à 7 ans, suivie d’une évaluation établie sur des « critères d’excellence internationaux ») qui s’accompagnera de la disparition du corps de Maître.esse de conférences ;
o l’affaiblissement des instances nationales de qualification, de recrutement et de suivi de carrières des enseignant.e.s-chercheur.e.s (disparition du CNU avec risque accru de recrutements arbitraires, inégalités dans les promotions, etc.) ;
o la pression grandissante pour la mise en place de partenariat et de valorisation avec le monde entrepreneurial.
Les membres du LAUM rappellent leur attachement à une recherche publique de qualité fondée notamment sur :
o la dimension collective des recherches et le principe de coopération au sein d’une communauté de chercheur.e.s entre acteur.ices de la recherche, entre laboratoires, entre institutions de l’ESR ;
o la liberté des chercheur.e.s dans le choix des thèmes de recherche, ce qui n’exclut pas de poser des priorités, en concertation avec les personnels de l’ESR, pour répondre à de grands enjeux ;
o l’importance d’une recherche indépendante des intérêts financiers.
De manière pratique, l’AG appelle les membres de l’UMR (et les soutient dans ces actions) :
o à participer à la grève et aux actions de mobilisations et de manifestations contre la réforme des retraites et la LPPR ;
o à signer les pétitions, lettres ouvertes, tribunes dénonçant la LPPR ;
(par ex : https://www.petitions.fr/recherche__non_a_une_loi_inegalitaire)
o à porter sur lui/elle, sur son lieu de travail, un signe distinctif de solidarité avec la mobilisation ;
o à relayer la mobilisation sous la forme de différentes actions ;
o à réduire leur activité et refuser toutes les tâches (administratives et autres) non obligatoires relevant de leurs fonctions ;
o à se déclarer mobilisé.es dans leurs signatures électroniques et réponses automatiques d’absence selon la suggestion ci-après :
« J’accuse réception de votre message. Étant mobilisé(e) contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche, j’ai réduit mes activités et ne suis pas en mesure de répondre favorablement à votre demande si elle concerne des tâches (administratives et autres) qui ne relèvent pas de mes fonctions. » ou « I acknowledge receipt of your message. Being mobilized against the law project of the multi-annual program of the research in France, I have reduced my activities and I am not in a position to respond favorably to your request if it concerns tasks (administrative and other) which do not fall under my duties. » ;
o (pour les enseignants) à demander le report des examens, à organiser des réunions d’information auprès des étudiants, à faire la grève des enseignements, à faire de la rétention de notes, etc. ;
o à pratiquer la grève de la recherche (par exemple : en reportant les colloques et journées d’étude, en suspendant le travail d’expertise et d’évaluation pour le HCERES et l’ANR, en refusant de siéger dans les différentes instances de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, etc.) ;
o à participer aux caisses de grèves à titre individuel.

Ce texte a été discuté en Assemblée Générale du LAUM (40 personnes présentes au moment de la discussion) et a été ensuite proposé au vote à l’ensemble des personnels de l’UMR.
Résultats : Pour = 66, Contre = 1, Abstentions = 8

Laboratoire d’économie de Dauphine (LEDa)

Nous, des enseignants chercheurs et des doctorants et doctorantes du LEDa, nous opposons au projet de loi de réforme des retraites qui menace notre système de protection sociale et sommes très inquiets des projets en cours concernant l’Université et la Recherche.
Réunis en assemblée générale le 22 janvier 2020 (entre 20 et 22 votants), nous avons approuvé par le vote les points suivants :

  1. Nous demandons le retrait du projet de réforme des retraites. (OUI 20, NON 0, ABSTENTION 0)
  2. Nous procéderons dès maintenant à la rétention des notes, appelons nos collègues à faire de même et à ce que les jurys du premier semestre ne se tiennent pas. (OUI 18, NON 2, ABSTENTION 1)
  3. Nous appelons à la grève le vendredi 24 janvier 2020 et à rejoindre la manifestation place de la République à 11h. (OUI 21, NON 0, ABSTENTION 0)
  4. Nous demandons à la présidence de l’université Paris-Dauphine de faire remonter nos revendications par tous les moyens à sa disposition et de faire circuler l’information sur les actions en cours. (OUI 22, NON 0,ABSTENTION 0)
  5. Nous appelons à la tenue d’une nouvelle AG du laboratoire la semaine prochaine afin d’envisager collectivement la suite de la mobilisation. (OUI 22, NON 0, ABSTENTION 0)

Laboratoire d’Ecologie alpine de Grenoble

Les personnels temporaires et permanents du Laboratoire d’Ecologie Alpine de Grenoble (LECA, UMR UGA-USMB-CNRS 5553) considèrent que les informations actuellement disponibles sur l’orientation de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) ne vont pas dans le sens souhaitable. A l’inverse ils souhaitent que cette loi garantisse :
• le renforcement d’une recherche coopérative et non inégalitaire,
• l’indépendance d’action des acteurs de la recherche publique et de l’enseignement supérieur,
• l’augmentation des moyens humains et financiers pérennes en adéquation avec les enjeux d’une recherche diversifiée, créative et garante du pluralisme de la pensée.
Les personnels du LECA soutiennent les propositions de différentes instances de l’enseignement supérieur et de la recherche (CPCN, CNU, CoNRS, CS des instituts du CNRS) interpellant le gouvernement sur ces points.
Ils mandatent la direction du LECA en tant que représentante du laboratoire pour signer des textes ou soutenir des motions rappelant les principes de base pré-cités.
Motion adoptée à l’unanimité par les membres du LECA Grenoble rassemblés en Assemblée Générale le 18 fev 2020.

