Motion de la deuxième coordination nationale des facs et labos en lutte, réunie les 6 et 7 mars 2020 à Nanterre

Jeudi 5 mars, l'université et la recherche se sont arrêtées. Nous étions des dizaines de milliers partout en France, dont 25 000 à Paris, à manifester pour le retrait de la contre-réforme des retraites, contre la casse de nos services publics, contre la précarisation et la marchandisation de nos universités. Cette journée s'inscrit dans le mouvement de grève initié le 5 décembre et dans les luttes qui l'ont précédé. Malgré les répressions pédagogiques, hiérarchiques, administratives, policières et judiciaires que le mouvement endure depuis plusieurs mois, cette journée de mobilisation massive est une réussite incontestable. Le 5 mars, l'université et la recherche se sont arrêtées. Le 5 mars, c'est tous les jours : continuons jusqu'à la victoire !

Communiqué de l’assemblée générale nationale des précaires de l’ESR – 6 mars 2020 – Nanterre

Ce n’est pas la grève qui pénalise les étudiant·es et les précaires, mais bien le passage en force de contre-réformes qui accentuent la casse du service public universitaire et de notre modèle de protection sociale. Pas de retrait, pas de rentrée ! Il nous faut être à la hauteur de cet enjeu historique. Prenons notre place dans la mobilisation nationale tout au long du mois de mars !

Coronavirus : la science ne marche pas dans l’urgence !

Dans mon équipe, nous avons participé à des réseaux collaboratifs européens, ce qui nous a conduits à trouver des résultats dès 2004. Mais, en recherche virale, en Europe comme en France, la tendance est plutôt à mettre le paquet en cas d’épidémie et, ensuite, on oublie. Dès 2006, l’intérêt des politiques pour le SARS-CoV avait disparu ; on ignorait s’il allait revenir. L’Europe s’est désengagée de ces grands projets d’anticipation au nom de la satisfaction du contribuable. Désormais, quand un virus émerge, on demande aux chercheur·ses de se mobiliser en urgence et de trouver une solution pour le lendemain.

Les analyses sont formelles : il faut agir vite et fort !

Ces derniers jours, de nouveaux textes précisent les intentions de Frédérique Vidal (ou plutôt de Bercy) et les modalités de l'approfondissement, souhaité par le gouvernement, de la logique de néolibéralisation de l'université et de la recherche. Une fois ces analyses prises en compte, un conclusion s'impose : nous avons agir maintenant pour sauver l'université et la recherche publiques !

Interpellée par les facs et labos en lutte, Vidal précise les orientations de la LPPR et c’est brutal !

Dans le cadre des journées sciences humaines et sociales (SHS) organisées par l'Agence nationale de la recherche les 25 et 26 février, des chercheur·ses et enseignant·ses-chercheur·ses en lutte sont intervenu·es pour interpeller la ministre sur la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), le financement de la recherche et la politique de l'emploi scientifique. Cet échange a eu le mérite de faire tomber les masques.

Tout est déjà en place pour détruire l’université et la recherche publiques

Voici quelques citations extraites du rapport Le pilotage et la maîtrise de la masse salariale des universités, rendu par l'inspection générale des finances et l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche, en avril 2019. Elles ont été choisies et commentées par Pierre Ouzoulias, Sénateur des Hauts-de-Seine.