Vous pouvez apporter votre soutien au collectif des Non-titulaires de Paris 3 en signant ici ou bien en écrivant à collectif.nontitulaires@laposte.net.
En soutien à la grève des MOET (Moniteur.ices Etudiant.e.s) de la BSB, retrouvons-nous à leur piquet de grève sur la place du panthéon le samedi 30 janvier de 9h à 14h.

Malgré les combats que nous menons depuis des années, nous ne sommes toujours pas tenu·es au courant des affaires qui nous concernent (sans parler d’y être pleinement associé·es), comme la mise en place de la mensualisation. Celle-ci nous aurait été enfin accordée à l’échelle d’un « test », avec une sorte de contractualisation des doctorant·es non contractuel·les, jugées les « plus précaires » (qu’en est-il des docteur·es sans poste ?). Nous ne sommes pas informé·es de sa mise en place, et elle n’est PAS suffisante. Nous exigeons la mensualisation des chargé·es de cours, une revalorisation de l’heure équivalent TD, pour le moment inférieure au SMIC, suivant l’augmentation du SMIC horaire du 1er Janvier 2021 et prenant en compte 1h de travail supplémentaire de préparation. La mensualisation peut passer par une contractualisation des chargé·es de cours. En effet, nous rappelons qu’aujourd’hui, être vacataire requiert d’avoir un « emploi principal » d’au moins vingt-cinq heures, ce qui conduit les chercheur·ses à prendre des « petits boulots » pour pouvoir assurer leurs charges de cours. Comment les chargé·es de cours vont trouver un emploi à 25h pour pouvoir donner leurs cours avec la crise sanitaire ? Le contexte vous incitera de toute façon à la contractualisation, quand vous serez en pénurie de vacataires, et nous demandons dès maintenant que ces contrats soient dignes et incluent directement nos droits les plus élémentaires, comme le remboursement des frais de transport, les congés payés et la sécurité sociale.

Nous rappelons que les chargé·es de cours assurent largement le socle de formation en licence de nos étudiant·es et que les titularisations ne sont qu’un mirage pour une grande majorité de docteur·es formé·es, brillant·es et désireux·ses de travailler à l’université. Rappelons aussi que les femmes et minorités de genre chargées de cours sont les principales pénalisées dans l’ESR, du fait de leur statut précaire et de leur position hiérarchique : en plus de nuire à leurs activités de recherche et de publications scientifiques, cela les expose de manière privilégié au harcèlement sexuel et sexiste. Certes, nous avons la passion de nos métiers, mais nous ne sommes pas des bénévoles, nous sommes des travailleur·ses et exigeons d’être considéré·es comme tel·les.
La vraie résolution de la crise consisterait à créer des postes et titulariser les chargé·es de cours pour augmenter les effectifs et ainsi soulager la charge de travail de chacun·e. C’est pour cela que nous demandons à la Présidence de rendre compte de notre grève auprès du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et de demander la création immédiate de postes. On ne peut nous demander, alors que nous sommes déjà à bout, de tenir l’université à bout de bras, en nous auto-formant en distanciel, sans moyens supplémentaires. Les étudiant·es sentent une proximité générationnelle avec nous et se confient plus aisément qu’à des titulaires (aussi car beaucoup d’entre nous s’impliquent dans des pédagogies bienveillantes) : nous sommes les premières oreilles pour leurs difficultés et, trop souvent, leur
détresse. Nous craignons des décrochages supplémentaires, mais nous craignons surtout des suicides.

La décence consisterait a minima à nous recevoir, ce que nous avons demandé à plusieurs reprises sans réponse, et d’avoir un calendrier clair concernant une mensualisation et une contractualisation.

Rappelons aussi que l’on n’a JAMAIS été consulté·es sur les modalités des cours à distance. On n’est TOUJOURS pas éligibles aux différents conseils. On n’est TOUJOURS pas remboursé·es des transports. Les doctorant·es n’ont TOUJOURS pas été exonéré·es des frais d’inscription (pour pouvoir travailler auprès de… leur propre employeur ?). On n’a eu le droit qu’à 2 salles ouvertes à la Maison de la Recherche pour les cours à distances, à 3 ordinateurs à l’UFR Arts et Médias, et moins de 10 tablettes pour pallier la fracture numérique des un·es et des autres. On n’a TOUJOURS aucune création de postes de maitre·sses de conférence.