Laboratoire d’Informatique et Systèmes (LIS)

Ce matin du 24 janvier 2019 s’est tenue une AG conjointe du Laboratoire d’informatique et systèmes (le LIS) et du Département d’informatique et interactions (DII). Elle a mené à l’adoption de la motion suivante et à la préconisation de modalités d’actions ci-dessous :

Dans un contexte où le service public et les libertés académiques sontdirectement menacés, nous, enseignants-chercheurs et chercheurs du DIIet du LIS, nous opposons aux réformes en cours.Dans le but d’obtenir le retrait des réformes des retraites, du projetde loi LPPR sous sa forme actuelle, nous serons mobilisés les joursd’appel à manifestation nationale. Nous sommes également pleinementinvestis dans les mobilisations à l’intérieur de notre département etnotre laboratoire, et nous investirons toutes les formes d’actionqui seront proposées au sein d’AMU.Comme d’autres l’ont déjà fait, nous appelons au sein de l’UFRSciences à la constitution dans les plus brefs délais d’une AG de tousles départements pour intensifier la mobilisation.Motion adoptée à la majorité des membres présents(3 ne prennent pas part au vote, 0 abstention, 0 contre, 38 pour). Nous préconisons les modalités d’actions suivantes :

  • Information aux étudiants. NPPV:0 A:2 C:0 P:39
  • Demande d’un positionnement sur ces questions de nos composantes et de la présidence d’AMU. NPPV:1 A:3 C:0 P:36
  • Appel à des états généraux à AMU sur l' »avenir » et l’ESR. NPPV:1 A:8 C:0 P:32
  • Remplacer l’affiliation AMU pour les signatures d’articles par « Universités Publiques de France ». NPPV:6 A:8 C:0 P:27

Nous nous réservons le droit de mettre en œuvre d’autres modalités d’action au sein du département et du laboratoire, telles que pourraient proposer les AGs des personnels, doctorants et étudiants : cours hors les murs, rétention des notes, non-participation aux jurys de bac, aux comités HCERES, du CIR, grève administrative …

Laboratoire d’Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN)

Adoptée à l’unanimité des votants (51 personnes) le 7 février 2020
Le Laboratoire LOCEAN partage les inquiétudes concernant les orientations de la LPPR exprimées par la CPCN, la CNU et le CS du CNRS et soutient les motions qu’ils ont votées à l’unanimité. 

Laboratoire d’Informatique Fondamentale et Appliquée de Tours (LIFAT)

Motion du conseil de laboratoire LIFAT (EA 6300 – ERL 7002) de l’Université de Tours, sur la LPPR
30/01/2020
Comme d’autres composantes et unités de recherche, le conseil du LIFAT exprime ses inquiétudes sur plusieurs points, à la lecture des rapports portés par les groupes de travail et des propositions de la CPU :
• le renforcement de la précarisation de l’ensemble des personnels de l’université (enseignants-chercheurs, personnels BIATSS, doctorants…),
• la baisse des soutiens récurrents (financiers et personnels) remplacés par des financements sur projet et primes individuelles qui vont renforcer les inégalités entre universités, entre équipes et au sein des équipes, la disparition de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs au niveau national (CNU).
• la modulation obligatoire du service pour les enseignants-chercheurs sans critères nationaux,
• L’affaiblissement de l’unité du corps enseignant et le lien organique entre enseignement et recherche dans les établissements d’enseignement et de recherche (risque de déconnexion entre les composantes d’enseignement et de recherche, au rebours de l’idée même d’Université).
• Plus généralement, nous demandons la tenue de véritables états généraux de la recherche et de l’enseignement supérieur afin de formuler enfin une politique à la fois ambitieuse et respectueuse des personnels et des étudiants.
• Cette politique devra affirmer son attachement au statut de fonctionnaire d’État et inclure un plan de recrutement conséquent et les moyens qui s’y rapportent.
Votée à l’unanimité

Laboratoire de Géographie Physique (LGP)

Nous, personnels du Laboratoire de Géographie Physique (LGP-CNRS UMR 8591), réunis en assemblée générale ce vendredi 17 janvier 2020, nous déclarons en lutte contre la réforme des retraites et le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). À l’unanimité, nous nous associons à la motion adoptée par les directeurs et directrices des unités de la MSH Mondes et appelons à élargir la mobilisation !

Laboratoire de Physique des Lasers, Atomes et Molécules (PHLAM)

Le conseil du laboratoire PhLAM de l’université de Lille s’alarme de certains éléments évoqués dans les rapports préalables au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche :
Suppression de la qualification, suppression de la référence aux 192hTD, Modulation de service obligatoire en fonction des besoins de chaque UFR, fin du paiement des heures complémentaires, multiplication et création de nouveaux contrats précaires et renforcement de la logique d’appel à projets comme mode unique de financement de la recherche, etc.
Si ces dispositions devaient devenir loi, elles équivaudraient à une remise en cause du statut d’enseignant-chercheur et seraient une atteinte grave, au fonctionnement de nos universités et à la recherche Française.
Nous constatons un accroissement de la précarisation des métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur. Nous affirmons que la multiplication des contrats précaires ne permettra ni d’accroître « l’attractivité des emplois et carrières scientifiques », ni de produire une recherche de meilleure qualité. Au contraire.
Nous rappelons que le statut d’enseignant chercheur doit garantir la qualité de la recherche française et de la formation universitaire. Ce statut doit permettre en particulier un équilibre entre les activités de recherche, d’enseignement et des tâches administratives afin d’assurer notamment la formation par et pour la recherche. Les dernières années, la forte augmentation des tâches administratives compromet bien souvent les missions des chercheurs et des enseignants chercheurs. La remise en cause d’un nombre d’heures maximum d’enseignement que chaque enseignant chercheur doit assurer n’est en aucun cas une solution à la surcharge de travail constaté dans notre laboratoire.
Nous affirmons notre attachement à une charge maximale d’enseignement et à la non-obligation de modulation des services permet aux enseignants-chercheur de contribuer à une part significative de la recherche produite dans les laboratoires. Leur suppression reviendrait donc à priver les laboratoires de recherche d’une part importante de leurs forces productives. Par ailleurs, nous soulignons que ce nombre d’heures, actuellement de 192H eq.TD est actuellement trop élevé pour mener à bien l’ensemble de nos missions universitaires.
Nous constatons que le renforcement du financement par projets de la recherche depuis 2009, au détriment des crédits récurrents est inefficace, qu’il détourne les chercheurs et enseignants chercheurs de leurs missions, et qu’il anéantit l’indépendance des chercheurs.
Nous appelons nos collègues techniciens, ingénieurs, chercheurs et enseignants-chercheurs à la vigilance quant au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche. Nous invitons les collègues à une mobilisation d’ampleur si ce projet devait être délétère pour les universités et autres organismes de recherche.
Le 13 janvier 2020
Les membres du conseil du laboratoire PHLAM de l’Université de Lille.
Voté à l’unanimité des membres du conseil.

