Facs et Labos en Lutte : une mobilisation féministe ? Retour d’expérience par celles qui l’ont vécue

Durant la mobilisation de cet hiver, dans les facs et dans les labos comme ailleurs, les femmes ont été particulièrement actives, et ce dans des rôles pas toujours conformes aux stéréotypes de genre : dans les assemblées générales et les coordinations nationales, elles intervenaient voire introduisaient les discussions, elles n’hésitaient pas à apparaître dans les médias, occupaient l’espace de la parole en réunion, etc. Les premières initiatives pour l’emploi scientifique et contre la LPPR ont d’ailleurs été portées avant tout par des femmes, qui ont assumé un rôle d’organisatrices syndicales et politiques. Cette contribution collective propose un retour sur cette lutte, en analysant nos pratiques afin de saisir comment cette dynamique féministe a pu émerger et être perpétuée au sein du mouvement. L’enjeu est moins de livrer une analyse réflexive approfondie de cette séquence militante - qui se poursuit toujours, bien que sous d’autres formes, du fait du confinement - ce qui nécessiterait une plus grande prise de recul, que de consigner nos expériences d’organisation et de mobilisation, afin d’en laisser une trace qui pourrait être utile aux luttes à venir.

La Confinée Libérée : présentation

Nous allons informer, discuter, faire circuler les expériences, remonter les revendications et faire en sorte que notre monde universitaire ne devienne pas encore plus une jungle dans cette crise. Surtout, nous allons rester connecté·es en réseau, faire vivre ce que nous avons construit depuis trois mois et proposer des moyens d’action à la hauteur de ce que nous pouvons faire en étant confiné·es. Nous proposerons des rendez-vous, des manifs numériques ou depuis les balcons. Nous préparons aussi dès maintenant la suite : les manifestations et les grèves que nous reprendrons une fois le confinement radical levé. L’outil dont nous nous dotons pour cela s’appelle "La Confinée Libérée".