La crise sanitaire et le confinement révèlent et aggravent terriblement la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR). Des mesures d’urgence s’imposent, de la part du gouvernement comme dans les universités et laboratoires de recherche.
Aujourd’hui 31 mars, nous aurions dû être dans la rue, préparant une nouvelle déferlante contre le gouvernement et ses mesures anti-sociales.
Nous sommes confiné·es mais pas déconfit·es, notre lutte continue et ces mesures d’urgence doivent être mises en place, nationalement et localement, pour réduire les effets dramatiques de la crise sanitaire et du confinement sur les plus fragiles.

Ces 12 points pour des mesures d’urgence en période de confinement doivent évoluer, être précisés, et être portés collectivement. Ils sont conçus pour que les comités de mobilisation locaux s’en saisissent, fassent pression sur leur présidence et organisent la solidarité. Ils sont bien sûr également conçus pour être portés syndicalement devant le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Ce n’est que le début d’une longue lutte en condition de confinement : nous sommes déterminé·es à ne rien lâcher !

Urgences relatives aux conditions de vie

  • Garantir la continuité des revenus. Notamment, mettre en place un fonds public d’urgence pour les plus précaires, maintenir les salaires (primes comprises) des travailleur·ses de l’ESR (y compris celles et ceux en sous-traitance), les bourses, le paiement des vacations et des stages sur la base du travail prévisionnel. Renouveler et prolonger automatiquement les bourses, contrats de travail, aides et allocations (chômage, AAH, APL, etc.). Mettre en place de caisses d’urgence locales, etc.
  • Garantir de bonnes conditions de logement. Notamment, pour les résident·es des CROUS, garantir à tou·tes de conserver un logement étudiant ou d’en retrouver un à l’issue du confinement, assurer un accès aux espaces communs dans les conditions sanitaires adaptées. Suspendre plus généralement les loyers et instaurer un moratoire sur les obligations de départ.
  • Garantir l’accès aux soins, notamment par la gratuité des consultations médicales.

Urgences spécifiques à la situation des étrangèr·es

  • Garantir la sécurité des étrangèr·es. Notamment, ouvrir les centres de rétention administrative et permettre aux personnes « sans-papiers » de l’ESR de sortir de chez elles et chez eux et d’accéder aux soins pendant le confinement (par exemple en les régularisant).
  • Garantir la sécurité économique des étrangèr·es. Notamment, renouveler systématiquement et durablement les titres de séjour et donner accès au chômage.

Urgences relatives aux conditions de travail

  • Ne pas imposer de se rendre sur son lieu de travail, en particulier pour les travailleur·ses en sous-traitance, sauf en cas de nécessité absolue.
  • Veiller au respect scrupuleux des précautions sanitaires pour les travailleur·ses dans l’absolue nécessité de se rendre sur leur lieu de travail.
  • Ne pas imposer le télétravail administratif et scientifique, y compris pour assurer la « continuité pédagogique », sauf en cas de nécessité absolue. Le cas échéant, les situations des travailleur·ses (contraintes familiales, état de santé, etc.) doivent être prises en considération.

Urgences relatives aux conditions d’étude et d’évaluation

  • Prendre acte de l’impossibilité pour nombre d’étudiant·es de suivre leurs enseignements en ligne. Notamment, ne pas imposer l’assiduité des étudiant·es et ne pas tenir à distance, sous des formes numériques, les examens, jurys et comités.
  • Tirer les conséquences administratives des nombreux obstacles à l’enseignement et à l’évaluation. Notamment, par des modalités de validation automatique de l’année universitaire 2019-2020, par la réinscription automatique à l’année suivante en licence, en master et en doctorat, par le report des échéances propres à Parcoursup et de toutes les échéances de candidatures et d’inscriptions pour 2020-2021.

Urgences relatives aux conditions de recrutement

  • Prendre acte des fortes inégalités d’accès des candidat·es aux équipements numériques, et des inégalités accrues du fait de la crise sanitaire (état de santé, contraintes familiales, etc.). Refuser en conséquence la tenue à distance de tous les concours et épreuves de recrutement, et faciliter les procédures d’envoi de dossiers (ATER, post-doc, bourses…).
  • Veiller à ce que la crise ne conduise pas à une diminution du nombre de postes. Notamment, veiller a minima au maintien de l’ensemble des postes ouverts pour les campagnes de recrutement en cours et à l’augmentation massive du nombre de postes pour les années prochaines, telle que la coordination nationale des facs et labos en lutte le revendique.

3 commentaires sur « 12 points pour des mesures d’urgence en confinement »

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