Laboratoire de Psychologie Sociale (LPS)

Motion du Conseil élargi du Laboratoire de Psychologie Sociale (LPS EA 849), réuni le 28 janvier 2020

Les membres du Laboratoire de Psychologie Sociale (LPS, EA 849, Aix-Marseille université), réunis en Conseil élargi le mardi 28 janvier 2020, appellent à la mobilisation contre le projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). La lecture des trois rapports récemment remis à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche est inquiétante : le projet de loi envisagé remettrait en cause de manière fondamentale le statut des enseignant·e·s-chercheur·e·s (suppression de la clause d’accord des intéressé·e·s pour la modulation du service, fin de la référence aux 192 heures TD et donc du paiement des heures complémentaires) ; il menace d’accroître la précarisation de tous les personnels avec généralisation des CDD et mise en place d’un système de titularisation conditionnelle (« tenure track ») ; il ouvre la voie au localisme et aux inégalités de traitement en réduisant le rôle des instances nationales de qualification et de suivi des carrières ; il tente d’imposer à l’université « le déploiement d’une […] culture du management et de l’évaluation », dérive néolibérale qui vise à renforcer la concurrence et l’instrumentalisation des savoirs (cf. Références).
Tout comme le projet de loi de réforme des retraites, la LPPR s’inscrit dans un projet de société plus large qui génère et accentue la précarité.
Le conseil élargi invite l’ensemble des membres de la communauté universitaire à rejoindre les mobilisations nationales et locales ; à intégrer dans l’ensemble de nos activités les débats et actions autour de la LPPR ; à alimenter les caisses de grèves des salariés en lutte depuis plusieurs semaines.Par exemple, la caisse de solidarité avec les grévistes d’Aix-Marseille université : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/5bn8ibvh
A l’unanimité des présents et des représentés.

Laboratoire de psychologie sociale : Contextes et régulation (LPS)

Nous, membres du Laboratoire de Psychologie Sociale (LPS EA4471), réunis en Assemblée Générale extraordinaire, soutenons la motion votée en AG de l’Institut de Psychologie le 28 janvier 2020 et nous déclarons en lutte contre la réforme des retraites et le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).
Nous refusons :

  • le projet de réforme des retraites
  • la généralisation du financement par projet, facteur d’une concurrence généralisée qui creuse les inégalités existantes
  • la casse du statut de fonctionnaire (refus des CDI de chantier, des recrutements tenure-track qui ouvrent la voie à la remise en cause des statuts de MCF)
    Nous demandons :
  • une augmentation des dotations de base des équipes scientifiques, garantie de liberté académique, de qualité et d’ouverture de la recherche
  • la titularisation des précaires qui remplissent des fonctions pérennes
  • un plan de recrutement massif de titulaires à la hauteur de la mission de service public que nous assurons
  • la revalorisation générale des carrières par une augmentation du point d’indice et non par le biais de primes
    Nous appelons en conséquence l’ensemble des membres de la communauté universitaire à rejoindre les mobilisations nationales et locales et nous nous déclarons Labo en lutte.
    A l’unanimité des présent·e·s.

Laboratoire Ethologie Cognition Développement

Les membres du Laboratoire Ethologie Cognition Développement (Unité de Recherche, Université Paris Nanterre) ont adopté à l’unanimité la motion suivante le 12 Février 2020.
Le Laboratoire Ethologie Cognition Développement (LECD) déclare être mobilisé contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).
Ce projet s’appuie sur trois rapports et certaines des mesures préconisées ont déjà été présentées comme une mise en application d’un (pseudo)darwinisme basé sur la compétition.
Parmi ces mesures, le LECD est interpellé par :
– les modifications du statut d’enseignant.e. chercheur.e et la modulation des services d’enseignement ;
– le recours à une politique contractuelle pour le recrutement des jeunes enseignant.e.s chercheur.e.s et le personnel d’appui à l’enseignement supérieur et la recherche. Cette pratique est basée principalement sur l’obtention de financements pour des problématiques à court terme, de plus en plus ciblés à destination de structures de recherche dont la visibilité a souvent été artificiellement accentuée ces derniers temps. Ce processus amplifiera la précarisation grandissante déjà amorcée dans la fonction publique en général et dans l’enseignement supérieur et la recherche en particulier.
Le LECD rappelle les particularités de ses thématiques de recherche et des membres qui le composent :
– tou.te.s les chercheur.e.s titulaires du laboratoire ont une charge d’enseignement et un grand nombre assure des responsabilités administratives chronophages ;
– un grand nombre d’études menées au LECD s’inscrivent dans le long terme (évolution culturelle du chant d’oiseau en laboratoire et sur le terrain, processus développementaux chez le nourrisson humain…) et présentent un coût élevé (gestion des collections d’oiseaux, collectes de données comportementales, stockage et analyse des données accumulées…), tant au niveau temporel que financier, qui ne sont pas compatibles avec une politique de publication accélérée.
Pour pouvoir produire des travaux de recherche de qualité, les membres du LECD préconisent :
– le maintien à 192h eqTD avec la possibilité de pouvoir bénéficier de congés de recherche plus fréquents ;
– une augmentation des moyens et des infrastructures pérennes pour soutenir les compétences et la
créativité des enseignant.e.s chercheur.e.s ;
– la titularisation des membres du personnel BIATSS actuels (support technique et administratif) et le
recrutement d’un.e ingénieur.e de recherche.
Les conditions de travail pour le personnel de notre université se sont dégradées au fil des années et les préconisations de ces rapports pour le projet de loi accentueront la fracture déjà amorcée.
Les membres du LECD restent mobilisé.e.s pour réfléchir à l’université française du futur, avec ses
spécificités, à la hauteur des ambitions des individus qui la font vivre.

Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (LIRTES)

Le conseil du Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Transformations des pratiques Éducatives et des pratiques Sociales (LIRTES), s’est réuni en séance plénière lundi 20/01/2020 à Créteil. Ses membres ont pris connaissance des rapports préalables au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche et s’alarment de certains éléments évoqués.
Les membres du conseil de laboratoire sont opposés à la suppression de procédures qui garantissent l’équité de traitement des personnes : qualification, modalité de recrutement, définition du service et attribution des promotions et des primes.
Ils.elles indiquent leur profond désaccord avec l’idée selon laquelle il puisse être envisagé un recours important à des recrutements d’enseignant.e.s non chercheur.e.s ou à des recrutements sur la base de nouveaux contrats de travail qui dérogent aux dispositions statutaires. De telles mesures auraient des effets néfastes pour l’enseignement comme pour la recherche, effets qui seraient renforcés par les clivages engendrés entre les personnes recrutées selon différents statuts.
Les membres du conseil dénoncent la préconisation de la suppression de la référence aux 192 heures équivalent TD pour définir le service d’enseignement et la prise en compte des heures complémentaires, ainsi que de la clause d’accord des intéressé.e.s pour la modulation des services. Ils.elles dénoncent la quantité importante et croissante du travail invisible et donc non rémunéré des enseignant.e.s-chercheur.e.s, en particulier celle des tâches administratives improductives qu’ils.elles réalisent au détriment de leur mission prioritaire conjointe d’enseignement et de recherche. Ils.elles dénoncent aussi la charge de travail non satisfaisante des personnels BIATSS et l’aggravation de la précarité des personnels.
Si elles devaient obtenir force de loi, ces dispositions équivaudraient à une remise en cause profonde de l’avenir du statut d’enseignant.e-chercheur.e. Le conseil de laboratoire LIRTES appelle l’ensemble des membres du laboratoire à la vigilance pour se défendre contre toute déstabilisation de nos activités d’enseignement et de recherche. Il appelle à rejoindre les mobilisations des laboratoires et à lutter pour défendre un service public d’enseignement et de recherche de qualité.
Motion votée à l’unanimité des membres présents et représentés du conseil de laboratoire LIRTES.
Créteil, le 20/01/20

Laboratoire Langages, Littératures, Sociétés, Etudes Transfrontalières et Internationales (LLESTI)

Les membres du Conseil du laboratoire LLSETI, enseignant.e.s chercheur.e.s, enseignant.e.s, doctorant.e.s, BIATSS, réunis le 13 février 2020 se déclarent fermement opposés au projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR), qui a une logique de remise en cause accélérée de l’ensemble de nos services publics, dont l’enseignement supérieur et la recherche.
Nous dénonçons la faute morale grave à l’égard des plus jeunes. Nous souhaitons leur garantir la transmission des institutions de service public (éducation, enseignement supérieur et recherche, santé, justice) au lieu de condamner les étudiant.e.s et la jeunesse à la précarité, à une compétition stérilisante au service d’autres intérêts que le bien commun.
Nous faisons l’analyse que la LPPR prolonge et aggrave très fortement la dégradation des conditions d’exercice dans l’enseignement et de la recherche avec :
– Le développement de recherches sur projets fléchés en fonction de priorités définies selon des logiques managériales destinées à décider à la place et au nom de toutes et tous ce dont une société a besoin, mettant en péril la recherche fondamentale, notamment en Arts et SHS.
– La mise en concurrence des établissements, des disciplines, des équipes, des personnes, et des institutions entre pays, alors même que nous savons à quel point celle-ci est désastreuse, réduit le partage et la coopération, accroît considérablement les risques de fraudes, et ouvre la porte à des dérives éthiques graves ;
– L’accroissement de la pression exercée sur tou.te.s les travailleur.e.s de l’enseignement supérieur et de la recherche notamment à travers la disparition de la référence aux 192h équivalent TD et la proposition de CDI de projets (qui n’ont donc de CDI que le nom) ;
Nous appelons les personnels et étudiants de l’Université Savoie Mont Blanc à se mobiliser et à manifester par tous les moyens leur opposition au projet de la LPPR.

Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS)

