Imaginer la suite – édito #3 de la Confinée Libérée

Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer ce que seront l’université et la recherche dans les prochains mois. Dans quelles conditions la rentrée 2020 pourra-t-elle avoir lieu ? Comment organiserons-nous nos luttes après le déconfinement, alors que “l’urgence sanitaire” se prolongera, et interdira sans doute les rassemblements ? Quelles stratégies de luttes collectives pourrons-nous élaborer avec les autres secteurs, en particulier les autres services publics ? D’ores et déjà, il nous faut reprendre les discussions au sein de nos collectifs pour préparer une rentrée universitaire et sociale à la hauteur des défis qui nous font face !

Enquête militante sur les conditions de vie et de travail des doctorant·es et docteur·es face à l’état d’urgence sanitaire

Depuis la mise en place du confinement (décret du 16 mars 2020) et l'adoption de l'état d'urgence sanitaire (loi du 23 mars 2020) en réponse à l'épidémie de Covid-19, les doctorant·es et docteur·es, précaires, sont nombreux·ses à devoir poursuivre leurs travaux de recherche en « télétravail » depuis leur lieu de résidence, à être soumis·es à l'injonction d'assurer la « continuité pédagogique », à devoir se plier aux calendriers des campagnes de recrutement ou encore aux exigences des écoles doctorales et des comités de thèse pour la réinscription en doctorat. Dans ces conditions, pouvons-nous tou·tes réellement répondre à ces différentes injonctions ?

Appel solennel à cesser de prendre toute mesure non-urgente en période de confinement

Nous, membres des universités et des EPST, syndicats, sociétés savantes et collectifs de l’enseignement supérieur et de la recherche, demandons solennellement que le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, s’abstienne de prendre toute mesure réglementaire qui ne soit pas justifiée par l’épidémie de COVID-19, en particulier celles qui modifient le Code de l’éducation, le Code de la recherche et les statuts des personnels.

La Confinée Libérée reprend son souffle

Aujourd’hui, c’est l’équipe de rédaction de la Confinée Libérée qui s’adresse directement à vous, chèr·es lecteurices. Depuis le début du confinement, nous avons tou·tes été bouleversé·es dans nos vies et dans nos modes de lutte. Si les inégalités structurelles dans l’ESR se sont vues renforcées - inégalités de genre, de statuts, de conditions matérielles d’existence, etc. … Lire la suite de La Confinée Libérée reprend son souffle

Une caisse de solidarité contre la précarité !

Le confinement ayant contribué à aggraver la situation des membres les plus précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR), le comité de mobilisation des Facs et Labos en Lutte, en concertation avec des collectifs d'étudiant·es et de précaires, réuni·es en assemblée générale nationale le 27 mars, met en place une caisse de solidarité.

Des mensonges d’État – édito #2 de la Confinée Libérée

Le mensonge sur la pénurie de masques n’est ni anecdotique, ni un fait isolé. Dans les politiques de l’enseignement et la recherche, le détournement des mots est également devenu une constante, voire un outil de gestion. Ces dernières années, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESRI) a systématiquement camouflé la réalité de ses politiques par des mensonges purs et simples : annoncer plus de moyens pour la recherche, tout en coupant les financements pérennes des laboratoires ; dire lutter contre la précarité, tout en baissant le nombre de postes ouverts ; annoncer ouvrir l’université, tout en multipliant par 15 les frais d’inscriptions pour les étudiant·es étranger·es extra-communautaires, selon le plan désigné par l’antiphrase “Bienvenue en France”.

Sous-traitance = maltraitance dans nos facs et labos

La sous-traitance - en particulier pour les personnels de sécurité, de ménage, d'accueil et de restauration - est de plus en plus importante dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR). De manière structurelle, les conditions de travail de ces travailleurs et travailleuses sont catastrophiques : salaires extrêmement faibles, travail dissimulé, marchandage, sanctions et licenciements abusifs, endettement des salarié·es auprès des entreprises... Si de nombreuses personnes salariées de l’ESR, ont eu accès au télétravail, les employé·es de la sous-traitance travaillent quotidiennement sur les sites qui sont restés ouverts, notamment pour faire du travail inutile dans le contexte de pandémie. Certain·es doivent même travailler davantage : « Profiter de l’absence des cadres pour faire le ménage de printemps dans les bureaux » ! Ils et elles travaillent sans information fiable sur le COVID-19 et sans matériel approprié, en prenant les transports en commun pendant de longues heures afin de rejoindre leur lieu de travail.

Comment (ne pas) payer les vacataires confiné·es

Le ministère a décider de ne pas rémunérer les heures d’enseignement des vacataires qui étaient prévues dans les emplois du temps, mais qui n’ont pas pu être assurées du fait de la fermeture des universités face à l'épidémie de COVID-19. Pour compenser ces pertes de salaires, le MESRI ouvre la possibilité de rémunérer des “tâches nouvelles”, pour certain·es seulement. Explications.

Confiné·es et exilé·es : l’inquiétude des étudiant·es étrangèr·es face au COVID-19

Plus de 300 000 étudiant·es étrangèr·es sont venu·es étudier dans une université française cette année. Si le confinement a approfondi et révélé de nombreuses inégalités dans la société française, celles-ci sont d’autant plus flagrantes dans le cas des étudiant·es étrangèr·es, qui vivent déjà d’ordinaire dans une grande précarité économique et juridique. Force est de constater que l'épidémie de COVID-19 et les règles du confinement mises en place durant ces deux dernières semaines ont provoqué un durcissement accru des conditions de vie des étudiant·es étrangèr·es.

En confinement : les précaires de l’ESR encore plus précaires… et en colère !

Les annonces de mesures d’urgence de Macron ne nous prennent pas en compte, comme elles ne prennent pas en compte nos étudiant·es. Elles s’adressent aux actionnaires et aux institutions financières qu’il s’agit de rassurer à tout prix afin d’éviter un effondrement boursier généralisé, et laissent de côté l’immense majorité de la population. Continuons à organiser la lutte et la solidarité, au sein des universités et aux côtés des autres secteurs mobilisés, en cette période qui appelle plus que jamais au renforcement de nos solidarités !