De plus, on a dû gérer tout un semestre en distanciel, refonder nos pratiques pédagogiques, essayer tant bien que mal de prendre soin des étudiant·es, écouter leurs plaintes des 4 PDF de cinquante pages laissés par des collègues titulaires en guise de cours, et à quoi s’ajoutent en plus, nos propres problèmes personnels : les morts Covid de nos proches, nos dépressions, nos burn-out, nos remises en question de vocation, notre fatigue de rédaction de thèse, pour celles et ceux dont les activités de recherches ne sont pas à l’arrêt, nos enfants, nos emplois principaux, et tant d’autres choses encore.

Qui soutient nos luttes pendant qu’on essaye de soutenir les étudiant·es et nos collègues démoralisé·es par un semestre complètement dégradé ?

Redisons-le : nous n’avons même pas été REÇU·ES par la Présidence.
Face à cette indifférence, et parce que nous refusons d’imposer un autre semestre de souffrance, à nous-mêmes, mais aussi visiblement aux étudiant·es, nous décidons d’entrer en grève pédagogique.

Auront lieu une rétention des notes du SM1 et/ou du SM2 et les cours ne reprendront pas normalement tant que nous n’aurons pas été reçu·es par la Présidence, qu’il n’y aura pas de réponses à nos revendications, c’est-à-dire un calendrier clair de contractualisation/ mensualisation, et qu’un message ne sera pas adressé au gouvernement pour la création de postes dont nous serons dûment informé·es.

Tou·tes les doctorant·es et docteur·es sans poste n’ont pas de charges de cours, et/ou n’ont pas les moyens de faire grève de par leur précarité matérielle ou psychologique, mais iels soutiennent aussi nos actions, et se lancent dans l’esprit de grève et réflexions pédagogiques féministes.
Nous ne pouvons pas continuer avec un tel bilan. Malgré nos efforts individuels, et pour beaucoup, la tentative de prendre soin des étudiant·es, le manque de postes et de matériel fait que nous pouvons seulement assurer un enseignement dégradé, aux dépens de notre santé et de celles des étudiant·es.

Nous demandons aussi à la Présidence de se positionner clairement auprès du gouvernement pour la réouverture de l’université dans des conditions sanitaires permettant d’assurer la sécurité de celles et ceux qui peuvent et veulent reprendre en présentiel. Nous exigeons que ne soient pas appliquées les mesures précarisantes de la LPR telle que les tenure tracks, les chaires d’excellence ou CDI de chantier. Ces mesures vont précariser d’avantage les chargé·e·s de cours et par conséquent augmenter et accroitre très significativement les inégalités et les discriminations sexistes, racistes, clavistes et validistes qui existent déjà.

Nous incitons aussi toutes les directions de département à soutenir nos revendications, et à mettre en place des mesures concrètes pour que les chargé·es de cours, les personnels et étudiant·es puissent faire remonter, anonymement et distinctement, leurs revendications.

Enfin, nous appelons notre grève « féministe », d’une part car la majorité des vacataires de l’université sont des femmes et minorités de genre, et que notre grève et nos réflexions pédagogiques prennent sens dans ce cadre.

Le Collectif des Non-titulaires de Paris 3

Vous pouvez apporter votre signature en soutien ici ou bien écrire à collectif.nontitulaires@laposte.net si vous êtes non titulaires et voulez nous rejoindre.
En soutien à la grève des MOET (Moniteur.ices Etudiant.e.s) de la BSB, nous irons à leur piquet de grève sur la place du panthéon le samedi 30 janvier de 9h à 14h.

4 commentaires sur « Grève féministe des chargé·es de cours de Paris 3 : l’université à bout (de bras) »

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