Les membres du LATTS, réunis en Assemblée Générale Extraordinaire le 7 février 2020, sur la base de la lecture des trois rapports préparatoires au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), expriment leurs plus vives inquiétudes face aux premières orientations qui se dessinent. Ces propositions, qui s’inscrivent dans un contexte plus général d’atteinte aux services publics et au régime de protection sociale (loi sur l’assurance chômage, loi de transformation de la fonction publique, loi sur les retraites) prolongent et accentuent des évolutions qui, depuis plus de dix ans, dégradent de manière continue les conditions de travail de l’ensemble des personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche : surcharge de travail, baisse des dotations pérennes et renforcement des financements sur projet, baisse continue des postes de titulaires et recours croissant aux contractuels et aux vacataires, attaque du statut de fonctionnaire, paupérisation et précarisation des personnels et spécifiquement des contractuels (doctorant.e.s, post-doctorant.e.s, vacataires, personnels administratifs), individualisation des carrières soumises à une logique de performance.
Loin de remettre en cause les effets des réformes passées qui ont conduit à la situation dégradée que ces rapports dénoncent, les premières orientations esquissées par le Gouvernement l’amplifient :
– En encourageant la précarisation de l’emploi scientifique, alors que la condition d’une recherche autonome et indépendante repose sur l’emploi pérenne ;
– En généralisant le financement par appels à projets souvent étroitement thématisés, qui s’effectue au détriment de la recherche fondamentale et qui peut contribuer à réduire la dimension critique de la démarche scientifique, laquelle conduit à lever le voile sur des phénomènes peu visibles ou inconnus ;
– En privilégiant une vision managériale de la recherche qui va à l’encontre de la collégialité par les pairs ;
– En portant une vision de l’enseignement supérieur qui dévalorise le travail pédagogique ;
– En ignorant le rôle que jouent les sciences humaines et sociales dans la compréhension fine des phénomènes sociaux et écologiques complexes.
Les membres du LATTS constatent malheureusement chaque jour dans leurs activités les effets pervers de ces évolutions, qui altèrent leurs missions pédagogiques et scientifiques. Ils dénoncent vivement ces processus systématiques de dégradation qui ne peuvent que s’amplifier avec les logiques de concentration et de compétition que portent aujourd’hui les politiques, locales et nationales, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Ils s’inquiètent, enfin, de la dégradation des formes de vie démocratique, y compris dans les universités. À ce titre, ils expriment leurs plus vives inquiétudes au sujet de la création de l’Université Gustave Eiffel. Cet « Établissement Public à caractère scientifique, culturel et professionnel expérimental », cité comme modèle par la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la recherche, fait peser de grands risques sur la gouvernance collégiale de l’Université et fragilise d’ores et déjà les libertés académiques par la bureaucratisation des politiques de recherche.
La préparation de cette nouvelle loi devrait être l’occasion de rompre avec ces pratiques mais aussi de favoriser la qualité des formations à la recherche, d’assurer des conditions de travail propices à la créativité scientifique et de conforter la place de la connaissance dans le débat public.
En conséquence, l’Assemblée Générale Extraordinaire du LATTS demande :
– Des budgets ambitieux et pérennes pour l’enseignement et la recherche ;
– Le redéveloppement de l’emploi scientifique par le recrutement de personnels (chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels d’appui à la recherche) sur postes statutaires, à hauteur de plusieurs milliers de recrutement par an en plus de la compensation des départs permanents ;
– La dignité des conditions de travail : revalorisation des rémunérations (avec un effort particulier pour les débuts de carrière et les corps et grades les moins élevés), mensualisation des paiements des vacations, respect du droit du travail, reconnaissance des tâches administratives, fin du travail gratuit effectué notamment par les personnels non titulaires et rémunération de toutes les activités invisibles ;
– Un bilan transparent et impartial sur l’octroi, l’usage et les retombées sur l’enseignement et la recherche du CIR (crédit impôt recherche), qui représente plus de 6 milliards d’euros ;

– L’augmentation des dotations de base des universités et des laboratoires afin de leur permettre d’honorer les offres de formation dans lesquelles les étudiant.e.s s’engagent, de mener des recherches exploratoires et de mettre en oeuvre leur stratégie scientifique ;
– La fin des évaluations quantitatives, managériales et bureaucratiques consommatrices de temps et d’argent, qui devraient plutôt être consacrés aux missions premières de l’Université et des organismes de recherche ;
– La fin de la culture de la performance et de la mise en compétition entre candidat.es, laboratoires, universités, disciplines comme unique logique de référence.
L’Assemblée Générale Extraordinaire du LATTS s’inscrit dans la mobilisation en cours et encourage chacun de ses membres à s’investir dès à présent dans les mouvements à l’échelle locale et au niveau national.
Texte adopté par vote électronique (51 voix pour, 6 abstentions, 5 contre)

Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH)

L’assemblée générale des personnels de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, toutes catégories confondues (doctorants, chercheurs, enseignants chercheurs, ITA, BIATS), réunie le 3 février 2020, rejoignant les nombreuses motions et déclarations des laboratoires de son périmètre, des départements d’enseignement et des écoles doctorales, affirme son opposition catégorique aux préconisations des rapports ministériels en vue d’une loi de programmation de la recherche (LPPR), qui sont en contradiction avec les propositions énoncées par les différentes organisations professionnelles de la recherche.
Ces préconisations, partant de constats justes – financement insuffisant de la recherche publique, tarissement des emplois statutaires, faible attractivité de la recherche due à la faiblesse des rémunérations et à la dégradation des conditions de travail –, proposent des dispositions qui ne peuvent qu’aggraver la situation préoccupante de la recherche française :
-Au lieu de mettre à niveau le financement pérenne des unités, seul gage d’indépendance et de fécondité de l’activité scientifique, elles promeuvent la mise en compétition systématique des équipes et des personnes à travers le développement de la recherche sur projet et la multiplication des procédures d’évaluation externe.
-Au lieu d’ajuster les recrutements de personnels titulaires, dont les libertés académiques sont garanties par le statut de fonctionnaire, à l’évolution des besoins en matière de développement scientifique et d’encadrement d’un effectif étudiant en hausse, elles multiplient le recours aux emplois précaires, CDI de chantiers et tenure-tracks appelés notamment à remplacer les maîtres de conférence, accroît et prolonge la précarité des jeunes chercheurs.
-Au lieu de favoriser l’activité de recherche en libérant le temps des chercheurs et enseignants-chercheurs, elles portent atteinte à leur statut en imposant aux premiers des tâches d’enseignement et aux seconds la modulation à la hausse de leur service d’enseignement, au détriment de leur mission de recherche.
-Au lieu de procéder à la nécessaire revalorisation des salaires, elles envisagent la mise en place d’un système de primes – sans les chiffrer -, contrepartie de tâches supplémentaires non définies et d’allégeances à des orientations échappant à l’emprise de la communauté scientifique.
Le projet que dessinent ces préconisations est un projet régressif, inspiré par une idéologie managériale contraire à la science, qui exige au contraire liberté, sérénité, temps long. Il est particulièrement destructeur pour les sciences de l’homme et de la société. Il constitue une atteinte sans précédent contre la fonction publique dans le domaine de la recherche et de l’enseignement supérieur, contre la maîtrise épistémologique et institutionnelle de la communauté scientifique sur l’exercice des professions qui la composent. L’assemblée générale affirme que la politique de la recherche doit au contraire être définie par la communauté scientifique elle-même, en toute indépendance et dans le respect de l’éthique.
Les personnels de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme réunis en assemblée générale demandent le retrait de ce projet et l’ouverture d’un vrai débat national sur le devenir de la recherche. Ils demandent également que le gouvernement prenne en matière économique des engagements fermes et chiffrés, qui soient à la hauteur des enjeux. Ils revendiquent une amélioration de leurs rémunérations qui prenne la forme d’augmentations salariales, et non de primes aliénantes. Ils réaffirment leur attachement à la gestion collégiale des recrutements et des carrières, par des instances nationales élues.
D’autre part, ils constatent que le projet de LPPR s’inscrit dans le contexte plus large d’un ensemble de « réformes » de nature à dissoudre le contrat social, en particulier la « réforme » du système des retraites qui, outre qu’elle organise l’appauvrissement programmé de l’ensemble des salariés au terme de leur carrière professionnelle – singulièrement les fonctionnaires et ceux qui accèdent à l’emploi après de longues études –, substitue au principe du salaire continué la logique archaïque de l’épargne : ils demandent le retrait de cette « réforme », qui imposerait à la société française un recul de plus de trois quarts de siècle.
Les personnels de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme réunis en assemblée générale appellent tous leurs collègues à rejoindre les mobilisations en cours, notamment la coordination nationale « Facs et Labos en lutte », à participer aux journées de grève, aux manifestations nationales, aux assemblées générales et aux actions revendicatives décidées par celles-ci. Ils affirment leur soutien aux actions, notamment de grève, menées au sein des institutions scientifiques et de leurs différents services, tels que l’open-edition. Ils appellent également chacun à contribuer à la caisse de solidarité avec les grévistes de l’université d’Aix-Marseille (https ://www.lepotsolidaire.fr/pot/5bn8ibvh)

