Le 25 FÉVR. 2019, PAR ERIC FASSIN, à lire en entier et en accès libre ici

« S’il s’avère nécessaire d’exempter les doctorants étrangers de la hausse des frais d’inscription, c’est bien que celle-ci aura un effet répulsif, et non attractif. Et puisque les universités pourront exonérer tous les autres étudiants extra-européens (en licence et en master), quelle peut bien être la rationalité économique de la hausse des frais d’inscription qui leur serait réservée?

La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, fait deux annonces dans le JDD. D’une part, « la hausse des frais d’inscription ne s’appliquera pas aux doctorants étrangers », contrairement à ce qui est affiché sur le site de Campus France depuis l’annonce du Premier ministre en novembre (et encore aujourd’hui). D’autre part, « nous allons prendre un décret fin mars, afin de garantir qu’à l’avenir, pour les étudiants français et européens, les droits d’inscription seront stables et ne pourront pas augmenter plus que l’inflation. » C’est suivre deux préconisations essentielles de la mission de concertation nommée par la ministre, qui a rendu son rapport le 18 février.

On ne peut que se réjouir de la décision d’exempter les doctorants : c’est pour protéger les laboratoires qui ont besoin de leur présence. Notons cependant que cela revient à reconnaître l’effet répulsif de la hausse, pourtant justifiée au nom de l’attractivité. En outre, on peut douter que cette exemption soit suffisante : en effet, comme le relève le collectif Université ouverte, « le rapport lui-même indique que 50% de ces doctorant·es étranger·es sont arrivé·es… pour le master ». Ne faudrait-il pas exempter aussi les mastérants ? […]

Il faut donc s’interroger : pourquoi s’obstiner à augmenter les frais d’inscription des étudiants extra-européens, à l’exception des doctorants, si les universités sont libres de les exonérer, et si le seul discours du Premier ministre a suffi à faire baisser les candidatures ? Autrement dit, puisque dans ces conditions, la hausse n’apporte pas une ressource financière importante pour les universités, à quoi bon maintenir cette mesure qui, d’après les éléments disponibles trois mois après son annonce, nuit à l’attractivité de la France ? […]

Pourquoi veut-on attirer les étudiants étrangers ? Parce qu’ils seront une source de richesse pour la France. Mais alors, pourquoi trouver « injuste » qu’ils ne paient pas leurs études, comme si c’était un coût et non une ressource ? Pour la collectivité nationale, cette dépense n’est pas un cadeau qui est fait aux étrangers ; c’est, dans l’intérêt de la France, un investissement.

Il faut donc se demander à nouveau : quelle peut bien être la rationalité économique de la hausse des frais d’inscription réservée aux étudiants extra-européens ? À moins bien sûr que la promesse d’une stabilité des droits pour les étudiants européens n’engage que ceux qui la croient. »

Lire le billet entier sur le blog d’Eric Fassin sur Médiapart.

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