La hausse des frais d’inscription pour les étranger·es construit un « mur de l’argent ». Parcoursup est l’autre face de cette dynamique : sélection par l’argent et sélection « scolaire » se complètent. Ces deux réformes de l’accès à l’Université de Macron préparent également une marchandisation de l’enseignement supérieur, avec les frais comme prix et Parcoursup comme plateforme de commerce ne ligne, où les filières sont présentées comme autant de services d’enseignement en concurrence. Pour celles et ceux qui n’auront pas les moyens économiques et le dossier scolaire nécessaires pour y faire leur marché, Parcoursup ressemble surtout à Pôle Emploi : une épreuve d’humiliation et d’assignation sociale.

Du droit à l’éducation au droit à la candidature

L’enseignement à tous les niveaux est un droit constitutionnel. Malgré toutes les limites d’APB, la sociologue de l’éducation Leila Frouillou rappelle qu’il faisait une proposition sur un des vœux à 98% des élèves de terminale générale, et proposait leur premier vœu absolu à 60% de ces bachelier·es. Mais la loi ORE et sa plateforme de candidature Parcoursup rompent avec cette logique. Les lycéen·nes doivent désormais candidater, sans garantie d’être effectivement inscrit·es dans la filière de leur choix.
Les bachelier·es des filières technologiques et professionnelles, des lycées de ZEP et/ou d’origine sociale moins favorisée doivent alors faire un (peu probable) recours auprès du recteur pour se voir offrir une place fin septembre, donc bien après la rentrée universitaire, et dans une filière sans doute éloignée de leurs vœux initiaux.  D’autant que les financements publics manquent pour créer des places là où on en a besoin.

Démotiver les candidat·es les moins privilégié·es

De même que l’annonce de la hausse des frais a suffi pour décourager des milliers de candidatures d’étudiant·es étranger·es, la complexité et la durée des candidatures Parcoursup a conduit à l’abandon beaucoup de lycéen·nes. Un phénomène appelé auto-éviction, qui touche beaucoup plus dans les terminales les moins prestigieuses et les familles les moins familières avec le supérieur.

Sur 812 000 candidat·es initialement inscrit·es sur Parcoursup, au moins 300 000 n’ont eu aucune candidature acceptée à la fin de la procédure principale. Et finalement 180 000 ont laissé tomber.

Parcoursup a aussi brutalement augmenté la part de marché du privé : parce que la réponse y était beaucoup plus rapide, parce les places y sont créées suivant la demande. Les candidatures dans le privé ont explosées de +30% alors que celles dans le public ont chuté de 17%.

Les vœux vers le privé explosent, au détriment du public

 

Un commentaire sur « Parcoursup et marchandisation de l’Université »

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