Matériaux et Phénomènes Physiques (MPQ)

Par cette motion, l’assemblée générale des membres du Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques réunie le mercredi 5 février 2020 affirme sa ferme opposition aux deux projets de loi actuellement annoncés par le gouvernement.
Au sujet du projet de réforme du système des retraites : après deux mois de mouvements sociaux et de nombreux débats, les analyses se multiplient démontrant le caractère régressif de ce projet établissant un système par points. L’effet principal de ce projet sera de diminuer le montant des pensions de retraite par répartition du plus grand nombre tout en allongeant la durée des carrières de chacun, tandis que l’espérance de vie en bonne santé stagne depuis de nombreuses années et recule dans les couches les moins aisées de la population. La grande majorité des actifs et des retraités sera perdante, et particulièrement les fonctionnaires dont le niveau de vie ne cesse de diminuer avec le gel du point d’indice depuis 2010. Cette réforme aura un effet délétère sur tout le personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche, un secteur largement marqué par les carrières tardives et accidentées. Les plus précaires et les moins bien payés, en particulier les femmes avec enfants et les personnes ayant fait leur début de carrière à l’étranger en seront les principales victimes et les conditions pour le bon exercice de nos métiers seront plus encore dégradées.
Au sujet du projet concernant la Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche (LPPR): nous exprimons notre soutien aux propositions exprimées à l’unanimité par les présidentes et présidents des sections du Comité national du CNRS qui s’inquiètent des perspectives catastrophiques annoncées par les premières orientations de la LPPR, confirmées par les propos éclairants mais choquants du PDG du CNRS sur la construction d’une loi « inégalitaire et darwinienne ». Loin d’apporter des éléments concrets pour lutter efficacement contre la précarité, la chute de l’emploi scientifique statutaire, la perte de sens du travail universitaire et de recherche, ce projet de loi construit un environnement de recherche et d’enseignement encore plus dégradé, à la fois pour le statut et les missions de ses personnels que pour leurs conditions de travail. Pour les enseignants-chercheurs et chercheurs, les orientations prévues : modulations des services, recherche exclusivement sur projets, concurrence accrue entre personnels et équipes, affaiblissement de l’évaluation par les pairs, signifieront une difficulté accrue à accomplir leurs missions et le développement de stratégies individualistes et opportunistes collectivement inefficaces. Pour les personnels administratifs et techniques et les jeunes chercheurs, la logique accrue de contractualisation, par des contrats de projet ou tenure track, conduira à une entrée encore plus tardive dans la carrière et à une généralisation de la précarité, ce qui aura un impact en particulier sur les carrières des femmes.
Face à ces orientations très manifestement néfastes pour l’avenir de nos métiers, sapant les valeurs de solidarité, d’intelligence collective et de liberté académique qui fondent notre activité d’enseignement et de recherche, nous nous joignons aux nombreux collectifs qui refusent catégoriquement ces projets. Nous demandons le retrait du projet de loi sur les retraites et la construction d’une loi sur la recherche réellement ambitieuse réaffirmant l’importance de l’emploi statutaire scientifique, de l’évaluation sérieuse et approfondie et du financement de la recherche et de l’enseignement supérieur au-delà des agences de moyen.
Nous appelons en outre l’ensemble des personnels de l’université de Paris à se tenir informés de ces projets et à participer à une large mobilisation pour les mettre en échec.

