APPEL A RASSEMBLEMENT – JEUDI 14 JANVIER 2021 PLACE DE LA SORBONNE

Nous nous rassemblons ce jeudi 14 janvier 2021 à 14h, place de la Sorbonne, pour protester contre les partiels en présentiel à Sorbonne Université, contre le déni de nos responsables face à notre détresse, et contre leur politique de l’autruche qu’iels maintiennent depuis le début du semestre malgré les dysfonctionnements qu’on leur rapporte.

Nous qualifions l’organisation de cette session d’inhumaine. Nous observons des violences administratives systémiques qui prennent la forme de multiples oppressions :

1) Déni de notre situation sanitaire depuis déjà mars dernier ;
2) Le contexte de la Covid19 et des confinements qui nous a fortement fragilisé·es et a
dégradé notre enseignement ;
3) Le déni du décanat qui ne daigne pas nous répondre quand nous lui faisons part de toutes nos difficultés à suivre un enseignement correct ;
4) Nos professeur·es elleux-mêmes qui ne nous soutiennent pas et nous laissent dans l’incertitude par rapport à notre avenir, en renvoyant la balle à nos UFR et au décanat.

Actuellement, l’université ne répond toujours pas aux besoins de ses étudiant·es : elle s’enfonce dans son silence, dans la violence, et accepte de nous délaisser en se permettant même de diffuser des fausses nouvelles, des dénonciations calomnieuses, et de faire de la diffamation et du harcèlement contre ses élèves. Aujourd’hui, l’université est le principal facteur de notre souffrance, qui accentue même la précarité de celles et ceux qui sont déjà le plus en difficulté.

Depuis le début du semestre, et particulièrement pendant cette session de partiels, les conditions de travail sont extrêmement inégalitaires entre les étudiant·es :

  • Pendant le présentiel, les règles sanitaires étaient mal respectées dans les universités, et les étudiant·es cas contact à la Covid n’avaient pas la certitude de ne pas être pénalisé·es pour leur absence s’iels ne pouvaient justifier de la positivité à la Covid après ;
  • Lors du passage aux semaines paires et impaires (effectifs à 50%), la continuité pédagogique était mal assurée pour celleux qui se trouvaient en distanciel, les cours n’étant pas accessibles pour elleux, l’organisation n’étant pas harmonisée entre les cours, et les professeur·es ne disposant pas tou·tes d’un accès internet dans les salles pour continuer leurs cours en visioconférence ;
  • Pendant le distanciel, nous avons subi souvent plus de 20h de visioconférence par semaine rien que pour les licences simples , avec les problèmes de matériel, de connexion, d’épuisement, de motivation derrière chaque écran ; avec les travaux de groupe qui subissent le décrochage, la perte de moral, les problèmes d’organisation ou simplement les soucis techniques de chacun·e ; avec les devoirs en temps limité sur Moodle qui ne s’organisent plus comme en présentiel et les bugs, la surcharge de la plateforme, l’ordinateur qui plante, les soucis à la maison, le manque de temps quand il faut aussi assister à d’autres cours ou aller à son job étudiant le même jour.


Aujourd’hui, plus que jamais, les conditions de travail sont inégalitaires parmi les étudiant·es : des étudiant·es s’effondrent à l’entrée des universités sous la pression psychologique qui leur est imposée ; des étudiant·es malades font des malaises en rendant copie blanche ; des étudiant·es subissent encore la menace de la perte de leurs proches, que ce soit par le suicide ou par la Covid19. Le prestige d’un diplôme ne se réduit pas à des partiels en présentiel, surtout lorsque les modalités d’enseignements en distanciel ont été aussi chaotiques. C’est pourquoi nous exigeons des modalités d’évaluation aménagées. Nous ne pouvons pas résumer notre situation à la Covid19 ; c’est l’ensemble de la gestion de cette crise par l’université qui nous a plongé dans une telle détresse. C’est la surcharge de travail pour le contrôle continu quand nos professeur·es ne savaient pas s’iels pourraient maintenir des partiels ; c’est le manque d’harmonisation des cours par nos responsables, et qui rapprochait la quête des liens des cours en véritable quête du Graal ; c’est le manque de réponse adéquate quand nous sollicitions de l’aide ; c’est tout cela ensemble qui fait notre désespoir aujourd’hui. Nous exigeons d’avoir le choix entre un partiel en présentiel pour ceux qui le veulent, et un devoir en distanciel non pas à rendre en 3h sur une plateforme trop souvent défectueuse, mais à rendre en au moins 48h. Nous ne demandons pas la lune, pourquoi ne pas répondre à nos mails ? Pourquoi ne pas répondre quand nous souhaitons simplement discuter, et simplement nous mépriser avec votre silence ? Professeur·es, il n’est pas trop tard pour vous rangez à nos côtés et commencer à nous soutenir. Tous et toutes celles et ceux qui veulent venir nous soutenir sont bienvenu·es.

De la part du Laboratoire de la Décolonialité

Illustration : Photographie prise lors de la manifestation du 17 novembre 2020, place de la Sorbonne.

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