Ce groupe de travail a été créé lors de l’Assemblée générale des facs et labos en lutte qui s’est tenue samedi 18 janvier à l’Université Paris Diderot. Réuni à nouveau les 1er et 2 février 2020, il a proposé les analyses et revendications suivantes.

Préambule

Nous souhaitons lutter pour une réappropriation des outils de travail par les travailleuses et travailleurs. Ce principe est d’autant plus crucial que, contrairement aux enseignant·es-chercheur·ses, les travailleuses et travailleurs du numérique sont, dans leur grande majorité, des BIATSS et IT, précaires et titulaires.

Revendications

– Nous revendiquons l’idéal émancipateur et ouvert du Net comme de la science ouverte, contre ses dévoiements et instrumentalisations à des fins de marchandisation et de contrôle. Le numérique doit être au service de l’autonomie des travailleur·ses et de l’accès pour tou·tes aux savoirs.

– Les travailleur·ses du numérique, comme les autres BIATSS et ITA, revendiquent pour leurs expertises professionnelles l’autonomie dont les enseignant·es-chercheur·ses bénéficient. Cela implique leur pleine et entière participation dans les différents mouvements de lutte en cours. À titre d’exemple, la grève des revues ne peut se faire sans le concours actifs et des éditrices et éditeurs, secrétaires de rédaction, correcteur·trices et traducteur·trices ; la grève des laboratoires ou des UFR ne peut se faire sans l’avis et la participation des personnels administratifs, techniques, documentaires, etc. Nous ne voulons plus être les petites mains invisibles de l’ESR, nous ne serons pas les petites mains invisibles de la mobilisation. Nous refusons la logique d’une « grève » conçue comme seule action de communication et qui n’aurait comme effet que de reporter le travail des éditrices et éditeurs.

– Nous revendiquons l’occupation numérique et l’interruption des flux numériques comme action légitime de mobilisation (affichage public des actions en cours, éditorialisation et visibilisation des luttes, blocage complet des sites et plateformes, etc.). La grève de la recherche, compte-tenu de de la temporalité spécifique de celle-ci et de la nature de sa production, doit tendre au présent à l’interruption de l’accès à ses résultats. 

– Nous revendiquons la liberté d’expression syndicale contre toutes les formes d’intimidations et de sanctions des tutelles, des supérieur·es hiérarchiques et des collègues.

– Nous appelons l’ensemble des utilisateurs et utilisatrices, souvent EC (enseignant·es-chercheur·ses), à afficher publiquement leur engagement aux côtés des travailleur·ses du numérique. Nous demandons une nécessaire solidarité dans la lutte, tout particulièrement lorsque des travailleur·ses du numériques ont une capacité individuelle ou collective d’action spécifique dans le cadre du mouvement social (community managers, webmasters, responsables systèmes, gestionnaire de serveurs…).

En conséquence, nous proposons :

– d’organiser des blocages numériques à l’occasion des journées d’actions nationales (interpro comme ESR), et en particulier à l’occasion de l’ouverture des débats parlementaires sur la réforme des retraites le 17 février et de la journée nationale proposée par la Coordination des facs et labos en lutte du 5 mars : « le 5 mars, l’université et la recherche s’arrêtent »;

– de préparer des actions plus ciblées (blocage de plateformes, grèves du zèle…) en veillant à ce que ces actions ne pénalisent pas les précaires et les IT-BIATSS ;

– que les EC répondent aux appels des travailleur·ses du numérique comme de tous les autres IT-BIATSS mobilisé·es afin de leur donner toutes leur place dans leur lutte. Par exemple, amplifier la démarche d’écrire à l’équipe d’OpenEdition et au prestataire Cairn pour demander la visibilisation de l’engagement dans le mouvement social des carnets de recherche, des revues, et des livres publiés sur les plateformes de diffusion. Aujourd’hui, près de 150 carnets de recherche et une cinquantaine de revues ont choisi cette forme d’action, non exclusive d’autres (MAJ du 24 février 2020 : 250 carnets et une centaine de revues) ;

– de nommer et dénoncer les institutions, responsables hiérarchiques, collègues qui intimident et répriment les travailleur·ses du numérique en lutte ;

– d’ouvrir des espaces d’échange et de discussion anonymes sur les souffrances au travail et les visibiliser et les politiser en mettant en place des actions ;

– d’approfondir la réflexion sur le cadre et les ressources juridiques sur le droit de grève.

Quelques ressources :

Pour rejoindre le groupe, vous pouvez écrire à mobilisation.numerique.esr@gmail.com

Crédits de l’image : Ilya Pavlov

Un commentaire sur « Les travailleur·ses du numérique dans la lutte »

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