Pacte, Laboratoire de sciences sociales (PACTE)

  1. Réuni.e.s en Assemblée générale ce lundi 27 janvier 2020 nous, personnels de l’UMR Pacte, déclarons être mobilisé.es contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Nous nous inscrivons à ce titre dans le mouvement social en cours contre la réforme des retraites et pour la défense des services publics. Nous sommes solidaires des mobilisations engagées en faveur de la défense d’autres services publics tels que la protection sociale, l’hôpital, l’enseignement (primaire, secondaire), la justice, l’action territoriale.
  2. L’assemblée s’alarme de certains éléments évoqués dans les rapports préalables au futur projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche : l’affaiblissement de la gouvernance par les pair.e.s au profit d’un pilotage étatique, le recours à des méthodes d’évaluation managériale, l’accroissement des inégalités dans l’affectation des moyens, la perte d’autonomie scientifique des laboratoires et des chercheur.es, la création de nouveaux contrats de travail d’exception aux dispositions statutaires, le recours massif à des contrats précaires, la modulation des services d’enseignement, le renforcement de la mise en compétition entre candidat.es, laboratoires, universités, disciplines comme unique logique de référence. Si elles devaient obtenir force de loi, ces dispositions équivaudraient à une remise en cause du statut d’enseignant.e-chercheur.e, de chercheur.e, des libertés académiques et de l’égale qualité d’enseignement et de recherche sur tout le territoire.
    L’assemblée est particulièrement préoccupée par l’absence de prise en compte des recommandations déjà exprimées par la communauté scientifique (Sociétés savantes académiques de France, CPCN-CNRS, CP-CNU). L’assemblée demande la suspension du processus d’adoption du projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche. L’assemblée exige que les personnels et les usager·ère.s de l’ESR, ainsi que de leurs représentant.e.s soient véritablement associé.es à l’élaboration de tous nouveaux dispositifs juridiques concernant leurs conditions de travail.
  3. L’assemblée soutient les propositions des instances représentatives des communautés de l’Enseignement supérieur et de la recherche (Sociétés savantes académiques de France, CPCN-CNRS, CP-CNU) qui visent notamment :

  • L’augmentation des crédits pérennes pour les formations et les laboratoires, et la réforme profonde de la politique des appels à projets qui conduit à une mise en concurrence permanente des acteur.rices de la recherche ;
  • Le maintien de l’égalité des services au sein de la communauté des enseignant.e.s-chercheur.e.s ;
  • Le recrutement sur des emplois de titulaires en lieu et place des contrats à durée déterminée promus par le gouvernement ;
  • Le renforcement du soutien technique et administratif et la revalorisation substantielle des salaires des ITA et BIATSS ;
  • L’augmentation du nombre de congés sabbatiques ;
  • La revalorisation des contrats doctoraux.
    Cette motion rejoint donc les autres mobilisations de laboratoires, équipes, départements, universités, revues, collectifs, et appelle l’ensemble des enseignant.e.s-chercheur.e.s, ingénieur.e.s, technicien.ne.s, personnels de gestion-administration et étudiant.e.s à se mobiliser pour lutter contre la destruction du service public de l’enseignement et de la recherche.
    Motion votée par voie électronique et adoptée à l’unanimité des votants par les membres de PACTE.

PASSAGES

L’UMR Passages, laboratoire de SHS de la section 39 du CNRS réunie en AG,Dénonce les objectifs du projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche, qui :1.Renforcent la concurrence entre laboratoires, alors que la connaissance se construit dans les échanges, la coopération et les partenariats ;2.Accroissent la précarité de tous les personnels, alors que la recherche a besoin de temps et de stabilité ; précarité qui, en outre, renforce la concurrence et isole les personnes, en particulier les jeunes chercheur.e.s ;3.Conditionnent clairement la viabilité de la recherche à des logiques de financement par appels à projets, qui limitent le champ des questionnements, la dimension critique et l’autonomie dans la production de savoirs, sapant l’essence même de la recherche ;4.Menacent particulièrement les générations à venir et en devenir engagées dans tous les métiers de la recherche (enseignant.e.s-chercheur.e.s et chercheur.e.s, personnels de soutien et de support) empêchant ainsi les solidarités intergénérationnelles.Et se joint à la demande de la CPCN (CNRS) d’ouverture d’un vrai dialogue sur ce projet.
L’UMR Passages, laboratoire de SHS de la Commission 39 du CNRS, et comptant 230 membres dont 120 permanents, 90 doctorant.e.s, 20 jeunes chercheur.e.s sous contrat, réunie en AG,manifeste par la présente son opposition à une réforme des retraites qui hypothèque l’avenir de l’ensemble de la population en favorisant le principe de capitalisation au détriment de celui par répartition, garant de la solidarité intergénérationnelle et des protections collectives.
Déclaration adoptée à l’unanimité des présent.e.s (92 personnes), moins 3 abstentions

POUCHET

Partie prenante de la mobilisation interprofessionnelle en cours contre le projet de réforme des retraites et opposée aux transformations annoncées de l’Enseignement supérieur et la recherche, l’AG des personnels mobilisés du site Pouchet (7 laboratoires et une Unité Propre de Services) s’est réunie le mardi 18 février 2020. Des propositions existent pour développer le service public de recherche et d’enseignement supérieur : gratuité de l’accès à l’enseignement, amélioration des conditions de vie des étudiant.e.s, plan de titularisation des personnels précaires et de création importante de postes, augmentation du nombre de contrats doctoraux, augmentation significative des crédits de base dans les laboratoires et les départements, suppression des réformes qui conduisent à la détérioration des conditions de travail et de salaire, etc. Malgré les annonces ministérielles très limitées (notamment sur les augmentations de salaires ridicules), nous combattons toujours la logique néolibérale de la LPPR qui accroit la précarisation et la compétition entre les structures et les personnels. A ces mesures sectorielles s’ajoute la réforme des retraites qui va réduire considérablement nos niveaux de pensions, accroitre les inégalités (entre statuts, de genre), et augmenter l’âge des départs en particulier des BIATSS et IT.

En conséquence, nous appelons à participer aux journées de mobilisation interprofessionnelles (notamment du 20 février 2020), à la journée du 5 mars « L’université et la recherche s’arrêtent », et à poursuivre la grève à partir du 6 mars. Nous mandaterons également des représentant.e.s pour participer à la coordination nationale du 6 et 7 mars.

Sciences – Philosophie – Histoire (SPHERE)

Nous, travailleuses et travailleurs du département HPS et du laboratoire SPHERE, ITA, étudiants, étudiantes, doctorants et doctorantes, enseignants et enseignantes, chercheurs, titulaires et contractuels, réunis en AG le 29 janvier 2020 :

  • affirmons notre opposition aux réformes et projets de réformes en cours qui s’inscrivent en continuité avec une philosophie néolibérale destructrice du lien social, du bien commun et de la planète
  • affirmons notre pleine opposition au projet de réforme des retraites et à la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), qui contribuent à la précarisation de nos conditions d’emploi, de travail et de vie, à la destruction du service public et accroissent davantage la marchandisation de la connaissance ;
  • adhérons pleinement aux revendications de l’Assemblée Générale des « Facs et labos en lutte » réunie le 18 janvier 2020 ;
  • réaffirmons la convergence entre nos intérêts et ceux des étudiantes et étudiants, dans la lutte contre la précarité étudiante et pour l’amélioration des conditions d’accès et d’études à l’Université ;
  • affirmons notre solidarité aux côtés des autres secteurs mobilisés dans la lutte.
    Nous appelons en conséquence :
    · à la suspension des activités scientifiques (colloques, journées d’étude, séminaires),
    · à la suspension du travail d’expertise et d’évaluation (nous invitons les membres du laboratoire et du département à refuser de siéger dans les différentes instances de l’ESR, et à refuser d’effectuer un quelconque travail pour les agences de financement de projets);
    · à la suspension des enseignements lors des journées de mobilisation nationale et à la redéfinition des activités pédagogiques de sorte à engager le débat avec les étudiant-e-s sur les enjeux politiques, économiques et sociaux des réformes en cours, en coordination avec l’université populaire de Paris Diderot
    · au soutien d’une mobilisation inter-laboratoires
    · à envisager des actions visant à bloquer les instances administratives de la faculté
    Nous nous abstenons pour l’instant d’une rétention des notes et des diplômes, en l’attente de la décision de l’AG des étudiant-e-s de l’Université. Nous suivrons, plus généralement, les recommandations qui se dégageront de cette AG.
    Nous appelons à la mobilisation en participant aux actions votées dans les AG de l’université, dans les AG inter-universitaires, et aux manifestations nationales.
    Nous proposons de rendre visible notre mobilisation à travers nos signatures électroniques et/ou réponses automatiques d’absence avec une formule « En lutte contre les projets de loi de programmation pluriannuelle de la recherche et de réforme des retraites. »

Motion votée à l’unanimité des présents.

Textes, Représentations, Archéologie, autorité et Mémoire de l’antiquité à la renaissance (TRAME)

Le 30 janvier 2020

L’UR UPJV 4284 TrAme s’oppose au projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche (éléments annoncés de la future Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche), à la réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, à la loi de Transformation de la Fonction publique adossée au projet de réforme des retraites, qui sont autant d’atteintes graves au service public de l’enseignement et de la recherche et aux conditions d’exercice du métier d’enseignant et de chercheur.

Transversalités critiques et Savoirs Minoritaires (TRANSMIS)

MOTION de l’équipe de recherche en philosophie TRANSMIS (Transversalités critiques et savoirs minoritaires/ ERRAPHIS). Université de Toulouse Jean Jaurès

Nous, membres de l’Equipe de recherche TRANSMIS (Transversalités critiques et Savoirs Minoritaires), de l’Université Toulouse-Jean-Jaurès, réuni.e.s en assemblée générale le 23 janvier 2020, affirmons notre opposition au programme concerté de destruction de nos conditions d’emploi, de travail et de vie par les contre-réformes voulues par le gouvernement d’Edouard Philippe, en particulier le projet de réforme des retraites et la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). La précarité structurelle et la dégradation des conditions de travail affectent d’ores et déjà l’ensemble du monde universitaire : titulaires en surcharge de travail permanente, précaires assurant une part croissante de l’enseignement et du travail administratif, jeunes chercheur.se.s alternant entre contrats ponctuels et périodes de chômage pour produire des recherches, étudiant.e.s en voie de paupérisation. Loin de proposer un plan massif de recrutement et la pérennisation des crédits de recherche, les propositions contenues dans les rapports préparatoires à la LPPR de 2020 annoncent au contraire plus de précarité et plus d’inégalités entre les établissements et les personnels:

  • Remise en cause du statut national des enseignants chercheurs
  • Fin de la référence aux 192 heures équivalent travaux dirigés et de la rémunération des heures supplémentaires
  • Extinction du corps des maîtres de conférences, remplacé par des formes de contractualisation aggravant encore la précarisation des chercheurs, et tout particulièrement des plus jeunes chercheurs
  • Désolidarisation de l’enseignement et de la recherche et dévaluation aggravée de l’enseignement
  • Alourdissement de la charge de travail administratif et bureaucratique déjà intolérable des personnels enseignants et administratifs
  • Mise en concurrence des individus au nom d’une « excellence » indéterminée et d’une application aberrante d’un modèle prétendument « darwinien » et explicitement inégalitaire.

Le même attachement au cadre national du recrutement et à un service public de qualité conduit les membres de l’équipe de recherche TRANSMIS à s’opposer résolument à la réforme de la formation des enseignants du secondaire et spécialement du concours du CAPES, vidé de ses exigences et de son contenu disciplinaires.
L’équipe de recherche TRANSMIS appelle donc tous ses membres à participer aux mobilisations en cours en multipliant les modes d’action : grève, participation aux manifestions, participation aux caisses de grève, organisation de formes alternatives de recherche et de diffusion des savoirs, au sein de l’institution universitaire et en dehors de celle-ci.
Adoptée à l’unanimité le lundi 27 janvier 2020

4 commentaires sur « Liste des labos mobilisés »

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